humani nil a me alienum puto

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mardi 19 mars 2019

avec beaucoup de monde

Non, ce n’était pas du baroque : Jordi Savall est venu avec sa vièle à archet et sa lyra, pour diriger son Orpheus XXI. « Avec la Syrie » avait une programme aussi riche que le nombre de personnes sur scène. Il y avait même des gosses ! The Voice kids. L’idée : penser à la Syrie. Dans la salle : une population arabe minoritaire, des visiteurs uniques (beaucoup) et une grande majorité de bobos. Présent !

L’équipe disposée en arc de cercle, où tout le monde (ou presque ?) sait autant chanter que jouer :

Azmari Nirjhar, chant
Rebal Alkhodari, oud, chant
Rusan Filiztek, saz, chant
Ibrahim Keivo, chant, bouzouk, baghlama, saz
Imad Amrah, chant
Abo Gabi, chant
Neset Kutas, percussions
Maemon Rahal, chant, qânun, percussion
Mohamad Safi Alhafez, oud
Georgi Dimitrov, qânun
Karakhanyan Hovhannes, duduk
Professeurs principaux du projet Orpheus XXI (membres d'Hespèrion XXI)
Dimitri Psonis, santur
Hakan Güngör, kanun
Préparation du programme et direction des stages
Waed Bouhassoun, oud, chant
Moslem Rahal, chant, ney

Le programme long comme le bras :

Chant traditionnel du Bangladesh
Sadher Lau Banaila More Bairagi
Chant traditionnel séfarade
La rosa enflorece
Chant de tradition kurde
Mirkût
Chant religieux yézidi de tradition kurde
Sharaf-elddine,
Michael Praetorius, Terpsichore, 1612
Canarios
chant traditionnel d’Irak
El bent el shalabia
Riad Sombati, 1906-1981
Longa Riad (Farah Faza)
instrumental, pièce arabe
Chant traditionnel d’Alep (Syrie)
Ya habebe
Chant traditionnel (Muwashshah) de Syrie
Ya Gazaly
Chant traditionnel de Syrie
‘Al maya, ‘Al maya
ENTRACTE
Traditionnel sépharade d’Israël
El Rey Nimrod
instrumental
Chant traditionnel du nord de la Syrie
Sabiha
Marcel Khalife
Asfor tall
chant du Liban
Chant traditionnel du Maroc et de Tunisie
Lamuny
Chant traditionnel d’Afghanistan
Laïli Djân
Chant traditionnel de Syrie
Hal Asmar
Danse et chant de tradition kurde
Kevokê
Chant à la Vierge de Syrie
Ya Mariam el bekr
chant traditionnel de Grèce
Apo xeno meros
Chant traditionnel d’Istanbul
Üsküdar,
Bangladesh
Improvisation
Traditionnel du Maroc
Ghazali tal jàhri
instrumental

Très beau, émouvant tout plein, mais le plus simple, ça reste encore d’aller voir le live sur le site web !

lundi 11 mars 2019

in love with Barbara

L’orchestre de Paris a parfois des pépites dans sa programmation. C’était le cas pour ce concert qui faisait figurer une création française de Hans Abrahamsen, que je ne crois pas avoir déjà entendu, suivi d’un Berlioz qui me semble fort peu donné.

D’abord « Let me tell you ». La chair est faible, j’ai été attiré avant tout par le fait que ce serait chanté par Barbara Hannigan, fantastique soprano rousse vénitien qu’il faut absolument épouser. Mon voisin ninja lui donne 35 ans ; il se plante seulement de dix ans. On ne comprend pas grand chose au texte, mis à part que c’est poétique tout plein. C’est vraiment beau dans l’ensemble. Assez rare après une oeuvre dont le compositeur est vivant de se dire qu’on achèterait bien le CD (surtout s’il y a un livret avec Barbara). Les héros ont été copieusement applaudi. Daniel Harding a dû user de ses béquilles pour faire les aller-retours avant d’enchaîner, post-entracte, sur « Harold en Italie ». Pour le Berlioz, Antoine Tamestit, interprète ledit Harold, avec son alto, se déplaçant en divers endroits de la philharmonie (notamment en haut de l’arrière-scène, de toute façon vidée, ce qui arrive beaucoup ces temps-ci). Il est vraiment très bon. Quel jeu d’acteur, c’est pétillant !

