humani nil a me alienum puto

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samedi 18 novembre 2006

1000ème, 1an 1/2

Ceci est le 1000ème billet de ce blog, le jour même de ses un an et demi. Double symbole, en somme. Enfin, je dis 1000, mais je ne suis pas certain, c'est ce que dit mon outil de statistique, le vrai décompte prendra un peu plus de temps ; en fait, un billet a perdu son texte, et un autre a été publié deux fois, dont la première sans titre et non effaçable, bug de mon hébergeur. Donc peut-être 998 ou 999, mais qu'importe, un an et demi quand même.

C'est peut-être le temps voulu pour une rétrospective, j'en fais à chaque fois, enfin je crois. Mais je n'ai pas le temps, ou pas le courage. À la place, je fais autre chose, d'ailleurs autant l'annoncer tout de suite, il risque d'il y avoir un temps de latence ces prochains jours. Oh, pas grand chose, enfin, j'espère, on verra, mais bien plus que le record actuel de vide bloguesque, établi à un peu moins de deux jours me semble-t-il.

Ces temps-ci, j'ai l'impression que l'on me reproche beaucoup mon approche des choses qui ne va pas avec le dos de la cuillère, dirons-nous à grand recours d'euphémismes. Je l'ai pourtant dit et répété, je n'aime pas le tiède, ni le moyen, n'en déplaise à Aristote. On pourra évidemment mettre cela sur le compte de la passion de la jeunesse, celle qui faisait fumer de la drogue et arracher des pavés en 68, à ceux-là même qui à présent défendent les systèmes de stock options, surtout lorsqu'il s'agit de s'acheter la BM qui va si bien avec le nouvel appart' dans le XVIème. Au contraire, c'est en m'appuyant sur eux que je réagis.

Je fais assez souvent figure de ma grande adoration de Confucius. Mais il y a quelque chose que je n'hésite pas à lui reprocher : la fuite. Celle qui, alors qu'il est en compagnie d'un prince qui se révèle homme de peu, lui fait prendre l'avis d'aller dans le royaume voisin, et de fausser compagnie à son hôte. Le comportement inverse d'un Socrate agitateur, qui dénonçant les méfaits de la cité, se fait condamner par la démocratie populaire (le fameux jury, tiens), mais ne s'exile pas et préfère se donner la mort pour ses idées. Créant Platon qui va opposer la chose publique (Res publica) à la démocratie, créant Aristote par contraste avec Platon (lire la réflexion sur les différents régimes politiques et leurs formes dégénérées dans l'"Éthique à Nicomaque" ), créant la philosophie, l'amour de la raison.

Vous n'allez peut-être pas le croire, mais l'une des raisons qui m'ont poussé à travailler là je travaille actuellement est son emplacement géographique. Derrière la rue Galois, à quelques centaines de mètres de l'endroit où il est né, quel bonheur de voir sa photo en prenant le RER. Évariste Galois, le plus grand mathématicien de tous les temps, tué pour ses idées réupublicaines, à n'en pas doûter, à 22 ans.

Vaut-il meiux être un mouton, une fourmi, comme dirait Montaigne, concluant qu'il en était mieux pour être ainsi heureux ? Peut-être. Très sérieusement, après tout, il a été montré que les personnes pratiquant une religion vivaient plus longtemps que les athées ou autres agnostiques. Moins de soucis, apparemment. Remplacer une névrose par une autre, tel est le mode de fonctionnement de l'être humain, y compris le mien, évidemment. Le tout est de savoir si l'on veut en prendre conscience ou non. Mieux : si l'on veut ensuiter lutter contre, améliorer les chose, ou en profiter. Adopter le mode de pensée cynique, en somme.

Ce blog s'appelle "humanum nihil alienum puto". La citation de Terence, esclave romain auteur de la pièce "Heautontimoroumenos" (I, I, 25) commence exactement par "homo sum". L'étude passive de l'Homme, voilà un sujet passionnant, mais pour quoi faire, pour rester soi-même passif ? Et quand bien même, quelle "influence" (mot adoré de la caste commerciale), dès lors que l'on partage ses pensées ? Confucius ou Socrate ont-ils réussi ? Montesquieu et son "Esprit des lois" tout autant que ses "lettres persanes" ont-elles modelé la pensée de tous ? D'une partie, sans doûte, mais cela n'est pas suffisant, surtout dans un régime de partage apparent, où seule la majorité a le pouvoir, indépendamment de toute vérité. L'idée des juries populaires a soulevé beaucoup d'émoi parmi les gens de loi, ceux qui ont fait tant d'année d'étude pas seulement à apprendre par coeur des textes, mais à en connaître le sens, le sens de l'Homme. Pourtant, que penser de l'absolu pouvoir politique donné à tous, n'y a-t-il pas la même incompétence a priori sur ces questions de la première importance ? N'est-ce pas de l'hypocrisie de remettre en question ce pouvoir, celui-là même dont nous jouissons, moi y compris ?

Revenons-en au titre de ce blog, je m'égare. Beaucoup de mes lecteurs ont moins de six mois, précisons-leur que cela ne vient pas directement de la pièce de Publius Terentius Afer -- que je n'ai toujours pas lu, honte à moi, je préfèrerai apprendre le latin avant, idéalement -- mais d'un livre, de la préface de son édition en ligne plus exactement, qui m'a baucoup touché, d'un cynisme absolu, le vrai, celui hérité de Diogène : "Les 120 journées de Sodome", dont je recommande fortement la lecture. Je lisais ce livre au moment où ma Grande Amie -- que je dois voir demain, je suis actuellement à Marseille -- est rentrée à l'hôpital, anorexie, maladie terrible, malheureusement toujours présente. J'ai aussi déjà expliqué que c'est alors que m'a pris le goût pour l'écriture, pour lui écrire. C'est drôle, on ne fait rien, et tout à coup, tout part, tout explose. Après tout, Aristote a bien dédié son oeuvre à Nicomaque (si tenté que ce soit bien lui qui l'ai écrit, et non qu'il s'agisse de discours rapporté comme pour Confucius, mais qu'importe). Et Descartes n'a-t-il pas écrit son discours de la méthode pour sa Princesse (de je ne sais plus quoi) ?

