humani nil a me alienum puto

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mardi 7 juillet 2015

grande fin de saison

Pour cette dernière de la saison, au TCE, muni de mon binôme baroque Hinata-chan, un vendredi soir, il n’y avait qu’un petit public, alors même que Hervé Niquet avait fait le déplacement avec son Concert Spirituel pour une dernière salve de trois Grands Motets de Jean-Philippe Rameau : Quam dilecta, In Convertendo et Laboravi. Sans surtitrage, évidemment, et toujours avec des membres de ce public borderline qui manifestement cherche à se faire euthanasier par ma charmante accompagnatrice.

 Katherine Watson (soprano), Anders J. Dahlin (ténor), Marc Mauillon et Marc Labonnette (barytons) pour assister le Chœur du Concert Spirituel : il me semble que tout le monde était très bien (il y avait une mention spéciale pour l’un deux, mais lequel déjà ?…). Hervé Niquet a plusieurs fois pris la parole pour nous présenter les oeuvres — notamment une (intercalaire ?) qui était une rare trouvaille de musicologue. Il a mené son attelage jusqu’à bon bord, et la saison musicale s’est terminée comme il se doit : en chansons.

mercredi 1 juillet 2015

orchestre parisien jazzy

La dernière de l’orchestre de Paris était à ne pas manquer. Quitte à prendre un avion affreusement cher le jour même pour retourner d’un coin paumé de la France. Au programme : du jazz chez les classiques. Original et punchy, avec Jonathan Darlington à la baguette dynamique.

Leonard Bernstein a composé une seule fois pour le cinéma, et les coupes qu’il a subi l’en ont soigné : Sur les quais Suite tirée de la musique originale du film d'Elia Kazan, est le raccommodage de ce qui avait été coupé au montage. Forcément, c’est imagé, dans la brume marine.

Les deux tiers de l’orchestre sont alors congédiés — dont Lola, que j’aurai à peine aperçue (notamment de dos, superbe) puisque mon gros sac et mon arrivée in extremis avec une vingtaine d’autres de runners ne m’aura pas permis de tirer mes jumelles, Ô éternel regret ! —, pour une création de HK Gruber : Busking, concerto pour trompette (Hakan Hardenberger), banjo (Jean-Marc Zvellenreuther), accordéon (Olivier Innocenti) et orchestre (de Paris). Forcément, rien qu’au titre, on comprend que c’est spécial… C’est un peu long, mais on s’y amuse beaucoup : ce serait bête de bouder son plaisir.

Après l’entracte qui présage un changement de voisins pénibles (le nouveau public de la Philhar est composé de bouseux renifleurs qui ne savent pas se tenir, ça fait plusieurs fois qu’on doit déménager pour fuir des malotrus insupportables), une récupération de souris et une installation à côté de l’ami russe, qui a fini par avoir une place à la toute dernière minute alors que pour ce concert une royalalberthallisation avait viré la moitié des sièges du parterre pour installer le public debout (à 5€, paraît-il), ou plutôt assis sur ses fesses (parfois dos à l’orchestre pour avoir un dossier de fortune), Fazil Say agite le piano pour une Rhapsody in Blue de George Gershwin particulièrement réussie, suivi d’une impro de tea for two délirante.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’avais jamais entendu au concert les célébrissimes double Suite(s) pour orchestre de jazz de Dmitri Chostakovitch, qui fait figurer l’un des morceaux de la musique classique les plus connus : peut-être est-ce pour cela, mais en tout cas, l’Orchestre de Paris semblait aussi le jouer pour la première fois de son histoire… Incroyable ! À SF, ils étaient plus chanceux puisqu’ils avaient eu droit à des pièces de ballet homonymes, que je serais curieux de découvrir (Masha en ayant déjà filmé un bout de répétition sur la plage avec Simkin). C’est tellement génial et russe ! Le public n’a pas pu résister à des applaudissements intermittents, ce qui a forcément eu comme effet secondaire d’applaudir juste avant la fin réelle de la dernière pièce. Qu’importe, pour une fois : la joie était communicative.

