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Tag - architecture

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dimanche 21 septembre 2014

archipetons par chez moi

L'archpieds de septembre était dans le quartier. Le mien. Ou presque : Sud de BNF et alentours, dans le 13ème, en constante mutation depuis facilement dix ans, mais surtout ces trois ou quatre dernières années, où une université a poussé (Paris 7 grands moulins), un collège entier, des immeubles dont la moitié sont sociaux et pourtant extrêmement convenables, ponctués de bureaux "qui rapportent" pour être certain que jamais la classe moyenne (celle qui a fait beaucoup d'études sous la promesse d'un avenir radieux et se retrouve à galérer) ne pourra y acheter quoi que ce soit.

C'est aussi, jusqu'à la rue de Patay, le quartier d'Hinata-chan qui a préféré bosser et nous a lâchement abandonné. Heureusement, j'ai pu recruter B#5 pour compenser. Denis a toujours les petites anecdotes et suppositions qui vont bien. Ce nid de brindilles entourant le nouvel immeuble tout noir (dont l'intérieur prévu pour être une reprise de la mise en scène de Platée par Pelly a été revu à la baisse en un monticule de terre et végétation, sans eau), ne serait-il pas dû à une nouvelle obligation légale d'utilisation minimale de bois ? L'architecture, au milieu des normes, devient sérielle : l'architecte soumis aux normes invente de quoi s'y soumettre tout en prenant le contrepied. D'autres exemples de ce type suivirent.

Il me semble que dans le name dropping, celui qui est le plus revenu est Rudy Ricciotti, qui sait décidément faire de bien belles choses, même s'il a un goût certain pour le massif. Passé l'université et les méandres d'un quartier dont on se demande comment parfois des mondes construits séparément vont un jour se rejoindre (il va y avoir de sacrés trous, pour sûr...), le bas de l'avenue de France promet deux immeubles historiques bientôt livrés, qui outre leurs caractéristiques originales (l'un qui part en deux sous-immeubles, tours en regard — un pour le social, l'autre pour les très-riche, se regardant avec amour — ; l'autre recouvert de verdure), vont dépasser la fameuse limite des cimes parisiennes. Le périphérique franchi, sans arriver jusqu'à Ivry (approché à moins de quatre mètres), la fameuse usine de retraitement de déchets d'Ivry Syctom. Crochet par la porte de Vitry, remontée rue de Patay, pot, redescente en suivant le lycée de je-ne-sais-plus-qui (mais fort remarquable, déjà aperçu depuis le 132), exploration du nouveau quartier-à-pauvres (pauvres, mais heureux) autour de l'armée du salut de Le Corbusier, qui a fort mal vieilli et subi une longue rénovation (je me souviens du temps où cet immeuble était tout seul au milieu d'à peu près rien... À présent on ne le voit plus).

Bouclage devant l'immeuble de Pink Flamingo qui était censé être rose et a fini orange : un nid à étudiants ! Comme quoi, on y pense un peu, parfois... Avec tout ça, nous zappâmes ironiquement l'école d'architecture. C'était le dernier archipieds de la saison, le suivant étant annulé pour cause de retard de livraisons. Et c'était à domicile, ou presque.

dimanche 13 juillet 2014

archipantin

Archipieds a de nouveau traversé le périph, pour se rendre du côté de la Porte de Pantin, chez les pauvres (plutôt très africains) qui deviennent riches à l'insu de leur plein gré. La pluie a malheureusement découragé la plupart des participants habituels, de telle sorte que nous n'étions plus que quatre, notre guide Denis compris, pour arpenter la banlieue en cours de gentrification.

On commence en bas d'un immense immeuble de briques, qui abrite même le consulat tunisien ; des filets le défigurent un peu, à la Marseillaise : le local importé semble user un peu trop de ses fenêtres comme débarras de fortune. Remontée le long du tramway, vers le Nord : après un tennis couvert (paraît-il plus intéressant côté périph, à arpenter pour une session d'archibagnole), on tombe sur un immeuble funky tout neuf, tout maigrichon sur une parcelle de dix mètres de large. Une résidence étudiante, en plein milieu de nulle part, à côté d'aucune université... Pas loin sont les moulins, mais nous avions mieux à faire avant : parallèlement au tramway, dans une rue de logements sociaux, se trouve un immense bâtiment tout neuf, qui en suit un autre plutôt art déco.

C'est que le quartier, une bonne partie de la ville, est le domaine d'Hermès. Et d'ailleurs, un peu plus loin que ces ateliers tout neufs réalisés par l'ancienne décoratrice d'intérieur des boutiques (depuis décédée), se trouve une partie du siège, plus vitrée. On retourne un peu plus à l'Est encore, passant devant un des ces nouveaux logements qui remplacent peu à peu des blocs tout pourris, pour jeter un coup d'oeil sur le chantier de la fondation de l'ancien Président d'Hermès, non loin du Centre national de la danse. Ce dernier, ancien centre administratif reconverti, où j'ai déjà eu l'occasion de pénétrer (il y a pas mal de temps, déjà...), continue sa lente dégradation : le béton armé s'effrite un peu partout, laissant voir des scories particulièrement disgracieuses (on se demande même si quelques parties vont vraiment tenir longtemps).

Juste derrière, il y a le canal, particulièrement bien aménagé. On voit les nouveaux immeubles à bobos qui se construisent, sur sa rive. D'autres sont prévus ou en cours. Sans intérêt pour notre visite des bâtiments remarquables, ils sont tout de même des témoins de la transformation de la ville. Nous passons la mairie, sorte de mini-Fontainebleau/Versailles d'un goût assez douteux (c'était la mode à un moment), puis la gare toute moche du RER E. Là, un point culminant nous offre une vue sur la vaste étendue des voies de chemins de fer, énorme balafre qui sépare encore un monde de friche industrielle, de cimetière immense, d'immeubles de cités au loin, derrière un fort. Les coins pourris de la banlieue parisienne...