Et puis "Palpatine", mon pseudonyme depuis tant de temps, cinq ans et demi, un peu plus. D'abord un empereur, parce que c'est le régime qui se rapproche le plus de la République, Kant sera le premier a vous le confirmer par l'exemple je pense. Du côté obscur, ce côté sombre en chacun, que l'on fuit, ou dont on apprend à se servir ; la colère, la haine, mais surtout, le froid. PAs très humaniste tout ça, j'en conviens. Citez-moi un Grand Homme (Hégélien, cf l'inscription sur le fronton du Panthéon, dont le nom veut déjà tout dire) de pouvoir humaniste dans son oeuvre, on en reparlera ; même Robespierre a voulu imposer la vertu, à coups de guillotine ne pouvant faire autrement. Tout passe par l'éducation, évidemment ; plus de 2300 ans qu'on le sait, je pense que l'on peut qualifier cela d'un échec total.

Il nous reste donc la communication. C'est évidemment vain. Sauf pour les choses dont il reste à se forger une opinion. Les choses nouvelles, essentiellement, avant corruption de l'esprit, aider à l'éclairer, avant qu'il ne sombre, pour éviter qu'il ne sombre -- toujours ce fameux côté obscur ; au fait, il y a un grand poster de Yoda, chez moi, je l'indique à tout hasard. Bref, ce domaine qu'est le mien est une branche des mathématiques, qui recoupe aussi la sociologie de par son intéraction nécessaire à son essence même, mais pourtant fortement affilié à l'art : l'informatique. Mon créneau d'évangélisation, celui qui est aussi la meilleure illustration de l'application des points précédemment cités. Celui par lequel la vérité éclate. Ou disparaît. Dans l'incompréhension. Les Lumières voulaient expliquer, veillons à continuer leur oeuvre, aussi vaine soit-elle, au moins aurons-nous tenté. Cela donne d'ailleurs des choses parfois remarquable de contre-sens, en parfaite illsutration de cette accomodation dont peut se faire l'Homme -- encore une fois moi y compris, je n'en doute pas -- de ses contradictions, en voyant des capitalistes aux idées égoïstes vanter les mérites du Libre, du partage désintéressé.

Oh oui, en tant que spectateur, j'en ai vu des choses. "Modo video", certaines fois, je les ai vu trop tard, mon amie en est la preuve. Par mon aveuglement, j'ai compris que l'on se cachait toujours des choses. En permanence. C'est aussi une lutte interne contre soi-même, ce blog. Du moins en théorie. Enfin, cette entrée dans le monde du blog, que je connaissais que très mal au début, et dont j'en découvre à présent le plein potentiel. Je lis des gens qui sont de droite, ou modérés, catholiques ou protestants. Je ne suis peut-être pas d'accord avec eux, mais leurs idées sont argumentées, quand bien même elles ont forcément des failles puisque Platon et Aristote ne peuvent avoir simultanément raison sur des conclusions contradictoires, l'effort de pensée est primordial. Celui de chercher la vérité plus important que la vérité elle-même, peut-être hors d'atteinte pour nous, pauvres humains, qui sait. Évidemment, soutenir en permanence cet effort est immensément difficile. Avez-vous lu Descartes ? Avez-vous noté le nombre de fois où il se réfère à des oeuvres où il dit avoir démontré un point de la plus grande importance sur lequel s'appuie tout son raisonnement, alors même que ladite oeuvre ne renferme en rien l'argumentation évoquée ? Tout le monde se laisse aller, tout n'est qu'une question de proportion.

Alors bien sûr, on me reproche de n'avoir su argumenter quelques fois, et d'y aller un peu fort, à la manière d'un empereur du côté obscur de la force peut-être, il est vrai que l'on n'aurait pu s'en douter une seconde. Mais a-t-on lu avant cela l'intégralité des 999 billets précédents ? Il y en a quelques uns du même acabit que celui que vous lisez en ce moment même, à vous de décider cher lecteur de la qualité de la teneur argumentative que vous y trouvez. Il y a quelque chose d'amusant avec la démonstration, quelque chose que les matheux savent bien : le but d'une démonstration est de convaincre. Il faut donc avoir le niveau suffisant pour comprendre les hypothèse de départ, et comprendre le raisonnement en lui-même, par ce mécanisme d'implications, de cause à effets dépecé et étudié. Et ainsi faire éclater au public assistant à notre démonstration l'absolue vérité qui s'expose à ses yeux. Notre ami Galois précédemment cité a écrit son oeuvre en une nuit, et n'a pu être lu par Poisson lui-même, qui n'en a absolument pas compris le sens. Aujourd'hui encore, les plus grands mathématiciens se penchent dessus, et en tirent des conclusions de la plus grande importance. Alors, quel doit être dans ses conditions l'attitude de l'orateur qui vise à démontrer, tel le philosophe, une vérité (ah, ce mot !) qui ne veut s'imposer aux yeux de tous ? Comment ne pas douter de cette vérité, d'ailleurs, après des années d'erreur, tout comme les mathématiques ont erré pendant quelques milliers d'années dans la fausse approximation ? Y aura-t-il un théorême de Gödel de la philosophie, puique l'on refuse de voir la main mise de la mathématique sur toute chose, le déterminisme étant le pire ennemi de la prétendue liberté et autodétermination tant en vogue ? Tout ne serait alors que réthorique. Les cyniques auraient raison. Sade auraient raison. Innacceptable, introduisons plutôt une contradiction, au point où nous sommes -- mais peut-être avons-nous alors raison, peu importe, le but est d'avancer.

Bienheureux celui qui sait. Descartes est parti du doute pour construire son modèle, "cogito ergo sum", personne n'a-t-il donc remarqué que c'est exactement à cette contradiction de celui qui a déduit que le coeur battait grace à un phénomène de chaud et de froid, et non quelque chose d'auto-alimenté (ce que détruira le biologiste Harvey peu de temps après) ? Descartes n'a jamais remis en doute sa foi, ainsi que quelques autres hypothèses. Dont celle s'attelant à la forme même de la démonstration. Retout à Gödel. "L'essence des mathématiques réside dans leur liberté", nous disait Cantor ; douce illusion.

Explorons toutes les voix. "L'avenir d'une illusion", de Freud, connaissez-vous ? À lire absolument, je ne comprends pas pourquoi celui qui qualifiait les religions de névroses obsessionnelles compulsives, et qui ramenait tout au sexe, a été autant décrié ; à moins qu'il n'ait raison, mais voyons, comment accepter cette idée, voyez-vous la contradiction ? On préfère penser qu'un être suprême existe et est à l'origine de tout ce qui nous arrange plutôt que de comprendre tout les fils de causalité qui font ce que nous sommes, quitte à nous tromper. Tellement plus facile, et au moins, cela évite le mal de crâne et la dépression ; tout autant que la désillusion. Retour à Montaigne.

