« Dark waters » est un film de Todd Haynes, celui du musée des merveilles et Carol, ce qui déjà annonce de bonnes choses. Dans la lignée d’une Erin Brockovich, on donne dans le « le gentil (écolo) vs les méchants (capitalistes pollueurs) ». En l’occurrence, Mark Ruffalo incarne l’avocat Robert Bilott, qui était initialement du côté des pots de fer, mais qui par un concours de circonstances s’est retrouvé du côté des pots de terre. Celui de paysans dont les animaux commencent à devenir fous et à montrer des symptômes plus qu’inquiétants.

Il faut des années pour dérouler la pelote que DuPont lui a refilé pour noyer le pois(s)on. Sa femme (Anne Hathaway, mochifiée en mode années 90) et son boss (Tim Robbins, méconnaissable, il a pris de l’âge et perdu de la rousseur !) menacent plusieurs fois de le lâcher, dans son obsession, mais se révèlent finalement être ses premiers alliés dans une quête qui va accoucher d’un énorme scandale, conté dans un article du NY Times qui inspire le film. De l’atelier du petit chimiste en milieu auto-régulé jusqu’à la révélation fracassante — dont j’avais effectivement entendu parler, quoique sans plus, et qui nous affecte tous. Avec au passage tout ce qu’implique le clientélisme en milieu corrompu (comme quoi, ça ne concerne pas que les mairies communistes). Un film prenant, passionnant et fort bien mené.