Premier véritable conseil municipal. J’ai toujours voulu y assister, mais j’avoue que je n’avais jamais pris le temps de me renseigner sur les dates et horaires. Ce n’est pas comme si mon emploi du temps n’était pas déjà bien trop chargé. Mais là, j’avais un rôle à jouer, alors ça valait le coup. D’autant que j’ai beaucoup bossé dessus.

Une tonne de documents à avaler en une semaine. Voilà comment ça marche, la démocratie locale : 400 pages de documents techniques essentiellement financiers, autant de morceaux d’AG pré-écrits où l’on en apprend des vertes et des pas mûres, noyé au milieu des trucs classiques et chiants de type nomminations à la tripotée de commissions diverses et variées. On y voit en action le plus pur clientélisme communiste et la gestion dans l’à peu près des finances publiques, avec une partie non négligeable qui ne doit pas être bien légale, mais comme il n’y a aucun contrôle, tout va bien. L’opposition réduite à peau de chagrin ne peut que faire dans le vaguement symbolique, et n’est souvent pas au niveau — d’un point de vue technique (connaissance, analyse et synthèse des données) que politique (synthèse et prise de parole percutante — déjà, prendre la parole tout court est un challenge hors de portée).

L’affaire est d’une diabolique efficacité dans l’inefficacité. 65 points discutés en 3 heures, dont 30 votés d’un seul coup. Des conseillers de la majorité qui ne comprennent rien et lèvent le bras quand on leur dit de le lever. Même quand il s’agit de voter sur la base de documents qu’ils n’ont pas vu (plusieurs centaines de pages à analyser en quelques minutes, un exemplaire pour 49 posé sur une table que personne n’a ouvert). La blague intégrale. L’argent s’envole ainsi. 50% du PIB bouffé par l’État : on lui donnerait 100%, à ce niveau, ça se démerderait pour être encore en déficit à la fin de l’année. Hallucinant. 180 millions d’euros fumés par des incompétents notoires, mais bêtes politiques nées.

Expédié c’est dépensé !