humani nil a me alienum puto

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dimanche 20 juillet 2014

gala san franciscain d'été

San Francisco à Paris ! Pourquoi prendre l'avion quand on peut nous apporter les petites ballerines de Californie ? Le SF ballet avait ouvert la première édition des étés de la danse, celle dont me parle souvent la souris car elle fut fort déçue de s'être pointée pour rien un jour où il faisait froid. Depuis, ils ont rallié l'intérieur du théâtre du Châtelet, ce qui permet de fêter tranquillement les 10 ans du festival alors qu'il fait mauvais dehors. La présidente Marina de Brantes reste toujours assez discrète, habituellement, mais pour l'occasion, elle a pris le micro pour un discours à son image, sympathique et fantasque, auquel le directeur Valéry Colin n'a trop su quoi ajouter. Que le show commence !

Jeudi 10 juillet était donc la soirée de gala, et pour la peine Helgi Tomasson nous a concocté un panaché de ce que la troupe sait faire. On aurait dit un repas chinois : plein de petits plats sur une table tournante. Souvent, ça s'expédie en moins de 10 minutes, pour un pas de deux. Et justement, les extraits de "Alles Walzer" (Renato Zanella, 1997, sur du Johann Strauss), avec Taras Domitro et Pascal Molat (le Français de la troupe), "No other" (Val Caniparolli, 200, sur du Richard Rodgers), avec Lorena Feijoo et Victor Luiz, le Pas de deux de Concerto (Kenneth MacMillan, 1966, sur le concerto pour piano et orchestre n°2 de Chostakovitch), avec Sarah Van Patten et Tiit Helimets (ainsi que trois autres couples), la Chaconne pour piano et deux danseurs (Tomasson, 1999, sur la Chaconne pour clavier en sol majeur de Haendel), avec Frances Chung et Davit Karapetyan sont autant de courtes pièces à deux, dont il est difficile de se souvenir avec précision. C'est l'apéritif qui décontracte, où l'on découvre par échantillons, des chorégraphes et des ambiances que l'on ne voit jamais sous nos longitudes. Ce n'est pas le summum de l'excitation, c'est de la mise en bouche après tout, mais ça met à l'aise et dans de bonnes dispositions. Et puis on commence à visiter la troupe — et pour moi à la retrouver, car après les avoir seulement vu quatre fois, je sais déjà bien les repérer, surtout les filles.

Il faut dire qu'ils ne sont que 75 dans cette troupe, contre 200 à l'ONP, et qu'ils ont des physiques différents, des attitudes différentes, des personnalités marquées et des spécialités aussi. Dans "Classical Symphonie" de Yuri Possokhov (2010), sur la symphonie n°1 de Prokofiev, on peut ainsi comparer Maria Kochetkova/Hansuke Yamamoto, Sasha De Sola/Carlos Quenedit et Dores André/Jaime Garcia Castilla (huit autres danseurs du corps pour étoffer et faire groupe). Sasha De Sola est toujours celle qui a une sorte d'aisance fluide et mesurée qui touche malgré sa blondeur. Dores André est élégante. Masha s'amuse à mouliner et à se déhancher encore plus — elle n'a pas trop le choix, parce qu'en fait elle est très, très petite... Cette Classical Symphony, c'est juste du fun, de l'entertainment : mouvement de bassin et de poitrine en avant, sauts synchronisés avec l'orchestre, ça ne nous fera certainement pas pleurer, mais ça nous divertira certainement. Ça résume l'état d'esprit de la compagnie : pas de prise de tête, du show, du feu d'artifice technique sans trop en faire non plus.