Mais juste ensuite, on redescend sur les Moulins de Pantin, qu'occupe BNP ; il paraît qu'au début, les financiers de tout poil étaient bien malheureux, malgré le confort du magnifique bâtiment réaménagé, de se retrouver au milieu des pauvres (noirs, de surcroit, l'angoisse totale ! Incompatible avec les costards). Mais finalement, avec la boboïsation, ça s'arrange. Bientôt, les pauvres seront repoussés plus loin (Noisy ?), et tout ira pour le mieux, rassurons-nous. Il est temps, d'ailleurs, de revenir vers Paris et la civilisation (ah non, c'est le XVIIIème arrondissement), passant un étrange et mystérieux bâtiment rattaché à la Villette, mais semblant servir à des répétitions, puis un chapiteau accolé au périphérique, pour arriver, toujours en suivant les voies du tramway et en se dépêtrant de l'urbanisme foireux typique de ce genre de jonctions ratées parisiennes (on a les mêmes dans d'autres villes, en fait, une maladie courante), devant, ou plutôt derrière... un poney club. Qui l'eut cru : on peut faire du poney à côté de la cité des sciences.

Évidemment, pas même ne jette-t-on un coup d'oeil à ce bâtiment-ci : après un pot en face, ce qui intéresse le joyeux groupe, outre le séchage, c'est l'immeuble blanc en pointe qui est en face. Pour l'anecdote, il logeait là les appartements à louer Maeva (maintenant Adagio ?), que nous occupions, avec ma famille, lors de nos rares passages à Paris, de telle sorte que j'ai eu pendant longtemps une vision bizarrement centrée de la ville pendant longtemps (et ironiquement, je me suis retrouvé ensuite sur la ligne 7, mais à l'autre bout). Bref, on longe la Cité, et l'on s'attarde un peu sur les "Folies", post-modernes (ou quelque chose du genre), qui sont de toute façon inoccupées et parfois même en ruine (vous savez, ces petits bâtiments rouges, qui sont parfois des espèces de sculptures complexes...). On repasse du côté de la Cité de la musique, après avoir très rapidement évoqué les halles de la Villette, qui ne servirent jamais d'abattoirs ultra-moderne comme c'était prévu.

Cité de la Musique d'un côté, et Philharmonie de l'autre. Il semble qu'une certaine histoire lie Christian de Portzamparc et Jean Nouvel, et que le second prendrait quelque peu sa revanche sur le premier en écrasant son bâtiment musical emblématique. Quand on se place du côté du périphérique, on peut d'ailleurs s'apercevoir que la Cité est scindée en deux, avec un axe central manquant ; tandis que la Philharmonie lui répond avec un énorme axe central qui servira d'affichage pour le périphérique, affichant auprès des touristes, venus de Roissy en taxi, notre supériorité culturellement écrasante. En attendant, on s'amuse du peu de transports en commun, de l'accès complexe et sous-estimé, et surtout de l'état des travaux complètement sous-estimé : être prêt en janvier alors que pas toutes les vitres ne sont posées, que la salle principale est loin d'être achevée, que le dessus est à peine entamé, et que généralement tout est en panique, sans qu'il n'y ait personne pour faire avancer le chantier durant le week-end, voilà qui est des idées les plus étranges, digne du retard qu'avait pris à l'ouverture l'opéra Bastille...

Parie-t-on sur la boboïsation de Pantin pour remplir à la fois la Cité de la musique et la Philharmonie ? Voici une question que nous n'avons pas pu résoudre. En attendant, la meilleure et plus économique solution reste les squats le long du périph, dont l'architecture sommaire, quoiqu'efficace n'intéressa point notre troupe. Prochaine étape en septembre, pour la Porte d'Ivry !

vendredi 20 juin 2014

archipieds de retour

Après une année sabbatique pour cause de non-nouveauté parisienne en terme de nouveaux bâtiments à découvrir (mais dire "ville-musée" n'est pas bien non plus, c'est compliqué, Paris), voici qu'Archipieds est reparti ! J'ai dû rater la session de mai, tombant en fin de périple mondial. Mais la session de juin ne pouvait être ignorée : le 13ème ! Mon 13ème ! (À peu près, on fera plutôt la partie me concernant en août, je crois) Départ porte d'Italie, et déjà, quelques pas plus tard, une première totale découverte : le parc Kellerman, en fait bien plus immense que je ne le croyais (entrée Art nouveau), et quelques surprises (logements sociaux, de l'architecture sérielle : lots ingrats, en pente, peu de moyens — mettre des couleurs primaires, ça marche toujours), encore après en descendant vers Gentilly (et le cimetière), puis le stade Charléty, "le nouveau", précise-t-on.

En face, la cité universitaire : on connaît Denis (quoique, il y a des nouveaux, notamment deux que j'ai importé de l'EPITA — amusant de se balader avec mon ancien prof de compilation :)  ), il a fait son shopping des bâtiments modernes & contemporains. Il y a un peu de quoi faire — il y a vraiment à boire et à manger dans ce coin-là. Traversée côté Parc Montsouris et un immeuble "des Lumières" assez improbable, ateliers d'artistes en réalité toujours destinés aux bourgeois désireux de cinq mètres sous plafond (dont mezzanine). Direction le Sud de la butte aux cailles, côté place de Rungis, où l'on peut vagabonder de part et d'autre de la petite ceinture (embarrassante : qu'en faire ? On l'enjambe ou on la laisse envahie par la nature, pour l'instant — qui dure une centaine d'années), et même prendre un pot comme toujours.

