humani nil a me alienum puto

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dimanche 25 novembre 2018

Singapour affichée

Petite expo nichée dans les étages supérieurs (entre 10ème et 15ème, je ne sais plus) de la grande bibliothèque nationale, en plein Bugis, avec vues magnifiques et balcons végétalisés surplombant la ville. Expo gratuite sur les pubs vintage à Singapour. L’occasion de constater que le développement extraordinaire de ce caillou, dû au génie du business anglais (Raffles, en particulier, qui y jouit d’un culte !), ne date pas d’hier. Le contenu n’est pas extraordinaire, mais le contenant est très british : scénographie brillante, ludique, interactive, une vraie réussite. Et c’est gratuit.

dimanche 19 août 2018

impressionnistes à gauche

Le Petit Palais organise l’une des deux expos parisiennes de l’été dont j’ai connaissance (c’est dire si la période est creuse !), mais n’a pas fait cela au rabais, pour ces Impressionnistes à Londres : les oeuvres présentées, leur nombre et la muséographie sont d’une qualité peu courante, surtout pour le dernier point. Serait-ce l’effet anglais ? Le thème est l’exil à Londres d’une bonne partie des impressionnistes ; à cause de la Commune, de Napoléon 3, du succès qui ne vient pas, les raisons sont diverses. La période couverte va de 1870 à 1904. La première partie de l’exposition traite donc du contexte politique, avec des oeuvres peu communes qui illustrent la Commune, aussi bien que la jolie scénographie de ruines — chose difficilement imaginable que ces bâtiments en ruine en plein Paris, autant les Tuileries, la mairie de Paris ou encore la rue de Rivoli.

On passe ensuite la Manche (en bateau depuis le Havre, arrivée directement à Londres). Nos héros vont y connaître succès ou le plus souvent désillusion — en fait il semble qu’il vaille mieux être connu avant de s’exiler. Ils en reviendront quasiment tous, sauf James Tissot auquel une ou deux salles complètes lui sont réservés — mon accompagnatrice d’être émerveillée de ces intrigues qu’on y devine, à travers le positionnement des personnages et les jeux de regard principalement. Certaines oeuvres étaient déjà de l’expo sur les impressionnistes et la mode à Orsay. On trouve : Daubigny, Legros (bof), Pissarro (encore vert), Sisley. Et quelques autres (dont des trucs moche sur la fin de l’expo).

Il y a aussi bon nombre de Carpeaux, et une salle dédiée au Parlement de Monet, en demi-ellipse, venus des quatre coins du monde (aussi émouvant qu’une rencontre de bottes de foin, un congrès de cathédrale ou un meetup de nénuphars) (jouer aux sept erreurs). Il y a des oeuvres qu’on est allé chercher dans des collections un peu paumées ; ce sont aussi souvent celles qu’on ne peut pas photographier, et la milice interne veille scrupuleusement et avec zèle à ce que la loi féodale locale soit bien appliquée. Résultat : je n’ai pas retenu le nom de l’obscure galerie londonienne qui a prêté quelques Tissot des plus intéressants. C’est bête. J’ai noté une très belle statue de MILF par Jules Dalou — le bonhomme est doué, il est bien représenté. Les cartons sont très intéressants, on peut suivre les petites rivalités et les amitiés, on comprend l’articulation de tout ce petit monde. Après vérification : c’est bien co-organisé par le Tate. Il n’y a pas à dire, c’est un autre niveau. Jusqu’au 14 octobre.