Et c’était parfait pour dire adieu à la mascotte de l’orchestre (outre Lola), Jeannine Têtard, au violoncelle, mise en avant pour sa dernière apparition — elle nous manquera, je l’avais d’ailleurs remarqué durant la seconde pièce à mon premier balcon —, qui à peine fleurie dû remettre le couvert pour le bis, une pièce orchestrale manifestement tout aussi russe. C’était la dernière de la saison — même les Jeanssen ont fait le déplacement —, et c’était rudement bon.

plein d’amour balletomane communicatif

Le p’tit rat m’a parlé de son projet quelques semaines avant, et je l’avais noté sur mon agenda grâce à un évènement facebook : non seulement je n’avais pas eu idée qu’il fallait une place pour entrer, mais j’avais sous-estimé l’importance de la chose. Si je pensais que le directeur et son bras droit attendaient dans le hall pour la générale d’Adrienne Lecouvreur (mais apparemment triplement non, étant donné l’anecdote que j’ai recueilli ensuite…), j’ai vite été détrompé par l’arrivée de la belle Najat Vallaud Belkacem en civil, accompagnée de la moitié de ses faux jumeaux (à savoir : la jumelle, qui est hyperchoupie).

Le p’tit rat avait un plan rodé pour nous trouver des places, avec la souris, mais un peu trop complexe pour qu’il puisse marcher : à l’heure du début programmé, nous n’avions encore rien, et m’inquiétant un peu, le box d’accueil nous offrit simplement deux places sans soucis. Comme quoi, rien ne remplace la simplicité — en même temps, c’était gratuit, mais je n’avais même pas vérifié. Mais comme l’amphithéâtre de Bastille avait eu le temps de se remplir, nous nous sommes retrouvé tout de côté cour — avec pour avantage de voir à la fois la scène, une partie des coulisses, les musiciens en face et le gratin central sur la gauche (d’ailleurs c’est aussi la position choisie pour le garde du corps de notre Ministre — il en a de la chance, de garder ce corps-là, le bougre !).

La séance était composée de deux pièces d’égale durée, une bonne grosse demi-heure (peut-être 40 minutes). D’abord « Un nouvel endroit » de Selin Dündar et Serge Ambert (scénographie Angelika Potier, costumes Caroline Revillion et Alexia Laguerre, musique Franck Steckar, lumières Philippe Albaric) a mis en scène les élèves des collèges Pierre De Geyter (Saint-Denis) et La Grange Aux Belles (Paris 10e), dont certains sont juste archidoués (la fille en violet, le jeune homme aux cheveux rouges…). Manquait au générique la prof qui a suivi le projet pendant 2 ans, qui a assuré le SAV en amont et en aval, mais qui n’a même pas eu droit à un p’tit remerciement dans le programme : notre bienaimée Strapontine ! (Notons qu’elle ne devait logiquement pas être la seule dans ce cas, mais c’est notre balletomane anonyme à nous !). Il y avait beaucoup de poésie dans cette pièce résolument contemporaine, avec une véritable expression des gamins.

« Ça manque d'amour » bénéficiait de la forte publicité générée par Bruno Bouché en chorégraphe — mais surtout de notre p’tit rat Laura nationale en assistante-chorégraphe, évidemment. Pour le reste de l’équipe, les mêmes aux lumières et costumes (plus Xavier Ronze pour leur conception), mais Nicolas Wormspour une musique bénéficiant d’une petite armée de musiciens essentiellement aux percussions. Les élèves du collège Les Chènevreux (Nanterre) étaient cette fois plus jeunes, et forcément on pouvait faire moins de choses avec. Pourtant, les farandoles diverses et surtout l’humour distillé, plus une fausse barre irrésistiblement drôle, ont attiré plus de sympathie du côté des balletophiles (ce n’est pas mon cas ni celui de la souris, mais on pratique le théâtre de la ville et Chaillot : nous sommes naturellement plus ouvert au contempo). Là encore, il y avait de sacrée graines de talents !

