L’Orchestre de Paris accueillait le chef Jukka-Pekka Saraste pour un programme double-Mahler. D’abord, Lieder eines fahrenden Gesellen : le jeune Mahler est très Schubert-like, et quand on lui brise le coeur, il écrit la boîte à outil de ses futures oeuvres. Mais Stéphane Degout, baryton fort réputé, y met malheureusement peu de trippes : c’est très mélodieux, mais ça manque de puissance romantique. Dommage.

L’entracte est une bonne occasion de fuir la saleté de sonotone qui a pourri une partie de la première partie — manifestement le vieux du rang devant, au parterre, qui avait enlevé l’appareil au tout début du concert. La Philharmonie a décidément l’art d’attirer les pénibles. Fuite de l’autre côté, donc, où je trouve une place (il n’y en avait plus des masses !), assez devant, pour mieux profiter encore de la superbe 6ème symphonie "Tragique" de Mahler — celle avec les cloches de vache et le gros marteau (particulièrement grand à l’OdP ! Bam !). La 6ème est dépourvue de mouvement vraiment particulier qui permette d’en garder un souvenir vif, mais il y a quelques phrases musicales typiques de Mahler (qu’on retrouve aussi dans d’autres oeuvres), et le tout est, comme toujours, fabuleux. De grands bravoooooooo ! (Et encore un départ à la retraite)