humani nil a me alienum puto

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lundi 11 décembre 2017

variation d’anniv enigmatique

Évidemment, prendre une place (deux, même) pour la date de son anniversaire, c’est toujours délicat. Si c’est mauvais, on a tout perdu. Mais un Edgar Elgar, ça ne se refuse absolument jamais. C’est même criminel de le rater. Donc, tentons ces Québecois, tabernacle ! Orchestre métropolitain de Montréal fort féminisé, d’ailleurs : aux cordes, on peine à trouver un mâle… Mais Yannick Nézet-Séguin à la direction.

On commence par Les Nuits d'été de Berlioz, avec Marie-Nicole Lemieux en contralto pour les poèmes en musique. Je pensais qu’il n’y aurait pas grand monde, mais en fait la belle programmation, le dimanche et les tarifs assez bas ont eu tôt fait remplir la salle — notamment avec beaucoup de ninjas (et même Laurent ! Un week-end !). Venant avec la souris, il était dès lors délicat de se replacer. Depuis le second balcon, on n’entendait cependant pas si mal : la multiplication des réflecteurs et le retour de la politique des fermetures de portes a certainement eu un gros impact sur l’acoustique.

On a dit que la programmation était excellente : juste après, Concerto pour violoncelle n° 1 de Camille Saint-Saëns avec Jean-Guihen Queyras au violoncelle. Yummy. En plus (changement d’ambiance), il nous gratifie d’un bis de choix : extrait de 3 Strophes sur le nom de Sacher, Dutilleux (annoncé, tant qu’à faire).

Et après l’entracte, les fameuses Enigma Variations d’Edward Elgar. 2007. Septembre 2007. C’est la première et dernière fois que j’ai pu entendre les variations en vrai, à Pleyel. 10 ans ! Incroyable. Mais cette fois, c’était avec l’orgue, et j’étais positionné dans l’alignement parfait. Du grand art. Sublime.

Pour terminer en toute beauté, pur bonus, Pavane pour une infante défunte de Ravel. Pas de la poutine, tout ça, Christ !

super Paavo

Retour de Paavo Järvi à la direction de l’Orchestre de Paris : je crois même que c’est mon premier OdP de la saison — et toujours pas de Lola, et toujours pas d’intervention du ministère de la culture ni de communiqué, c’est totalement dingue cette histoire. Il n’y avait pas qu’un seul come back : Akiko Suwanai et son Stradi étaient de retour après six ans (quasi pile poil) d’absence. Mon dieu. Je finissais l’édition de mon bouquin, à cette époque, qui me semble aussi lointaine que proche. Elle avait donc 39 ans : ça lui en fait 45 au compteur et toujours 10 de moins en visuel. Quelle beauté… Avec toutes ces années, on s’est demandé avec Christian si on l’avait déjà vue, mais elle me disait pourtant quelque chose : c’est bien sûr, le coup de la corde cassée ! Bref, cette fois, c’était du Jean Sibelius et son Concerto pour violon (évidemment). Ah la la. Superbe Sibelius à japonaise — une friandise ramenée de Tokyo ?

Après le Bach attendu, la grosse, puissante, envoutante Symphonie n°7 "Leningrad" de Dmitri Chostakovitch. J’ai toujours du mal à les retrouver quand je n’ai que le numéro — mais ensuite, je peux co-diriger dès que les premières mesures sont enclenchées, c’est étrange le cerveau… Donc, la 7ème, note pour moi-même : c’est celle avec le crescendo, les pizzicati et Stargate à la fin. Je me demande même si ce n’est pas ma préférée, en fait…

samedi 2 décembre 2017

tuyaux de cadeaux

Le week-end était dédié à l’orgue, mais la programmation était difficile à déchiffrer. Avec la souris, le choix s’est porté sur le samedi soir, avec l’Orchestre national de Lille, pour un concert intitulé « Offrandes ». À la direction, Alexandre Bloch, et à l’orgue l’indispensable Olivier Latry. On commence avec du contemporain très écoutable, une très jolie oeuvre moderne, « Concerto pour orgue » avec des thèmes bien choisis et menés, par Éric Tanguy, qui vient d’ailleurs saluer.

