humani nil a me alienum puto

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 25 août 2015

chez Jeanne

L’expo Lanvin est la dernière partie de la période thématique « couture », après Jean-Paul Gaultier et Christian Dior. C’est aussi une expo pour laquelle on a peut-être un peu trop traîné, mais le palais Galliera a une bonne extension sur la durée — jusqu’à fin août. Ça n’empêche pas une bonne queue à l’extérieur, et de se cogner beaucoup à l’intérieur : à l’exiguïté du lieu s’ajoute la manie de créer des alcôves peu propices aux passage des nombreux visiteurs, de telle sorte que la fluidité en prend un grand coup (et toujours cette maladie contagieuse des petites écritures…). Pour l’occasion, des collections ont été sorties des caves, de telle sorte qu’un certain nombre de pièces étaient présentées à plat, ce qui retire du volume à l’affaire, avec un système de miroir pour un peu plus de rendu.

Il y avait quelques pièces originales aussi, sur la vie de Jeanne, comme le passeport de fuite de Victor Hugo au nom du grand-père (parce qu’il était un ami de la maîtresse #1 de celui-ci — Juliette Drouot —, et plus tard il y eut aussi une autre Lanvin à son service, qui fut sa maîtresse), et des photos, où l’on voit la réussite et la richesse qui honorent une belle réussite, jusqu’au mariage de la fille Lanvin, qui devient noble et se fait renommer.

Il y a bizarrement peu de chapeaux, alors que Jeanne Lanvin était avant tout modiste, peut-être parce qu’ils ne se sont pas si bien conservés. Étrangement aussi, quasiment toutes les robes sont noires, alors que l’on fait plusieurs fois référence à l’introduction de la couleur — dont quelques exemplaires sont effectivement flamboyants. L’explication se trouve peut-être dans les légendes : les clientes avaient manifestement la manie de demander du noir, même quand il y avait la couleur, et ce sont ces collections particulières qui se sont généralement retrouvées sous verre.

L’effet « collection » a tendance aussi à étouffer un peu le propos historique, qui était bien mieux mis en valeur lors de l’exposition Carnavalet. Par exemple, qui est cette comtesse, que l’on voit partout commander une bonne partie des robes ? Qu’en faisait-elle ? Quelle était la mode du temps ? Une seule vidéo, physiquement difficilement accessible, pouvait montrer un peu d’action pour les longues robes très travaillées — à noter à un moment une robe rouge fabuleuse qui a été portée par un modèle sur une peinture, l’effet est saisissant ! On fait le tour en une heure environ, peut-être plus renseigné qu’émerveillé.

chez Christian

Frédéric Tcheng a pris un parti parfois un peu étrange, parlant en voix off à la place de Raf Simons, tout nouveau venu chez Christian Dior, ou à la place du vieux maître disparu dont la maison garde en ses murs l’héritage. Rapidement, le « Dior & moi » trouve cependant son rythme : l’équilibre entre le nouveau Raf (et son compère, complété d’une troisième personne italienne qu’on voit moins), d’un côté, et de l’autre ce qui assure la continuité au fil des générations, passant un savoir oral, une compétence qui nécessite des années, des dizaines d’années de pratique pour arriver à l’excellence, les petites mains des ateliers, celles qui façonnent, mais aussi celles qui interprètent.

Car c’est là l’intérêt majeur de ce documentaire : voir comment, dans le classique rush des collections largement rebattues (surtout en couture floue, toujours la plus impressionnante, celle qui fait rêver — l’art tailleurs ne vend-il qu’aux quelques amoureux du sartorial, plus mathématiques peut-être ?), l’articulation s’effectue entre l’imaginaire d’un maître (un peu improvisé : nouvelle discipline, nouvelle manière de voir les choses) et ses commettants experts, ouvriers ou administratifs, car il faut aussi savoir passer commande d’une lubie à laquelle il s’accroche dans le doute, faire des drapés selon les motifs de tableaux contemporains, ou encore avoir des murs de fleurs dans un hôtel particulier abandonné (!!) sur Iéna pour le défilé. Et c’est ainsi que les ouvriers prennent une place qui leur est largement due : ils ne sont pas simple exécutant, ils interprètent une vision d’un compositeur (assez floue, souvent, mais là aussi le métier parle), et celui-ci tout aussi chef d’orchestre, corrige à la marge, l’interprétation ou son idée même — parfois avec une bombe de peinture dans le jardin pour transformer le blanc en noir.

