humani nil a me alienum puto

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 25 mai 2009

qu'est ce qu'on fait ce soir cortex ?

Si Hadopi n'est pas encore au stade d'être appliqué (et ça risque d'être drôle), LOPPSI 2 est déjà au four. J'ai même attendu quelques jours avant d'en parler, tellement c'est énorme et à peine croyable ; Orwell à côté, il ferait presque pitié (il n'avait pas d'ordinateur et de fichier centralisé informatisé...). Je sais bien que mes lecteurs se divisent en deux catégories : ceux qui sont déjà au courant, et ceux qui veulent vivre dans leur bulle (parce qu'on se trompe de discours ?).

Pour une fois, lisez l'analyse de Numerama.

Ensuite, vous pourrez vérifier si l'on peut rire de tout (merci OlivierJ).

[addendum: Authueil, fervent anti-HADOPI, n'est pas conspirationniste -- mais parfois un peu naïf selon moi -- et n'est pas inquiet, au contraire]

mercredi 13 mai 2009

207ème semaine

Ma 206ème semaine a eu un succès fou, même si bon nombre n'a rien écrit en commentaires. Certains ont peut-être mal compris la dernière photo taille normale : la carte de visite est bien celle de Franck Riester, rencontré dans le train de retour de Strasbourg lundi midi ; il m'a dit que ce n'était pour y faire pression pour le paquet fiscal (qui est passé avec l'amendement Bono d'origine à la fin de cette semaine), ni pour la journée portes ouvertes que j'ai manquée, sans avouer le but de son voyage ; d'une manière générale, il m'a un peu expédié, mais il est resté charmant, et il m'a filé sa carte quand je lui ai dit que ce serait chouette de le voir à la RdB (Franck, si tu me lis, j'en ai parlé avec Authueil -- un autre de tes meilleurs ennemis, de l'intérieur cette fois --, ce ne sera pas avant septembre) ; il n'a pas réagi quand je lui ai dit que j'étais ingénieur informatique, et à la sortie du train, je lui ai donné ma carte en lui disant que c'était justement ma société qui s'occupait de son poste de travail sous Ubuntu Linux avec tous les logiciels libres ; on s'est alors serré la main pour la troisième fois : j'ai eu confirmation de ce que je pensais.

Dans le train, en fait, j'ai parlé avec le type du resto bar qui fait le service en 1ère catégorie (j'ai dû remonter quatre ou cinq rames pour retrouver mon député, mais je l'avais bien entraperçu en train de remonter sur le quai, d'ailleurs c'est amusant, on s'était alors regardé un bon bout de temps), pour lui expliquait qui c'était. À la fin de l'exposé sur ce dont il retourne de la loi Internet et Création (dont il avait vaguement entendu parler -- mon cousin, quelques jours plus tard, était plus au courant sans être bien au point, et doit bien regretté son vote, même si j'ai peur pour la prochaine fois qu'il ne se radicalise plus à droite qu'il puisse revenir à gauche), ce jeune téléchargeur occasionnel attaché à sa liberté individuelle m'a proposé de me servir un café gratos pour avoir le droit de le renverser par erreur. J'ai décliné la proposition (terroriste) : loin d'être des monstres, stupides ou corrompus, nos politiques sont simplement déformés. Ou formattés, c'est selon. Ils sont sincères, de leur point de vue. Et loin d'être réconfortant ou source d'espoir, c'est peut-être bien ça le pire. Car si le volet relatif à la conviction et l'honnêteté intellectuelle n'était pas aussi occulté, tout irait bien. Mais l'auto-endoctrinement, par un procédé de mensonge à soi-même pour ne pas avouer une hypothétique faiblesse (avoir eu tort, reconnaître que l'on n'avait pas pensé à tout) va trop loin -- c'est par le même mécanisme qu'on en arrive à des pratiques fascisantes sans même s'en apercevoir.