Évidemment, beaucoup d’applaudissements à chaque fois — d’autant qu’à vue de nez la moitié si ce n’est les 2/3 était constitué de parents, et une autre bonne partie d’amis —, et même une ovation finale appuyée lors du salut commun (avec les profs). Les gamins étaient émus, à la sortie, d’autres simplement très fiers : quel beau parcours, alors que beaucoup ne voulaient pas y participer, au début ! (Moi-même j’aurais certainement rejeté l’idée…) Une vraie réussite, avec énorméménent de travail sur un temps pour 1h30 et trois classes, mais dont la publicité (couverture télé, participation ministérielle, etc.) avait bien pour but de faire des émules.

dimanche 28 juin 2015

freue Lola!

Il devait y avoir Vadim Repin, mais il a dû annuler au tout dernier moment : dans ces cas-là, on embauche un des deux premiers violons de l’orchestre, qui devient violon solo. C’est ainsi que Philippe Aïche a pu vivre un moment de gloire et faire briller son instrument pendant que son alter-égo Roland Daugareil assurait le leadership d’orchestre de Paris, avec Paavo Järvi à la direction — pour la dernière fois officiellement en tant que directeur musical, si je ne m’abuse. Dmitri Chostakovitch, Concerto pour violon n° 2, brillant.

Il y a 5 ans déjà, j’ai cramé le titre « Hymne à Lola ». Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 9 "Hymne à la joie" et hymne à Lola au basson, toujours aussi merveilleuse au fil des ans, une valeur sûre. Luba Orgonasova, soprano ; Petra Lang, mezzo-soprano ; Michael Schade, ténor ; Matthias Goerne, baryton Dieu ; le Choeur de l'Orchestre de Paris avec Lionel Sow comme infatigable chef de choeur. Freue!

lundi 22 juin 2015

traits de Garnier

Alceste est de retour à Garnier : la très belle mise en scène d’Olivier Py avec les dessins (souvent en abyme) en live, et l’orchestre sur le plateau après l’entracte, déjà vue il y a presque deux ans (http://palpatine42.free.fr/blog/post/2013/10/12/Alceste-en-noir-blanc) avec la souris, et à présent avec @odette9 (une vraie fan de Gluck, comme toute fille adorable qui se respecte), qui a gratté le matin même une place à pas cher en loge de côté, pas trop dégueue mais transformée après l’entracte en fond de balcon (soit une multiplication par 20 de la valeur faciale : on va bosser en bourse tous les deux). Car c’était une première de reprise pas si remplie que cela, avec de beaux trous chez les riches. Et si l’on enlevait le staff de l’opéra, il restait surtout des Chinois. Bravo.

Mais il y a Véronique Gens, en Alceste. Et puis Stanislas de Barbeyrac en Admète, Stéphane Degout pour Le Grand Prêtre d’Apollon / Hercule, et encore Chiara Skerath, Manuel Nuñez Camelino, Kevin Amiel, Tomislav Lavoie et François Lis. Avec un Marc Minkowski à la tête de son Choeur et Orchestre des Musiciens du Louvre Grenoble. La dream team. Forcément une excellente soirée, en bon commencement de nuit interminable.

dans le blur

J’ai découvert Blur a long time ago… J’avais accroché, mais je ne suis pas devenu fan. « Blur: The Best Of » m’a suffi à l’époque de sa sortie. Et puis voilà que les trublions des années 1990 sont réapparus avec un nouvel album. Mais sans l’enthousiasme communicatif d’@odette9, je ne pense point que j’aurais pris spontanément une place (comme j’en avais pris une pour Garbage, par exemple, dans la lignée de ces revenants d’une adolescence un peu compliquée dans un trou culturel). Surtout que les Blur ont vieilli, même si leur tout nouvel album sorti d’on ne sait où — The Magic Whip, enregistré à Hong Kong il y a un bout de temps — comporte deux ou trois chefs d’oeuvres. Avec du bide, la peau qui se distend — possiblement pour deux d’entre eux au moins pour cause d’abus de substances diverses et variées — et la dentition toute pourrie du chanteur Damon Albarn.