On y croit sans y croire. Le maestro doit aller de l’avant, il a un mythe à tenir. Les interprètes doivent aller de l’avant, ils ont une deadline de Damoclès (mais doivent aussi jongler avec ce qui fait vivre, la commande spéciale — le maestro oublie parfois la règle du « le client avant le prospect », il n’est pas business man, c’est pour ça que Bernard Arnaud veille, en dernier ressort, sur le bicéphalisme de la maison). Le réalisateur du documentaire n’a aussi d’autre choix que d’y croire, même quand il ne sait pas où il va, il explore — après tout, il y a de la matière, comme cet enfilage de strass pendant la nuit, en dernière minute, sur une robe géante, avec une partie de l’équipe.

Et finalement, le spectateur, dans la salle de cinéma voit le tour de magie prendre forme, alors que les nantis dans l’hôtel de Iéna transformé ne voient que le résultat : eh bien connaître l’envers du décor est finalement tout aussi merveilleux que d’être mis face à la magie « spontanée ». On en sort épuisé mais heureux, comme tout le monde. Une petite mort de couture.

samedi 8 août 2015

JPG

Jean-Paul Gaultier a eu le bon goût de s’appeler comme un format d’image : comme quoi, on est prédestiné ou on ne l’est pas. L’expo du Grand Palais, porte de service, arrivant à sa fin, le public parisien s’est donc dit qu’il serait enfin temps d’y aller, et voici comment nous fîmes 1h30 de queue un dimanche trop ensoleillé et nous retrouvâmes compressé à l’intérieur, alors que paraît-il il n’y avait pas grand monde sinon. Diable d’organisation.

Il y a le nounours à soutiens-gorge conique. Et les premières robes totalement délurées. On ne peut pas retirer le label de créateur à Jean-Paul Gaultier : il a cet esprit fun à la limite du costume délirant, coloré, partant dans tous les sens, futuriste des années 70. Quelque part, c’est plus commercial, plus accessible que du McQueen, qui n’est d’ailleurs jamais cité nulle part (ça devient presqu’absurde avec le costume Union Jack de la collection Bowie — mais qui manifestement n’a pas été porté). C’est le 5ème élément, c’est Mylène Farmer, c’est Kylie Minogue, c’est Madonna — c’est plein de « ah mais oui c’était luiiii ! ». C’est du Pierre Cardin (son maître) en mode commercial — pas vraiment pour être acheté par le lambda, même le lambda riche, mais pour être opposable au public, dirons-nous, pour faire le spectacle, le show.

On fait plus le plein de bonnes idées que du pré-shopping. On navigue dans du délirant, avec une scénographie toute aussi ludique (mais totalement illisible, les gars, vous abusez, police 8 dans l’ombre !!) — les mannequins d’exposition avec visage animé par vidéoprojection, c’est space, freaky, amusant ; un défilé de mode mécanisé, comme des poupées ; des sièges-chars Ben Hur, c’est drôle. JPG, on sent qu’il malaxe dans tous les sens, il est un peu en dehors, il recycle pour en fait quelque chose d’exploitable et façonner une image publique qu’il fait tenir au pull marine rayé tout bête, idéal pour vendre du parfum — qui doit certainement beaucoup plus rapporter.

Il y a évidemment l’incontournable et mochissime Pierre et Gilles qui nous rappelle qu’on est toujours dans l’entre-soi gay du boboïsme parisien, un très bon indicateur. Je regrette d’avoir raté l’expo McQueen au V&A, la comparaison aurait été des plus intéressantes…

lundi 4 mai 2015

678ème semaine

Après un an d’absence, j’enchaine quelques visites londoniennes, dans cette ville en constante mutation (encore plus que Berlin !), où des quartiers entiers sortent de sous terre, des tours d’habitation poussent, des immeubles fous accueillent des entreprises florissantes qui manifestement paient assez leurs employés pour dépenser des fortunes en immobilier… Si le reste de l’Angleterre était comme Londres, on serait enterrés, pauvres Frenchies ; heureusement pour nous, le contraste est manifestement beaucoup plus fort qu’entre Paris et la province…