Ce billet ne se veut pas fondateur mais refondateur. Une sorte de pallier de la pensée. Parce que je veux bien accepter toutes les critiques, mais si elles se basent sans rien connaître d'autre que l'instant présent, sans considérer tout ce qui a été fait avant, comment y attribuer le moindre crédit ? L'étude n'est pas facile, j'en conviens. Elle nécessite beaucoup de temps, je dors fort peu. Les efforts que je fais sur ma santé -- drogues alcooliques et enfumées proscrites en premier lieu -- sont quelque part ruinées par la vie surmenée que j'ai depuis bien lontemps. Mais qu'est-ce qu'une vie conformiste, formattée, conservatrice, irréfléchie, incultivée ? Une vie inutile, cela est certain -- oh évidemment, cela ne prouve pas que la mienne ait plus d'utilité, j'en conviens tout à fait, si cela en encore un sens en soi.

On trouve toujours à redire et à critiquer. Freud ou Feuerbach en sont d'éclatant exemples, trop excités, trop révolutionnaires. Irrespecteux, paraît-il. Parce que l'acceptation rime avec l'abandon de la lutte avec le fait établi. "Cela est comme ça, tant pis". J'appelle irrespect le fait de ne pas lutter pour pour tenter d'éclairer. À sa manière, quelques uns comme je disais essaient de faire croire à la libre pensée, tout en étant doctes, scientifiques, et déterministes, Ô cruelles contradictions de l'âme. Peu importe si j'ai raison ou si je suis dans l'erreur, mon devoir est de le faire. En espérant qu'il y ait une quelconque participation à ce grand mécanisme de causalité déterministe. Tout comme les philosophes ont écrit, en sachant fort bien par avance qu'ils avaient certainement tort, du moins je l'espère.

Démontrer c'est convaincre. Convaincre contre persuader, la raison contre le sentiment. On n'aime peu mes sentiments, j'en conviens. J'espère que l'on appréciera plus ma raison, c'est elle seule qui importe, vous pouvez faire fi de mes envolées, elles ne sont là qu'à titre de toile de fond, pour expliquer d'où viennent les mécanismes de ma pensées sous-jacente, celle plus froide, plus obscure, plus profonde, dont essaie de sortir la lumière. Et au milieu de toutes ces questions, une tentative de réponse. Le reste importe peu, il s'agit juste de moi, et ma passion, et mes névroses personnelles. On est sur un blog, après tout, une sorte de biographie instantannée. Merci de m'avoir lu.

"Voici un livre nauséabond, à tel point qu'il semble voué à finir comme il fut écrit, sous forme de feuilles volantes clouées au mur d'un cabinet d'aisances, et qui ne seront lues qu'avant un usage plus définitif. Un livre à peine ébauché, dont seul le squelette, fossilisé sous des boisseaux d'excréments, nous est parvenu. Un livre criminel, et pourtant empreint de la plus froide raison. Un livre commis par un captif dans le but de se masturber, mais qui ne saurait être qualifié d'érotique. Un livre, enfin, sans lequel une bibliothèque, privée ou publique, ne saurait se dire complète, et qui pour toutes ces raisons est un irréfutable témoignage de la force irrésistible, au siècle du multimédia, de l'écrit."

    (extrait de la note pour l'édition en ligne des "120 journées de Sodome" de Donatien Alphonse François Marquis de Sade)

                "Homo sum, et nihil humanum a me alienum puto"
Publius Terentius Afer, aka Terence ("Heautontimoroumenos", I, I, 25)

vendredi 17 novembre 2006

démocratie: 1 ; intelligence: 0

Et voili voilou, par la magie de la démocratie, c'est Royal qui arrive bien en tête trois fois plus de voix que DSK, et trois fois plus que Fabius, soit 60%. Tadam ! Alors il y a six mois, elle va faire une tournée au Chili, raconte 3 mots en espagnol qui m'avait fait honte tellement c'était misérable, et depuis, squattage de media, l'arme absolue. Le 4ème pouvoir, on en est sûr et certain maintenant, c'est de la connerie, faut dire qu'entre le niveau intellectuel général des journalistes, et la direction vendue aux grands groupes financiers (et de préférence dans le secteur de l'armement), on allait pas forcément aller bien loin.

Mais tout de même, on avait un peu d'espoir, celui que les militants, ceux qui ont payé leur carte, plein de convictions etc, ceux-là sauraient se rendre compte de l'absolue horreur politique que représentait la Ségolène. Que nenni, ils sont comme tous les autres ; irrécupérables à hauteur de 60%, pas mal du tout quand même. Et pourtant, je ne vois pas un seul blog plus ou moins politique de mon aggrégateur en faveur de l'autre couillonne (mais il en existe 2 ou 3 sérieux en sa faveur, en dehors), c'était plutôt DSK qui avait les faveurs de tous très généralement, et je dois bien avouer, la mienne aussi, même si ses idées sont bien plus concervatrices que les miennes (ce qui n'est pas tellement un problème pour la présidence : le but est d'assurer la stabilité, c'est pour cela que le quinquennat est une aberration, passé haut la main à un référendum populaire, chouette).

Étant hors de question pour des raisons strictement morales de voter pour cette ahurie, il reste donc effectivement deux choix (pour moi) : Bayrou un peu plus à droite (du PS théorique, pas de Ségo), et Chevènement bien plus à gauche. Pour l'instant, ce sera le second, encore, d'autant plus que c'est le seul véritable héritier du Jacobisme. Restera le problème du partitionnement des voix ; qui risque évidemment de profiter à l'ahuri de droite Sarko, et à l'autre fada-mais-pas-tant-ça de LePen.

D'un autre côté, ce n'est pas non plus comme si c'était la méga grosse surprise, juste une preuve supplémentaire que la démocratie, c'est de la merde, une des plus belle connerie qui soit (parce qu'elle est commerciale, ça plaît bien au cerveau de base : tu participes, tu est intégré, bla bla bla, mon oeil). Pourtant, ça fait plus de 2500 ans que l'on sait que c'est bidon et que ça ne vaut pas un clou, tout comme le changement du système de comptage des votes pourrait déjà bien améliorer les choses dans un premier temps. Mais non, parce que ce sont ceux qui sont au pouvoir (et non le peuple, chose impossible de toute façon, et non souhaitable) qui décident de tels systèmes, et leur intérêt n'est pas de modifier quelque chose qui a si bien marché pour eux (le politique, surtout en démocratie, n'a aucune vision au-delà de 2 ou 3 ans ; c'est une caractéristique qu'il a hérité de ses pauvres études).