Bref, j’ai fini par suivre la demoiselle et sacrifié 66€ pour une place-assise-rapidement-retransformée-en-debout, parce que comme le dit la chanson, always should be someone you really looooooooove (ça matche bien, donc). Le Zénith, c’est une salle où le son sature facilement, et c’était malheureusement le cas, contrairement à ce que laisse penser le replay qui a bénéficié d’une capture parfaite sans le son ambiant — sauf que de fait, on perd toute l’ambiance de folie du concert, et on remarque encore plus quand ça ne chante pas très juste…

Je n’eusse cru que Blur eut encore autant la côte. Déjà, parce que ça date d’il y a 25 ans pour les débuts, et qu’il n’y a plus rien de bien neuf et excitant depuis 15 ans — sauf un dernier album, qui a deux mois à tout casser, et quelques rares concerts un peu partout pour ne pas se faire totalement oublier. Et pourtant, la foule était présente, essentiellement des trentenaires. Revival d’adolescences. Des un-peu-plus-jeunes, aussi, qui peuvent encore se jeter dans la foule et surfer dessus avant de se casser la figure tête en avant. Ou de jeter innocemment (hum), en pleine foule et le plus haut et loin possible, les verres (vides…) de bière en plastique (abandonnant l’idée de les ramener à la machine de remise qui manifestement récompense un geste pas si naturel). Un peuple fou (concert complet rapidement !), qui se précipite à l’entrée et qui donne du fil à retordre aux organisateurs.

Concert best of, avec le meilleur aussi du dernier album : finalement, j’ai presque tout reconnu sans réviser avant. Pas au point de chanter comme mon accompagnatrice lointaine — au premier rang —, qui connaît tout par coeur, comme a pu le prouver le document vidéo où elle apparaît furtivement par deux fois. Mais cette fille ne cessera de m’étonner, de toute façon. Et comme avec son amie elle s’était mise en tête de participer à l’« after show », nous finîmes par rentrer en catimini grâce au plus sympa de la bande, le batteur Dave Rowntree, aussi avocat dans la vraie vie, qui va au contact et s’amuse à distribuer dans la salle ses baguettes de percussions (j’en ai trouvé une, remise à la Demoiselle en l’échange d’un quasi-bisou — c’est déjà beaucoup, de sa part, il faut relativiser).

Tout à coup, expérience sociologique intense de l’autre côté du miroir. Il y a des fans, des real fans, mais être parmi les élus ne suffit pas : il faut être parmi les élus des élus pour passer le second barrage de molosses et pouvoir approcher le graal, Damon Albarn, Alex James et surtout pour notre héroïne, Graham Coxon (quant à Dave, il ne s’est point embêté de cet étrange cérémonial : il est resté parmi les mortels, assis sur une table, à bavarder tranquillement une bonne heure). Il paraît que le babysitting intense d’artistes par la maison de disque est un peu psychotique ces temps-ci — ça fuite un peu partout parmi la communauté qui se connaît à travers les forums et les rares concerts donnés un peu partout en Europe. Wathever, le comportement des trublions est étrange, pour le moins. Ça n’a pas eu l’air d’entamer les grand(e)s fanatiques qui sont allés jusqu’à attendre derrière le portail pour apercevoir… rien du tout (voiture vitre teinté à fond la caisse vers le périph). Mais ça a de quoi, pour le moins, gêner quelques autres qui ont d’autres types de relations plus « humaines ». Ainsi va la vie des artistes auto-destructeurs (qui ne savent point ce qu’ils perdent…).