Des HBM par ici (rue des longues raies notamment), nouveaux ou anciens, une zone en cours d'aménagement par là (des travaux parfois en terrain vague). Plein de surprises (un mystère est levé par OpenStreetMap : rue des Cacheux, l'immense immeuble aveugle aux fausses fenêtres est donc Orange Montsouris). Immeuble de bureaux immense (comment le remplir ??) en train d'être fini, très beau avec un trou en plein milieu ; je m'étais tâté en 2006 pour acheter dans une rue proche, Brillat-Savarin. Zone en mutation, toujours. Et puis on prend le jardin du moulin de la pointe, caché derrière l'avenue d'Italie après quelques rues au noms de médecins illustres inconnus (même un jeune interne mort prématurément en service...), pour tomber sur de l'architecture originale planquée, à deux pas d'une des artères principales de la ville. Paris est décidément une ville qui cache bien son jeu : 11 ans que j'y suis et j'en découvre encore (je suis passé la semaine d'avant par une partie du 17ème où je n'avais jamais encore mis les pieds, entre autres). La densité est impressionnante, on a du mal à s'en lasser.

Vivement la prochaine ! (6 juillet ?)

samedi 3 novembre 2012

philia d'harmonie

Parfois, les ninjas sont surprenants. Souvent, en fait. "Qui ne demande rien n'a rien", voilà tout le mystère de maître-ninja-jedi, qui a réussi à nous monter une visite de la philharmonie, avec comme guides le directeur de la Cité de la musique le Laurent Bayle himself, et le maître d'ouvrage du chantier — que ça. Assez incroyable. Dix ninjas regroupés, parmi la fine crème des ninjas (mine de rien, on doit être une bonne quarantaine en tout, en fait !). Mission : visiter notre future maison. C'est qu'on est exigeants : déjà, on va nous déménager de force de notre bon vieux Pleyel flambant neuf sans trop nous demander notre avis ; pour aller dans un quartier tout pourri (certes en pleine rénovation, mais au milieu de nulle part, avec des services moisis autour — mis à part l'indispensable vendeur de maïs ou hot dogs cuits de manière suspecte dans un caddy à la sortie du métro, typique des endroits pas bien civilisés —, et avec un voisinage contestable).

OK, il y a déjà la cité des sciences, les halles, la cité de la musique et le Zénith (du coup on se dit que ce serait bien, un jour, de penser au XVème ou au XIIIème, ou même à la rive gauche en général, là où il y a des gens en pagaille et RIEN pour la culture vivante, mis à part des théâtres de poche très espacés). Mais ce sont des publics particuliers (bobos peu riches essentiellement, type enseignants du secondaire ; et des jeunes pouvant claquer 40€ le concert pour le Zénith) et peu fréquents (on ne va pas au Zénith tous les jours). Or, Paris est fichu de tel sorte que traverser la ville se fait du Sud-Est au Nord-Ouest (lignes 14, 1, A, C, 6 !), assez difficilement d'Ouest en Ouest (en intra-muros uniquement en exploitant 9-8-6 et correspondances, ou par tramway à la lisière), plutôt lentement de Nord en Nord (ligne 2, très incomplète en desserte à elle seule) si ce n'est méga-galère (depuis la Défense, quasi-obligation de passer par le centre de Paris, changement de RER, plus encore une autre correspondance), et de manière ultra-galère du Sud-Ouest au Nord-Est. La population parisienne est justement au Sud-Ouest majoritairement (14-15-16ème) et correspond aux cadres pouvant claquer du 80€ de concert classique de temps à autre (retour par ligne 6 bondée de Pleyel) ; tandis que la philharmonie va se situer au Nord-Est. On voit le problème. Et d'Est en Est, de toute façon, il faut se taper la ligne 5, certes à moitié rénovée, mais qui est longuette dans le Nord (compter une demie-heure d'Austerlitz à porte de Pantin, plus en cas fréquent de surcharge autour de 19-20h, tandis que le RER B met moins de 10 minutes pour cette même distance, plus à l'Ouest, avec une correspondance peu facile à exploiter efficacement). Bref, la Philharmonie à la Vilette, ça fait chier à peu près tout le monde, sauf les néo-bobos qui espèrent que leur quartier d'adoption du 18ème devienne un jour civilisé & agréable (peut-être dans vingt ans).

Alors il faut de sacrés arguments pour nous convaincre que c'est une bonne idée d'aller se perdre par là-bas. Et par ma foi, il semblerait que ce soit en passe d'être le cas (même si j'aurais largement préféré que ce soit du côté de la BNF). Car c'est une véritable cité de la musique qui se construit — comment ça il y en a déjà une à quelques mètres ? On va transférer les expos, déjà (mais pas le musée). Mais aussi il y aura des salles de répétitions, parce que c'est bête, mais à Paris on en manque sérieusement : il y aura donc des salles de travail de 30 à 40 m² (déjà, ça, c'est pas mal ! — À se demander à quoi sert le conservatoire voisin), mais aussi des salles où un orchestre entier peut répéter, avec des gradins pour un hypothétique public, s'il vous plait (salle assez volumineuse pour donner une véritable idée du rendu final dans la vraie salle de concert). Plus des bureaux. Plus une cafétéria (comme au Barbican ? Allelujah !), et un restaurant avec vue panoramique (sur le périph, certes ; et sur le parc, voyons !). Et évidemment la salle, énorme et centrée, comme à Berlin ; du 2500 places, avec deux balcons, une arrière-scène où l'acoustique devrait être tout à fait convenable et qui sera rétractable quand on n'en aura pas besoin. Et des canopies au plafond, pour le son, dont une centrale qui peut s'abaisser à la demande quand l'orchestre est petit, et se remonter quand il est grand — pour la réverbération. Et de l'espace entre les sièges pour répondre aux nouvelles normes, de telle sorte que même les grandes jambes de Laurent vont pouvoir rentrer sans soucis (avec ces nouvelles normes, nous apprend Laurent Bayle, il faudrait retirer 500 places de Pleyel — on imagine qu'à l'opéra Garnier, au TCE ou à l'opéra comique, il ne resterait plus grand chose ! Et ce ne serait pas plus mal...).

