Le musée Marmottan est à l’autre bout du monde connu, du côté des très riches parisiens, on a l’impression de prendre un tunnel spatiotemporel et de se retrouver dans un univers différent, captivant et inquiétant. Alors on n’y va pas beaucoup. Je n’ose regarder depuis combien d’années… Il faut dire aussi que ce n’est pas donné — même au chômage. Au moins, avec ces histoires de masques et de covid, on a l’assurance qu’il n’y a pas grand monde. À Marmottan, on trouve de la vieillerie d’empire (dont des séries de mini-portraits accrochés au mur qui donnent envie de jouer à « Qui est-ce ? ») et évidemment les impressionnistes (surtout au sous-sol) qui ont fait la renommée du lieu.

L’exposition temporaire « Cézanne et les maîtres. Rêve d’Italie » aurait déjà dû s’achever, mais finalement elle durera presqu’un an. Le problème que j’ai avec cette partie des impressionnistes, c’est qu’il peignent chez moi. Alors la vue de Sainte-Victoire, ma soeur avait la même dans sa maison provisoire post-inondation, ça m’impressionne guère. Il y a un élément trop familier. Le côté italien n’aide guère : en fait Cézanne n’y a jamais mis les pieds. On y met donc en regard du « Tintoret, Le Greco, Ribera, Giordano, Poussin, et pour les modernes Carrà, Sironi, Soffici, Pirandello sans oublier Boccioni et Morandi ». Bref, ça fait partie de ces expos qui ont un scénario encore plus mince qu’un porno ; mais ce qui n’empêche pas de prendre son pied en matant le festival (comme un porno aussi).

En redescendant la rue de l’Assomption du 16ème arrondissement, qui s’appellerait rue Lénine dans un univers parallèle plus en banlieue rouge, curiosité ethnographique à elle seule, on se retrouve à la Maison de Balzac. J’étais quelque fois passé devant, sans y entrer. Normalement, il faut réserver, mais il n’y a pas foule pour les visites. Encaissé en contre-bas, ce qui laisse voir la Tour Eiffel qui n’existait pas encore, et permettant surtout encore plus bas, depuis une sorte de souplex, de pouvoir s’échapper de ses créanciers, la maison n’est pas très grande, pas très éclairée, mais dispose d’un joli jardin. La décoration est vieillotte, c’est dans son jus. Il y a des citations sur les murs qui font bien rire. Des manuscrits originaux, et le bureau sur lequel ils ont été produits. La myriade de corrections avant le 3e BAT (ça sent le fichier en « version finale 42 », la terreur des éditeurs).

Bref, travaux à prévoir, on fera peut-être une offre.