humani nil a me alienum puto

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mardi 16 décembre 2014

piano mouton

Au TCE, Evgeny Kissin est encore venu faire des miracles. D’abord, avec un bon vieux Beethoven et la Sonate n° 21 « Waldstein » : l’une des mes toutes premières découvertes, que je n’avais entendu depuis une éternité, mais que je connais par coeur tout de même. Pour continuer dans le formidable, un Prokofiev, Sonate n° 4. Et après l’entracte, un défilé de Chopin : Nocturnes op. 9 n° 1, op. 9 n° 3, op. 48 n° 1 ; Mazurkas op. 6 n° 1, op. 6 n° 2, op. 6 n° 3, op. 7 n° 2, op. 7 n° 3, op. 41 n° 1. Quoi de mieux alors qu’un Liszt, la Marche de Rakoczy évidemment, pour terminer tout cela en beauté ?

Quelques bis (trois, de mémoire, ce serait bien de les référencer quelque part, comme avant…), et on quitte le génie mouton Russe, déjà à regret.

mardi 9 décembre 2014

Petibon et grand bon

Patricia Petibon non seulement bondit sur scène, avec chapeaux, froufrous et mise en espace délicieuse par Olivier Py, mais marquait aussi ma dernière à Pleyel avant un bon bout de temps : voici venu le temps de migrer vers la Philharmonie, fin janvier…

Quel succulent programme qui nous avait été concocté ! Inutile de préciser que la souris fut heureuse de trouver un billet, et que même si nous dûmes régresser de replacement après l’entracte, ce fut une excellente soirée de musique française (mis à part Over the rainbow), essentiellement du début du XXème siècle, entrecoupée de Satie au piano (où un et une pianistes se disputaient régulièrement le clavier à quatre mains).

Erik Satie
La Belle excentrique: Grande Ritournelle
Francis Poulenc
Les gars qui vont à la fête
Voyage à Paris
Hier
Manuel Rosenthal
Rêverie
Pêcheur de lune
Gabriel Fauré
Spleen
Francis Poulenc
Les chemins de l'amour
Stéphane Leach
Ne parlez pas d'amour
Gabriel Fauré
Les berceaux
Erik Satie
Le vaisseau
La statue de bronze
Daphénéo
Air du poète
La Belle excentrique: Cancan Grand-Mondain - Tous
Je te veux
Les courses
Allons-y Chochotte
Entracte
Léo Ferré
On s'aimera
Erik Satie
Désespoir agréable
Reynaldo Hahn
Pholoé
A Chloris
Gabriel Fauré
En sourdine
Erik Satie
La Belle excentrique: Cancan Grand-Mondain - Tous
Manuel Rosenthal
Fido, fido
L'Eléphant du jardin des Plantes
Le vieux chameau du Zoo
David Moreau
Colchique dans les prés
Harold Arlen
Over the rainbow
Erik Satie
Le Piccadilly
Fernandel
C'est un dur
Erik Satie
Le Tango
Fernandel
Le Tango Corse
Agustin Lara
Granada

Et puis quelques rappels. Des classiques comme Je te veux ou À Chloris, des totalement loufoque comme le tango corse (en duo avec Olivier Py ! Qui a eu quelques solos aussi), cette soirée aura été festive, tout en maintenant une grande exigence artistique. C’était filmé, on attend le DVD ! Nous ne fûmes même pas triste de quitter la salle Pleyel : par petits bons, un grand bon devient indolore.

dimanche 7 décembre 2014

allegretto de Khatia inachevée

Voici un concert comme on les aime. Une phalange exceptionnelle : le Wiener Symphoniker.
Un chef qu’on a su énormément apprécier, Philippe Jordan. Et en ce vendredi, un replacement d’abord au rang A, puis au gré d’un riche bonhomme à jeune femme, qui voulait à tout prix récupérer SA place à la première pause, alors qu’il était officiellement recasé au rang E, un superbe alibi pour se positionner au rang des stars, quoique toujours sur le côté, mais idéalement placé pour admirer la chute de rein de la libidineuse Khatia Buniatishvili, derrière le plus heureux des piano tripoté.

