humani nil a me alienum puto

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Tag - entrepreneuriat

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mardi 16 mai 2017

785ème semaine

Macron ! Macron ! C’est fait ! Le geste fertile ? Il n’y a plus que les ultra-gauchistes pour ne pas voir le trou économique, l’impasse de développement totale dans laquelle la France s’est enfoncée. Mais à droite, les solutions sont absurdes et souvent pires que le mal. On a raté Juppé, qui avait eu, quand le cancer était loin des métastases généralisées actuelles, le tort d’avoir eu raison trop tôt et d’avoir eu la délicatesse d’un gros bourrin. Macron, il a de la chance, mais quand on est un entrepreneur, qui crée son parti ad-hoc au lieu de tergiverser pour récupérer l’existant plein de dettes, il en faut, et surtout ça se travaille : la chance, c’est surtout dû au talent. Et du talent, Macron en a : on observe à vue d’oeil l’apprentissage extrêmement rapide où les erreurs des autres sont intégrées et évitées, et ses erreurs propres corrigées immédiatement. Il a le profil psychologique idéal, d’extraverti (car maintenant il faut l’être, monde médiatisé oblige) porté sur la vie intellectuelle. Concrètement, sur nos temps modernes, avec notre constitution, on ne pourra pas avoir mieux — et comme il sait bien s’entourer, comme un entrepreneur qui connait ses propres limites et est assez malin pour le reconnaître et y pallier, il nommera des gens plus portés sur l’intellect qui suppléeront à merveille — le Messie n'existe pas, mais les dream teams oui.

On pourrait peut-être sauver le malade. On ne voyait pas qui pouvait le faire, il y a peu encore. Si ça n’arrive pas, c’est que, je pense, il était déjà effectivement trop tard.

samedi 4 mars 2017

775ème semaine

Parfois on passe quatre heures à préparer un client, tout va bien, et puis un petit soucis à la con et tout part à la poubelle. En l’occurrence, pas assez de dispo. Moche, ça aurait pu le faire. C’est le jeu ma pauvre Lucette…

(Heureusement, un autre client a signé dans la foulée, équilibre du monde)

mardi 22 novembre 2016

760ème semaine

Pas grand chose à déclarer, beaucoup de développement pour la startup, et du coup sous l’eau. Surtout qu’il y a de l’administratif qui me rattrape, et me bouffe du temps (notamment pour faire sauter les prunes, parce que l’administration te fait attendre, mais tu ne fais pas attendre l’administration, tu vois ?). Next.

lundi 1 août 2016

743ème semaine

Cette semaine, un plan d’évasion devait être validé. Après 13 ans de vie en banlieue parisienne, avec un espace réduit passé de 450 à 700€/mois, et des transports en commun qui n’arrêtent pas d’empirer, un certain goût du risque et de servitude volontaire quand on se promène (on en regrette les années iraniennes…), et une ville qui globalement se marseillanise d’un côté et devient un parc à touriste de l’autre, mon amour de la capitale s’estompe clairement, et je n’ai cessé de le déplorer à chaque retour de voyage…

La France est un pays mal fichu. Il y a des pépites, mais elles sont petites et inaccessibles. Ce n’est pas un mystère : la richesse générée par un parisien est grosso modo deux fois supérieures à celle d’un provincial — mais grâce à un savant compromis arrogeant tout à la capitale et rien au reste du pays, les Parisiens acceptent une vie 50% plus chère en l’échange d’un salaire 20% plus élevé (à la louche). Alors la migration en province, ça ne se fait pas à la légère — et ça explique pourquoi Paris est bondé de non-Parisiens, de ces gens qui ne profitent en rien des avantages de Paris, en somme (sortie et culture, pour résumer).

Quid de Lille ? Lille est à la croisée des chemins du Nord, de l’ancienne Hanse. À une heure de Paris, mais aussi de Londres et de Bruxelles, et Gand et plus loin Amsterdam. L'aéroport Charles de Gaulle est à 45 minutes de TGV (soit un temps plus court que depuis ma banlieue de première couronne), et si on est joueur on peut passer sinon par Bruxelles (sans compter l’aéroport local, pas trop dégueu). Lille est une ville très sympa, un joli 21ème arrondissement de Paris (même les quartiers pauvres sont plutôt sympas), avec un petit goût de Londres et de ville flamande. Il y a une vie culturelle et des transports qui ont de la gueule (un métro automatisé, certes seulement deux lignes, mais qui vont loin, de tôt le matin à tard dans la nuit).