Mais en attendant, j’ai bien contribué à augmenter le GDP du pays, en faisant la tournée des tailleurs — dont un nouveau, Budd, qui fait aussi les chemises de Doctor Who ! Mais tout ceci ne serait rien face à ce que je prépare, si seulement j’avais assez de finance pour cela…

À Londres, il y a des tailleurs, des salons pros, et des galeries d’art. À la Saatchi gallery, il y a des choses très très moches en bas, le pire du contemporain. Mais en haut, c’est génial : comme le lieu est sponsorisé par Hermès (c’est même à eux, en fait ?), leur directeur artistique s’est fait plaisir, pour un parcours de flânerie (en français dans le texte), « Wanderland », qui sur une musique entêtante accueille dans un sas cinématographique, fait passer dans une salle à canes de la collection d’Émile Hermes, affiche des items vintage de la maison en galerie avant un monde parisien inversé (un kiosque au plafond !), des graffitis partout, et un bistrot magique (où un sac Hermes était menotté au porte-manteau : pas fous non plus !) ; un théâtre de marionettes, un portique sculpté-illuminé-animé, tout y est pour un parcours magique hors du temps. Un ravissement !

samedi 21 mars 2015

David Bowie est

La très belle exposition « David Bowie is » qui avait justifié un déplacement à Londres il y a presque deux ans, composé de trois heures de queue le matin pour avoir un billet l’après-midi nécessitant de faire l’exposition assez rapidement en deux heures environ, a été exportée l’an passé à Berlin (où je l’ai ratée de peu : j’y étais en mai, ça a dû ouvrir en juin), et vient d’ouvrir à Paris. Il est pré-annoncé un énorme succès, qui a valu de réserver les places sur Internet (sans soucis), mais en réalité le vendredi matin il n’y avait quasiment personne en file. En revanche, ça se pressait sévèrement à l’intérieur : le problème vient à mon avis plutôt de l’agencement très médiocre dans les nouveaux espaces d’exposition de la Philharmonie.

Je me demandais comment ils allaient faire entrer cet énorme parcours du Victoria & Albert Museum au dernier étage de la Cité de la Musique. Déjà qu’au Martin Gropius Haus, je ne voyais pas bien comment ça a pu entrer… Mais c’était sans compter sur notre nouveau bâtiment inachevé préféré, où même mon accompagnatrice italienne @odette9 et fan de Bowie aussi (de toute façon, cette fille, c’est quasiment moi avec un vagin et non-déniaisé) a un peu halluciné au milieu des ouvriers et machines de chantier. Cependant, l’espace intérieur n’est ni aussi modulable que le V&A, ni aussi en hauteur. Ni aussi grand manifestement : je suis à peu près certain que bien des aspects biographiques ont été retirés par rapport à la version originale (même si je ne me souviens pas de ce carnet d’hôtel emprunté au Mucem, qui est manifestement rentré l’an passé dans leur collection) ; toujours aussi léger sur l’aspect drogue, j’ai trouvé encore moins de référence aux années berlinoises et (bon point !!) aux aspects « gender ». Mais peut-être me trompé-je.

En effet, j’ai carrément cru un instant qu’il manquait la moitié de l’exposition. Que nenni : c’est seulement que l’agencement a obligé de déplacer des pans entiers. Il me semblait bien que la veste turquoise à revers triangulaires de Life On Mars était au début de l’exposition londonienne — d’autant plus logique par l’ordre chronologique, mais j'avais déjà noté que c'était un peu le bordel leur parcours aussi —, et non après la filmographie qui nous emmenait après les années 1980. Bref, on ne comprend pas grand chose à l’ordre du truc. L’exposition a été rentrée au chausse-pied, et souvent ça fait mal : les espaces confinés obligent le public à s’amasser, et de grands panneaux explicatifs se trouvent ainsi aussi masqués que mal éclairés. En terme de scénographie, heureusement qu’on partait donc de haut, pour éviter le crash.