Mais en premier, une superbe Symphonie n° 8 "Inachevée" de Franz Schubert. Suivi, donc, de Khatia et le local solo Rainer Küblböck à la trompette : Concerto n°1 op. 35 en ut mineur, pour piano, trompette et orchestre à cordes de Dmitri Chostakovitch, une pièce surprenante comme le compositeur russe sait en faire. On regrette même le bis tout doucereux de Khatia (du Chopin, crois-je de mémoire), mais après tout, cela préparait peut-être, post-entracte, à l’allegretto de la Symphonie n° 7 de Ludwig van Beethoven — quoique ce moment le plus sublimissime de la musique classique est coincé entre quelques chasses à courre et autres moments de bravoure.

Très, très beau concert, terminé par un rappel, un Strauss viennois évidemment.

samedi 29 novembre 2014

deux Russes

Un duo russe de deux géants actuels, au TCE (qui commence à éditer de petits programmes gratuits, tout arrive !). Vadim Repin au violon, Boris Berezovsky au piano. Au programme, une douce sonate pour violon et piano de Debussy, de très russes préludes op.34 n°12 et 6  de Chostakovitch, le dansant Divertimento de Stravinsky, et après l’entracte (et quelques calculs de trajectoires pour y voir toujours aussi bien, depuis un côté impair de remplacement), une magnifiquement straussienne Sonate pour violon et piano op. 18 de Richard Strauss.

Quelques bis, annoncés, mais dont on n’a pas compris les 2/3, et dont je ne me souviens plus du second. Mais c’était tout aussi exceptionnel, ça c’est sûr.

mardi 25 novembre 2014

Cléo

J’ai couru pour arriver à l’heure, croisant à peine le député que j’étais venu revoir. Et là, 25 minutes de discours poussif sur la scène du TCE : ce « Cléopâtre » de Massenet, qui n’avait apparemment pas été donné depuis un bon siècle à Paris (et presque autant ailleurs), était manifestement une soirée de bienfaisance, sans gala ni petit four ; et comme tout le monde s’en fichant un peu (la souris, beaucoup), ça a failli mal tourner, avec quelques huées au bout d’un long quart heure.

Deux malades, mais l’essentiel était sauf : Sophie Koch. Cléopâtre herself, quand même. Et Michel Plasson à la baguette. Frédéric Goncalves en Marc-Antoine ; Cassandre Berthon pour Octavie ( remplaçante, fort vibrato mais a bien assuré le rôle) ; Olivia Doray en Charmion ; Benjamin Bernheim en formidable esclave Spakos (LA révélation de la soirée — apparemment déjà révélé partout sauf chez nous, qui est aussi chez lui, car nul n’est prophète en son pays).

On est au bout du tapis : César est out, il reste Marc-Antoine. Cléo est une salope à nez — mes préférées. M-A fond, il s’attire les foudres d’Auguste, malgré l’épousaille de sa soeur Octavie (qui n’est pas trop contre la polygamie, c’était le bon temps). Bel orchestre symphonique de Mulhouse. Belle soirée, en français dans le texte, avec de grands moments dans la partition.

Forsythe au Millepied

Suite du cycle automnal des Forsythe, encore au TdV. Mais cette fois, 2 Forsythe entrecoupés d’un Millepied. Premier Forsythe, suite de danses à-la-Mc-Gregor, « workwithinwork » (1998). Millepied : « Sarabande », Bach divertissant (avec musiciens sur scène). Deuxième Forsythe : ça balance sur les tables, génial, déjà vu ce « One Flat Thing, Reproduced » (2000). Bonne soirée, coup de coeur sur la dernière pièce, dont je me souvenais fort bien cinq ans plus tard.

La critique de la souris, à lire.

personages secondaires

Nathalie Stutzmann a trouvé qu’a force d’avoir le beau rôle, elle passait à côté de tous ces seconds rôles d’Haendel qui enchantent nos oreilles. Comme elle sait tout faire, direction comme chant, elle a donc pris son orchestre Orfeo 55, investi le TCE, et concocté un programme de grande qualité. Un petit bonheur, qui aurait dû attirer un public plus nombreux (mais merci pour le replacement). Pour l’historique, voici le best-of :

Giulio Cesare Ouverture
Orlando Sinfonia Acte III
« Pena, tiranna », air de Dardanus extrait de Amadigi
Poro Sinfonia Acte III scène 1
« L’aure che spira », air de Cornelia extrait de Giulio Cesare
Concerto grosso opus 6 n° 3 HWV 321- larghetto
« Son qual stanco pellegrino», air d’Alceste extrait de Arianna in Creta
Concerto grosso opus 3 n° 6 HWV 317- Vivace
« Dover, Giustizia, amor », air de Polinesso extrait d'Ariodante
Sinfonia  HWV 338
Partenope, Sinfonia Acte III
« Son contenta di morire », air de Zenobia extrait de Radamisto
« Voi che udite il mio lamento », air d’Ottone extrait de Agrippina
Concerto grosso opus 3 n° 5 HWV 316
Concerto grosso op. 6 n° 6 HWV 324 - Allegro
« No sò se sia la speme » air d'Arsamene extrait de Serse
Concerto grosso op. 6 - Allegro
« Sara qual vento », air de Tassile extrait de Alessandro