Mais Lille est déjà à plus de 5000€/m2 (soit le prix de ma banlieue morose ou de Berlin — ah, ça a beaucoup augmenté, à Berlin...). Donc il faut voir plus loin. Roubaix ou Tourcoing. Fin de l’érection. Certes il y a Hellemes et Lommes aussi, mais ça reste rare (et guère mieux, ville dortoir). Roubaix, c’est du 1000€/m2 pour un loft. Dans ma banlieue, c’est seulement le prix des travaux pour avoir la même chose. Ça justifie une heure de train pour revenir à la civilisation (plutôt Londres, de préférence — aïe les prix).

Le problème, c’est qu’une fois sur place, la vérité française de la crise (minière et textile) qui dure plus d’un siècle (uniquement chez nous !) saute à la figure. Roubaix, c’est mort. Respiration artificielle pour être plus exact. Certes il y a la Piscine, musée magnifique (mais pas eu le temps de le visiter), une salle de concert qui fait pas trop mal son office, un grand centre d’outlet artificiel-mignon (ouvrier MAIS en Vanessa Bruno), et puis tous ces lofts dissouts dans les HML où s’entassent les 30% de chômeurs et où les jeunes zonent désoeuvrés. Mais dès le samedi matin pour la première visite d’un appartement superbe (le genre à 2 millions sur Paris, 230.000€ là-bas), ça saute aux yeux : dans la rue, il n’y a personne. Personne.

Et alors, on peut se poser la question : pourquoi ? Pourquoi Lille vit et Roubaix meurt ? Les panneaux “à louer zone franche” se succèdent à un rythme impressionnant. Le soir, petite vérification sur Google maps : il y a 10 boulangeries sur 13km2 à Roubaix. Les supérettes sont rares et fermées en week-end. Les restaurants sont quasiment tous fermés aussi, sauf un très chic (tarifs à peine inférieurs à Paris) sur la place principale (qui fait aussi parking). Voilà le problème : chacun reste chez soi.

Et pourtant, il y a cette zone franche géante. Mais quand on cherche un peu, on s’aperçoit de toute la bêtise concentrée, infusée et distillée à la française. Pour profiter de la zone franche, outre les conditions de taille, de CA, de structure, etc., qui rendent comme d’habitude tout système français d’une complexité sans borne (j’en sais quelque chose, en tant que Jeune Entreprise Innovante), il faut pour profiter des exonérations avoir son activité sur place (pour prévenir les boîtes postales — mais flinguer toute activité de consulting nécessitant déplacement) et embaucher quelqu’un qui vit sur la zone franche aussi. Si je développe ma startup, qui a besoin de développeurs, ingénieurs bac + 5, il faut donc que j’embache Kévin, chômeur local. Je n’ai rien contre Kévin, mais je ne suis pas totalement sûr qu’il soit adapté. Et en attendant, mon dev, il reste à Paris, parce qu’il a moyennement envie de s’enterrer à Roubaix (et si OVH est réputé pour ses RH — qui sont en fait moins bons que le standard des boîtes ricaines, me confirme un ami récemment embauché qui lutte déjà pour bosser avec les Kévins quand avant il avait une équipe de docteurs —, c’est justement pour essayer de retenir le haut du panier local…).

Alors que Kévin, il pourrait très bien exceller dans la boulangerie, tiens. Et mon dev, à Roubaix, il serait content de se payer un super-sandwich à midi et une baguette pour le soir, pour trois fois moins cher qu'à Paris. Et au final, Kévin ne serait plus au chômage. Et mon dev, sale geek, aurait même besoin d’une femme de ménage, faisant encore baisser les 30% de chômeurs — dont on se doute qu’ils ne sont pas bac+5, n’est-ce pas ? Bref, l’économie. Un truc totalement incompris en France, qui sort des inepties comme les zones franches à la française (c’est pas le Delaware…).

On dit des entrepreneurs que ce sont ceux qui voient des opportunités là où les autres ne voient rien (ou pire). Eh bien Roubaix et Tourcoing, c’est une opportunité en or. Voyez : des usines désaffectées changées en logement plus ou moins luxueux, en tout cas immenses, à des prix dérisoires. Ces mêmes mètres carrés qui peuvent accueillir des startups sans le sou. Sur un hub franchement bien desservi au centre de l’Europe du Nord (mieux vaut là que tout autre endroit vers le Sud…). Et le bonus du bonus : Croix, la ville entre Roubaix et Lille, où se concentrent le plus d’ISF de tout le pays — oui, les héritiers des patrons des mines et des filatures, avec une inégalité ahurissante qui se perpétue depuis 150 ans, et ça ne gène personne, c’est la France. Croix, au lieu de vivre en vase clos et d’essayer d’optimiser son patrimoine (par exemple en plaçant tout ou partie de sa fortune à 3km en Belgique), pourrait devenir un investisseur de rêve dans les startups. Une ville business angel d'un côté, pour une ville d’innovation de l'autre. La Silicon Valley avait certes Stanford, mais surtout des garages à pas cher pour bootstrapper.