Non, je vous jure, notre PR adoré ne veut pas ruiner le pays, il n'a pas pour mission de nous mettre dans une merde noire, avec ses idées aux dérives souvent puantes, et ses projets de lois qui mettent tout le monde d'accord sur leurs effets dévastateurs qui rencontrent une systématique opposition unanime (l'hôpital ces temps-ci, ça durera autant de temps que les facs ?). C'est comme Besson (si vous passez chez Eolas), il ne ment pas, selon son point de vue. De toute façon, c'est simple : si l'on n'est pas frappé, on ne peut pas faire de politique (les gens profondément réfléchis, de toute façon, ne peuvent pas appartenir à un parti politique, et de fait cela disqualifie immédiatement d'après l'organisation politique du pays). Bayrou passe le matin sur i>télé expliquer à quel point on vit dans un semblant dictatorial, et dans le même temps il impose le même régime dans son parti. Alors le Riester, c'est comme le Petitgirard, ou comme le Lang, je ne peux pas grand chose pour lui, ce n'est pas avec des arguments qu'on lui fera entendre raison (encore moins du café). Mais lorsque Vanneste a descendu Hadopi, alors qu'il était rapporteur DADVSI, il a pu redonner de l'espoir (pour le Riester, encore jeune, première loi à rapporter, il s'est fait avoir).

Le système est là pour justifier ses excès. Alors que j'étais de retour quelques jours à Marseille, mon grand-père me racontait la vie en Sardaigne, en 1932 ; on travaillait alors à la journée, dans le bâtiment, en passant d'un employeur à un autre, selon un salaire versé en liquide chaque samedi ; après avoir changé en début de semaine pour un nouvel employeur qui payait quelques sous de plus sur un autre chantier, il était retourné se faire payer ses deux jours chez son ancien patron. Là, sa demande était bloquée auprès du comptable : il finit par se voir répondre que les deux journées en question correspondaient à la pose d'une porte au mauvais endroit ; reconnaissant son erreur (une demande du client oubliée), mais arguant que le chef en question supervisait juste à côté durant la faute, il avait alors proposé de ne toucher la paie que d'une journée. Se le voyant refusé, et après avoir averti sans succès qu'il irait voir l'inspecteur du travail, il mit sa menace à exécution, prenant une heure de son temps à vélo le lundi matin suivant. Après avoir entendu la plainte, et constaté que la responsabilité incombait au supérieur alors présent lorsque l'erreur avait été commise, l'inspecteur avait déclaré que la situation devrait se résoudre rapidement. Quelques jours plus tard, la somme due pour les deux jours était apportée au domicile familial ; les carabiniers étaient paraît-il intervenus dans l'affaire, histoire d'être plus persuasif.

Pas même une heure de travail, même avant de s'apercevoir que l'on ne convenait pas et de ne pas donner suite à une collaboration, n'aurait su ne pas être payée. Et pourtant, on se trouvait à une époque a priori bien moins protégée. Et même il y a 30 ans environ, alors qu'il avait autour de 55 ans, on l'avait fait participer à une formation (un DIF ?), où on lui a parlé de racines carrées auxquelles il ne comprenait rien (je pense qu'on a dû lui faire faire du Pythagore), et il en avait profité pour monter un mur au centre avec trois jeunes manoeuvres embauchés parmi les autres étudiants temporaires, et avait donc touché double salaire dans l'opération. Alors, me dit mon papi, qu'est-ce donc que ces histoires de stagiaires qui ne sont pas payés ? Comment fait-on travailler des jeunes sans les rémunérer ? Aux parents de les supporter financièrement de plus en plus tard ? Ça ne se serait jamais vu, ça, avant. Même en apprentissage, un ouvrier était bien payé pour ce qu'il savait faire.

La réduction des coûts. Notre système mondialisé produit un effet pervers de nivellement par le bas : les produits doivent coûter le moins possible pour être "compétitifs", donc les coûts de production doivent être revus à la baisse, ce qui implique de sacrifier sur les salaires. Le plus faible est le plus vulnérable, et de toute façon, le stagiaire est obligé de passer par là, alors autant l'exploiter. Quant au salarié, on le bride. Une seule solution pour faire reconnaître son expérience : changer de société. Une espèce de grand mercato hypocrite constant se déroule dans le monde des ingénieurs. J'expose la situation à mes étudiants -- car personne ne leur a parlé de la vraie vie, en deux ou trois ans d'études en école d'ingénieur, et pourtant ils sont en alternance ! --, et ça leur semble fou (et encore, je ne leur ai pas parlé des CR des DPs où l'on voit que le problème des jours de RTTs dus pour compenser des jours fériés disparus -- le contrat de travail d'un ingénieur SYNTEC donne un nombre de jours travaillés fixe par an -- est connu, mais qu'il sera ouvertement totalement ignoré !). Oui, et le pire, c'est que les produits dont on tire les prix vers le bas, sans salaire, comment fait-on pour se les payer ? Comment expliquer que plus personne ne se fasse faire de costume et de chaussures sur mesure, alors qu'avant les métiers de tailleur et bottier étaient si répandus ? On dit que ce qui revient cher, dans des travaux, c'est la main d'oeuvre : pourtant, on vient de le voir, mon aïeul trouvait très facilement du travail chez le particulier, avant.

