humani nil a me alienum puto

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mardi 19 septembre 2017

Mozart Bruckner 9

C’est bien connu que quand on en arrive à 9, c’est le début de la fin. En l’occurrence, la série Mozart/Bruckner/Barenboim/Staatskapelle Berlin s’achevait le dimanche avec comme apéritif le toujours très beau Concerto pour piano n° 23 de Mozart, toujours avec Daniel derrière le clavier (en 4a, une vieille dame tombée en pâmoison a même due être extraite — heureusement avant le mouvement romantique que l’on attendait tous).

Et si la veille il n’y avait que la 8ème, la symphonie n°9 de Bruckner était cette fois-ci bien après l’entracte. Je n’avais point de place non plus pour cette session, mais le réseau ninja couplé à un fauteuil musical m’a assuré d’un 1er balcon bien centré dans les premiers rangs absolument idéal. Quelles couleurs ! Jordan, penché sur la rambarde, à côté du directeur, admire. L’annonce post-entracte nous avait prévenu que finalement, il n’y aurait pas de rencontre — un incompréhensible problème d’orchestre à renvoyer en Allemagne, et j’ai surpris Laurent Bayle, qui devait être l’interlocuteur du chef facétieux, en train de rire, à tel point que je me demande s’il était au courant… De fait, à la fin, pour saluer tout le monde et marquer le coup, c’était fleurs pour tout le monde (et autant dire qu’il y a du monde, dans l’orchestre…), mais le chef après quelques aller-retours ne revient finalement pas, entretenant sa réputation sur tous les plans.

On était là pour du Bruckner, et l’on fut servi : c’est le principal.

Bruckner 8

Voici une place qui échappa à ma sagacité lors des réservations. C’est que l’affiche était toujours aussi attrayante que pour les sessions précédentes de Barenboim/Staatskapelle Berlin. Les tarifs sont prohibitifs, de telle sorte que les dernières catégories sont remplies à ras bord. Quelques places écoulées au tout dernier moment, un truc et astuce plus tard, me voici avec la souris un samedi soir à la Philharmonie de Paris.

La tapisserie de violoncelles du fond envoyait du grave. La Symphonie n° 8 d’Anton Bruckner, c’est celle que je surnomme « Batman », à cause du dernier mouvement. Mais c’est plus divers que ça, et Daniel qui vieillit comme tout un chacun essaie d’explorer un peu trop longuement : on en arrive à 1h30 de pièce unique pour ce concert qui n’a pas la contrainte de l’enregistrement au disque. Heureusement, ça reste du fort bon, mais la standing ovation semblait un peu surprenante…

mardi 12 septembre 2017

soirée création

La création de Haydn a marqué le début de ma saison 2017, à la Philhar : si l’oeuvre sera de nouveau donnée en 2018, je pense qu’on a passé ce doublon au nom des adieux de Sir Simon Rattle à la direction du Berliner Philharmoniker. Impossible cependant d’avoir des places pour le concert de la veille, du Chosta qui a reçu bien des louanges : c’est complet. Le dimanche suivant, 18h, c’était plutôt vide et très facile de se placer au parterre derrière la rambarde — l’ouvreur a même spontanément proposé plus proche, mais sans ce précieux espace pour les genoux que l’on n’a que là.

En apéritif, il y avait du Georg Friedrich Haas, « Ein kleines symphonisches Gedicht », création française, 5 minutes top chrono, un truc vrombissant dont on ne retiendra pas forcément grand chose. Et puis Joseph Haydn, La Création, avec de nouveau Accentus (Marc Korovitch en chef de choeur), et Elsa Dreisig (soprano, formidable), Mark Padmore (ténor) et Florian Boesch (baryton), tout aussi méritants. En face de Simon Rattle, une jolie disposition d’orchestre et un pianoforte en plein milieu, avec le pianiste qui tout du long a fait du playback : manifestement, il connaît toutes les paroles…

dimanche 21 mai 2017

Toulouse d’Orient

Si j’ai bien compris, le week-end avait pour cycle à la Philharmonie les Mille-et-une nuits. Et comme il fallait donc trouver un titre à la soirée du samedi par l’Orchestre National du Capitole de Toulouse dirigé par son Tugan Sokhiev retrouvé, le nom de la première pièce s’est trouvé tout à propos, quoique réducteur. Mais il faut avouer que "Aladdin" de Carl Nielsen est une suite absolument fabuleuse que, si peu de fois données, il aurait été bien dommage de rater. Les première et dernière pièces justifie d’ailleurs de posséder cette oeuvre dans toute bonne discographie : il faudra que je m’y emploie !