samedi 2 mars 2019

odp funèbre

Je ne sais pas comment je vais faire pour retenir qu’à l’occasion, il faudrait que j’étoffe ma discographie d’un peu de Witold Lutoslawski, qui avec sa Musique funèbre a offert à l’Orchestre de Paris une sublime et déprimante introduction toute aux cordes du Requiem, op. 5, d’Hector Berlioz, sa Grande Messe des Morts. Car Pablo Heras-Casado à la direction a choisit d’enchaîner les deux oeuvres, et je n’ai saisi la réelle jonction qu’à quelques toussotements et une apparition soudaine des vents. Et aussi des choristes (Choeur de l'Orchestre de Paris, Choeur Orfeon Donostiarra), tout à coup mis à profit, alors qu’ils étaient plus nombreux encore que lors de la Symphonie des Mille le dimanche précédent, remplissant encore plus l’arrière-scène de la philharmonie, avec en renfort rapide (et placé en hauteur) le ténor Frédéric Antoun.

L’Orchestre du Conservatoire de Paris ajouté à l’orchestre de Paris, ça donne dix percussionnistes devant 15 timbales disposés en arc de cercle au fond de la scène, plus deux gongs et deux autres grosses caisses : autant dire qu’il y a de quoi faire vibrer ! Évidemment, on ajoute encore neuf cuivres tout au fond de l’arrière-scène (avec un effet de réflexion ? Ou y en avait-il encore d’autres derrière que je ne voyais pas depuis le parterre ?). Moments de frissons intenses garantis. Une petite mort pas forcément en paix.

mardi 26 février 2019

symphonie des 200

Cela faisait dix bonnes années que Paris n’avait accueilli de symphonie des mille de Mahler, la n°8, certainement la plus rare, car il faut rentrer 1000 choristes. En théorie. Car on est peut-être dans la géante philharmonie, mais sur les 400 places d’arrière-scène, ça ne rentre pas. Je dirais même plus : j’ai compté, ils étaient 200, du Philharmonischer Chor München, de l’Orfeón Donostiarra et du Augsburger Domsingknaben. C’est pas si mal (ça remplit quelques avions !), et après tout, avec l’histoire des décibels, ça ne peut-être qu’une importance toute logarithmique.

Au-dessus du choeur, des cuivres savamment postés par Valery Gergiev pour un effet Dolby surround (et aussi des placements ponctuels de solistes dans le public). Sous le choeur, de nouveau le Münchner Philharmoniker, qui aura donc enchaîné quatre heures de Mahler dans le week-end. Bel effort.

Sept solistes (Simone Schneider, Jacquelyn Wagner et Regula Mühlemann chez les sopranos ; Claudia Mahnke et Katharina Magiera pour les altos ; Simon O'Neill, ténor ; Michael Nagy, baryton ; et pour finir en beauté, Evgeny Nikitin, basse). Un (vrai !!) orgue (Johannes Berger), un piano, un célesta, et encore un harmonium, tout ce qui est passé sous la main de Mahler a pu être mis à profit.

Commencer à 16h m’a certes permis d’attraper facilement mon train ensuite, et de me replacer pas si difficilement aussi, alors que c’était tellement plein que je n’avais initialement pas de place. C’était sans compter sur les retardataires fort nombreux, arrivés par lots jusqu’à une heure après le début ! Pas forcément très discrètement, du reste…

Sublime. Des frissons, et encore des frissons. Dans cette salle, ce n’est pas donné ! Quelle oeuvre, quels interprètes ! L’éternel gergévien nous mènera aux cieux.

lundi 25 février 2019

Mahler, fromage et dessert

Qui d’autre, se demandait-on avant le concert et pendant l’entracte, que Valery Gergiev, pour proposer une soirée avec la symphonie n°4 de Mahler ET Das Lied von der Erde (le chant de la Terre). Les deux. Normalement, c’est l’un ou l’autre, complété par une oeuvre plus courte (au mieux). Là, non. Allons taper dans la sortie à 23h, avec le fromage ET le dessert (ou encore deux plats de résistance). Deux gros bons Mahler, et un petite entracte au milieu.

