Intronisation des conseillers municipaux dont je n'avais aucune chance d'en être (même si on avait été élu, a priori : vraiment trop loin dans la liste, faite avec les pieds par ma tête de liste). Choix d'une grande salle... insuffisante, il faut être VIP pour pourvoir être dans le public intérieur, sinon c'est avec les familles, à l'extérieur (et là, c'est folklo...). Les VIP, c'est l'aristocratie coco. Tout le monde cherche Assa Traoré, mais elle s'est déjà tirée. Moment tout de même républicain. Geste républicain, à mon sens, de mon opposition — sauf la tête de liste qui n'a pas osé aller aussi loin : vote en faveur du seul candidat à s'être présenté, coco donc (pour un rempilement de mandat). Ça a fait son petit scandale dans nos rangs.

La question est intéressante. Les cocos ne sont pas des enfants de coeur. Certains leur refusent le titre de stalinien, mais je ne suis pas loin de penser qu'ils en héritent toujours directement. Ils peuvent avoir des propos et attitudes civilisées qui dérapent très rapidement ; mais surtout, leur structure incroyable hérite d'un savoir-faire catholique repris ensuite par les régime totalitaire, ils forment leur bataillon dès l'enfance, recrutent, formatent, se reproduisent. Il ne faut jamais sous-estimer un communiste, j'aurai au moins appris cela. De là à les considérer comme des ennemis de la nation, il y a cependant une marge. Il y a en tout cas plus extrémiste qu'eux — et je ne pense pas seulement au RN et autres fachos, mais à LO ou le NPA, dont les candidats chez nous ont encore fait un score misérable. Le coco vit du système, son combat est plus d'apparence qu'un véritable souhait révolutionnaire. Le coco français est avant tout français : mettre en place un goulag impliquerait de travailler, et travailler, c'est tout de même horrible. La réalité est que la CGT sabote le pays par flemme plus que par envie révolutionnaire — ça, c'est l'alibi. Et ce n'est pas pour rien qu'il s'entend fort bien avec le patronat tradi catho "social" : il a le même fonctionnement cérébral (le paternalisme lui va d'ailleurs extrêmement bien !). Il ne faut pas trop se perdre dans leurs contradictions : comme chez les cathos encore, tout est mélangé dans leurs cerveaux, donc il ne faut pas chercher de cohérence (en plus, ils n'ont pas de Jésuites. Faut dire que quand on les côtoie un peu, on se rend vite compte que le niveau est plutôt au ras des pâquerettes... Ça fait longtemps qu'il n'y a plus de tête pensante dans le bordel !).

Bref, ce n'est pas seulement parce que par le passé, j'ai moi-même voté coco que je trouve qu'il était inconcevable et horrible que d'avoir donné nos voix (deux) au seul candidat qui s'est présenté, de manière tout à fait républicaine. Il faut plutôt prendre acte que l'on a été manifestement très mauvais — 65% d'abstention. Et pas seulement à cause du choix de la tête de liste, qui a sur-personnifié la campagne, mais à cause d'une dynamique d'équipe qui n'a pas pris. Et du fameux contexte national aussi, à n'en pas douter (le test est plus qu'en double-aveugle, pour la peine : les villes avoisinantes, parfois avec candidate ou candidat bien plus brillants, se sont pris des tôles trois fois pires !). Mais cela appelle aussi à une grande réflexion sur la démocratie et la manière de faire campagne.

Un dernier mot sur ce point : personne n'a pas parlé finance. Hallucinant et révélateur.