Allez, c'est pas grave, ils ont bien Bush aux USA, on va bien pouvoir se taper un président de merde pendant 5 autres années (je n'ai évidemment pas la moindre prétention de penser ne serait-ce que 3 secondes que Chevènement ou que Bayrou, ou autre politicien hors Ségo/Sarko pourra devenir président ; aux accidents accidentels près, mais ça fait longtemps qu'il n'y en a pas eu...). Circulez, y'a rien à voir.


humeur du moment: beark ! (qui s'adresse aussi envers mes concitoyens, mais c'est pas de leur faute, ils ont été mal éduqués ; c'est ce que l'on appelle "l'héritage du passé", c'est pour ça que ça n'avance pas)

opéra en une nuit et onze numéros

YAF (Yet Another Faust ; yet another note aussi, salopperie de Firefox pourri, 45 minutes de perdues). "Faustus, the Last Night" par Pascal Dusapin, création de cette année, monté en janvier à Berlin, en mars à Lyon, et pour trois représentation à Châtelet, il ne reste plus que le 18 novembre (où je serai à Marseille, ce qui réduit le choix des dates).

Musique contemporaine, on l'aura compris, Dusapin est toujours vivant (51 ans) et même présent sur scène à la fin de la représentation. Élève de Messiaen en son temps, on sent vite la filiation ; ça ne dure que 1h20 ceci dit, sans entracte, mais c'est bien suffisant, ce n'est pas très symphonique comme musique...

L'histoire ce concentre cette fois sur les relations entre Faust et Mephistopheles, et même entre Faust et les autres personnages tous aussi hystériques que son l'Ange -- qui a de lourds problèmes de communication --, Sly -- une ivrogne dont on ne comprend pas trop ce qu'il fait dans l'histoire--, et Togod -- sorte de miroir/Dieu/Diable. Vous aurez certainement remarqué que Togod, ça ressemble furieusement à Godot, et j'ai senti du Beckett bien avant de connaître le nom de ce personnage (à savoir à la fin, en lisant le mini-programme pour recoller les morceaux).

Tiens, ce mini-programme aussi nous apprend que la mise en scène prend quelques libertés avec le livret original, et oui, modernisation d'une oeuvre contemporaine créée cette année, fallait oser. Si la scène est consitituée principalement d'une grosse horloge inclinée vers le public (allégorie discrète au temps, on aura rien vu venir ; et à la rotation, j'y reviendrai), on ne tarde pas à voir apparaître un grand sac plastifié, contenant un carton énigmatique qui s'avèrera être une machine à pétrir la pâte, formidable allusion à l'obsession de Faust pour les rotations, révolutions, et autres sphères. On aura aussi droit à un déguisement en chat/lapin (un mix des deux, ouais), du plus grand guignol. Le décor se démonte aussi, c'est pas mal du tout. Notre trio Faust/Meph'/Togod sont fortement fardés et limite chauves, ça donne une impression de vaste clonage (je plains les spectateurs du fond), bien trouvé. L'ange a ma préférence, avec ses bandelettes, et ses plumes (du moins au début).

Niveau musique pure, Jonathan Stockhammer à la direction, fort bon, et tous les chanteurs dans leur ensemble très bons (Georg Nigl en Fautus, Urban Malmberg en Meph', Robert Wörle en Sly, Jaco Huijpen en Togod, et Caroline Stein en Ange). Je ne suis pas certain cependant qu'on les entendait bien derrière le tintamarre de l'orchestre, moi en tout j'étais au 4ème rang, parfait. Pour 15€  :D.

D'ailleurs, j'ai eu une bien meilleure place que Fûûlion du coup, na ! Cette dernière accompagnait sa classe, comme on en voit assez souvent ai-je l'impression, au Châtelet (il y avait au moins deux groupes ce soir) ; de fait, je n'ai eu droit qu'à trois mots indifférents et une quasi-ignorance à bien faire plaisir, je n'aurai donc pas de second avis à faire partager, dommage, pour avoir commencé avec "l'enfant et les sortilèges" de Ravel et connaissant qui plus est l'orchestre de l'Opéra National de Lyon...


Très bonne soirée, musique à apprécier encore plus sous LSD, mais de temps à autre, ça décrasse les oreilles.

Sur le chemin du Third Jeudi, je recontre Oli et Matoo, aux Halles, ils sont bien plus bavards eux-deux :). Et puis mon premier troisième jeudi au Quigley's (qui a enlevé les tables en damier ! Zut), mais c'est une autre histoire...

jeudi 16 novembre 2006

on ferme !

Nouveaux drivers ATI et enfin mis la main sur les rpm de Xorg7.1 pour SuSE, puisque les derniers drivers en question ne sont toujours pas compatibles avec la mouture 7.2 du serveur d'affichage. En espérant que j'aurai Beryl, cette fois :p.

Commençons donc cette fournée de liens par un peu de promo, pour un nouveau bouquin sur SUSE Linux chez O'Reilly ; même si la 10.2 (dite "OpenSUSE" ) va sortir d'ici peu (la bêta 2 est sortie), je ne pense pas que ce bouquin en sera pour autant obsolète.

Olivier/Neokraft Meunier (et sa boîte à lien) nous a dégôté une explicitation des entrées du "about:config", la bonne blague de configuration à la Mozilla (si vous ne connaissez pas, tapez "about:config" dans la boîte d'url de firefox). Pour s'en sortir dans ce bordel, donc, fort bonne idée :).

Linus Torvalds est un héros, même que c'est le Time qui le dit :p. Avec beaucoup d'erreurs dans le texte, mais c'est très subtile pour un non initié (mais assez grossier pour un connaisseur), on les excusera donc. Où est Stallman, d'ailleurs ?

La liste des ordis les plus puissants au monde est publié, j'en parle à chaque fois, Linux est toujours largement en tête, dans le détail ça donne : kernel Vanilla (ou indéterminé ?) à 65,20%, RedHat à 2,40% et LA surprise, toutes SuSE confondues à 8,20%, pas mal hein ? Y'en a encore 3 sous MacOS X (et pas de BSD, tant qu'à pousser le délire), et 43 sous AIX (8,60%), ça aussi c'est une bonne blague (pour rappel IBM a conisdéré son OS "historique" -- pour être gentil -- comme étant mort au profit de Linux depuis plus d'un an...).