La dernière salle (qui n’était pas la dernière au V&A… Mais presque) est séparée du reste de l’expo : c’est celle avec les diverses diffusions en très grand, avec beaucoup de costumes. Mais en ayant moitié moins de surface et deux fois moins de hauteur, l’impression de cathédrale est loin d’être la même. D’autant que l’espace est beaucoup moins ouvert, puisque séparé. La comparaison est assez décevante pour la version philharmonique (qui est en plus franchement onéreuse…), mais il faut se réjouir de voir Dieu Bowie mis à l’honneur de l’autre côté de la Manche, et on y gagne aussi (grâce au confinement) en visibilité sur les costumes. On peut en tirer quelque chose, et l’audioguide marche bien pour diffuser les sons qui correspondent à la progression de l’exposition (même si parfois ça se bloque un peu… Mais dans un espace si serré, la prouesse technique est non négligeable — en attendant peut-être l’un de seuls usages intéressant du LiFi). Il faut compter tout de même deux bonnes heures trente pour en faire le tour (dont la moitié à jouer des coudes ou attendre son tour dans les embouteillages…). Au final, c'est fort sympathique de promouvoir notre religion bowienne, mais ceux qui découvrent l'exposition (réorientée d'un point de vue marketing du fashion à la musique) pour la première fois seront les plus heureux.

dimanche 9 novembre 2014

fifties parisiennes

Qu'il fut difficile de voir la dernière exposition du palais Galliera, "la mode dans les années 50" ! D'abord indisponible, je l'avais gardé de côté pour le passage de B#7, qui n'eut point assez de temps ; je l'avais donc gardé pour "A." (comme la nomme la souris, pour une fois que c'est elle qui fournit les ami[e]s commun[e]s), dont l'agenda est aussi complexe que le mien. Le raté de haute voltige la veille, un vendredi après-midi, impliqua une condamnation à la file d'attente de l'avant-dernier jour avant fermeture, un samedi matin... Forcément, il y avait du monde.

Deux hommes, en fin de vie sans le savoir, au sommet de leur art : Christian Dior et Jacques Fath. Affrontement figuré par Elle, qui à la sortie de la seconde guerre, se fait l'écho de cette mode cintrée, dynamique, revisitant le passé pour inventer une élégance folle qui fera date. Et puis, il y a tous ces noms : Jacques Heim, Chanel (qui n'est pas très d'accord avec ce qui se passe sur sa fin de règne, et lance une réplique), Schiaparelli, Balenciaga (cultivant le mystère), Pierre Balmain (souvent fabuleux), Jacques Griffe, Hubert de Givenchy, Pierre Cardin, Carven (dont j'ignorais qu'elle était une femme, et très sensibilisée à la cause des petites femmes menues). Il y aussi ceux qui sont directement issus de cette époque, avec au premier rang Yves Saint Laurent, chez Dior avant de prendre sa liberté. Inventivité, audace, ces années posent aussi les bases de leur propre perte, avec le prêt-à-porter qu'ils lancent et qui va se servir de leurs noms : fini l'ère des couturiers créateurs, nous aurons des maisons, des marques, du répliqué, mais pas forcément du démocratisé.

lundi 6 octobre 2014

Dries oublié

Cela arrive rarement, mais j'ai oublié de chroniquer une expo... 12 septembre, à placer entre la 545ème et 546ème semaine, avant l'archipieds : "Dries van Noten, inspirations" aux Arts Déco. Je n'ai entendu parler de cette expo que parce qu'elle a été prolongée. Le concept est intéressant en soi : les oeuvres vestimentaires d'un maître, et en regard ses inspirations. Fi du mythe moderne de la création ex-nihilo. La scénographie souffre en revanche, comme souvent dans ce lieu, d'être plongé dans la pénombre. Ironiquement, cette exposition met plus en valeur Balanciaga que Noten. On est souvent époustouflé par des pièces à l'origine d'autres plus accessibles mais moins audacieuses de celui qui est pourtant censé être au centre. Quelque part, c'est peut-être aussi une rare preuve d'humilité. Je dois avouer que je connaissais très mal ce créateur, dont la boutique parisienne est pourtant pas très loin du Louvre, de l'autre côté de la scène. Dans la lignée de Kenzo, Dior et Balanciaga, cela vaut le coup d'oeil.

vendredi 27 juin 2014

apéritif balletomane fashion

Une petite expo Christian Lacroix sur le pouce, mêlant balletomanie et fashion, dans une galerie de la rue Vivienne, la Colbert (qui est aussi la plus chic). Une petite salle, ouverte la moitié de la journée pendant quelques mois, et des croquis encadrés un peu partout sur les murs. Une zone de projection, avec au devant trois beaux costumes — venus de Moulins ? Quelques documents au milieu, et le tout emporté par le coup de crayon et l'assemblage de tissu qui laisse libre cours aux délires savants. C'est fun, gratuit, on en fait le tour en 20 minutes, excellente initiative !