Cette salle va être un joyau, à coup sûr. Elle a été modelée et remodelée, en 3D puis en maquette, et encore une autre maquette dans laquelle on peut même entrer (deux par deux et en rampant, mais même l'ami berlinois et son âge canonique ont montré des prouesses dignes des meilleurs ninjas). Les balcons, par exemple, tiendront par des points d'attache, et flotteront donc quasiment dans les airs, tels des nuages (et en plus, ça améliore l'acoustique, nous promet-on !). Effet garanti. Après avoir maté des maquettes, des photos, des vues d'artistes, avoir pu imaginer le bâtiment tel qu'il sera, avec son toit à l'opéra-norvégien où l'on peut monter dessus en pente douce (37 mètres d'altitude, de mémoire), son mur central de 52 mètres de haut qui diffusera le programme du soir (il serait bien de préciser le nombre de places encore en vente, aussi, pour ne pas déranger pour rien les retardataires du périph' qui en ont marre des bouchons), bref, une fois qu'on a tous eu une bonne idée du futur à la Jean Nouvel, on passe aux choses sérieuses. Un casque, des chaussures de chantier, un gilet jaune fluo. En avant toutes pour le chantier !

Un écheveau d'échafaudages, des flaques boueuses, des volumes impressionnants d'en haut (la barrière est-elle bien solide ?) comme en bas (la salle est vraiment aussi perchée ?!), et un sacré travail d'imagination : un demi-queue dans un cagibi géant, des bureaux dans six mois dans un hall au quatre vents ("l'électricité est faite" — effectivement, le casque essuie les câbles qui pendent au plafond), la cafétéria dans l'endroit glauque pas très illuminé — les puits de lumière fonctionnent aussi moyennement, en fin de journée et sans peinture. Work in progress. Il y a encore des escaliers qui mènent à vingt mètres de vide — c'est parfois embêtant pour nous, quand on apprend qu'il y aura là l'entrée des artistes, et donc leur sortie. La bétonneuse tourne de 6 heures du mat' à 23 heures (le marteau-piqueur doit d'arrêter avant, je pense — de toute façon, les voisins ne sont pas bien proches non plus). Tout est en cours, même l'arrêt du tramway — censé être en service d'ici la fin de l'année, pas gagné je dirais ! La bretelle de périph' est prévue, mais en ébauche ; il y a aussi un pont qui est espéré derrière le Zénith, pour ne pas venir parasiter le parking de la philharmonie (et profiter de la ligne 7, non ?), mais cela on ne peut pas du tout le voir.

On monte sur le futur toit (pas tout à fait en haut : il n'existe pas encore à ce niveau-là...), on descend dans les profondeurs (12 mètres en dessous du sol) du futur parking (où se trouve le plan des canalisations et système d'aération : les ninjas ont pris des photos, ça pourra toujours servir pour une infiltration un soir de Bartoli où il a été impossible d'avoir une place), on va sous la scène qui n'existe pas encore (pour le moment, c'est donc un théâtre en plein air, sans scène, comme au Coliseum en somme), puis à la cafète boueuse... On saute des ferrailles au milieu, navigue dans les échafaudages, salue les travailleurs qui parlent espagnol entre eux (il n'y a plus d'italiens ?). J'ai déjà fait plein de chantiers, avec mon grand-père maçon, mais des grands comme celui-là, jamais de jamais : c'est impressionnant, de l'intérieur. Il y a partout à faire. Mais "tout est en place, ça va être rapide maintenant", nous rassure-t-on. Pourtant, il y a assez peu de monde, quand on y pense, pour un mercredi après-midi ! (Trente à quarante travailleurs, dirais-je) Mais c'est vrai qu'il y a un an encore, on ne voyait pas grand chose pousser. Livraison pour dans deux ans — peinture comprise.

Au retour, on est tous assez d'accord : elle va être chouette, notre future maison ! On remercie chaleureusement nos guides et surtout le directeur qui a non seulement accepté cette idée, mais nous a carrément accompagné au début (à 16h00), et attendu notre retour (à 18h00). On en profite pour échanger un peu plus — à présent qu'on se connait mieux —, notamment pour avoir des précisions essentielles : où seront les guichets (c'est encore en discussion, justement : à l'intérieur ou à l'extérieur ? Problème de hauteur de la salle, notamment — il y aura des escalators, je rassure tout le monde), et où sera la queue de dernière minute ? (réponse : à l'intérieur) De manière assez amusante, Laurent Bayle ne nous avait pas forcément tous déjà repéré, alors qu'on squatte chez lui un jour sur deux en semaine (en se relayant, on doit bien couvrir deux jours sur trois, à nous tous). Comme quoi, nous sommes des ninjas à un point insoupçonné même par nous-mêmes...

Mes photos sur mon compte twitter (flèche de gauche pour passer à la suivante).

vendredi 21 septembre 2012

journées du patrimoine marathon

Au début, l'idée était de visiter Matignon : j'ai déjà fait le Parlement, et l'année dernière j'avais parcouru le Palais Royal (quand je retourne au CE ou au CC, je me retrouve facilement, du coup ! — Mouarf). Matignon, c'est l'un des spots les plus courus : arrivé à 9h25, j'ai pu entrer une heure plus tard "seulement", après une fouille bien poussée (rayons X sensibles + auscultation manuelle des sacs + "prenez une photo avec votre appareil" + "buvez une gorgée de votre bouteille" — ouais ouais...). En soi, l'hôtel à l'histoire un peu mouvementée (il a même appartenu à l'Autriche-Hongrie, avant d'être donné à la France) n'est pas bien grand. Après le grand escalier, on trouve à l'étage une petite antichambre sympathique et le bureau du premier ministre, une vingtaine de mètres carrés je dirais (en tout cas j'ai déjà vu du directeur général adjoint en avoir du plus grand !), avec de beaux tableaux de Fragonard directement sur les murs (les saisons, trois, la quatrième à SF), et un bureau en demie-lune qui a été piqué au ministère de la culture (ou de l'éducation ? Une commande Jack Lang). Vue sur le parc. On peut caser quelques collaborateurs (plutôt en bas, en fait), mais pas grand chose en fait : retour au rez-de-chaussée, la salle du conseil des ministres prend pas mal de place, mais en fait on ne pourrait pas tirer les chaises jusqu'au bout du bout, côté mur, ça doit être un sacré manège pour installer autant de monde, on est un peu serré, quand même. Certes, de l'or partout. Quelques bureaux (chef de cabinet ?), avec une pile de Dalloz (bien devant Montchrestien puis Litec en terme d'achats) et on arrive dans le jardin, immense, le 2e plus grand de Paris après Rodin (pas très loin). Là, on s'amuse à trouver les arbres qu'ont planté chaque premier ministre de la 5ème. On ressort par l'autre côté, derrière le grand parc peu connu qui donne sur l'arrière du Bon Marché.