lundi 13 août 2018

sous le palais

La plage ? Limoges. Je lis mes tweets au réveil, par hasard, une page de mon navigateur étant restée ouverte. Le Grand Palais annonce qu’il y a des visites ouvertes au public d’une découverte récente, pendant les travaux : un puits très profond, destiné à l’exposition universelle, pour entrer en compétition avec la hauteur de la Tour Eiffel. Vidéo de l’exploration à l’appui. 5€, mais il ne reste plus beaucoup de créneaux. Activation de demoiselles acompatrices, problème de réservation sur un site web un peu pourri, 5€, deux jours plus tard et une grosse galère pour trouver le lieu avant 11h, nous voilà à l’entrée, prêts à être briefés avec le téléphone en mode avion. Guide sympathique, explorateur (mais blessé), parle le français en seconde langue. L’équipe est belge — comme les frites et autres. Vidéo, passage dans la nef, histoire de l’architecte (lequel, déjà ?). Belle histoire : dans le petit ascenseur pour descendre, on était censé se retrouver dans la fraternité. Mais attention aux gaz et à la claustrophobie !

Le petit groupe est dirigé vers l’ascenseur, dans le jardin derrière. Attention, comme annoncé, ça secoue ! Le guide retire un petit cache pour montrer la vitesse de descente. Il fait rudement chaud. Je fronce un sourcil. On est arrivés ! Dans les 200 mètres de profondeur. J’esquisse un large sourire — l’ambiance est plutôt stressée, dans la cabine. Évidemment, on ne sortira pas : on va lire un poème fort niais tous ensemble, à la place. Ah si, finalement, on va voir du trou : ouverture de la trappe sous la table autour de laquelle nous sommes, et là, surprise, un profond conduit, avec deux personnes en rappel dedans ! On discute un peu, l’un d’eux descend — et patatras, une explosion, quelques gaz échappés. On doit remonter un peu en urgence. Le groupe est tendu ; sauf une dame, qui me parle de baleine belge dans la Seine.

Ça s’engueule un peu, au dehors. Une très, très, très jolie jeune brune engage du stagiaire motivé. Ne nous faisons pas trop de soucis, le problème est maîtrisé. Merci au revoir. Well done.

mardi 5 juin 2018

design Alaïa

Le musée du design est un beau bâtiment du côté de Holland Park à Londres que l’on n’avait point spotté. Mais une expo sur Azzedine Alaïa, ça ne se manque pas. Quoique, à 16£ l’entrée, on peut quand même se poser la question d’une rediffusion. Supervisée par le maître couturier peu avant sa mort, et comportant bon nombre de pièces récentes, cela confirmait qu’il fallait y aller. À l’intérieur, c’est lean : des robes sur mannequins en plastique, une bonne soixantaine tout de même, assez espacées et regroupées en îlots thématiques, aucune explication (en fait, c’était dans le beau livret remis en caisse…), une seule salle de vidéos en continue (dont le dernier défilé, aux accents très années 1980 en terme de réalisation moche). L’essentiel est là : les robes. Uniquement longues. On a quelques indices épars, on (ré)apprend que c’était Alaïa lui-même qui coupait (et pas seulement dessinait), mais comment réalise-t-on ces longues robes en perles resserrées qui font des motifs ? Le mystère reste entier. Il y avait des photos à l’étage, aussi, mais c’était tout aussi mal indiqué. On reste un peu sur sa faim alors qu’on a été régalé. Étrange. Mais comme il y avait peu de monde et que l’on pouvait bien admirer sans être dérangé, ça en valait le détour.

mardi 14 novembre 2017

Hokusai romain

On voit le Museo dell'Ara Pacis quand on traverse le pont en venant depuis la plazza di Spagna vers la place derrière le palais de justice. Manifestement, il recèle beaucoup d’autres choses (on entendait clairement un concert…) que ce que l’on observe directement depuis le pont. Il n’empêche que c’est depuis ce point de vue que l’on a aperçu, avec la souris, la mostra Hokusai. Aller à Rome et voir du Hokusai, c’était tentant. Surtout que c’était franchement vide — mais 11€, quand même, parce qu’à Rome la culture est toujours chère, afin d’assurer certainement que le très nombreux touristes préfèrent rester dehors.