La n°4 est facile à repérer avec son violon désaccordé délicatement posé sur son tabouret, devant le premier violon et le chef. La salle était bien remplie, il a bien fallu se rabattre sur le côte du parterre. Las, mon voisin aussi replacé respirait fortement. Les bedonnants représentent toujours un risque. Mais pis encore, une fois les retardataires installés après l’entracte, les possibilités se sont réduites à un tel point qu’il ne resta qu’une place certes centrée, un peu en arrière, censément idéale pour profiter des chanteurs (Genia Kühmeier, soprano ; Claudia Mahnke, alto ; Simon O'Neill, ténor) et du Münchner Philharmoniker qui déborde de partout, tout comme mon voisin, énorme, respirant tel une machine industrielle essoufflée, et somnolant régulièrement. Aïe.

orchestre de Paris chantant

L’orchestre de Paris concocte de temps à autre des concerts originaux et de grandes qualité, qui arrivent même à motiver la souris pour se rendre dans le grand Nord philharmonique. En l’occurrence, un Samuel Barber fort méconnu, Knoxville, Summer of 1915, sur un poème de James Agee, sur un mode de flot de pensées nostalgiques-mélancoliques, avec beaucoup de cordes, très beau, et une Renée Fleming en forme (mais à laquelle la salle ne rend pas tout à fait justice, même depuis le parterre d’une salle assez remplie). Puis du Britten, la Sinfonia da requiem, toujours magnifique, beaucoup de sonorités et de couleurs. Et même quand on va vers du plus classique Schubert, avec un rapide best-of de trois des Lieder les plus connus (Nuit et Rêves, La Truite, Marguerite au Rouet), c’est pour les versions orchestrées par de nouveau Benjamin Britten et Max Reger. Renée Fleming assez longuement ovationnée. Entracte, et retour du chef Jaap van Zweden pour diriger la toujours efficace 5ème de Beethov. Qui allait fort bien après Schubert (team romantiques), d’ailleurs. Une excellente soirée malgré les toussements et le sonotone maléfique mal réglé.

lundi 18 février 2019

orchestre de Paris perché

Certes c’était un orchestre de Paris. Mais quand j’ai vu qu’il y avait du Jörg Widmann, dont Daniel Harding est mystérieusement et maladivement entiché, en première partie, je me suis dit que je devais vraiment arrêter de suivre Hinata-chan dans ses délires exploratoires. Y’a quand même des limites. Évidemment, elle venait pour Mathieu Amalric en récitant. Évidemment, il a déclaré forfait.

Le programme papier parle de « sonorités bruiteuses » : ça paraît approprié. Il parle aussi d’orgasme : j’ai regardé ma voisine, rien à l’horizon. Sauvons de la longue demi-heure quelques moments de grande banalité qui font le plus grand bien, au milieu du mal aux oreilles. Bref, c’est du Wildmann, ça sert à rien. C’était Teufel Amor, hymne symphonique d'après Schiller — qui se serait probablement passé de l’hommage.

Et puis, après l’entracte, un orgue (Vincent Warnier derrière). Ciel ! Dans « Manfred » de Robert Schumann op.115. Ça, c’est superbe ! 

Le texte sous-jacent, chanté par le choeur au complet, les solistes (Chloé Briot, soprano ; Victoire Bunel, mezzo-soprano ; Yu Shao, ténor ; Edwin Fardini, baryton-basse), est aussi perché que pour l’oeuvre précédente, mais une seule restera dans l’histoire. C’est vite vu de savoir laquelle… Le texte en VF est finalement déclamé par Éric Ruf, ce qui semble habituel comme remplacement et fait un peu travailler le patron. Coup de bol, contrairement à Wildmann, et tout comme Amalric, il sait déclencher quelqu’orgasme chez mon binôme.

