Quoi de neuf ? Un peu perdu la notion du temps, en fait. Habituellement, les concerts, les rendez-vous et les déplacements me servent pour me repérer. Je m’aperçois que le greffe aurait dû me répondre il y a 15 jours, ou 3 semaines, je ne sais déjà plus, et qu’ils n’ont pas encaissé le chèque. Ont-ils arrêté toute activité ? Ça ne serait pas étonnant, à devoir manipuler de la paperasse, c’est typiquement une activité extrêmement coûteuse de rentiers qui aurait dû être beaucoup plus automatisé, il y a bien longtemps, que le misérable Infogreffe qui fait surtout rêver mes partenaires kazakhs — mais mon partenaire italien a un truc bien meilleur de son côté.

Ce temps long est en même temps très utile pour le développement à faible productivité, c’est-à-dire les trucs épouvantablement complexes où il faut beaucoup se concentrer — la contre-partie étant le mal de dos, j’exploite le coussin, du mobilier, tout ce que je peux. Il y avait bon nombre de tâches du genre qui s’étaient accumulées. Bientôt, j’aurai même un inbox 0 dans l’évier, et rattrapé quelques lectures (surtout que je commence à avoir mal aux doigts, une douleur que j’avais oubliée !), voire un peu plus rangé autour de moi. Activités marginales, entre deux features ; a priori avec encore un ou deux mois de confinement, ça devrait le faire. De toute façon, côté facturation, les formations sont passées à distance, et les clients semblent se dire que la période est propice, outre les prises en charge qui se multiplient. Bonne autonomie. J’en ai rattrapé mes lessives qui traînent depuis un an parfois, pour m’apercevoir qu’effectivement, il faudrait doubler la capacité de stockage de mes pulls pour que tout rentre, en réalité.

Si on me demandait combien de temps il s’est passé, je serais obligé de faire le calcul depuis les élections — parfois je me pose la question, et puis j’oublie. Je suis sorti deux fois, depuis le début. A priori, une fois toutes les deux semaines, c’est pas trop mal. En activité monastique standard, c’est une fois tous les cinq jours, trois si je me fais violence — aller-retour pour chercher du pain. D’ailleurs, si on pouvait m’en livrer, ce serait encore mieux. Un confinement à la Chinoise serait même parfait : un peu comme dans l’avion, la nourriture se matérialise automatiquement. Ça réduirait encore le temps de dispersion. En fait, ça me convient tout à fait. Et je suis certain que ça rendra le dehors encore plus agréable, un jour. Le seul problème, majeur, c’est l’appartement en VEFA qui n’avance pas, selon ma caméra espion. Le retard, avec mon promoteur incompétent, risque d’être monstrueux… À ce niveau-là, l’État français ne joue pas trop son rôle de buffer, les Italiens protègent mieux les civils, les Allemands les entreprises. Trop de bordel interne à gérer, sûrement. Espérons que ça se tasse… J’aurais largement préféré être livré avant le covid. Encore un problème de timing, story of my life.