Mais au moins, il en est resté un fort bon concert, avec cette ambiance caractéristique un peu WTF du groupe, les clips psychéliques de n’importe quoi, les « la la la la la » qui ressemblent à rien mais qui font tout, et même une première partie de grande qualité (dont je n’arrive pas à retrouver le nom, des africains avec un batteur masqué et un chanteur bondissant). Ils ont laissé des coeurs pleins, et quelques coeurs brisés. Paradoxe de jeunes vieux de la pop.

mardi 16 juin 2015

DD

Dans la liste des concerts de la saison à ne surtout pas manquer, il y avait celui-là. On ne rate pas un programme pareil : Dusapin/Duruflé. J’avais en plus cramé mon premier joker pour enfin entendre le requiem de Duruflé au concert, mais c’était en conflit avec SF. Alors quand il a fallu programmer un client en province, j’ai demandé à ce qu’on me le mette le mardi. 20h30, Philharmonie 2, plutôt vide (c’est dingue, dingue, dingue), on se replace avec la souris au deuxième rang de côté (ou plutôt, on y est replacé par un étrange ouvreur…).

Pour se mettre en jambe, un magnifique mais court Brahms, « Geistliches Lied » opus 30, sur une orchestration arrangée par Sir John Eliot Gardiner (je me demande d’ailleurs si je ne l’avais pas déjà entendu lors d’un concert sur un cycle Brahms-Gardiner). La souris découvre épatée que Brahms n’est pas que de la meringue, c’est aussi l’héritier de Bach — depuis le temps que je lui parle du requiem…

Une commande de notre choeur et orchestre de la soirée, le Rias Kammerchor et le Münchener Kammerorchester (avec Alexander Liebreich pour l’excellente direction et Denis Comtet en chef de choeur), à notre grand Pascal Dusapin national, pour une création française : Disputatio, d’après le Dialogue entre le novice Pépin et son maître Albinus (nom latin d'Alcuin, savant du VIIIe siècle). Il s’agit là d’un dialogue, en latin, à bâton rompu entre un maître et son élève comme on savait en faire à une époque où la théologie, la poésie et les sciences n’étaient pas encore cloisonnés, et où tout pouvait joyeusement se mélanger dans l’éther de la pensée à ressorts, où tout s’enclenche dans un grand tout. L’un pose une question, l’autre y répond, et de cela, imbriquée, en ressort une autre question. Tout part de « qu’est-ce que le langage » (quelle intuition !) et explore tout l’univers. Passionnant sur le fond, mais aussi sur la forme. Le choeur, grave, est le maître. Les quelques solistes côté jardin (le nôtre), sur un registre suraigu, accompagnés d’un glass harmonica (tellement rare !), posent les questions, mais vers la fin de l’oeuvre les rôles tendent à s’inverser. Envoûtant. Dusapin a dédicacé l’oeuvre à son fils (pour ses cinq ans), porté sur ses épaules : il en a de la chance ! Pascal Dusapin est définitivement un des plus grands compositeurs qui soit, et il entrera certainement au Panthéon.

Entracte, puis Maurice Duruflé, pour son Requiem, de manière amusante l’un des premiers requiems que j’aie découvert il y a très longtemps. Stella Doufexis, soprano, époustouflante, pas que pour sa veste-manteau noire scindée en deux à ressorts. Stephan Genz, baryton, pour la compléter. Magnifique. L’une des plus grandes dates de la saison, où l’on ne comptait pourtant que deux autres ninjas (Serendipity et l’ami japonais). Mais pourquoi ?