Après cette première partie de toute beauté, il fallait une pièce toute aussi ambitieuse : "Shéhérazade", de Ravel, avec le timbre envoutant de Marianne Crebassa, qui remplit bien la salle quand on est de face au parterre — l’inconvénient de cette place du fond étant d’être devant les retardataires, arrivés en nombre juste au début du concert, décidant seuls de trouver leurs places pendant la pause entre deux oeuvres sans rien connaître de la salle, bavassant sans cesse, bref dissipés au delà du possible (Serendipity a cette brillante idée : les interdictions de concert comme il y a des interdictions de stade !). Sur trois poèmes de Tristan Klingsor, Asie déploie une grande musicalité lyrique, La flûte enchantée me semble avoir été réutilisé maintes fois, et L’indifférent est court, en laissant une traine en oreille. Très beau.

Après l’entracte, "la Danse des sept voiles", extrait de Salomé de Richard Strauss, file de manière très à propos la thématique orientale, tout en correspondant au format 10-25 minutes de la soirée. On termine en revanche assez loin de l’Arabie, avec un Oiseau de feu (suite n°2) de Stravinski, qui a certes quelques accents musicaux apparentés — Russie et Islam, en fait l’Oiseau est kazakh ?

Et puis il y a un trio de jeunes filles devant moi, dont un clone de @odette9, avec nez plus court mais légèrement plus retroussé, et des lèvres plus pulpeuses, le tout caché derrière de grosses lunettes. Tugan célèbre alors cette découverte : « Jardin féérique » de Ravel (dernier morceau de Ma Mère L’Oye), annonce-t-il en premier rappel. Très beau. Alors que le public commence à s’enfuir dans le brouhaha, un deuxième bis : Carmen de Bizet, certainement pour nous rappeler que les Maures étaient en midi-Pyrénées.

Délicieuse soirée d’Orient occitan !

mardi 16 mai 2017

Hilary d’amour

L’association entre Leonard Slatkin, l’orchestre de Lyon et Hilary Hahn n’avait rien de forcément très évident pour une tournée commencée à Lyon, enchaînée à Munich puis à Paris, à la Philharmonie, avec une salle assez pleine — accueillis comme des malpropres par un jeune ouvreur connard (de temps en temps, on croise de ces émanations de J des jeunesses hitlériennes en errance, pourvu qu’ils disparaisse rapidement), nous sommes montés, avec la souris, au premier balcon, pour profiter de la vue sur Hilary.

D’abord, un John Adams, « Chairman Dances », avec le retour de Spongex® aux percussions, cette fois en auto-frottement. C’est toujours brillant, on se demande toujours : mais pourquoi aussi peu ?? Puis notre héroïne, qui a pris du tour de taille en devenant une MILF (moins que Julia, mais…), pour un concerto pour violon de Tchaikovski avec de fait un public de n00bs qui s’est mis à applaudir après quelque trille acrobatique (oui oui, en plein milieu), puis comme il ne se doit pas après le 1er mouvement. Bis plus original et dansant que le Bach habituel, Partita n°3 en mi majeur, BWV 1006 (quand même du Bach, donc : faut pas pousser !). Et après l’entracte, une symphonie fantastique de Berlioz que la souris a trouvé beaucoup trop lente, suivie d’un bonus, la barcarolle des Contes d’Hoffmann, parce que belle nuit d’amour avec Hilary, quand même.

Astana-Beyrouth

De retour d’Astana, avec assez d’avance inespéré pour repasser chez moi quitter ma valise et retourner à la philharmonie sans avoir à souffrir d’éventuels problèmes de vigipiratage, l’étape suivante étant donc ce Voyage avec Marcel Khalife, et son programme mystère. Une fois sur place, c’est effectivement varié : Les ruines d'Athènes de Beethoven semblent moins peser pour l’Ouverture en elle-même que pour la courte Marche Turque (bien plus rarement donnée !) qui suit.

Quant à « De la ligne à la peau » du relativement jeune Matthieu Lemennicier, après un speech un peu robroratif, c’était plutôt une occasion de caser, pour l’Orchestre national d'Île-de-France sous la direction de Julien Leroy, la pièce lauréate Île de créations. Vraiment rien à voir. L’occasion aussi de constater que décidément, ces pièces contemporaines se ressemblent beaucoup les unes les autres, rendant fort relative la notion d’originalité ou de rupture… On n’en retient donc pas grand chose, si ce n’est pas que ce n’est pas désagréable — mais l’inverse non plus.

En revanche, les géniales Danses de Galanta de Zoltán Kodály annoncent bien mieux la seconde partie que la salle, très libanaise — en tout cas très croissant-fertile, dirons-nous —, attendait bien plus probablement. En effet, après l’entracte, Marcel Khalife et son oud se posent, devant l’orchestre, de côté jardin pour laisser place au piano. Face au parterre, l’acoustique est plutôt pauvre de trois-quarts arrière — mais était-ce bien meilleur avec un tel orchestre énorme derrière ? Oh, Breeze (Ya Nasim el-rih), puis Rise up, Oh Rebel (Enhad ya saer). Je crois que c’est là où il y avait un usage original d’une éponge Spontex sur une timbale.