Hé bien elle était fort belle et agréable, cette expo ! Bien agencée, belle scénographie, cartons lisibles, on peut circuler, rien à voir avec Paris. En bonus, la femme du pêcheur — en livre, mais je commence à me demander si elle existe réellement en estampe… Les classiques, de belles vagues, de beau monts Fuji, des cerisiers et des jolis de demoiselles, et puis du Keisai Eisen, son apprenti, mais qui est plus grossier dans les traits. On insiste moins sur sa vie et sa fille, c’est un peu dommage. Mais le contenu est là et sérieux, fort bien agencé. Un grand bain d’ukiyo-e.

mardi 5 septembre 2017

mémoire et lumière nippones

La MEP a sorti de son placard à merveilles plus de cinq cent clichés que la Dai Nippon Printing Co., Ltd lui a donné pour représenter le Japon à Paris. Grand bien leur en a pris, puisqu’on y trouve Nobuyoshi Araki, Masahisa Fukase, Seiichi Furuya, Naoya Hatakeyama, Hiro, Eikoh Hosoe, Yasuhiro Ishimoto, Miyako Ishiuchi, Ihei Kimura, Taiji Matsue, Ryuji Miyamoto, Yasumasa Morimura, Daido Moriyama, Ikko Narahara, Toshio Shibata, Hiroshi Sugimoto, Keiichi Tahara, Hiromi Tsuchida, Shomei Tomatsu, Shoji Ueda, et enfin Hiroshi Yamazaki. Ainsi qu’à la souris, qui a repéré l’expo peu avant sa disparition, et qui en plus en a collecté le best of.

Parmi mes préférées, la jeune fille à chapeau pointu de Ihei Kimura ; un peu perturbant aussi parce que si l’on compte bien, elle doit taper dans les 70 ans à présent… Le temps passe : tous les photographes ont péri, comme la femme de Nobuyoshi Araki (particulièrement touchant) ou celle de Seiichi-Furuya (le chemin vers le suicide). On suit un cheminement divers de la seconde moitié du XXème siècle, qui dépasse les frontières du Japon, puisqu’un certain nombre de ces artistes ont vécu à l’étranger. Et puis il y a le choc des bombes atomiques, qui est une thématique poignante suivie sur un étage.

Une très belle expo sensible nippone.

mardi 22 août 2017

vernaculairissime

La personne qui a fait les petits cartons de l’expo Pompidou sur la photographe Walker Evans était bien moins droguée que d’habitude, et s’est donc permis une lubie, cas assez classique, en l’occurrence sur le terme « vernaculaire ». Mis à toutes les sauces et maintes fois expliqué sans qu’on n’y comprenne beaucoup plus, il faudrait y voir, peut-on penser, une description du langage photographique typique de la banalité locale ordinaire de tous les jours typique des États-Unis (cette formulation hautement pléonasmique plaidant effectivement en faveur d’un raccourci), fétichisme de Evans s’exprimant particulièrement dans l’amoncellement, la collection thématique. Ainsi des répétions émaillent l’exposition de clichés, comme des variations : des panneaux, des affiches, des paysages précis, des gens au hasard dans le métro (fort bon !), etc. Mais on connaît surtout Evans pour ses vues urbaines d’immeubles et de rues entrecroisées devenus des classiques de la vision de l’Amérique des années 1920 ou 1930, et encore plus pour son travail pendant la grande crise, pour la Farm Security Association, notamment en Alabama, où il prit ses clichés les plus célèbres, créant quelques bouchons pendant l’exposition. Les photographies présentées sont souvent miniatures, et leur grand nombre rend la progression un peu complexe, mais difficile de faire mieux pour une exposition parisienne, surtout dans les derniers jours. Au final, une expo intéressante et plaisante sur extrait daté des USA particulièrement illustratif. Enfin... vernaculaire (a-t-on déjà traité le fétichisme vernaculaire intello-perché des expos parisiennes, d'ailleurs ?).