Une review du Zune sur forever geek, j'adore le "It's (for now) incompatible with Windows Vista (put this one under the lol category)" ; vraiment de la daube, je me demande encore comment on peut s'extasier devant 11 petites heures d'autonomie (et 47 minutes, n'oublions pas, la précision :p ) alors que j'en ai 3 fois plus. En tout cas, ils savent comment allécher le client :D (via boingboing, à votre avis, elle fait quoi la damoizelle ? ^^)

Ce matin, j'avais une petite discussion avec mon désormais fameux ami voisin de bureau, sur les "petits" désagréments que l'on pouvait avoir avec des avions pas super bien conçus, mais pourtant fabriqués en série, comme des inverseur de poussée qui se déclenchent "tout seul" (223 morts ; y'aura p'têtre le problème sur l'A380 si ça continue comme ils sont partis), ou encore du Kapton super isolant quand il est sec, et qui s'enfume très vite à l'humidité ambiante (il devient alors conducteur, une bonne éponge), surtout si le vernis est absent (301 morts ). Et puisqu'on parlait de chimie et des p'tits gars qui font le Kapton (DuPont), il m'a donné encore moins envie de me servir de ma poêle en teflon, déjà que je ne l'a sortait que deux fois par an... Bon, je passe sur tout ce qui est "comment ça marche l'ingénieurie système en France", j'en mets des bouts de temps à autre, il faudrait que j'en fasse un billet (heu, roman ?) complet...

Dernier lien, j'aurais dû en parler à Yves hier (qui va certainement encore trouver ça tendancieux, j'en suis sûr >_< ), je vous laisse réfléchir dessus (attention aux champs lexicaux employés, au déroulement exact de l'histoire, etc) : il a 22 ans et paraît un peu débile, elle en a 12 et l'inconscience de son âge (un truc qui dure jusqu'à 75 ans environ, faut pas se faire d'illusions), Nabokov a perdu (et pourtant, en 1832... Tiens, y'a du beau monde là ; attention, un gars qui se planque pendant 3 mois sous un lit, de qui que ce soit, et même avec le consentement du possesseur du meuble en question, est passablement malade, mais ce n'est pas exactement pour cela qu'il est accusé... Ça rend juste son cas "indéfendable" dans nos contrées --névrosées -- actuelles).

ceci n'est pas un paris-carnet

Il y a un grand nombre de participants, beaucoup plus que ce que Koz' avait eu le malheur de prédire (mais il manquait Nawal, qui a dû préférer Parisist, ouais, j'te dénonce, j'ai traîné sur moi ton bouquin odorant pour rien !! >_< ) ; des habitués du Paris-Carnet, et quelques nouvelles (et un nouveau aussi, nan ?). On a mangé, bu, switché de tables ou d'endroits pour mélanger un peu les corps et les âmes (tiens, chuis poétique, ça doit être le second effet Shortbus), bref, comme un Paris-Carnet. Et un mercredi aussi. Pourtant, ceci n'était pas un Paris-Carnet. Mais alors RIEN à voir. La preuve : ce n'était pas le premier mercredi du mois !! Et ça, ça change tout. Si si. Ou pas.

Alors d'habitude, on peut name dropper 6 noms à tout casser et l'on a fait le tour, mais cette fois-ci, ce serait un peu long. Fais mumuse avec mon N770, Yves a découvert que Linux c'est facile et mumusant, surtout avec un stylet et la reconnaissance d'écriture ;). Goon avait un nouvel appareil (et ouuaaiiiss, j'l'ai encore casé :p ) dont j'aurais certainement le jumeau sous peu (en théorie). Parlé avec Nim' et Kerlu du monde merveilleux de l'ingénieur, on serait pas très bon en plaquette de pub au salon de l'étudiant (d'un autre côté, on n'a pas le choix, comme le rappelait Eolas peu après, il bosse comme un malade pour des clopinettes ; d'un autre côté, avocat, c'est une vocation nan ? :D ). Discuté ciné-qui-traumatise avec MrKa, Koz', Pascal, Padawan et Denys, pas eu l'occasion de recommander quelques bons films du moment (malheureusement, "American family", "taxidermia", ou "princess" ont disparu de l'affiche), j'aurais pu parler de Tarkovski et son immense "Stalker" découvert récemment, le film qui rend cardiaque alors qu'il n'y a strictement rien au final, juste une extraordinaire ambiance.

Fini la soirée avec Thomas, Le_Jax et Fûûlion (ainsi que DrDave par intermitence) qui n'arrêtaient pas de chanter des trucs méga zarbs (de la variété je crois, je passe sur les détails scabreux) ; un petit moment de solitude :D. Retourné à pied pour une bonne partie du chemin avec Koz' et sa fille parfaite ("mais avec plein de jolis défauts" ; mouais :p ), au final, un très très bon faux-Paris-Carnet, des fakes comme ça, je suis toujours partant ;).

Et puis (re-)joyeux anniv' à Koz', Gilda, et même Thomas par avance puisque je ne pourrai pas trop poster le jour très prochain en question ;). Zut, c'était ça qu'il fallait chanter, trop pas efficaces nos lyriques....

78ème semaine

Aaahh, les grandes joies du boulot d'ingénieur ! La semaine dernière, mon ami voisin de bureau s'est vu notifié dans l'après-midi qu'il était prévu qu'il parte pour Valence le lendemain, comme ça, paf, mange-toi ça. Le pire, c'est qu'une fois arrivé sur place, l'affaire s'est entendu en 15 minutes. Connaissez-vous une profession où l'on s'amuse ainsi avec le personnel ? Et comme le torchon brulait déjà un peu, à présent il veut tout simplement négocier son licenciement, à 56 ans, avec droit à 3 ans de chômage. Et puis dans la crise d'autoritarisme du chef, invention de règles d'horaire d'arrivée. Je veux bien me synchroniser avec mes cammarades de projet, c'est tout à fait normal, je fais un effort, c'était gentiment demandé ; mais voilà, ici il s'agit de tout autre chose, du style "sortie de règlement intérieur de derrière les fagots", histoire de faire venir tout le monde à 9h30 maxi, ce qui est assez drôle lorsque l'on sait que le chef en question arrive à 10h à cause des transports (en voiture). Évidemment, ceci est en totale opposition avec le joli contrat de travail que j'ai signé, et commence à me courir sur le harricot, je ne vais pas commencer à respecter un quelconque règlement à presque 23 ans, je ne suis un vieux con que pour la bonne cause, certainement pas une bonne poire. S'ils ne veulent pas d'ingénieur ou s'ils veulent de la lavette, il n'ont qu'à faire de l'importation depuis l'Inde, on en vend au kilo. Je vois l'heure là, il me reste un compte-rendu à faire, je crois que je vais violer leur sacro-sainte règle assez rapidement :D. D'un autre côté, j'arrive 1h après les fameux 9h30 essentiellent parce que je lis mon aggrégateur (qui comporte énormément de choses en relation avec mon boulot, précisé-je). Donc je lirais l'agrégateur au boulot, et je compterai ça comme des heures de présence semi-modulables (ie: si j'ai du mal à arriver à 38h30 hebdomadaire en plus de l'activité lecture, bein on comptera ça comme ça). Aucun intérêt à cette affaire, de toute façon je suis en train de prendre une telle avance que le projet sera terminé avant d'avoir officiellement commencé selon le planning instauré. Ou comment dégoûter quelqu'un de bonne volonté. On fait des études pour ça, oui oui, et on est payé très cher, pour bosser de plus de 10 à 11 heures par jour (faîtes le calcul : c'est pour gagner deux fois plus que moi, soit aucun intérêt, si ce n'est ne plus avoir de vie), et on a le droit de faire chier ses vils subalternes experts et bac+5 pour passer ses névroses. Chouette alors...