Tout compte fait, j’ai bien fait de venir — mais c’est le souvenir que j’avais dû vaguement garder d’une très vieille programmation de cette oeuvre trop rare.

lundi 24 décembre 2018

Charpentier de Noël

Paul Agnew, qui prend de plus en plus la direction des Arts Florissants, fait lui aussi des discours, comme Marc Minkowski quelques jours auparavant à la même Philharmonie, alors qu’avec mon binôme usuel Hinata-chan, nous étions encore une fois dans les hauteurs (et un peu dans les microbes résiduels). Je ne sais plus trop ce qu’il nous a dit, mais il avait pas mal de choses à nous raconter, probablement sur le programme sur-mesure concocté autour d’oeuvres de Charpentier, qui faisaient intervenir les solistes (Elodie Fonnard, dessus ; Natalie Pérez, dessus ; Nicholas Scott, haute-contre ; Thibaut Lenaerts, ténor ; Cyril Costanzo, basse), tandis que les oeuvres intercalaires portaient parfois le même nom. Pas tout compris, et difficile à suivre durant le concert. À un moment, on lâche l’affaire et on se laisse porter. Ça vaut mieux.

Pour « La nuit de Noël » (avant l’heure), on commence donc par du Marc-Antoine Charpentier, Noël pour les instruments / H.534/4. Puis du Guillaume Bouzignac, Dum silentium — compositeur franchement inconnu qui est arrivé à surclasser notre héros. Encore Charpentier, Noël pour les instruments / H.534/3. Puis un chant anonyme, "Joseph est bien marié" à 4 voix. Encore Bouzignac, Ave Maria. De nouveau Charpentier, Noël pour les instruments / H. 534/6. Tout à coup, une thématique pucelle, par Eustache du Caurroy : « Une jeune pucelle », suvi de « Fantaisies sur une jeune fillette ». Encore Bouzignac, « Noé, noé, pastores » (« Noé » étant une sorte d’interjection). Et on termine logiquement par Charpentier, trois oeuvres : Magnificat / H.79, Messe de Minuit pour Noël et enfin Ave Regina caelorum.

Ouf. C’était très beau. Troisième concert de la Philharmonie pour nous convaincre que rester dans ce pays pourri a quand même des avantages (même avec une accompagnatrice en mode « biological hazard »).

motets de Noël

Mon binôme était toujours malade, et donc aucune tentative de remplacement : soyons heureux soyons planqués tout en haut derrière les vitres, juste au dessus de l’orchestre (32€ quand même, cette dernière catégorie de la Cité de la musique !). Le lundi, c’est motets de Bach ! Avec l’Ensemble Pygmalion, dirigé par Raphaël Pichon, dont l’allure eut tôt fait d’émouvoir mon enrhumée — avec un effet thaumaturge limité cependant.

Au programme, six motets de Johann Sebastian Bach. Sublime. Il y avait un grand nombre de chanteurs (une trentaine !), pour les différentes voix des motets (par exemple « 8 voix » — 30 divisé par 8 ?). En bis, Domine Deus de Mendelssohn, dont on nous dit auparavant qu’il doit beaucoup à Bach. Sublime aussi.

messe en Minkowski

J’ai calculé mon retour de Hong Kong pour ne pas rater ce concert à la Philharmonie. Ode à Sainte-Cécile de Haendel, suivi de la Messe en ut mineur de Mozart. Quand même. Inratable. Même quand on n’a pas dormi après une nuit dans l’avion. Surtout quand c’est Marc Minkowski qui dirige ses Musiciens du Louvre Grenoble. Le chef prend d’ailleurs la parole pour nous causer des deux oeuvres. La première a été justement orchestré par Mozart, et il a rajouté une petite coquetterie : un glass harmonica ! Vue plongeante dessus. Et comme pour la seconde, il n’y a pas de choeur mais force solistes : Ana Maria Labin (soprano), Ambroisine Bré (soprano), Owen Willetts (alto), Stanislas De Barbeyrac (ténor), Norman Patzke (basse) ; et pour le ripieno, Constance Malta-Bey (soprano), Léa Frouté (soprano), Sophie Garbisu (soprano), Marie-Andrée Bouchard Lesieur (alto), François Pardailhé (ténor), Lisandro Nesis (ténor), Antoine Foulon (basse) et enfin Sydney Fierro (basse). Voilà pour le name dropping.

Et pour la soirée : sublime de bout en bout.

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