En même temps, il faut à un moment garder un peu de sérieux et avoir un tampon classique. Aux États-Unis, ça signifie un renfort balanchinien. Pour la 2e partie, donc, il y avait du Balanchine. D'abord à petite dose : sept minutes de Pas de deux de Agon (1957, musique d'Igor Stravinsky), avec Sofiane Sylve (la française expat') et Luke Ingham. Heureusement que Sofiane Sylve a fait le NY city ballet et qu'elle est toute en longueur gracieuse, pour donner de l'intérêt à toute cette froideur sur fond bleu... Tomasson alterne avec du comique, "les lutins" de Johan Kobborg (2009), où deux danseurs entrent en concurrence de virtuosité (Esteban Hernandez et Gennadi Nedvigin), sur un duo endiablé piano/violon de trilles intensives (du Bazzini et du Wieniawski), sur la scène, avant d'être rejoints par un troisième larron, qui s'avère être une larronne (Dores André), attisant alors la convoitise des deux hommes ; mais la belle ne s'en laisse pas compter, et faisant monter les enchères techniques, finit par porter son intérêt sur... le violoniste bedonnant. C'est léger et intelligent, le public est régalé !

Et puis encore Balanchine... Pas de deux du 2e mouvement de Brahms-Schoenberg Quartet (1966, le quatuor pour piano et corde n°1 de Brahms, orchestré par Schoenberg). Pour compenser, on a droit à un binôme spécial : Carlos Quenedit et... Mathilde Froustey ! Pardon : Mathiiiiiiiiiilde !!!! Ah que Mathilde est belle ! Même quand on l'embête avec du Balanchine. Un petit mot sur Mathilde, peut-être, parce qu'encore une fois, une de mes prophéties s'est réalisée (un jour on me fera un procès en béatification). Depuis qu'elle a quitté Paris pour un autre pays où prophétiser, elle était regrettée par les balletomanes, mais n'a pas plus influencé la vie de la compagnie de l'ONP plus que ça (si ce n'est l'épisode croustillant de l'invitation au Japon). Et puis, pour son retour, alors qu'il y a deux autres Français dans la compagnie, la voilà dans le magazine du Monde, dans Paris Match (j'avais participé au shooting en face du Golden Gate bridge ! :)  ), dans quelques autres canards encore, et même à Télématin (qui rappelons-le est l'une des émissions télé les plus regardées de France). Elle est partout. Il faudrait faire une comparaison avec la couverture médiatique de l'étoilisation récente d'Amandine Albisson... Et le plus drôle est que cela n'aurait certainement pas marché si elle était retournée à l'ONP cette année : elle a gagné l'aura de la petite Frenchy qui a traversé l'Atlantique pour vivre son rêve américain (et puis, contrairement à Guillem, elle n'était pas au firmament en France : du coup, ça permet de faire soit de l'élitisme à la française — sujet ici, c'est principal là-bas, mais ne le disons pas trop fort, les pauvres —, soit de l'anti-élitisme à la néo-française — ici tu pourris avec un management débile à base de concours, là-bas on te reconnais tes qualités intrinsèques et on révèle tes capacités au top niveau). À tous les coups on gagne : c'est beau. Et comme Mathilde est intrinsèquement une balletomane passionnée qui n'a pas sa langue dans sa poche mais a appris la diplomatie (et l'humilité malgré le narcissisme) à force de tôles (on a un profil similaire...), ça donne un côté frais et équilibré à l'opération. Carton plein.

Bon, en attendant, on l'avait sur du Balanchine... Alors que Masha avait droit juste ensuite à une vieillerie kitsch de Frederick Ashton, Voices of Spring (1977), qui sur une musique de Johann Strauss a pu faire montre de son goût naturel pour le troisième degré. Se servant de Davit Karapetyan comme support de fortune, elle a distribué des fleurs sur scène pendant cinq minutes. Il faut bien reconnaître à Maria Kochetkova un génie de la communication absolument inégalé — alors même que sa danse manque assez cruellement d'expressivité (peut-être parce qu'elle est petite, ou qu'elle bouge trop brusquement). Outre sa présence accrue sur les réseaux sociaux, elle est elle-même une affiche vivante, avec des tenues complètement extravagantes (et des chaussures de messieurs, j'adore). Totalement fantasque, c'est l'élément idéal pour transformer une pièce gnangnan en OVNI fun emportant l'adhésion du public. C'est là l'une des facettes du SF ballet : savoir mettre à profit les talents individuels pour augmenter les effets de chaque pièce. Chaque danseur est toujours à sa place dans chaque œuvre programmée : le casting est maîtrisé.