Accentus de Mater

Deuxième Stabat Mater de Dvorak, le précédent ne datant de pas si longtemps au TCE. L’Orchestre de chambre de Paris accompagnait Accentus, et donc Laurence Equilbey à la direction, qui avant de faire décoller le choeur avec l’aide d’Inva Mula (soprano), Sara Mingardo (contralto), Maximilian Schmitt (ténor) et Robert Gleadow (baryton-basse), a pris son micro pour nous parler un peu de l’oeuvre et des trois enfants décédés tour à tour du compositeur (on dirait un peu l’histoire de Bach composant Jésus que ma joie demeure).

C’est beau, cette oeuvre. Que dire de plus ?

nouveau dieu Gerhaher (?)

Si je n’avais point été alerté par Hinata, dont le sort a rendu épique (et même impossible) une la patine annuelle devenue, le lendemain, un non-anniversaire, j’aurais certainement raté ce récital que je n’avais pas même noté sur mon agenda. Pourtant, tout ce que Paris compte de ninjas était bien présent et motivé. Il se dit dans les couloirs que Christian Gerhaher est LE nouveau (plus ou moins) baryton à ne pas rater, et qu’il est même meilleur que Matthias Goerne. TU TE RENDS COMPTE ?? On a voulu savoir : snobisme ou hérétisme ? C’est qu’il vient très peu en France, le bougre.

Au programme pour se faire une idée, du tout un Mahler. « Lieder eines fahrenden Gesellen », « Lieder aus Des Knaben Wunderhorn », entracte, « Lieder aus Des Knaben Wunderhorn » et enfin les « Kindertotenlieder ». Oui, tout ça. Même pas peur. J’attrape une place dans les tout premiers rangs. C’est parti.

Eh bien il est formidable. Sa diction est louée, mais je pense que c’est sa tessiture moins « ronde » que celle de Dieu-Matthias qui lui permet cela. C’est un peu l’effet Philharmonie (on était à la #2, la Cité de la Musique, quoi, qu’on apprécie de plus en plus, quitte à traverser la moitié du monde connu) : c’est plus clair MAIS c’est aussi par essence moins émouvant. Avec son pianiste Gerold Huber, notre héros sait cependant compenser par une émotion palpable. Et quand il monte, quand il gronde, on reste au fond de son siège, stupéfait. Oui, il est formidable : on ne le ratera plus, c’est promis.

philhar en rythme

Revenant d’une réunion pédagogique, l’arrivée à la lointaine Philharmonie fut épique… Heureusement, l’orchestre de Paris m’a le plus souvent positionné en fond de parterre, place que j’apprécie particulièrement. La semaine précédente, la souris et moi avions fait concert à part (elle à la Philhar2, moi à la Philhar1), tandis que je restais fidèle à l’Orchestre de Paris et à ma best-friend quelque part dans la salle.

J’ai failli manquer ce concert, et puis finalement l’indécision d’un client a poussé le report d’une semaine des activités prévues. Ça m’aurait embêté de rater « Escales » de Jacques Ibert, parce que c’est le genre d’oeuvre qui est rarement donné, on ne sait pas trop pourquoi. Et puis ça donne l’occasion à la souris de délirer, et je ne sais pas où elle va chercher tout ça, mais c’est pour ça qu’on l’aime (moi, en tout cas).

Arrive le très rare Jorge Luis Prats au piano, avec sa bedaine et ses doigts de cubain. C’est une légende sur le tard. Avec Yutaka Sado à la direction, on a un très beau Gershwin, Concerto pour piano et orchestre en fa majeur, même si la proposition ne restera pas la plus mémorable. C’est un autre piano de la havane, et le concertiste de nous faire découvrir des morceaux, en rappels, auxquels on est peu habitués — c’est décidé, cette fois-ci, j’ai acheté son CD que j’avais mis depuis trois ou quatre ans sur ma wishlist Amazon…

Post-entracte, « Petrouchka » d’Igor Stravinski. Si la souris a dit s’être fait surprendre par la fin, l’ami bavard m’a confié avoir été surpris par les dernières notes : il ira vérifier si la partition n’a pas été altérée.

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