Depuis Twilight, on n’avait plus vraiment vu Justin Chon, 40 ans. Avec Blue Bayou, il revient devant et derrière la caméra. Et même au scénario. Et probablement au casting, parce que tant qu’à faire dans la vie, autant bisouiller Alicia Vikander. D’ailleurs, au début, on se dit que son rôle d’Antonio LeBlanc, made in Korea mais rapatrié en Louisiane au plus jeune âge, ne peut pas avoir un karma trop horrible étant donné sa femme. Mais voilà, les galères s’enchaînent. Au passage de quelque violence policière raciste, il se retrouve menacé d’expulsion, parce que ses papiers avaient été mal ficelés quand il avait 2 ou 3 ans — quel boulet, je vous jure ! L’occasion de se rappeler que s’ils ont l’habea corpus, les USA n’ont pas les droits de l’homme. On croirait presqu’à un délire fictif tellement la situation est absurde, mais non non, le générique est là pour nous apprendre que la situation narrée est tout à fait crédible…

La critique cinématographique a été refroidie par anti-surcharge-de-pathos. Pourtant, je n’ai pas trouvé que c’était manichéen, en réalité. Certes il y a un personnage-bonus de fille d’immigrée avec son cancer et son père boat people qui a perdu quasiment toute sa famille, mais c’est utilisé intelligemment pour réfléchir sur l’immigration. Le héros est un anti-héros pas tout blanc — même s’il a un grand cœur. Quand bien même la police est écornée, il y a le pendant pour contre-balancer le propos. En fait, c’est peut-être un peu trop schématique dans la recherche d’équilibre du propos.

Ceci étant, outre que le traitement du thème de la famille est intéressant, il y a Alicia, aussi. Et même, à un moment, elle chante. Rien que pour cela, ça mérite d’aller voir (ai-je parlé déjà de l’impératif catégorique d’aller voir Alicia Vikander ?).