Bon, outre cet intermède désabusé, parlons donc de mon N770, arrivé ce matin, à 10h, m'obligeant à être chez moi et à arriver gravement en retard (puisque je suis libre de mes horaires, si vous avez bien suivi ; mauvais plan d'ups qui vient hier à 10h45, ne me trouve pas, laisse un message pour dire qu'ils repasseront dans le même créneau horaire, et aucun moyen pour leur dire que mon boss fait sa crise de la quarantaine) : franchement, ça déchire grave ! Bon, pas encore tout testé, pas assez de temps, et j'en chie pour me connecter sur mon wifi tout verrouillé (faut que je récupère l'adresse mac pour la mettre dans les règles de filtrage, donc il me faut une console, que je dois installer à la main... puisque j'ai pas le net -_-; ). J'essaierai de m'en occuper demain, mais j'ai une valise à faire, un opéra à voir s'il reste de places (ou alors third jeudi comme prévu initialement), et puis, je suis en retard.

Très très en retard. Je ne sais même pas pourquoi je suis encore là, allez, zouh, un compte-rendu, deux ou trois trucs, et dodo. Tiens, et si je dormais au boulot, ça respecterait les fameux horaires, et je suis un dieu pour dormir par tranche de 15 minutes les yeux ouverts sans que l'on ne s'aperçoive de rien (avec en mode idle un process dans le cerveau qui détecte les appels, c'est très au point comme système).

mardi 14 novembre 2006

intermède musical (ah bon ?)

Aaahhh, les journalistes, cette espèce intéressante, que l'on devrait conserver dans du formol ou au zoo, surtout quand ils ont fait science po avant, tiens (admirons le "mp3" en tant que "lecteur", il est fort le Pujadas)... Aux infos ce soir, tout le monde parle du Zune (prononcez de travers aussi, c'est important), la merde de m$ qu'ils sont allé chercher dans les déchets de Toshiba, et auquel ils ont juste passé un coup de peinture. Avec des super trucs révolutionnaires, genre... la radio ! Wouuaahhh. Faut dire que l'iPod (attention ! un journaliste a fait de fausses études et ne sait pas trois mots d'Anglais, prononcer ePod, enfin "i: pode" quoi) c'est LE lecteur, Archos, Logitech, Samsung, on s'en balance, parce que m$, aaahhh, bah ça ma bonne dame, ça mérite que l'on en parle aux infos ! Encore un système sur disque dur méga faillible, mais c'est pas grave, on est heureux d'annoncer 30Go (suis curieux de savoir combien il y en a en vérité, une fois la vraie division par 1024 a été éffectuée ; ah, et si le système de fichier est journalisé, miam aussi ; s'il ne l'est pas, c'est de toute façon la catastrophe assurée).

Je suis mauvaise langue, le Zune a le wifi. Et tellement de DRMs qu'on n'en fait pas le tour, alors toute musique échangée par le superbe système sans fil ne sera écoutable que 3 fois. Évidemment. C'est l'ôde à la merde, à la télé, vive le bourrage de crâne capitaliste à 0.5€...

Raffraîchissons quelques mémoires : Le Monde essaie d'apprendre il y a quelques jours à neuneuland comment Billou est devenu l'homme le plus puissant de la planète ("Avec des méthodes souvent à la frontière de la légalité avec l'illégalité", ça y est, ça commence ; ce n'est pas "limite", c'était du piratage au début, c'est avéré, c'est du graissage de patte à présent, tout le monde le sait aussi) ; toujours Billou qui est allé vanter les mérites des brevets logiciels en Europe, chez nous, il n'a honte de rien (remarquons la phrase du premier ministre finlandais, sur la position de pointe -- mouais -- de son pays ; je ne sais pas s'il est au courant que Linus Torvalds vient de chez lui, même s'il ne parle pas un mot de Finois).

Et puis aujourd'hui même, magnifique : le pdg d'Universal (entreprise mafieuse du milieu musical) déclare que tous les possesseurs d'iPod sont des voleurs (75% du marché, ils seront heureux du compliment), tandis que m$ leur reverse 1$ à chaque vente de leur daube, et ça change tout (ça s'appelle des royalties, c'est un peu le même principe que la "protection" de la famille). Boingboing et PCInpact nous en faisait profiter ce matin, plus aucun trace à la télé, juste de la pub.

67 millions d'iPod vendus. Quelle plaie. Allez, y'a Vista qui est sorti (en pirate, évidemment), une plaie ne vient jamais seule.


bande-son: puisqu'on y est, allons-y jusqu'au bout (mici XIII pour cet instant abominable ^^)

Du riechst so gut

Après avoir vu le film, évidemment, il fallait lire le livre, et comprendre cet engouement surnaturel. Problème : l'auteur Patrick Süskind est encore vivant, ce qui déjà viole une première règle de non-lecture (que j'avoue outre passer de temps à autre), mais de là à acquérir un roman, il ne faut tout de même pas pousser. Heureusement, Nawal était là, puisse-t-elle être louée de m'avoir prêté son livre, vieilli comme je les aime de surcroît.