Faire baisser les coûts jusqu'à en faire patir la qualité, voilà aussi ce qui s'est passé au service du MINEFI (le ministère des finances pour les intimes), qui a changé de prestataire cette année : le nouveau (ATOS, je balance) assure le service minimal, en envoyant bouler tout utilisateur chez qui le service de déclaration des impôts ne marche pas, et ça fait pas mal de monde. Qu'on leur dise que leur code de détection de Java sur OpenSUSE a la polio, et ils répondent d'activer ActiveX sur windaube ; qu'on insiste et on a enfin une invitation à switcher pour Mandriva, qui en fait s'avère ne pas forcément marcher non plus ; on est informé au bout d'un moment que la demande est traitée et donc a priori close, sans que rien n'ait été fait de leur côté. Bande de corrompus qui pompent l'argent public pour faire de la merde. Parce qu'en l'occurrence, il s'avère que l'année dernière, ça marchait très bien. Et en revenant de vacances ce lundi, j'ai appris que c'était ma boîte qui assurait le support l'année dernière (je croyais qu'on ne faisait que la partie serveur, avant de se faire piquer le marché, mais ça faisait en fait partie du lot), et qu'il y avait alors eu deux bugs seulement, corrigés rapidement. Depuis, j'ai reçu mon avis (enfin !), et j'ai pu faire la procédure en trois clics (à quelques clics près, pas si simple que ça). J'ai failli m'évanouir en appuyant sur "estimation", mais il paraît que c'est bon signe (faut dire aussi que ça me fait 50% de déclaré de plus que l'an prochain, j'en suis resté fort surpris...). À ce rythme j'aurai bientôt remboursé tout ce que la CAF a pu m'avancer...

mardi 12 mai 2009

emballez c'est pesé

Si ça ne passe pas la première fois, met de la vaseline, et retente jusqu'à ce que ça passe : Hadopi adoptée par les députés.

Nombre de votants : 557, suffrage exprimés : 529,
majorité absolue : 265, pour 296, contre : 233.

lundi 20 avril 2009

à poliland...

... le monde merveilleux des politiques, il s'en passe de bien belles. Le projet de loi HADOPI a eu le mérite de réveillé du barbu rompu aux techniques de guerrilla et de résistance en milieu extrême, entraîné par m$ durant des années (et tous membres APRIL) : alors quand il faut s'attaquer à la politique, ça débarque avec les grands moyens, et ça donne deputesgodillots.info, le site web de référencement des godillots de l'assemblée nationale, rempli à la main, en observant sur place le boulot -- ou plutôt le non-boulot -- des députés à la solde du gouvernement -- où comment Copé se retrouve pris au mot.

Et c'est ainsi que quelques jours à peine après ouverture, quatre joyeux larrons se retrouvent fichés : l'une joue au freeCell, l'autre mate ses photos de vacances, un troisième lit des piles de livres, le tout lève la main au bon moment pour apporter son soutien irréfléchi au gouvernement. Mais un seul se détache pour le moment, car il ne s'est même pas donné la peine de venir (et ça ne date pas d'hier !) : Jack Lang. Il votera (ou voterait) pour HADOPI ; no comment.

Les citoyens opposants HADOPI publient aussi leurs notes, et là encore, on hallucine devant le boulot bâclé des députés ; voir les "interventions" et l'attitude de Lefebvre, pour changer. Authueil salue l'initiative. J'en fais de même, c'est d'ailleurs hallucinant à quel point il faut faire des pieds et des mains pour ça : assister à une séance n'est pas simplissime, outre le fait que poser des jours de congés pour ça, c'est moyen. La chaîne parlemantaire ne diffuse pas toutes les séances, où l'on a du mal à savoir qui fait quoi, et surtout, qui vote quoi ! À noter que pour éviter le godillisme, dans une certaine mesure, il suffit de ne pas voter à main levée -- les ordres seront donnés avant, mais ce sera plus difficile, et dans le doute, les députés fantômes devraient soit utilisé un truc appelé "cerveau", soit s'abstenir...