Ainsi de ce pas de deux de After the Rain de Christopher Wheeldon (2005), sur du Arvo Pärt (Spiegel im Spiegel) : il aura fallu attendre longtemps avant que le joker Yuan Yuan Tan, qui tient l'affiche partout en ville, soit sorti pour ces dix minutes en compagnie de Damian Smith. Seule apparition de la soirée, mais laquelle ! Une botte secrète, en somme. La pièce est magnifique, et il faut à la fois un grand sens artistique et une technique sans faille. La longueur de Yuan Yuan Tan est parfaitement mise à profit. Danseurs formidables en perfect match. Séquence émotion. Soufflé coupé.

Et encore du Balanchine. Il faut bien finir par quelque chose, alors pourquoi pas le quatrième mouvement et finale de Symphony in C (1948), qui est théoriquement, sur la symphonie n°1 de Bizet, à peu près la même chorégraphie que ce que l'on a récemment pu voir à Bastille. en théorie, parce qu'en pratique, comme on s'en doutait un peu, il n'y a pas que les costumes qui y font : il y aussi le fait de comprendre ou pas ce que l'on danse. Et pourtant, au SF ballet, on est majoritairement européen (une véritable auberge espagnole, apparemment on a parfois du mal à s'y comprendre quand les différentes nationalités commencent à se parler entre elles dans leurs langues respectives). Mais on est sur place, à domicile, comme le directeur de la maison qui y réside depuis trente ans. Alors on a ça qui rentre, on le voit déjà avec Mathilde en à peine un an. Tout le corps de ballet et quatre couples : Sasha De Sola (ah !!)/Jaime Garcia Castilla, Simone Messmer/Vitor Luiz, Sofiane Sylve/Tiit Helimets, Frances Chung/Joseph Walsh. Alors on pourra dire que "c'est pas techniquement parfait", etc., mais on s'en fiche, parce que dans l'ensemble, avec ce vieux machin, on arrive à en faire quelque chose. Et peut-être même qu'il y aurait quelque chose (c'est dire). Alors on regrettera surtout de finir sur l'habituelle caution académique américaine.

Pour la deuxième soirée d'affilée, j'ai raté la troisième mi-temps de petits fours. Il y avait Bernadette, qui après avoir squatté le mari de Brantes, a été prise en photo avec Mathilde. Il y avait une énorme pièce montée aussi. Pour une bonne mise en bouche des deux semaines de danse à venir, avec une combinaison de programmes complexe dont le gala a offert un aperçu, avec un certain nombre de pièces données pour cette seule occasion. Début de gourmandises dansées.

jeudi 17 juillet 2014

riche soirée

J'avais décidé de rester stoïque. La soirée Nicolas Le Riche du 9 juillet était dans tout agenda balletomane qui se respecte. Mais la course à la place ridicule et abrutissante, digne des heures les plus sombres du management commercial à la française, m'avait assez soigné. J'avais donc pris la position de rater la soirée, par défaut, sauf si une occasion se présentait. Deux jours avant, un miracle, le dernier rang de l'amphithéâtre ayant été mis à la vente une semaine auparavant (je ne le savais même pas... Tout comme les possibilité de réservations par l'AROP, à l'arrache aussi comme il se doit), un flot de places s'est retrouvé sur le marché, et Strapontine fut ma bienfaitrice d'un soir. Dernier rang, plein centre, préparez vos kinés.