Allons-y : ce livre est une excellente oeuvre... de bibliothèque verte. Je ne dirais pas rose parce qu'il y a des scènes avec des gens qui font des tucs pas convenable et que tout le monde il dit qu'il faut pas en parler aux nenfants sinon ça les traumatise. D'un autre côté, j'ai lu à 10 ans des bouquins autrement plus érotisés, vous pouvez me croire... Je ne dirais pas bibliothèque rouge non plus parce que je n'ai lu exclusivement que cette section depuis toujours (à l'exception d'un en vert, en fait), entre mes 8 et 10 ans, et c'était autrement plus ardus à lire (aaahh, les grands auteurs :) ). En fait, ça me fait penser un peu à cette collection accessible aux enseignants dont j'avais quelques exemplaires par ma tante : c'est un peu fantastique, totalement irréaliste, parfois téléphoné (ça louche vers le conte, ni plus ni moins), mais passionnant, enfin, quand on est jeune et naïf, ou que l'on a pas grand chose à faire.

Disons-le tout de suite : le film est bien meilleur. Déjà, il supprime les passages inutiles, et en 275 petites pages au format poche, il y en a. Ensuite, parce que c'est énormément plus fétichiste, je comprends mieux comment tous ceux qui ont lu le bouquin avant sont totalement passé à côté ! Quel gâchis littéraire, heureusement que Tom Tykwer était là pour en tirer quelque chose. En fait, c'est effroyablement grand public, quand j'y pense, il ne faudrait surtout pas choquer...

La narration est typique de ce que l'on fait en cette fin du XXème siècle (et c'est encore pire maintenant) : des phrases courtes (certes c'est traduit, mais tout de même), un tas de petits chapitres (une cinquantaine) bien calibrés sur les arrêts du métro (y'a qu'à compter le nombre d'arrêts pour connaître sa progression dans la lecture), 4 parties dont la dernière est ridiculement petite (il aurait pu l'appeler "épilogue", mais bon, on perd même l'usage des termes corrects), on va pas traumatiser beaucoup de monde avec ça, idéal pour les enfants en bas âge.

Reste ce mystère du parfum. C'est tellement grossier, ce champ lexical récurrent, tout autant que le film qui montrait des narines, si ce n'est plus ; d'ailleurs l'oeuvre cinématographique sauve pas mal de ridicules (souvent incohérents), parce que Süskind a dû faire dans la répétition bien lourde de termes totalement abscons ou de choses qui ne sentent absolument rien (l'odeur du verre ou du caillou, encore et encore, non mais allez vous imaginez ça avec de tels procédés grotesques !), bref, un naufrage littéraire. Le parfum est l'une des choses les plus difficiles à traiter, et doit faire appel à l'imaginaire sublimé et aux sensations associées, c'est pour cela que les publicités pour parfum sont les meilleures, sans que l'on ait la moindre idée de l'odeur (souvent fort mauvaise au demeurant), ni même sans avoir de large plans de jasmin ou autre plante inconnue -- non, ça va, je connais le jasmin, et j'ai bien de la chance d'être né en Provence pour connaître les paysages odorants ; d'ailleurs, c'est peut-être ça la clef : le lecteur a besoin qu'on le sorte un peu de la pollution quotidienne de sa ville, et un simple livre lui parlant de fragances inconnues et sauvages lui donne le tournis.

Je conçois aussi très bien que le public ait été largement féminin. Non pas parce que c'est le moins exigeant (entre Dan Brown et Weber, lequel est le pire ?), mais parce que leur sens de l'odorat est plus développé, c'est un fait (scientifique, je précise, il y a eu des études). Alors peut-être que. Mais ça reste médiocre, il ne faut pas abuser. Ça se laisse bien lire, mais je sens que ça se serait bien laissé oublier sans Rachel Hurd-Wood.

À conseiller à vos enfants (ou si vous prenez le métro, c'est donc ce genre de trucs qu'ils lisent tous, hhhmmm).

the old old story of love

Après une queue d'une heure soldée par un cuisant échec samedi ("plus aucune place" aprenais-je cruellement à l'heure du spectacle, alors même que j'étais second sur la liste ; toutes envolées à la dernière minute, qui plus est, une queue impressionnante), j'ai retenté ce soir : 4 places de disponibles en loge, j'étais troisième en file d'attente, magnifique ! Pour la premièr fois, je n'ai donc pas été à l'orchestre mais dans la 31ème loge, qui reste tout de même bien centrée, mais second rang (j'aurai une place assez similaire pour "Giselle" le 28 décembre). Une place qui finalement devait valoir une trentaine voire une vingtaine d'Euros, quand j'y pense...

Parce que ce soir, c'était de la danse contemporaine, alors les prix ont été revus à la baisse, une soixantaine d'Euros au lieu des 130 habituels au parterre et à l'orchestre, cela à sans doute convaincu les foules de faire le déplacement. Il faut dire aussi qu'il n'y avait pas d'orchestre cette fois : deux pianos et quelques musiciens et choristes, en tout.

"Duato/Lock/Millepied" commence par... Edouard Lock, logique (ordre alphabétique, quand tu nous tiens...). "AndréAuria", une musique contemporaine par David Lang, deux pianos qui se font face, des draperies en bande qui descendent puis remontent, des danseurs qui se font face, pas très nombreux, chacun son tour par couple ou presque, différents tableaux (quatre me semble-t-il, peut-être cinq), la musique fait penser à du Ligeti (vous savez, 36 fois la même note mais il n'y en a pas deux qui sonnent pareil), et la chorégraphie aux grandes heures d'Arte le dimanche soir. C'est très beau.

Petite entracte au bout de trois quarts d'heure, j'en profite pour aller sous la scène, j'adore cet endroit ; heureuse surprise, il y a une superbe exposition de photos de ballets, de coulisses, de l'école, des danseurs du ballet national de Paris. C'est très beau (et je n'ai plus les références du bouquin en tête, mais ça doit se trouver en boutique sans trop de problème très certainement).

