« Mahmoud, Marcel et moi », tel était l’intitulé de la soirée dominicale marquant le retour quasi-annuel de Marcel Khalifé, au oud et chant. Le « moi » étant le fils de la star libanaise, Bachar Mar-Khalifé (piano, chant, conception), tandis que l’autre fils, Sary Khalifé, est au violoncelle. Pour compléter le groupe : Nenad Gajin (guitare électrique), Anthony Millet (accordéon), Aleksander Angelov (contrebasse) et Dogan Poyraz (percussions) ; Pologne, Hongie, Serbie, France…

Le « Mahmoud » en question est Mahmoud Darwich, le poète palestinien qui a écrit les textes des principaux hits — et dont le WE entier était dédié à la philharmonie. Textes vidéoprojetés, par dessus des animations bien faites. La construction des différents morceaux est généralement similaire : d’abord une longue montée purement instrumentale, puis le chanter, en ajoutant toujours du volume, crescendo, culminant alors dans une sorte d’orgasme, avant une redescente assez rapide.

Il faut voir le public, à fond. Toujours bien présent pour ce soirées, connaissant par coeur les chansons dans les multiples rappels (faisant passer le concert de 1h15 à quasiment deux heures). Mon binôme attend Rita (et le fusil) (comme la dernière fois ?), et ça chante là encore. Le groupe est plusieurs fois rappelé, d’abord avec du succès, mais à un moment, il faut bien arrêter. Public déchainé.

Marcel Khalifé le communiste a réussi à mondialiser une musique où il excelle, sans y avoir apporté grand chose de bien original diront les spécialistes (si ce n’est quelques hérésies pianistiques, rajouteront les mêmes grincheux ?), comme tant d’autres restés dans l’anonymat. Il y a évidemment une sorte de contradiction qu’il ne lui est pas propre — les rockeurs anarchistes qui finissent dans l’industrie musicale et n’ont pas le bon goût de faire une overdose sont de cette eau-là. Il n’empêche qu’en prêchant ce style musical typique au quatre coins du monde, amenant la joie dans les coeurs d’une diaspora très probablement fantasmé (le mélange palestinien n’y étant probablement pas pour rien), le rôle du musicien est bien tenu. Il serait dommage de bouder son plaisir.