Cette soirée exceptionnelle me semble être assez unique en son genre — même Manuel Legris n'y a pas eu droit, mais peut-être que Noureev si, pas très clair. Nicolas Le Riche jouit d'une ora exceptionnelle, c'est certain. De huit à quarante-deux ans dans la même maison, plus de vingt ans étoile, danseur admirable sur tous les plans. La foule était au rendez-vous, Arte a sorti sa présentatrice blonde de cérémonie, au balcon, tandis que les voitures ministérielles bloquaient une partie de la place de l'Opéra Garnier — force tortues ninjas assurant la sécurité, avec ses effets secondaires comme le filtrage par un seul portail, alors que la météo était peu clémente et le public assez peu disposé à être une nouvelle fois humiliée par des pratiques dégradantes d'accueil. La compensation pour les malheureux perdants de l'aventure, mise en place encore une fois à la va-vite (du moins annoncé comme tel) par l'opéra, fut une retransmission dans des salles de cinéma et en streaming sur Arte. Pour une fois, une bonne idée, même si beaucoup ne furent pas au courant, ou se virent refuser une place pour motifs fallacieux (ainsi de la Pythie qui a pris un abonnement Champ libre pour mettre un peu de diversité — de l'opéra ! — dans son adhésion de fait plus onéreuse, plutôt que de prendre l'habituel et seul éligible abonnement danse... La France dans toute son absurdité).

Mais ne boudons pas trop notre plaisir, une fois à l'intérieur avec la balletomanie. L'introduction est mystérieuse : Matthieu Chédid nous demande avec sa guitare ce qu'il va devenir, pendant que notre héros descend du fond de la scène esquissant quelques pas que les experts ont déchiffré comme des références à quelques unes de ses oeuvres fétiches. Et puis on enchaine sur une première partie un peu étrange, un pot-pourri un peu nostalgique et bizarrement ficelé, d'une consistance assez molle malgré ses bons moments. "Les forains" de Roland Petit, mettent à profit les pioupious de l'école de danse depuis 1990, et l'enchainement avec "le bal des cadets" de David Lichine (1940, au répertoire depuis 1979) s'est fait tout naturellement — il n'est pas sûr qu'on retienne quoi que ce soit de ces deux pièces théâtrales, si ce n'est la prestation du solo du petit tambour (dont le nom reste mystérieux, non crédité), annoncé par Nicolas Le Riche lui-même, après avoir fait de la figuration.

De Raymonda, interprétée par Dorothée Gilbert accompagnée de Stéphane Bullion (en plus de Sae Eun Park ou Pierre Arthur Raveau), il a été choisir des extraits de l'acte II avec beaucoup de scènes de groupe et aucune variation, ce qui a fait l'effet d'une tapisserie, distrayante mais peu ravissante. C'étaient là les alibis classiques pour une soirée dont la consistance était bien plus contemporaine. "L'après midi d'un faune", que Nicolas Le Riche a porté à un niveau digne de Nijinsky en 1912, a été pour sa part juste ensuite malmené par Jérémie Bélingard, qui nous a fait une sorte de promenade de ouech, draguant la nymphette bonnasse Eve Grinsztajn, qui pour sa part était magnifique. On sait ainsi ce que l'on perd... Vingt minutes d'entracte pour s'en remettre.

Une petite demi-heure de première partie, et seulement dix-sept minutes de Jeune homme et la mort avant l'entracte suivante. Mais quelle interprétation ! L'effet du départ en retraite ? Magnifique Eleonora Abbagnato, une nouvelle fois en brune, pour LE Roland Petit du répertoire, depuis 1990, lors de sa rencontre avec Nicolas Le Riche (ou plutôt l'inverse, cela a mainte fois été relaté). Encore vingt minutes pour s'en remettre, mais d'émotions cette fois.