On nous invite, avant la sortie, à aller visiter un autre hôel particulier devenu ministériel : l'hôtel de Clermont, relations avec le Parlement, rue de Varennes aussi. Que d'or ! Mais tout petit. Alors qu'à Matignon, on alternait salons jaune, bleu, rouge (on peut y recevoir plein de monde, gros avantage, pour y signer des accords par exemple), ici on a deux petits salons sympatoches pour prendre le thé. Un long arbre a été planté dans le jardin, avec une mention en patois landais (rapport au locataire des lieux). Mignon et sympa, entre Matignon et le Parlement. Du coup, je remonte la rue de Grenelle, en parallèle...

Et hop, hôtel de Rochechouart (il y en avait d'autre, sur le trajet, comme la mairie du 7ème, mais pas ouvert le samedi matin), c'est-à-dire le ministère de l'éducation. Alors eux, c'est grand luxe ! Immense, et il faut voir les salons, entre agencement et décoration moderne dans un décor ancien, l'équilibre est subtil et parfaitement réalisé. Le lieu est assez immense pour caser tout le monde tout en se gardant des salles pour petit-déjeuner, déjeuner, thé, souper, à l'avenant. Le paquet est mis sur la comm' institutionnelle, avec des panneaux "refondons l'école" (on en parle tellement qu'on se demande si ça sera réellement fait, on va voir...). Belles salles de conférence, aussi, avec vestiaire. Couloirs allongés, moquette agréable, un vrai plaisir ce ministère. Dans un des grand escalier, on trouve tous les portraits des occupants des lieux (certains ont fait deux mois tout au plus) : amusant de voir la population vieillir, puis un peu se rajeunir ; et le costume trois pièce insipide s'imposer aussi.

Sur ma lancée, j'ai pu faire, toujours rue de Grenelle, l'hôtel d'Avaray, actuellement résidence de l'ambassadeur des Pays-Bas en France : il est bien logé, pardi ! Dans le hall, une oeuvre d'art assez fascinante, en 3D (faite en papier, rétro-éclairée) ; cossu et feutré, hôtel particulier, bibliothèque, argenterie, tableaux aux murs, beaucoup de bois noble sombre, etc. On a accès cette fois à tout, aucun filet pour restreindre les visiteurs, on peut déambuler, voir les photos familiales (et de la reine, surtout), poser des questions sur les tableaux à un personnel très à l'écoute. Petite visite du jardin de taille très acceptable (dix fois plus grand que mon appart', quoi). Les voisins en vis-à-vis doivent être heureux (je dirais qu'on est à 15K€/m², et effectivement un héritier pure souche d'appellation d'origine contrôlée occupait l'un des appartements). On a accès qu'au rez-de-chaussée, mais c'est déjà fort sympathique d'avoir participé aux journées.

Son voisin est l'hôtel d'Estrées, résidence cette fois-ci de l'ambassadeur de Russie — les gardes parlent Russe uniquement, pas hyper-pratique. Très belle verrière à l'entrée (mais mon appareil photo a décidé de me lâcher à ce moment-là). L'hôtel est pas mal du tout, mais surtout il s'y tient une exposition sur Napoléon, et sa victoire à la Pyrrhus après avoir traversé la Bérézina, à Borodino. Pièces exclusives qui ont été rassemblées pour l'occasion, comme la longue vue de Napo ou son fusil personnel.

Après le déjeuner, devant retrouver B#4, celle-ci a été irrésistiblement attirée par les dadas de la garde républicaine : c'est donc moi qui ai dû aller la rejoindre, boulevard Henri IV, pour la trouver devant le manège en train d'admirer le canasson faisant des tours. Un vieux cheval était à l'exposition pour les gamins, certainement shooté pour ne pas en manger un seul. La visite des lieux était assez complète, avec à l'extérieur un stand bouffe et une démonstration de forge de fer à cheval — les gamins sont ravis. On aura pu voir la verrière d'Eiffel qui sert de manège couvert à la garde : fabuleux !

Le lendemain, dimanche, je suis allé visiter, le matin, un bassin de rétention des eaux de pluie tout près de chez moi : 90 mètres de long, 60 de long, 12 de haut, multiplié par deux (le premier bassin déborde sur le second quand il est plein). Forcément impressionnant ; on y descend une fois en pyjama blanc de protection, un casque sur la tête. Depuis la construction il y a quelques années à peine de ces deux bassins, la ville n'est plus inondée ; en revanche, dès qu'il a plu, et qu'il refait beau, il faut vider l'eau pour la réacheminer vers le traitement des eaux usées : en effet, ce sont les égouts que l'on évite de faire déborder, et on comprend mieux pourquoi tout l'art est de traiter la "boue" (la merde, en bref). Systèmes ingénieux en oeuvre, mais le nettoyage complet est exceptionnel (pour les visites, en somme). Ça explique pourquoi ça pue par chez moi, de temps à autre (quoiqu'un autre puits de stockage, juste à côté, serait plus à incriminer).