On reprend pour 25 minutes de Nacho Duato, "White Darkness". Que dire ? Sublime, fantastique, sensationnel, j'ai dû avoir l'air bien bête avec ma bouche ouverte presque tout le long (m'en suis rendu compte avant que ça rééclaire la salle, ouf ! ^^), absolument merveilleux ! D'ailleurs, ils ne s'y sont pas trompé : l'affiche du spectacle est la fin de la chorégraphie. La musique -- malheureusement enregistrée, quand bien même un petit quatuor aurait suffit, il n'y a pas de musiciens à Garnier ? -- était de Karl Jenkins, "Andiemus Variations (I-II-III-IV)", "String Quartet n°2 (Waltz, Romanze, The Fifth Season)", "Passacaglia" (vive le mini programme pour retrouver ça), beaucoup de cordes. Décros sublimes de Jaffar Chalabi. Et les lumières de Joop Caboort (c'est quoi ces noms à coucher dehors, comment je vais faire pour retenir ça alors que j'ai encore oublié le nom de mon pdg que je vois tous les jours ??), ahurissantes. Ce jeu de lumières, avec la poudre blanche, wouaahhh. Citons au moins Marie-Agnès Gillot, celle que l'on voit sur les affiches, admirables (je cherche de nouveaux adjectifs là, je commence à être à cours, je prends toute suggestion). C'était à peine la 4ème représentation pour cette entrée au répertoire, il était temps de l'y mettre, tiens (ça date de 2001)... Applaudissements pendant cinq bonnes minutes (pour 25 minutes de représentation), avec une chose rare : synchronisation de tout le public pendant une bonne minute au moins, ça ne doit faire que la seconde fois en un an que j'assiste à pareil phénomène.

Entracte de 20 minutes, le retour, cette fois-ci je croise Oli et son ami (le même que pour "Platée", si j'ai bien reconnu ;) ), le monde est décidément tout p'tit ^^ (et très gay, oui ;) ).
Oli que je n'ai pas retrouvé à la fin du spectacle d'ailleurs, j'ai pourtant attendu un bon moment, alors même qu'il était à quelques mètres en dessous de moi (il a cassé sa tire-lire, 65€ pour des places si bien placé, c'est pas tous les jours non plus :p ).

Dernière partie : "Amoveo" de Benjamin Millepied, une création, 4ème représentation aussi (il n'y a que "AndréAuria" qui est donc ancien : 13 représentations ^^ ; ça change de Serge Lifar qui alignait les centaines, tiens). Musique qui plairait certainement à Bladsurb, par Philip Glass (et là, tous ceux qui le connaissent éclatent de rire :D ). Une adaptation du fameux "Einstein on the Beach", depuis le temps que je voulais l'écouter, voilà une bonne occasion de voir ce que ça vaut ; heu, pas grand chose, des airs qui reviennent en leitmotiv-bourrage de crâne (du genre à rester dans la tête vingt minutes après le spectacle, et après on oublie tout), et des paroles supra-intéressantes pour les pauvres choristes condamnés à répéter des séquences de notes (mais vraiment quoi, du genre "mi fa si do"... >_< ), avant de passer à un truc ultra-original ("one two three four", véridique, on peut pas inventer pareille ignominie). Un gars (Johnie Moore) à la fin nous raconte une histoire (en English), ça fait vraiment cliché cette affaire, m'enfin bon, ça aura donné le titre de la note. Oui, parce que pour une troisième fois, la thématique est l'amour, et encore une fois, on capte pas très bien ce qui se passe sur la scène (en gros, oui, mais en détail, heu...), d'ailleurs, il y a trop de monde, une bonne trentaine de danseur, assez bordélique (pourtant Michael l'a toujours dit : chorégraphie en triangle dans ces cas-là ! :p ), on ne sait pas trop où regarder (et la musique déconcentre), en plus il y a cet écran qui diffuse des lignes horizontales et verticales qui se croisent, mouais, les couleurs jurent vraiment, y'a de l'idée mais c'est kitsch, et ça déconcentre. Au final, je n'ai pas accroché, mais je n'ai pas vu passer les 45 minutes, donc je reste mitigé.

Bref, D>L>M, c'était peut-être pour ça l'ordre des lettre "D/L/M" ^^. Le Duato, si je le revois quelque part, j'essaierai de prendre des places, c'était vraiment féérique (ah ah, je l'avais pas sorti celui-ci, nan ? ^^). Pour avoir le reste des détails (genre... le nom des danseurs :D Z'ont qu'à pas être si nombreux, on est pas à une party de name dropping ici ! Enfin, pas trop), le site de l'opéra, évidemment ;).

lundi 13 novembre 2006

Java libre ! Sous GPL !

Je ne sais pas si vous arrivez à bien vous rendre compte de la joie qui m'anime : il y a un peu plus d'une heure (heu, 2h30, suis parti manger entre temps :D), Java vient d'être libéré !! Sous licence GPL, des années à attendre ce moment !

C'est une très très grande victoire pour le libre, je crois que Sun a un nouvel ami, presque je ne dirais plus de mal sur Solaris (presque, hein). Quelques liens d'annonce : l'APRIL se félicite sur toolinux, clubic, PCInpact, ZDnet se penche sur les conséquences de la license sur les projets, et linuxdevices confirme les implications notamment sur J2ME. Slashdot, VNUnet et Linuxfr ferment la marche.

Pour l'instant, la libération concerne HotSpot, javac, J2ME, SE, et quelques autres trucs ; manquent une partie du JDK et quelques proj' secondaires. Pour l'instant c'est une annonce d'annonce imminente (à moins que ça ait été réglé pendant la pause déjeuner), donc aucun code, mais ça devrait arriver prochainement sous peu :). C'est de la GPLv2, mais la v3 ne semble pas être exclu (antiphrase ?) puisque Sun collabore à son élaboration (pour l'instant elle n'est pas sortie, donc forcément la question ne se posait pas trop...).

Bon, Java, ça sera toujours aussi lent par nature et sa syntaxe toujours héritée du C, mais ça ouvre tellement de perspectives que je ne sais pas si vous en prenez bien conscience là tout de suite. Un projet libre, ça signifie un accès aux sources donc des adaptations possibles facilement (par exemple de la virtualisation), mais ça veut surtout dire une pérennité face aux concurrents proprios, l'horrible .Net pour ne pas citer, dont seul Mono assure une implémentation libre par reverse engineering (toujours à la traîne par définition) ; ça va relancer beaucoup de proj, dans le militaire par exemple (puisque j'en viens, je connais...).

Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule : AMD vient de publier un logiciel de traduction de code de directx vers opengl, assurant la portabilité des jeux de la plate-forme fermée m$ vers la portabilité absolue, l'obstacle empêchant d'avoir des jeux (programmés par des incapables la quasi totalité du temps ; ou du moins dirigés par des crétins) sous Linux ! (et MacOS X, si ça peut parler à une partie de mes vils lecteurs mangeurs de pommes)

Je crois que le 13 novembre doit devenir un jour férié :D (et puis ça arrangerait certainement Koz' dont j'ai totalement oublié de publier le billet-anniv' :D ).

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