vendredi 31 janvier 2014

garde-robe romancée

Voilà une expo que j'aurais totalement raté sans la souris, et ç'aurait été bien dommage, car moi et les belles robes d'époque, on s'entend plutôt bien. Époque charnière entre la fin du XIXème (et ses carnets ouvriers où la description du propriétaire à coup de "moyens" fait regretter l'absence de photo) et le début du XXème (il y a eu une guerre mondiale et la grippe espagnole au milieu ? Pas Place Vendôme, apparemment), nous partons des robes montantes à taille très fines pour arriver à un art du fashion décolleté et cintré des années 30, porté par les maisons telles que Chéruit ou Worth, qui dans la vie de notre héroïne de l'exposition temporaire du musée Carnavalet, Alice Alleaume, ancienne couturière et vendeuse hors pair anglophone, tiennent une importance considérable — même si tout a été englouti par l'histoire (on repense à l'expo Madeleine Vionnet).

Un conte ! Je me suis dit que ma chapelière, dernière rescapée de Gelot (qui a fini par être absorbé par Lanvin il y a quelques années — Jeanne Lanvin, disait-on alors !), devrait venir : c'est l'histoire particulière qui ici prend une dimension fantastique. Mais il faut dire aussi qu'Alice est comme de ces vendeurs que je croise parfois, et qui sont non seulement passionnés par ce qu'ils font et vendent, mais en plus se constituent eux-même une collection (il y a un vendeur chez Smalto, par exemple, qui possède environ un millier de paires de chaussures — dont une partie à plus de 1000€ la paire —, stockées dans 33 mètres carrés dédiés à cela...). Bref, c'était peut-être une couturière-vendeuse, c'était aussi une élégante du monde, avec des robes qui même parfois dégriffées venaient de collections prestigieuses. C'est l'époque où les noms des maisons étaient tous rattachés à des personnes vivantes, et la grande majorité à celui de femmes, couturières. Mme Chéruit, ainsi, habille les aristocrates. Pas de desperate housewives dans le coin. Il y a des vendeuses et des couturières cultivées qui peuvent se faire une petite fortune en se débrouillant bien, et des riches héritières qui dépensent des fortunes : sus aux clichés !

Les pièces sont diverses et variées, parfois simples, parfois originales ; on voit naître le moment de la fermeture éclair et de ce que cela permet en terme de coupe. Accessoires, lettres d'époques, photos, robes, tout cela est très bien mené. Alice mène une belle vie, dont on ne sait même pas trop comment elle se termine. Ce n'était finalement pas forcément le but du roman biographique, qui traitait plutôt des naissances.

samedi 18 janvier 2014

dress like a princess

Si j'étais un couturier, je serais probablement Azzedine Alaïa. L'homme qui aimait les femmes. Quand on passe à sa première boutique de prêt-à-porter (où les vendeurs — dont une sublime rousse russe — sont bien plus nombreux que les quelques clients chinois ou russes), qui vient d'ouvrir rue Marignan, ça saute aux yeux. Quand on le suit sur les podiums aussi. J'aime énormément Elie Saab, par exemple, mais chez Alaïa, il y a un truc : c'est toujours très prêt du corps, moulant, il sculpte les formes à partir de celles de la femme. Ce n'est pas un support agréable : la robe sert la princesse. Et la dévoile par enchantement : les ouvertures sont toujours aussi savantes que stratégiques...

Forcément, cela a tout pour plaire à la souris — qui a pris bien du temps pour coller des photos qui résument bien la quarantaine de robes exposées. On a cependant failli manquer le coche : l'exposition qui marque la réouverture du tout petit palais Galliera — où l'on a oublié de faire des vestiaires, après toutes ces années de travaux... —, ferme très prochainement. Un bout de l'expo est d'ailleurs aussi au musée d'art moderne, en face, faute de place pour les robes à fort diamètre.

Si j'étais une femme, nul doute que je m'habillerais chez lui (en prêt-à-porter, parce que la haute couture présentée laisse présager des factures à destination quasi-exclusive des princesses du Qatar & co). Mis à part le faux-pas du legging, nul doute que cet homme a tout compris...

- page 1 de 5