Pendant ce temps, on rêve un peu devant les pré-propositions de loi à la con qui nous sont concoctés : cagoules et mysoginie au menu. Et tant qu'à lier Jules, autant déclarer que je pense exactement la même chose que lui au sujet de Royal, ses excuses à la con, et surtout, d'une part l'attitude sarkozienne (qui laisse songeurs ses adeptes : moi pas, c'est toujours le même personnage, vulgaire, c'est dur d'ouvrir les yeux, hein ?), et de l'autre la sur-réaction de l'UMP qui a donné dans la putasserie la plus crasse, notamment avec cet ahuri de Lefebvre, qui au passage s'en prend rien de moins qu'à la presse. La caricature du politicien, qui est devenu une espèce de norme, est réellement à pleurer.

vendredi 10 avril 2009

autopsie d'un passage de loi

On apprend beaucoup de choses en recoupant les informations sur les épisodes qui ont émaillés la semaine de discussion et de vote de la loi Internet et Création, aka HADOPI. Et notamment ce que l'on ne saura jamais : qui a voté quoi avec exactitude. Pourtant, ils ne sont que 16 dans l'hémicycle lors du premier vote, ou peut-être 15 après certains recomptages, vidéo à l'appui, mais déjà rien que ça, on ne le sait pas bien. Ils sont donc 2,5% : c'est la remarque que fait Jean Dionis du Séjour, à 23h environ. On peut trouver la discussion sur le compte-rendu ; mais pas les chiffres ni qui a voté quoi, ça on ne l'a pas. Il faut dire que ça a été une surprise : Karoutchi l'a annoncé à la volée, et comme apparemment aucun chef de file ne s'y est opposé (mais était-ils présents ? Il me manque de la connaissance de fonctionnement, à ce niveau, je demanderai à Authueil), ça a donc été voté, alors qu'on ne s'y attendait pas avant la semaine suivante. Quatre socialistes étaient présents. Mais on ne pourrais reprocher à l'ensemble des députés de n'avoir pas été présents lors de ce vote.

Lionel Tardy dit avoir voté contre, mais il semblerait que sur les vidéos, on ne le voit jamais lever la main, au moment des votes. De toute façon, ça n'aurais pas changé grand chose, au pire. Mais pour le second passage, après "remaniement" par la CMP, il avait décidé de "boycotter" la séance. On se demandera si les 577 - 36 présents députés ont pensé de même à l'utilité de leur présence (mais j'ai bien envie d'écrire au mien, de député, pour savoir s'il y était, cette fois -- en opération "ninja", d'après le rapporteur Riester, l'alter-ego de Tardy parmi les "jeunes" -- 35 ans, c'est extrêmement peu de nos jours). Dans tous les cas, ils ont tous eu tort. Et ce qui m'étonne, c'est que si la gauche a pu calculer qu'avec seulement 15 pauvres députés "planqués derrière un poteau", ils seraient en surnombre : l'UMP, qui était pourtant à 15, aurait au moins dû compter danser dans ses rangs Frédéric Lefebvre (qui devait prendre la parole, ce qui a fait râler doublement Tardy, d'une parce qu'il lui a piqué sa place, de deux parce qu'il n'a même pas pris la peine de venir finalement) et la rapporteur pour avis Muriel Marland Militello, ce qui porte déjà le nombre à 17 ; or, avec 21 votes contre dont un centriste et un non-affilié, cela fait 19 à gauche aussi, soit bien quatre députés présents au départ pour le groupe ; ça fait peu, comme marge de manoeuvre...

On ne peut qu'être en tout cas dubatatif sur le fonctionnement de nos institutions élues. Et de voir Karoutchi déplorer que l'AN n'ait pas simplement joué son rôle de chambre d'enregistrement me renvoie au vaste foutage de gueule de son passage sur la matin sur i>télé, la semaine dernière, où il pérorait sur la liberté et l'indépendance du parlement, renforcé par les nouveaux ajouts à la constitution voulu par notre bon président, celui dont tout le monde disait ce matin qu'il devait être "dans une rage folle" (pardon ?). De plus, que l'on pense qu'il vaut mieux ne pas participer plutôt que dire des bêtises est honorable ; mais d'une part, cela implique que la loi est d'une complexité telle qu'un élu de ce niveau (qui habituellement n'a pas un petit niveau intellectuel, aussi con soit-il par ailleurs) n'arrive pas même à la comprendre, ce qui n'est pas bon signe pour le reste de la population ; et que donc pour faire passer une loi, il suffirait d'aligner le plus d'experts du sujet dans les deux camps, si l'on pousse le raisonnement à l'extrême. L'argument n'est donc pas recevable. Oui, on marche sur la tête, mais bien plus qu'on ne veut le croire...