mardi 18 juillet 2017

biblio de jour de nuit

« La bibliothèque, la nuit » à la BNF, sous-titrée « Bibliothèques mythiques en réalité virtuelle », est une singulière expo qu’il faut réserver en avance. J’y étais invité, un lundi (normalement fermé), ce qui a évité de débourser une dizaine d’euros. Dans tous les cas, ça se passe de jour. Il y a d’abord un cabinet des curiosités des plus intéressant mais assez court, qui nous apprend que tout part d’une idée d’Alberto Manguel, avec le concours de Robert Lepage qu’on conçoit très rapidement une fois que l’attente post-apéritif donne accès à une étrange pièce, bibliothèque personnelle mystérieuse, bientôt plongée dans le noir, et s’allumant à divers endroit pour attirer les quelques visiteurs le long du discours. Immersion dans la maison de poupée bibliophile. Une fois vécu ces deux passages, on est fin prêt pour la troisième pièce. Cette fois, il faut compter presqu’une heure, gros casque sur la tête — ça fait mal aux sourcils et ça écrase le nez des petites têtes comme la mienne. On visite une dizaine de bibliothèques dans le monde, en tournicotant sur une chaise roulante. C’est bluffant. L’absence de fil permet plus de choses que je n’avais déjà pu faire avec une Oculus Rift. On se promène le long des textes, en n’oubliant pas de regarder partout, dans des bâtiments animés, à Sarajevo, Paris, Washington, Mexico, mais aussi des moins connues en Autriche ou Japon ; partout où le livre jouit d’un cadre exceptionnel, par l’esthétique, l’histoire, la symbolique, la grandeur. Des lieux remarquables pour une expo remarquables, qui sort définitivement des sentiers battus, et nous montre aussi que la VR a des applications que l’on commence à peine à découvrir.

mardi 31 janvier 2017

ceci n’est pas une expo

Jolie expo Pompidou avec plein de Magritte dedans, même s’il en manquait quelques uns majeurs. Il y a des cartels traditionnellement écrits en police 8 par un(e) normalien(ne)/charteux(se) sous exta, mais parfois on se demande si ce n’est pas du 3e degré. Une hypothèse est qu’ils n’ont pas tous été écrits par la même personne, et qu’il y en a une qui a parodié l’autre. Parce que Magritte, de son côté, n’était pas la moitié d’un idiot, et s’il n’a pas fait montre d’un talent technique particulier, ce qui le rend singulier est plutôt l’illustration par l’absurde, le vocabulaire, le surréalisme à divers degrés (il y a dispute sur la pureté de tout cela, le surréaliste est une bande à part d’intégristes, comme les autres). Parfois on ne comprend pas, mais souvent on rit et on se dit que c’est génial. Dans le public de l’expo, il y avait beaucoup de gens tristement très sérieux ; ont-il bien saisi le fond ironiquement pertinent de la pensée de tout cela ?…

mardi 13 décembre 2016

Hopper de Rome

Une expo Hopper au Complesso del Vittoriano qui était bien différente de celle du Grand Palais, certes sans les greatest hits (on compte tout de même : South Carolina Morning [1955], Second Story Sunlight [1960], New York Interior [1921], Le Bistro or The Wine Shop [1909] et Summer Interior [1909]), mais qui a largement déshabillé le Whitney Museum de New York (il est fermé, ou bien ?), avec une muséographie sympa, des cartons lisibles, un audioguide compris dans le prix prohibitif bien fichu, soixante oeuvres bien rangées, finalement il n’y a que la clim qui n’allait pas, dans l’histoire (et une souris enrhumée, une ! Ça faisait longtemps. Fille sensible).

Une chouette expo qui paraît-il tourne un peu partout, et qui jusqu’en février fait un bon alibi pour traverser la Méditerranée plutôt que l’Atlantique. Surtout que les horaires sont assez étendus. Il ne manque plus qu’un billet jumelé avec l’autre expo Star Wars de l’entresol, pour que ce soit parfait.

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