L'après-midi, direction le TCE. Je n'avais pas bien tout compris, je pensais que le circuit "Auguste Perret" n'avait lieu que le samedi : pas du tout, on fait le tour du théâtre des Champs Élysées (mais que de celui-ci, dommage je n'ai jamais vu la comédie à côté), avec quelques détails croustillants sur les représentations cachées de la famille et des ami(e)s de l'architecte. Puis on prend la direction du Palais de Tokyo (nommé ainsi en référence à la rue qu'il bordait sur la scène avant la seconde guerre mondiale et le renommage), toujours en cours de "rénovation" depuis quelques années, ou plutôt de réouverture brute, où l'on mène un travail de fouilles archéologiques — par exemple, on vient de découvrir une salle de cinéma aussi peu opérationnelle que l'orgue du TCE (mais grâce aux vidéo-projecteurs, plus besoin d'avoir une cabine de projection alors oubliée). On descend à des profondeurs insoupçonnées, dans ce bâtiment ! On se dirige ensuite vers le musée Guimet — ce n'est pas de Perret, mais c'est du même tonneau, disons —, où l'on admire l'escalier (vu d'en bas, c'est vrai que... Et ça laisse vraiment passer la lumière !). Le béton brut est le fil conducteur. L'archipieds concurrent continue vers l'hôtel de Iéna, actuellement maison de retraite de la 5ème (Conseil Économique, Social et Environnemental), aux espaces impressionnant (une aile, côté Iéna, n'est cependant pas de Perret mais a été rajoutée plus tard — le bâtiment a connu plusieurs vie, comme le palais Chaillot — et pas classée alors que construite sur l'exact modèle). On s'attarde sur les triangles inversés, la ferronnerie spéciale, l'escalier extraordinaire coulé dans le béton en une fois et qui paraît suspendu, la décoration de l'hémicycle, le fronton extérieur. On finit, au bout de deux heures de déambulation avec un groupe d'une petite trentaine de personnes, au palais Chaillot, dernière oeuvre de Perret au programme, où l'on a enfin l'explication des frontons indochinois et humanistes (heu, j'ai oublié...). À l'intérieur de la cité de l'architecture (ça tombe bien !), on voit l'ancêtre de la technique de coffrage-moulage dont on a déjà parlé pour le béton. Il nous est indiqué deux autres bâtiments (privés) de Perret, dans le XVIème : il me semble qu'on les a déjà fait lors d'un archipieds, un vrai cette fois-là.

Journées du patrimoine bien remplies, l'année prochaine, je pense au quai d'Orsay et à Baauvau.

lundi 9 juillet 2012

gounch et archipied

Quelle idée de coller un brunch à 14h00 ? Sur 13 personnes, deux, peut-être grand maximum trois voulaient cet horaire, et les autres le trouvait inapproprié ou même très mauvais : personne ne réagit à part moi, forcément tout le monde râle dans le vide — et je rappelle à chacun son silence. Il y a des choses assez extraordinaire dans les dynamiques de groupe (même de gens hyper-diplômés & cultivés) qui font penser exactement au Christian Morel "Les décisions absurdes". Surtout que c'était soi-disant pour cause de lobbying de vieille, alors que la doyenne de loin, c'était B#4 (ce qui en rajoute encore plus à son immense beauté, évidemment). D'ailleurs, c'est bien parce qu'elle était là et qu'elle me l'a demandé et que l'on est arrivés une demie-heure en avance (ça faisait presque trois ans que l'on n'avait arpenter ce quartier des Abbesses ensemble !), que j'ai bien accepté de rater un demi-archipieds. M'enfin, les brunchs de balletomanes (néo-tradition, le quatrième de 2012 il me semble), c'est toujours super (avec le p'tit rat à ma gauche et B#4 à ma droite, comment se plaindre ?). Avec cet horaire, c'était seulement plus un gouter-lunch qu'un breackfast-lunch : un gounch, quoi.

Et du coup, après avoir raccompagné un bon bout de chemin ces demoiselles, et passé plusieurs coups de fil à Valerio, j'ai donc pu débarquer avec une bonne grosse heure de retard à Archipieds, en ayant déjà manqué le clou du spectacle, la cité du design & de la mode sur la scène, face à Austerlitz (on peut monter sur le toit !) ; j'irai visiter de l'intérieur pour l'expo de Comme des garçons, de toute façon. Les compères, peu nombreux avec Hugo et deux autres anciens, le tout guidé par notre Denis national, étaient dans un jardin d'immeubles dont je n'ai même pas vu qu'ils avaient été construits cette année, derrière le siège de la RATP. Tout vert, tout riquiqui, avec des balcons tout mélangés, le tout sur pilotis, et avec plus de jardin qu'il n'y a de surface habitable (à Paris...).

En redescendant le quaie de la Rapée, on arrive au ministère de l'économie et des finances aka Bercy (construit dans un style "lourd et puissant qui en impose" pour déloger tout le monde de la rue de Rivoli sans qu'il n'y ait de drame), puis au palais omnisport avec ses pentes gazonnées (la tondeuse spéciale va avec) et sa structure métallique de Jean Prouvé. Dans le grand jardin (Yitzhak Rabin), en direction de la cinémathèque, seule oeuvre de Frank Gehry à Paris en attendant la fondation Vuitton (peut-être, un jour... Ou pas), nous croisons des poneys, et j'essaie désespérément d'envoyer la photo par MMS à B#4, mais comme à chaque fois, impossible de le faire (coucou Free Mobile, vous pouvez réparer ça ?). Sur le bâtiment, que des quolibets ; après une pause boisson (non merci, je sors juste de gounch) et une discussion sur les résultats scolaires des filles (manifestement meilleurs uniquement lorsque l'épreuve est scolaire en privilégiant la restitution "sérieuse et appliquée" au détriment de la réflexion, avec un écart-type beaucoup plus resserré que chez les garçons — ça correspond à ce que j'ai observé de ma propre scolarité), on repart par le derrière de la cinémathèque, ce qui permet à Denis de s'exclamer devant le seul angle droit du bâtiment (au-delà des moqueries, ça vaut p'têtre le coup d'oeil de voir ce qu'il a fait à Bilbao).