jeudi 9 avril 2009

les pieds dans le tapis

21 contre, 15 pour : même Dionis du Séjour et Dupont-Aignant se sont finalement rebellés. Le texte issu de la commission mixte paritaire, celui qui venait de rétablir pas plus tard qu'hier le paiement de l'abonnement même suspendu, bref qui avait remis au goût du jour le texte gouvernemental d'origine en faisant sauter les quelques amendements discutés qui avaient déplu à la ministre de l'inculture, oui ce texte a été rejeté comme une merde à l'Assemblée Nationale.

Surprise !

Jubilation autour de moi, Clubic a vécu l'événement en direct, PCInpact aussi (depuis la ratification par le Sénat : PS et PC se sont abstenus, bein bravo...) et jubile (jusqu'à écrire un article plutôt inutile), la Quadrature du net réagit aussitôt, Numerama aussi.

À présent, comme l'urgence a été décrété sur le texte, le gouvernement pourrait représenter le texte d'origine ou celui issu de la CMP, mais il faut le reprogrammer, ce qui retarderait de plusieurs semaines. Normalement, ça ne s'est pas vu depuis 12 ans, d'après Christian Paul. Habituellement, on réécrit le texte (comme pour le PACS), et on le représente, ça fait perdre au moins un an. Je pense que le niveau d'autisme ambiant poussera à la première solution, mais ça doit être mon pessimisme naturel, même en temps de victoire.

addendum 15h20: chez Jules et chez Eolassource
update 18h11: sur ecrans.fr, on apprend que le texte (le même) refera bien la navette d'ici la fin du mois :

"15 socialistes se sont planqués dans un couloir et ont débarqué au dernier moment dans l’hémicycle, en surnombre. Il n’y a pas eu de défection du côté de la majorité, et les socialistes sont bien conscients du côté pitoyable de la manœuvre".

"Le texte va repartir en navette à partir de la rentrée parlementaire, le 27 avril, poursuit-on dans l’entourage de Christine Albanel. D’abord au sénat où l’on espère qu’une journée suffira puis à l’Assemblée Nationale où ce sera plus long et compliqué"

Vilains socialistes !

mardi 7 avril 2009

honorable quoiqu'un peu tard

De bons artistes ont adressé une lettre ouverte qui n'y va pas de main morte avec la loi internet et création aka HADOPI votée la semaine dernière par 16 députés (mais si le gouvernement avait été minoritaire, une suspension de séance aurait été demandée, de toute façon). Ils rejoignent ainsi la longue liste des "contre". PCInpact tacle au passage l'absence de contradictoire dans la communication du gouvernement, pour lequel tous les artistes les ont toujours soutenu. À noter en tout cas que Vanneste, ex-rapporteur DADVSI, même lui, s'est positionné en défaveur du projet de loi sur bonne voie de passer, en faisant au passage amende honorable sur son passé (pendant ce temps, le parlement persiste et signe à rappeler que la connexion à internet est un droit fondamental : ils ne voient toujours pas le coup de râteau venir ou bien, nos autistes favoris ?). Jean Dionis du Séjour, ex-rapporteur LCEN, et seul technicien du parlement (Centrale et systèmes d'information -- c'est un centralien, hein, c'est déjà beaucoup), s'est finalement abstenu après avoir fustigé le texte. Bravo à Lionel Tardy pour son courage jusqu'au bout (député Hautes-Alpes, tant qu'on l'y aime il peut faire ce qu'il veut, comme quoi les bastions peuvent avoir du bon, des fois), ainsi qu'à son assistant-blogueur, évidemment  ;).

La Quadrature a décidé de trouver 50 points d'anticonstitutionnalité, pour le futur recours devant le CC. Gageons qu'ils y arriveront.

(à noter aussi dans la bataille de la comm' le poisson d'avril de l'APRIL, excellent)

vendredi 3 avril 2009

et ça passe...