Roubaix et Tourcoing, c’est de l’or. Mais de l'or potentiel. Et en France, les potentialités, personne ne sait les exploiter. Il faudrait arrêter les politiques bidons et y aller franchement. Quiconque s’installe à Roubaix ou Tourcoing ne paie pas d’impôts ni de charges pendant 10 ans. Voilà, comme ça. Pas de zone franche à la con, pas de JEI de merde. La startup comme la boulangerie à 0 (tout compris, pas d'arnaque, pas d'URSSAF qui vous court après, pas de complexité où le comptable et le cabinet de conseil bouffent toute la marge, avec la pépinière qui gratte sur les subventions). Peu importe que les employés vivent à Lille où je ne sais où, tant qu’ils viennent bosser sur place. Paradis fiscal. Et le pire, c’est qu’économiquement, c’est immédiatement rentable : dès que les 30% de chômeurs seront au boulot, ça aura une autre gueule sur les comptes publics (et privés !).

Pour ça, il faut avoir un cerveau et une paire de couilles (ou autre : c’est comme la barbe chez les geeks, un concept). Des attributs assez peu présents chez nous. 150 ans d’inégalités reproduites. J’ai beau chercher, mis à part en Inde, je ne vois pas trop qui peut détenir un tel record. C’est au-delà du lamentable. Et au final, je n’irai très certainement pas m’installer là-bas. Alors que j’ai visité des lofts de rêve à des tarifs imbattables. Et que j'y allais avec plein d'espoir.

Mais comme je ne fais pas que râler et déplorer, si les habitants du coin me sollicitent (ils lisent tous mon blog, n’est-ce pas ?), je m’installe chez eux et je fais la nique aux imbéciles énarques de Bercy qui plombent le pays avec un savant panache bureaucrate. Chiche ?

mardi 5 juillet 2016

739ème semaine

Encore en retard, très en retard. C’est la course contre la montre pour mettre le plus de fonctionnalités possibles avant une mise en production dont je ne sais rien de bien précis, sinon qu’elle va arriver. Start me up. Le temps passe à un point que je ne le vois plus passer, sauf en se retournant pour voir la montagne déjà gravie — mais devant, ça grimpe toujours beaucoup…

lundi 20 juin 2016

737ème semaine

J’ai compris : tout le monde veut partir en vacances en juillet, et du coup tout tombe en même temps. Au secours. Heureusement qu’il n’y a quasiment plus de clients (ne me demandez point comment on vit, il faut avoir fait ses réserves avant, la France est l’hiver inversé du business). Sous l’eau alors qu’il n’y a pas un rond qui rentre, c’est quand même la double peine…

lundi 30 mai 2016

734ème semaine

Hanoi ! Toujours trop au Sud pour réellement me plaire — j’ai trop vécu à Marseille pour apprécier cela —, trop bruyant aussi pour être tolérable trop longtemps, c’est pourtant là que j’ai trouvé un bout de terre arable, et des amis paysans qui sont prêts à arroser avec moi ma jeune pousse. Espérons que ça donne des fruits. Des fruits de la passion, sûrement.

mardi 19 avril 2016

728ème semaine

J’ai rencontré mon employeur. Un hasard. Mon binôme m’a dit : “eh bien, si faire l’ENA et être haut fonctionnaire, c’est pour terminer au rang Y [du TCE]… Nous encore, au rang Z, passe encore, on est pauvres” — certes nous sommes pauvres, mais je n’ai toujours pas très bien compris pourquoi une maître de conf et un ingénieur expert international d’une technologie les plus complexes et pourtant les plus importantes de l’industrie devaient l’être. Bref.

Il se trouve que le bonhomme en question était donc un camarade de lycée — et un peu de prépa, l’affaire est compliquée parce que chez nous rien n’est simple, mais passons. Et qu’il est à Bercy, régulation des entreprises (bon, sa situation a l’air un poil plus compliquée, comme toujours dans ces administrations épouvantables où personne ne sait vraiment ce qu’il fabrique — ruiner le pays avec plein de bons sentiments ?).

Lorsqu’il me présente, mon cousin, anciennement comptable et depuis enrôlé dans l’entreprise soviétique ferroviaire (faut bien faire bouillir la marmite), dit de moi : “il travaille pour l’État, il est entrepreneur”. C’est qu’après tout, comme l’a compté mon oncle-parrain qui perpétue jusqu’à l’extrême la passion familiale pour le Monopoly (certainement due à un complexe de d’immigration — quoique j’en connais d’autres qui l’ont et n’ont été que pauvres, eux aussi), pour 1 million d’euros investis dans une affaire de construction immobilière (avec la banque qui en met bien plus et des pré-ventes), il en retire après impôts et taxes 100.000 de bénéfice pour quatre ans de travail ; l’État a en revanche capté dans les 700.000 (notamment de TVA). C’est beau, c’est mieux que l’URSS, c’est la France.