Traversée du jardin et passerelle sur la Seine, la fameuse, pour rejoindre la bibliothèque François Mitterrand, que Valerio déteste complètement à cause de son agencement. Il faut dire que Dominique Perrault a un chic pour enterrer ses bâtiments, et le projet de la BNF lui a apporté une renommé soudaine à 36 ans qu'il met à présent au service de l'enterrement de ses nouveautés, comme l'université féminine de Séoul. Comme les futurs bâtiments originaux n'ont pas encore vu le jour, soit en construction, soit parce que les voies ne sont pas encore recouvertes, on repart vers le Nord où, après un bâtiment d'habitation quelque peu remarquable (on suspecte que l'architecte s'est réservé le duplex au sommet), on tombe sur une petite chapelle perdue, en briques rouges. L'ensemble est plutôt simpliste, mais le prêtre nous donne... un dépliant de visite, qui d'ailleurs nous apprend que l'on peut faire une visite guidée les premiers dimanches du mois de 17h à 18h (ça fait dix mètres de long grand maximum... Après St-Pierre, forcément...).

Et c'est ainsi qu'après une descente de la rue Balanchine, on se retrouve station Quai de la Gare, peu loin de la cité de la mode et du design. 18h30 pile poil, il ne reste plus qu'à revenir en arrière pour la séance Hinata-ciné (sécheuse d'archipieds pour cause de thèse) : il faut dire que c'est quand même mon quartier, tous ces endroits-là.

vendredi 18 mai 2012

1er archipieds 2012

Et voilà, Archipieds, c'est reparti ! Toujours sous l'égide de notre berger Denis, en comité très restreint avec Valerio, Hugo et une autre habituée, la reprise de dimanche dernier a été quelque peu corporatiste, sur le terres de notre GO, à Clichy-la-Garenne. Paumée dans le Nord-Ouest sur la ligne 13, la ville compte néanmoins une série de bâtiments auréolés de "l'équerre d'argent", pas moins de trois sur le parcours ! (dont une sur Paris : réhabilitation d'une barre HLM devenue argentée par adjonction sur les flancs) On commence d'ailleurs par le conservatoire de musique, construit sur un bout de trottoir étroit, tout noir, dans le brouhaha d'une artère très bruyante, un métro au dessous, et donc... sur ressorts. Étrange, mais comme c'est technique, une équerre d'argent.

On redescend vers le Sud et le périph, on traverse le cours arboré, pour voir les travaux autour du siège de Loréal, vieux bâtiment qui a encore de la gueule. Passé le périphérique, autour duquel l'urbanisme est fort étrange (comme toujours), voici un vaste terrain vague : c'est là que s'élèveront les tours du palais de justice, 180 mètres. Pour le moment, ça ressemble surtout à rien (qu'y avait-il avant ?), et en faire le tour prendrait un bon bout de temps ; les ateliers Berthier ne sont pas loin (le théâtre de l'Odéon et le stockage des costumes et décors de l'ONP : la première et dernière fois que j'y ai mis les pieds, pour du théâtre, ça faisait très peur, de nuit...). De l'autre côté, c'est le lycée Balzac, dont on ne voit pas le jour — Valerio confirme que pour aller d'une salle à l'autre, les cinq minutes d'interclasse ne suffisent pas, mais les couloirs et les salles sont aussi largement surdimensionnées. À côté, un centre sportif, qui a subi de sacrés aménagement ; à vrai dire, je suis plus intéressé par les entrainements de volley ball féminins, qui n'ont pas grand chose à envier à la danse et à la natation en terme d'émois hétérosexuels.

On longe entre le lycée et le centre sportif, vers le cimetière : il y a là une longue et étroite bande de nouveaux bâtiments, à boire et à manger, commandées par la mairie de Paris pour reloger de très hauts HLM voisins (pas celui réhabilité, qui finalement est gardé, mais d'autres un peu plus loin à l'Est). Un immeuble aux balcons Peez ; des pyramides à degrés ; du tout bois ; du planqué métal (aluminium ?)... Finalement, on retourne à Clichy. Là, on tombe sur un marché, qui est paraît-il très remarquable, et que je trouve très démolissable. On longe le grand parc de la ville, tandis que sur le trottoir apparaît une piste cyclable d'une stupidité sans borne (les travaux ont couté 500K€ d'après Denis, qui ne s'en est toujours pas remis).

Clichy-la-Garenne est une ville assez surprenante, avec autant d'haussmanien que de nouveautés et d'immeubles en briques, une population très mélangée aussi. On passe devant d'anciens ateliers réhabilités en agence de pub, avant la pause syndicale au troquet d'un beau rond-point (effectivement, il y a un excité jeune gauchiste en train de planifier le changement du monde derrière nous : un grand moment de consternation). Puis on reprend vers des immeubles divers et variés, et tout à coup, LA surprise.

Et enfin, retour au point initial. Trois heure trente (presque quatre heures, en fait) de balade : archipieds est de retour, et ça ne rigole pas ! :)

vendredi 13 avril 2012

Bastille à l'envers

Nouvelle visite à l'opéra Bastille, que j'ai tellement arpenté (quatre, cinq fois ?) qu'il est inutile d'en refaire un billet complet. Au fur et à mesure, j'apprends de nouvelles choses, avec toujours le même guide hyper-efficace Patrick, mais qui doit bien varier les visites pour ne pas s'ennuyer un peu. Par exemple, l'architecte a dû batailler pour que les sièges soient noir et non rouge : ainsi, associé au bois fort spécial (poirier de Chine il me semble, je devrais arrêter d'écrire les compte-rendus avec une semaine de retard) que l'on retrouve partout dans la salle et notamment au dos des sièges, le rappel des instruments de musique est encore meilleur. On apprend aussi que la salle au fond à droite, dans les répétitions de la cage de scène, va être dédié à la Comédie française (pour le stockage uniquement ?). Le bâtiment est toujours aussi impressionnant, la grande salle ne représentant que 5% du volume total là où elle fait la moitié du bâtiment pour Garnier. Une visite avec l'AROP est toujours plus spéciale, en ce que l'on peut traverser l'atelier de menuiserie pour aller voir la peinture puis la sculpture (l'occasion aussi de zieuter très en avance ce qui se prépare pour les futures mises en scène). Par chance aussi, seule une répétition était prévue, le soir, et donc cette fois, il a été possible de se rendre dans le grand ascenseur sous la scène principale (et non d'y jeter un coup d'oeil seulement). Impressionnant, avec une scène une trentaine de mètres au dessus.

