On avait déjà vu Klaus Mäkelä à la direction de l’Orchestre de Paris, mais il n’était alors pas encore le grand directeur (surprise). Ce concert du jeudi 16 septembre était donc le premier du genre. Celui post-Harding, envolé, faute d’avoir convolé. Mäkelä est vu comme le petit génie du moment ; c’était aussi le cas de Harding avant. Mais ils ne semblent pas fait du même bois, alors espérons que le jeune Klaus ne crame pas route, et qu’on soit fier de l’avoir incubé sous les réflecteurs de la Philharmonie. En attendant, je crois qu’il a emmené son violon solo du Philharmonique d’Oslo, son autre orchestre : Elise Båtnes a donc pris temporairement le relai de Roland Daugareil (lui aussi envolé).

La toute première pièce était une création française d’une pièce co-commandée par le Los Angeles Philharmonic, l’Orchestre philharmonique royal de Stockholm, l’Orchestre de Paris, le City of Birmingham Symphony Orchestra et de l’Orchestre de la NDR-Elbphilharmonie. Tout ça. Pour 19 minutes fort inutiles, Spira, d’Unsuk Chin, 60 ans, une compositrice qui n’était jamais apparue dans mes radars, et qui a fait un truc qui ressemble à tous ces machins contemporains à base de percussion bizarre et de cordes aux phrases de 3 secondes max qui miaulent, du sous-Messiaen d’opérette, bref tout se ressemble dans ce goût-là, et l’histoire n’en retiendra rien du tout. Ça me désespère un peu, à force.

Et puis la comparaison avec le Strauss suivant est plus que sévère. Quatre Lieder op. 27 (attention, pas les derniers), avec une soprano Lise Davidsen très en forme : je n’ai plus les réserves que j’avait il y a 3 ans (purée que le temps passe vite…). Clairement, il y a eu de l’upgrade — et on partait déjà de haut. Pur bonheur. J’aurais bien voulu un bis de Morgen. C’est trop court. 16 minutes en tout — alors qu’on venait d’en perdre un peu plus.

Enfin, après l’entracte, presqu’une heure de la première symphonie de Mahler, Titan, la symphonie d’apprentissage, fort bon choix donc. J’avoue cependant qu’au début, j’ai trouvé ça un peu plat, j’étais pas bien emballé ; alors qu’il y a eu par la suite de très belles montées (je me suis demandé si le chef ménageait en vain ses effets), et que mon amie-binôme du soir fut subjuguée. Alors, j’ai attendu la critique de Bachtrack, et en effet, s’ils ne manquent pas d’éloges, ils ont trouvé le « premier mouvement mal digéré, à la forme étonnamment peu lisible ». Ouf, ce n’est pas que moi — c’est que bon, ça fait longtemps qu’on n’a pas entendu de vraie musique…