Une quinzaine de députés dans l'hémicycle à des heures impossibles, et notre bon gouvernement de l'Intelligence Suprême fait passer la loi création et Internet. Bon, je vais me pencher rapidement sur les réseaux chiffrés, je ferai un billet HOWTO au besoin (parce que je ne sais toujours pas trop si j'ai bien le droit de télécharger mes mangas en japonais qui ne sortiront que dans 3 ans sur chaîne plus ou moins payante en France, et traduits de surcroît). En attendant, Authueil lance déjà un appel pour une rédaction de recours devant le conseil constitutionnel.

Mais on a quand même le droit de lire Jules sur la malfaçon juridique chronique, et de rebondir aussi sur l'article du Figaro, qu'on ne pourra pas accuser de gauchisme primaire...

jeudi 2 avril 2009

ne te découvre pas d'un fil

Sur Solutions Linux, il y avait un télé avec retransmission des débats de l'AN sur Hadopi (merci la quadrature pour le vrai flux vidéo), mais j'ai raté de belles perles. Extrait :

Mme Christine Albanel, ministre de la culture. Quant aux pays qui envisagent une suspension, en Corée du Nord (Rires, exclamations et applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR) – je veux dire du Sud –, un projet de loi prévoyant de recourir à l’avertissement et à la suspension de l’accès a été déposé devant l’Assemblée nationale.

Lapsus digne d'un premier avril, mais j'ai des preuves (edit: et même une vidéo). Plus loin encore :

Mme Christine Albanel, ministre de la culture. … lorsque l’on achète un pack Microsoft avec Word, Excel, Powerpoint, qui ne sont pas des logiciels libres (Rires sur les bancs du groupe GDR), il existe des pare-feux, des logiciels de sécurisation ; mais les logiciels libres peuvent aussi être assortis de pare-feux. (Rires sur quelques bancs du groupe UMP.) Ainsi, au ministère de la culture, nous utilisons le logiciel libre Open Office

On ne peut pas l'inventer, tellement c'est absurde. Jarry sort de ce corps !

Mme Martine Billard. Madame la ministre, si la France pouvait éviter d’être pionnière dans l’absurdité, nous serions tous fiers d’être français. (« Très bien ! » sur les bancs du groupe SRC.)

Dans la liste que vous venez de dresser, vous avez plusieurs fois mentionné la menace d’un recours ultérieur au juge. Tel est précisément le sens de mon amendement, aux termes duquel on ne pourrait recourir à des sanctions sans saisine de la juridiction judiciaire.

À propos de sécurité, notamment dans les ministères, il est intéressant de lire ce que dit de la loi Hadopi l’auteur du logiciel P2P utilisé par la gendarmerie et par les services de police. Vous nous avez expliqué que, pour détecter les téléchargements abusifs, on repérera sur le réseau les adresses IP susceptibles d’être à l’origine de l’obtention de manière illicite de fichiers correspondant à des œuvres. Or tout dépendra du mode opératoire utilisé pour détecter l’éventuel téléchargement illicite.

Selon ce concepteur, en effet, « établir une liste de diffuseurs potentiels » – ce que vous prévoyez de faire – « n’est pas suffisant ». « Je pense », ajoute-t-il, « que, le téléchargement lui-même ne constituant qu’un commencement de preuve, la simple liste apparaît comme un commencement de commencement de preuve... pas grand-chose, en fait ».

« Quel impact peut avoir l’exigence de télécharger le contenu sur chacune des adresses IP pour éviter les faux positifs ? », lui demande-t-on. « C’est colossal », répond-il. « De toute façon, il convient de télécharger des contenus pour valider le constat d’infraction. Or tenter de télécharger tout ce qui semble être diffusé est hypothétique, et de toute façon il n’en reste pas moins qu’il faudrait finalement saisir et analyser les disques. »

Question subsidiaire : « En cas de faux positif, la ministre de la culture propose aux internautes de fournir leur disque dur comme preuve de leur bonne foi. Que pensez-vous de cette proposition ? »

M. Christian Paul. Éclat de rire général !

Mme Martine Billard. « C’est absurde », répond-il. « Tout d’abord, c’est contraire aux usages : l’utilisateur n’a pas à prouver qu’il est innocent, mais plutôt qu’il n’est pas coupable. Ensuite, une infime fraction des utilisateurs d’ordinateurs sait ce qu’est un disque dur. Le reste des utilisateurs sait effacer toute trace ou connaît quelqu’un qui sait le faire. »

Madame la ministre, nous y insistons depuis le début : vous n’êtes pionnière que dans l’impossibilité technique d’appliquer le texte que vous tentez de nous vendre depuis plusieurs jours.