(évènement AROP jeune, j'ai aussi découvert au passage une blonde absolument merveilleuse de beauté — oui oui, blonde ! Bon, d'après les maigres indices, soit elle est très cultivée, soit elle est catho, une chance sur deux !)

samedi 24 septembre 2011

archipieds floc floc

Après le sud du 11ème, le nord n'était que plus logique. Le sud du 19ème et le nord du 20ème, de fait. Mais en ce temps pluvieux, peu de participants : une habituée, un Hugo-nouveau, votre serviteur et enfin notre guide à tous, Denis.

Ces quartiers sont parmi les plus pourris de Paris, si ce ne sont les plus pourris : une rue composée de derrière d'immeubles, des zones en semi-destruction, même les bâtiments remarquables sont spéciaux : moches-délirants, bizarrement encastrés dans des terrains impensables, tombant comme un cheveux sur la soupe, cet archipieds de 7 km environ, dans les quartiers autour de Belleville (Hugo a pisté le parcours, partagé sur Google maps, je suis sûr qu'il meurt d'envie de laisser ça en commentaires ;)  ), aura été avant tout sociologique.

C'est que l'endroit est aussi pauvre que divers : arabes, juifs, étudiants-bohèmes-pauvres, noirs, chinois, chacun dans son coin, sans se mélanger, on passe d'une couche à l'autre. Dans certains endroits, le taux de scooters devient délirant ; dans d'autres, on taggue en plein jour ; on croise une église protestante chinoise (un marché de niche !), des bouibouis à profusion, des commerces improbables (des bédés encadrées vintages, un réparateur de poupée unique à Paris...).

Et puis c'est le retour à Oberkampf, porte de ce monde étrange — et pourtant intra-muros — où nous faisions autrefois des Paris-Carnet (on se rappelle de mes photos de prêt-à-porter de burqa ou autre littérature pour faire sortir le diable du coeur de sa femme). Cet endroit de Paris où l'on monte et descend sans cesse, où l'on croire horreurs et bonheurs (mais surtout horreurs), surprises inattendues, curiosités. Et un peu de pluie, mais pas tant que ça, au final.

lundi 11 juillet 2011

archi11pieds

La session de juillet d'archipieds se tenait ce dimanche : peu de monde présent, du moins aucune compagnie féminine pour moi, ce qui est à la fois déplorable et scandaleux. Un Valerio, un Aymeric & friend & family (dont une agréable surprise greffée en fin de parcours), et évidemment, Denys, notre berger.

Départ depuis un coin de la gare ; je n'ai pas compris par où ils sont passés, avec mes deux minutes de retard, j'ai rejoint le petit groupe une rue derrière. Les immeubles de ce quartier ne sont pas forcément les plus intéressants qu'ils nous aient été donnés d'admirer. Depuis tout ce temps que je vis à Paris, je n'ai jamais vraiment arpenté ce quartier, derrière la gare, autour de la ligne 8, sous Charonne (que je traverse en 78 de temps en à autre, depuis notre prochain rendez-vous de septembre : le père Lachaise). Il faut dire qu'il n'y a un peu rien : il faut aller vers Bastille pour retrouver la vie, et des gens qui ne soient pas d'affreux pauvres.

C'est pourtant surprenant que ces parcs, ce gymnase, immenses, en plein Paris, et ces immeubles parfois abandonnés, sur deux étages, comme dans un quartier marseillais autour de la porte d'Aix. Et pourtant, on est derrière le pont de arts : incroyable avec ce prix du mètre carré. Ledru-Rollin marque, du côté de Charonne, au dessus du faubourg St-Antoine et de ses petites ruelles héritées d'un temps où le quartier était indépendant de la capitale mais protégé de l'octroi, la limite entre bobos et déshérités. Comprendre une population fortement immigrée d'une manière générale (du côté St-Bernard, surtout).

Diderot, Daumesnil, Crozatier, je découvre la place d'Aligre (et un grand marché couvert tout pourri), cet archipieds ressemble plus à une rencontre du coeur parisien ignoré, où le HLM est de qualité (à savoir : il faut devenir pauvre ou se reproduire à outrance pour devenir Parisien sans s'endetter sur trois ou quatre générations ; n'importe quoi). On peste contre le bois qui pourrit, on trouve quelques bâtiments intéressants. Denys nous fait rire en invectivant le pauvre opéra Bastille, une fois la désagréable rue de la Lappe (où se trouve un immeuble remarquable) traversée (quand on pense au 10K€ du mètre carré, aussi...). En revanche, en face, le nouvel immeuble sur une parcelle encore une fois ridicule, pas encore achevé, est couvert de louanges.

Comme d'habitude aussi, les noms et les cabinets d'architectes se succèdent dans la plus grande confusion. On retient que le commissariat du XIIème (que Valerio à testé de l'intérieur, une nuit qu'il roulait de travers en vélo) et l'immeuble rue de Lappe, avec aussi des bidules inutiles sur le toit, partagent le même concepteur au nom à coucher dehors. Il faudrait des fiches pour les participants aussi...

Quartier des Quinze-Vingt, rue traversière pour un dernier délire architectural discret, et notre petite société est enfin dissoute à 18h30 passés : mine de rien, ce fut une sacrée balade ! (on comprend mieux pourquoi on n'est pas passé par la rue Sedaine, pourtant juste au dessus, pour essayer de s'incruster dans l'ancien loft de Kenzo ; tant pis)

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