Excellente soirée, malgré les faiblesses dans les aigus de notre héroïne de la lumière, dont la voix chaleureuse et immensément expressive ravit toujours autant les amateurs de beau baroque.

free concert

La salle Pleyel envoie rarement des invitations à des concerts hors parcours. Mais celui-ci était spécial : il y avait de l’huile. Même le premier ministre Manuel Valls. Avec une belle zone réservée au parterre — on s’est un moment demandé si en fait nous ne venions pas suppléer, en remplissage, une quelconque cérémonie royale, mais honi soit qui mal y pense. Tout ce beau monde n’avait qu’une seule motivation : voir Lola. Oui, MA Lola. Descours. Parce que l’Alma chamber orchestra est un patchwork de la fine crème de l’élite musicale française. Yep.

Ou alors, c’était parce qu’Anne Gravoin. Au premier violon. Tout le monde sait à peu près pourquoi (mais honi soit, etc.). Quel beau programme ! Et quel jeune chef intéressant : Lionel Bringuier, partout célébré. Au menu, donc : « Ouverture d’Egmont » de Beethoven ; symphonie n°4 « Italienne » de Mendelssohn (jusque là, rien que de très classique) ; et après l’entracte, la symphonie en ut majeur de Bizet, cette fois-ci sans le SF ballet pour danser dessus.

Excellente soirée depuis le rang F. Surtout que c’était comme de la free food : gratuit. Mais même payant, je crois que j’aurais apprécier tout pareil (ce n’est cependant pas tout à fait certain) (ça doit être dur d’être un journaliste culturel corrompu, en fait…).

là tout de suite

On reconnaît toujours du Carolyn Carlson : il y a un langage particulier, esthétique, chorégraphique, visuel et musical (par René Aubry, toujours). Dans la catégorie : « Chaillot c’est comme le Théâtre de la Ville », on peut parler (avec des mots, tout ça) en Italien, en Anglais, en Français (là c’est plus simple) sans avoir recours au surtitrage. Et qu’est-ce que ça raconte ? Des choses…

J’avouerais que, retrouvant toujours le même schéma dans ces pièces « modernes » qui se déclarent toutes originales, je reste un peu sceptique, et moins réceptif. « Now » nous parle d’une philosophie de vie somme toute assez simple. Le Carpe Diem revisité, et la nostalgie de sa maison. Mamie Carolyn, dont le bistouri efface les années, nous tient un discours écolo-bobo-new-age vieux comme le monde. Mais comme elle ne donne pas trop dans la prétention, et qu’elle est rudement douée, ça marche quand même.

lundi 3 novembre 2014

Forsythe flamboyant

Il y a du Forsythe partout : c’est le festival d’automne itinérant ! La session du théâtre de la ville était assurée par le Semperoper balett de Dresde, dont il est dit qu’Aaron S. Watkin a su trouver la bonne approche pour s’assurer un large catalogue. Steptext (20’), Neue Suite (29’), In the middle, somewhat elevated (26’), voilà un beau triptyque. Et de beaux danseurs — dont Jiri Bubenucek, comme ça… La souris découvre Istvan Simon, immédiatement mis sur la wislist « danseurs à kidnapper ». Il y a aussi une petite rousse qui me fait de l’oeil. En fait il n’y a que de beaux danseurs.

Si Steptext ne faisait intervenir que quatre danseurs, Neue Suite était aussi une succession de mini-pièces à pas de deux, de un à quatre simultanés, sur des oeuvres de Haendel, Berio, Bryars, Willems (tout à coup, c'est plus techno...) et Bach. Pour In the middle, depuis notre rang bien paumé en hauteur, impossible de voir le bidule suspendu au milieu de la pièce… Ça ne passait pas le rang I, quelle idée !

Ce n’était peut-être pas les meilleures représentations de Forsythe que l’on ait vues, mais cela valait bien l’immense trafic de places pour s’offrir un abonnement très essentiellement afin de s’assurer de cette soirée…

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