Court intermède avec Les Offrandes oubliées d’Olivier Messiaen, oeuvre de jeunesse sous-estimée à son époque, toujours superbe. Et après l’entracte (à la fin de laquelle un spectateur nous engueule, avec Christian, parce qu’il trouve pas admissible que l’on parle alors qu’il est resté assis devant nous… Au secours), un magnifique Saint-Saëns, la fort classique et parfaitement adaptée à la salle Symphonie n° 3 « Avec orgue ». Très belle soirée.

mardi 31 octobre 2017

Leipzig 2 le retour de Blomstedt

Deuxième concert pour le Gewandhausorchester Leipzig par Herbert Blomstedt. Après le requiem du lundi, on commence le mardi par le Triple Concerto, pour piano, violon et violoncelle, op. 56, de l’ami Ludwig van Beethoven. Avec la dream team : Leonidas Kavakos au violon, Gautier Capuçon au violoncelle et Kirill Gerstein au piano. Forcément, c’est quelque chose. Capuçon annonce le bis : adagio trio 11 Beethov. Quand même.

Et puis une très belle Symphonie n°9 en do majeur D. 994 "La Grande" de Franz Schubert, que moi aussi je sais diriger avec la partition fermée. Hé bien j’aurais pu faire tout pareil. Approuvée.

coton allemand reposant

Le Deutsche Requiem de Brahms par Herbert Blomstedt, c’est coton. Un peu cotonneux mais fort bon. Gewandhausorchester Leipzig et Wiener, avec Hannah Morrison en soprano et Michael Nagy comme baryton. Replacement au parterre, mais peut-être un peu trop loin pour profiter des solistes dans cette salle à l’acoustique toujours aléatoire — mais bon, cet orgue, cet orgue… Il y avait des trous un peu partout, dans la salle. Aucun surtitre, c’est pas grave, on connaît par coeur.

mardi 19 septembre 2017

Mozart Bruckner 9

C’est bien connu que quand on en arrive à 9, c’est le début de la fin. En l’occurrence, la série Mozart/Bruckner/Barenboim/Staatskapelle Berlin s’achevait le dimanche avec comme apéritif le toujours très beau Concerto pour piano n° 23 de Mozart, toujours avec Daniel derrière le clavier (en 4a, une vieille dame tombée en pâmoison a même due être extraite — heureusement avant le mouvement romantique que l’on attendait tous).

Et si la veille il n’y avait que la 8ème, la symphonie n°9 de Bruckner était cette fois-ci bien après l’entracte. Je n’avais point de place non plus pour cette session, mais le réseau ninja couplé à un fauteuil musical m’a assuré d’un 1er balcon bien centré dans les premiers rangs absolument idéal. Quelles couleurs ! Jordan, penché sur la rambarde, à côté du directeur, admire. L’annonce post-entracte nous avait prévenu que finalement, il n’y aurait pas de rencontre — un incompréhensible problème d’orchestre à renvoyer en Allemagne, et j’ai surpris Laurent Bayle, qui devait être l’interlocuteur du chef facétieux, en train de rire, à tel point que je me demande s’il était au courant… De fait, à la fin, pour saluer tout le monde et marquer le coup, c’était fleurs pour tout le monde (et autant dire qu’il y a du monde, dans l’orchestre…), mais le chef après quelques aller-retours ne revient finalement pas, entretenant sa réputation sur tous les plans.

On était là pour du Bruckner, et l’on fut servi : c’est le principal.

Bruckner 8

Voici une place qui échappa à ma sagacité lors des réservations. C’est que l’affiche était toujours aussi attrayante que pour les sessions précédentes de Barenboim/Staatskapelle Berlin. Les tarifs sont prohibitifs, de telle sorte que les dernières catégories sont remplies à ras bord. Quelques places écoulées au tout dernier moment, un truc et astuce plus tard, me voici avec la souris un samedi soir à la Philharmonie de Paris.

La tapisserie de violoncelles du fond envoyait du grave. La Symphonie n° 8 d’Anton Bruckner, c’est celle que je surnomme « Batman », à cause du dernier mouvement. Mais c’est plus divers que ça, et Daniel qui vieillit comme tout un chacun essaie d’explorer un peu trop longuement : on en arrive à 1h30 de pièce unique pour ce concert qui n’a pas la contrainte de l’enregistrement au disque. Heureusement, ça reste du fort bon, mais la standing ovation semblait un peu surprenante…

mardi 12 septembre 2017

soirée création

La création de Haydn a marqué le début de ma saison 2017, à la Philhar : si l’oeuvre sera de nouveau donnée en 2018, je pense qu’on a passé ce doublon au nom des adieux de Sir Simon Rattle à la direction du Berliner Philharmoniker. Impossible cependant d’avoir des places pour le concert de la veille, du Chosta qui a reçu bien des louanges : c’est complet. Le dimanche suivant, 18h, c’était plutôt vide et très facile de se placer au parterre derrière la rambarde — l’ouvreur a même spontanément proposé plus proche, mais sans ce précieux espace pour les genoux que l’on n’a que là.

