Dans le Sud de Paris, une liste anti-coco de centristes avec lesquels j’avais dîné il y a quelques semaines, des gens très bien, n’a pas pu se monter pour cause de parité. Concrètement : il manque des femmes.

Depuis que j’ai commencé à crapahuter dans les milieux politiques, ouverts à tous — et même très ouverts en général —, j’ai remarqué quelque chose : il y a épouvantablement peu de femmes. Pourtant, il n’y a aucune barrière à l’entrée. Preuve en est que plusieurs listes ont des têtes féminines et parmi les premières places on trouve des femmes des plus efficaces. Mais dans le gros des troupes, on remarque aussi deux choses : d’une, le nombre faible ; de deux, une implication dans les choses intellectuelles encore plus faible. Bref, on retrouve les problèmes usuels de la société : la concentration intellectuelle féminine est plus concentrée autour de la moyenne, ce qui engendre moins de talents exceptionnels (et je ne parle même pas encore du sous-ensemble encore plus rare des rationnelles, bien pratique pour tenir dans l’adversité) ; et le désir de pouvoir est probablement moindre (ou en tout cas, ce type de pouvoir).

Il y a dès lors une « prime » aux femmes qui fait qu’on va retrouver dans les premières places féminines des listes désormais obligatoirement paritaires, des femmes de bien moindre niveau que des hommes beaucoup plus éloignés — ou qui même ne pourront pas y figurer. Comme tous les membres de la liste ne seront pas élus, la sanction est simple : la moyenne baisse, on se prive de talents pour une « noble cause » décrétée. À mon avis, cela dessert : il existe (et j’en ai rencontré bon nombre) des femmes totalement exceptionnelles ; mais elles se retrouvent diluées dans une grande médiocrité discriminante (positive — promis). Réduire un individu à son sexe n’est jamais une bonne idée.

Mais le pire, c’est encore dans une ville de quelques petites dizaines de milliers d’habitants verrouillée par les communistes depuis tellement longtemps qu’il faut être armé de bien du courage, si ce n’est de la témérité, pour aller au casse-pipe. Une qualité que l’on trouve moins souvent chez les dames. Et se priver d’une concurrence démocratique sensée face à des communistes retors, pour une question aussi subalterne que d’alterner détenteurs de pénis et de vagins sur une liste de noms (j’ai vérifié, on n’a pas pu me déclarer de l’autre bord), c’est vraiment un luxe de l’absurde absolu. La démocratie est déjà assez malade pour ne pas se rajouter des contraintes de type bien-pensantes. Les bonnes intentions pavent de sacrés enfers…