Ce qui est plus sûr est que Requiem for Beirut de Rami Khalifé, fils du héros-de-la-soirée, a déclenché une alerte cramoisie de la société protectrice des pianos. Celui-ci a en effet été torturé pendant de longues minutes. Avant de revenir avec du pur Marcel Khalife, Peace be with you (Salamon Aleiki). Et quelques bis, dont me semble-t-il Oummi (Ma mère) et Jawaz as-Safar (Passeport), sur les poèmes de Mahmoud Darwich récités avant en arabe puis en Français (mon binôme s’en rappelant fort bien), et un Ya Bahriyi participatif où la salle s’est mise en danser — surtout ces messieurs ! —, laissant libre cours à son exultation qu’on sentait poindre dès la première partie. Revigorant. Et une vraie découverte musicale de grande qualité — c’est même une icône !

dimanche 30 avril 2017

Jukka-Pekka sans Lola

Pour une fois, le replacement s’est fait côté impair, car il y avait du piano : Concerto pour piano n°2 de Chopin (donc le premier, parce que it’s complicated). C’était là le début d’un orchestre de Paris en forme sous la baguette du fort aimé Jukka-Pekka Saraste. Et derrière le clavier, le fort jeune mais néanmoins talentueux et impressionnant Jan Lisiecki, étoile définitivement montante, enfonçant le clou avec une longue nocturne passionnée en rappel.

Après l’entracte, justifiant la prise de distance en seconde moitié de parterre, la tonnutriante Symphonie n° 8 de Dmitri Chostakovitch, sans Lola (toujours l’ersatz made in China pour la remplacer), ce qui est de plus en plus inquiétant, alors que les pouvoirs publics ne s’en préoccupent pas, que le peuple y est aussi indifférent que la montée du fascisme, et que ni l’orchestre de Paris ni le Ministère de la Culture ne daignent ne serait-ce que convoquer une conférence de presse pour nous expliquer en détail les raisons de cette disparition. En attendant, la symphonie était fort bonne, pour compenser cette immense perte.

lundi 24 avril 2017

orgue du dimanche

L’orgue de la Philharmonie n’est finalement pas des masses sollicité, mais à chaque fois qu’il l’est, je suis au rendez-vous. Cette fois, c’était Michel Bouvard pour du Bach : Orgelmesse, ou plus exactement Clavier-Übung III. Mais salle beaucoup plus vide que la dernière fois (qui était certes fort pleine). Toujours second balcon, face aux tubes. Un très joli moment d’une heure vingt (me semble-t-il), sans sucre ajouté, en passant parfois rapidement quelques pages de la partition (suspect… Avons-eu nous droit à des extraits ? Ce n’était pas dit dans la préface orale un peu trop intellectuelle, peut-être l’était-ce dans la conférence d’avant ? Peut-être que la réponse se trouve dans « l’encadrement par le Prélude et Triple fugue en mi bémol sur la Trinité ».). Cet orgue est décidément la plus belle réussite de la salle.

lundi 17 avril 2017

cors merveilleux de Bruckner

Un concert pas bien rempli de l’Orchestre Philharmonique de Radio France à la Philharmonie de Paris, intitulé Des Knaben Wunderhorn, alors que c’était seulement la première partie qui était constituée des extraits de l’oeuvre de Gustav Mahler — Lied des Verfolgten im Turm, Verlorne Muh, Trost im Ungluck, Das Irdische Leben, Der Schildwache Nachtlied, Wer hat dies Liedel erdacht ?, Der Tambourg’s sell, Rheinlegenden, Wo die schönen Trompeten Blasen, Revelge. Une très belle affiche cependant faisant apparaître la mezzo-soprano Ekaterina Gubanova au côté du baryton Dietrich Henschel, à qui l’acoustique de la salle n’a malheureusement pas rendu justice. Tralali !

Et puis une symphonie n°4 d’Anton Bruckner dirigée encore par Eliahu Inbal, avec lequel, comme le gars au milieu du premier rang de l’arrière-scène, j’étais parfaitement synchrone sur la direction. On approuve.

mardi 11 avril 2017

mortel Brahms

Voilà un très beau deutsches requiem offert par l’orchestre de Paris, dirigé par Thomas Hengelbrock en replacement de Christoph von Dohnányi. En première partie, Concerto pour piano n° 22 de Mozart, avec Emanuel Ax. C’est plaisant, avec un très beau bis (qu’était-ce déjà ?… Chopin ? Doute), mais sans laisser de souvenir impérissable.

De face, l’acoustique est assez honnête pour profiter de la soprano Christiane Karg et du baryton Michael Nagy, mais aussi du choeur, et surtout, de l’orgue, qu’on n’entend jamais assez, et qui ici relevait fort bien le tout. Fort agréable séminaire annuel.

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