En apéritif, il y avait du Georg Friedrich Haas, « Ein kleines symphonisches Gedicht », création française, 5 minutes top chrono, un truc vrombissant dont on ne retiendra pas forcément grand chose. Et puis Joseph Haydn, La Création, avec de nouveau Accentus (Marc Korovitch en chef de choeur), et Elsa Dreisig (soprano, formidable), Mark Padmore (ténor) et Florian Boesch (baryton), tout aussi méritants. En face de Simon Rattle, une jolie disposition d’orchestre et un pianoforte en plein milieu, avec le pianiste qui tout du long a fait du playback : manifestement, il connaît toutes les paroles…

dimanche 21 mai 2017

Toulouse d’Orient

Si j’ai bien compris, le week-end avait pour cycle à la Philharmonie les Mille-et-une nuits. Et comme il fallait donc trouver un titre à la soirée du samedi par l’Orchestre National du Capitole de Toulouse dirigé par son Tugan Sokhiev retrouvé, le nom de la première pièce s’est trouvé tout à propos, quoique réducteur. Mais il faut avouer que "Aladdin" de Carl Nielsen est une suite absolument fabuleuse que, si peu de fois données, il aurait été bien dommage de rater. Les première et dernière pièces justifie d’ailleurs de posséder cette oeuvre dans toute bonne discographie : il faudra que je m’y emploie !

Après cette première partie de toute beauté, il fallait une pièce toute aussi ambitieuse : "Shéhérazade", de Ravel, avec le timbre envoutant de Marianne Crebassa, qui remplit bien la salle quand on est de face au parterre — l’inconvénient de cette place du fond étant d’être devant les retardataires, arrivés en nombre juste au début du concert, décidant seuls de trouver leurs places pendant la pause entre deux oeuvres sans rien connaître de la salle, bavassant sans cesse, bref dissipés au delà du possible (Serendipity a cette brillante idée : les interdictions de concert comme il y a des interdictions de stade !). Sur trois poèmes de Tristan Klingsor, Asie déploie une grande musicalité lyrique, La flûte enchantée me semble avoir été réutilisé maintes fois, et L’indifférent est court, en laissant une traine en oreille. Très beau.

Après l’entracte, "la Danse des sept voiles", extrait de Salomé de Richard Strauss, file de manière très à propos la thématique orientale, tout en correspondant au format 10-25 minutes de la soirée. On termine en revanche assez loin de l’Arabie, avec un Oiseau de feu (suite n°2) de Stravinski, qui a certes quelques accents musicaux apparentés — Russie et Islam, en fait l’Oiseau est kazakh ?

Et puis il y a un trio de jeunes filles devant moi, dont un clone de @odette9, avec nez plus court mais légèrement plus retroussé, et des lèvres plus pulpeuses, le tout caché derrière de grosses lunettes. Tugan célèbre alors cette découverte : « Jardin féérique » de Ravel (dernier morceau de Ma Mère L’Oye), annonce-t-il en premier rappel. Très beau. Alors que le public commence à s’enfuir dans le brouhaha, un deuxième bis : Carmen de Bizet, certainement pour nous rappeler que les Maures étaient en midi-Pyrénées.

Délicieuse soirée d’Orient occitan !

mardi 16 mai 2017

Hilary d’amour

L’association entre Leonard Slatkin, l’orchestre de Lyon et Hilary Hahn n’avait rien de forcément très évident pour une tournée commencée à Lyon, enchaînée à Munich puis à Paris, à la Philharmonie, avec une salle assez pleine — accueillis comme des malpropres par un jeune ouvreur connard (de temps en temps, on croise de ces émanations de J des jeunesses hitlériennes en errance, pourvu qu’ils disparaisse rapidement), nous sommes montés, avec la souris, au premier balcon, pour profiter de la vue sur Hilary.

D’abord, un John Adams, « Chairman Dances », avec le retour de Spongex® aux percussions, cette fois en auto-frottement. C’est toujours brillant, on se demande toujours : mais pourquoi aussi peu ?? Puis notre héroïne, qui a pris du tour de taille en devenant une MILF (moins que Julia, mais…), pour un concerto pour violon de Tchaikovski avec de fait un public de n00bs qui s’est mis à applaudir après quelque trille acrobatique (oui oui, en plein milieu), puis comme il ne se doit pas après le 1er mouvement. Bis plus original et dansant que le Bach habituel, Partita n°3 en mi majeur, BWV 1006 (quand même du Bach, donc : faut pas pousser !). Et après l’entracte, une symphonie fantastique de Berlioz que la souris a trouvé beaucoup trop lente, suivie d’un bonus, la barcarolle des Contes d’Hoffmann, parce que belle nuit d’amour avec Hilary, quand même.

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