Vous demandez donc au Parlement de voter une loi qui ne sera pas applicable, comme l’a fait votre prédécesseur avec la loi DAVDSI. Vous vendez un mythe aux auteurs attachés à juste titre à leur droit, lequel n’est pas seulement patrimonial, mais moral : vous leur faites croire que vous avez sorti de votre chapeau un système magique où Open Office contient un pare-feu – ce qui n’est absolument pas le cas. Tous, dans cette assemblée, nous sommes équipés en logiciels libres sur nos postes de travail…

Mais en fait, ils s'en foutent : les carottes sont déjà cuites.

lundi 16 mars 2009

hadopi on da oueb

Continuons donc notre panorama hadopien du mois de mars :

* Eolas a ouvert le feu en premier en expliquant de quoi il en retourne exactement (avec un retour historique des plus intéressants : car le monde a fonctionné durant quelques milliers d'années sans copyright, ni royalties, etc)
* Hugues est le premier grand blogueur à ma connaissance à se positionner en faveur de la loi (mais il amalgame d'entrée avec le vol, ce qui est mal barré)
* Econoclaste lui répond alors
* Tristan Nitot comprend, mais n'approuve pas du tout
* Jules a trouvé la faille, et elle est tellement énorme qu'on en rit jaune (attention, mettez-vous en mode juriste)
* Swamî Petâramesh a trouvé la même le même jour (à la rigueur, vous lisez d'abord ça, et ensuite chez Jules vous aurez la technique)
* L'APRIL s'insurge du refus de la part du raporteur d'obliger l'interopérabilité dans la fameuse méthode de protection
* Lionel Tardy, à l'Assemblée Nationale, dès sa première intervention, met justement le doigt sur le problème interopérationel ignoré jusque même sur le site web de l'AN pour suivre les débats depuis un Linux (ça jase beaucoup sur la ML de l'APRIL, justement, et les webmasters de l'AN sont au courant)
* Laurent d'Embruns note les moment mémorables des débats à l'AN

Comme on le voit chez Jules, Swamî ou sur le site de l'APRIL, il y a un point qui est important, et dont je n'ai effectivement point encore parlé : dans le projet de loi actuel, il y a une échappatoire, une condition qui innocente d'office au cas où l'on se ferait chopper par l'HADOPI. Il suffit d'avoir installé le logiciel de protection. Lequel ? Bein, celui qui sera développé et qui n'existe pas encore. Et qui coûtera le prix que l'éditeur voudra. Et qui tournera sur l'OS que l'éditeur voudra. Alors, vous croyez que l'éditeur en question, déjà assez plein d'éthique pour coder un spyware d'État (car le logiciel en question espionnera en permanence les faits et gestes de l'internaute, et en reportera en temps réel à une banque de données qui gardera toute votre vie durant un an), on devine bien qu'il ne va pas dépenser du pognon à porter son programme sur tous les OS existants : se sera le dernier windaube, l'avant-dernier parce que le dernier est nullissime, et peut-être Mac si Jobs est toujours en vie.

Donc, le type avec un Linux, il va être marron. A priori, parce que techniquement, il y a moyen de détourner méchamment la chose, comme l'explique Swamî et Jules, mais le jour où un député UMP sera de quoi il parle, il rejoindra le groupe des quelques uns (trois ?) qui pensent avant d'agir. Car voyez-vous, il y a un truc super amusant que n'a pas vu Swamî dans son histoire de Philippe Mouduglan, député UMP : son portable, dûment prêté par le service informatique de l'Assemblée Nationale (celui-là même qui n'est pas foutu de faire du streaming compatible Linux), ce portable tourne sous une Kubuntu. Oui, une distribution Linux.

Et le pire, c'est qu'après la migration des postes, qui est intervenue il y a plus d'un an (donc ce n'est pas comme si c'était si neuf qu'ils ne se soient pas aperçu du changement), un député avait demandé un support DVD : il lui avait été répondu qu'il pouvait bien installer ce qu'il voulait, mais que jamais cela ne serait industrialisé ou officiellement supporté. Car il se trouve qu'il y avait une loi, votée pas longtemps avant, qui nous rendait bien perplexe sur la légalité d'une chose aussi simple, mais qui implique le contournement d'une mesure de protection : DADVSI. Et c'est ainsi que le député se rendit compte qu'il avait p'têtre bein fait une connerie. Et là, devinez ce qu'ils vont faire ?...

- page 2 de 4 -