Donc mon employeur et futur fossoyeur a fait une terminale S, puis une prépa BL, puis je n’ai pas trop compris quoi (mais ça n’incluait certainement ni maths ni éco, je vous rassure), et il a notre âge. Pile poil. 32 ou 33 ans. On ne dirait pas, parce qu’il a beaucoup perdu de cheveux — mais c’était *le* beau gosse en son temps, celui qui faisait rêver les filles (à tort ?), qui majorait en toutes disciplines, etc. (on en connaît, de ces cas désespérants, il faudrait que je regarde ce que sont devenus les miens — je sais qu'un est devenu prof de maths à Paris 7, j'ai perdu la trace des autres amis depuis Polytechnique).

Évidemment, dans le microcosme parisien et même français (parce que tout ce beau monde vient souvent de province — mais a fait ses prépas à Paris ou proche, faut pas déconner), le réseau est tellement resserré qu’on croirait être dans un village. 60 millions de Français, 3 millions d’entrepreneurs ? Le lendemain, il devait justement rencontrer une camarade d’ENA, qui était la prof de mon binôme et dont cette dernière a pris le poste — resté inoccupé, parce qu’elle était en dispo (only in France). Je ne lui ai pas demandé s’il connaissait son homonyme notre blogueur bienaimé Ceteris Paribus, parce que j’étais sûr que oui, et ça m’aurait encore plus déprimé.

Ce monde franchouillard est fichu. Il est fichu parce que mon employeur, il a mon âge, il est sympa (mais soyons réaliste : quand il était jeune, ses dents rayaient manifestement le parquet et la vertu confucéenne n’était pas le premier soucis, ça n’a donc pas dû beaucoup changer), il n’a jamais vu une entreprise de sa vie mais il les gère, il n’a pas fait de maths ni d’éco depuis quinze ans mais il gère des budgets nationaux, et il est middle-reine-des-fourmis au milieu des millions de fourmis de l’appareil bureaucratique de l’État franchouillard, cette vieille godasse qui prend l’eau de partout pendant qu’on se masturbe dans les ors-de-la-République (merci les monarchies précédentes, au passage), et dont un petit village oligarchique tient le gouvernail en mode amateur — et avec de grosses ornières, car il n’y a bien qu’eux pour croire que tout va bien. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres, que je connais directement ou indirectement depuis que je suis à Paris, surtout ces quatre dernières années.

Et donc c’est ainsi que j’ai vu, en mettant un visage particulier (on commence à en connaître un certain nombre, de ces gens du pouvoir invisible, mais cette fois-ci c’est mon employeur), comment le pays va en chantant dans le mur. Ça tombe bien, il aime beaucoup chanter du Bach — vraiment un mec bien, je vous dis !

Addendum: ce billet a été légèrement modifié de sa version originale pour faire disparaître quelques détails. Qu'on ne s'y méprenne pas : il n'est pas question d'individus en particulier mais d'un système. Les individus sont bons, ils ont leurs qualités et défauts comme tout un chacun — il n'y a nulle mesquinerie dans ce portrait, de quelqu'un qui pourrait très bien être mon ami comme d'autres le sont déjà. C'est le système, que je ne supporte plus. Mais un système est avant toute chose fait d'individus qui le composent, et héritent d'une situation établie. La question est de savoir ce que nous en faisons. Mon avis est que ça n'ira que vers le pire, alors même que c'est ma propre génération qui monte au pouvoir, et qu'elle n'est pas antipathique, ni moins vertueuse, et même moins utopiste que la précédente (un bon point), presque déjà résignée (un mauvais point). Et qu'à mon échelle, je n'ai absolument aucun levier — pas même potentiellement politique. Et que je n'ai pas forcément envie de subir cela. Tristesse infinie.

mardi 8 mars 2016

722ème semaine

Encore une semaine à courir partout. Ça devient une habitude depuis six bons mois. Et assez épuisant. Le fruit de tout cela pourrait s’avérer à moitié gâté. C’est le pire, dans l’histoire…

dimanche 6 septembre 2015

696ème semaine

Encore une semaine trop pleine. La rentrée se rapproche, les retours de vacances se succèdent, à croire que tout le monde part les deux dernières semaines d’août — ce qui évidemment est faux, en réalité tout le monde fait semblant, surtout… Résultat : tout tombe en même temps, c’est ingérable. Comme chaque année. Grand n’importe quoi. Le salariat est un naufrage.

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