La troisième partie était tout aussi longue que la première, un peu moins d'une demi-heure. Le pas de deux de la porte, extrait d'Appartement de Mats Ek, a marqué le court retour de Sylvie Guillem à l'opéra Garnier, qu'elle a quitté avec pertes et fracas en 1989. Autant dire que l'évènement est historique (d'autant que le ballet a été créé par l'opéra de Paris en 2000 : était-ce donc une première ?). Pour raisons mystérieuses et hypothétiques ("Mademoiselle Non", pas à son meilleur avantage, pas d'images non-contrôlées sur Internet, etc.), cette partie n'a point été diffusée en streaming, faisant même croire aux spectateurs qu'elle avait été déprogrammée (d'autres se demandant pourquoi une rousse apparaissait aux saluts finaux). Vraiment dommage. Et assez contreproductif étant donné les potentielles vidéos pirates qui ne manqueront pas de circuler... Cinq petites minutes, mais magiques.

Probablement pour accueillir de nouveau les spectateurs en vidéo, pendant que l'appartement est déménagé, Guillaume Gallienne a lu un poème que l'on a pu voir qualifié d'excellent comme de pompeux (je penche plutôt pour cette deuxième opinion, quoiqu'il y avait de bons moments ironiques pour initiés). Le petit rat s'est tapée une retranscription. Et puis un petit morceau de Caligula (Mathieu Ganio), quand il fait tourner son cheval Incitatus (Audric Bézard, la souris a henni, quelque part dans les loges). Le Riche chorégraphe a fait figurer un homme pour l'animal, et abolissant la barrière symbolique, a soulevé la folie (je ne sais cependant pas si cela était volontaire et réfléchi en ce sens). Les quatre saisons ont commencé à montrer de sérieux signes de fatigue de l'orchestre, mais c'est pour la dernière pièce, sur le Boléro de Ravel, que les musiciens de l'opéra ont totalement explosé, rappelant les pires heures du Colonne (et même au-delà, c'est dire). Mais que diable nous ont fait la clarinette (qui s'est trompée de clé ?) et le cor ? Un trou d'air ? Massacre total. La honte, ça craint...

Nicolas Le Riche aurait explicitement choisi de montrer la mise en place de l'espace scénique pour souligner le rôle primordial des accessoiristes, et ainsi saluer leur travail. La calibration de la lumière centrale, avec un technicien à la place du rôle principal, a déclenché quelques applaudissements et rires qui ont diversement été interprétés. Sur ce chef d'oeuvre de Béjart en crescendo, il faut aussi saluer la participation des étoiles Josua Hoffalt et Karl Paquette, qui participant au milieu des danseurs entourant le héros dans son dernier rôle scénique sur la scène de l'opéra de Paris (et quel rôle ! Son meilleur !), lui ont rendu un hommage émouvant, continué lors des saluts.

Vingt-cinq minutes d'applaudissements, avec les danseurs de la dernière pièce, puis tous les danseurs de la soirée encore en costume (forte accointance avec Sylvie Guillem, de sept ans son ainée, tout de même), puis ses deux petites filles (Clairemarie Osta, qui les a accompagnée, restant de côté avant de disparaitre en coulisse, avec les autres danseurs du ballet et Bribri), et Claude Bessy, puis lui tout seul sous les confettis collants, et encore tout le monde. Avec tout cela, on a poussé la sortie vers les 22h30 (les 21h30 prévus étant plus que théorique : les cocktails d'entracte pour les aropeux ont fait glisser l'agenda, comme à l'accoutumée).

Une soirée qui a laissé un sentiment étrange, comme ce cocktail privé où il fallait ruser pour avoir un carton ou s'incruster, et où Nicolas Le Riche a prononcé un discours, après une remise de chevalerie d'arts et des lettres, à la fois prometteur et semble-t-il un peu amer (à l'image des interviews qu'il a donné de ci de là). De toute façon, ce n'est qu'un au revoir : délié de son exclusivité intra-muros avec l'ONP, manifestement déçu de n'avoir eu le poste de directeur, celui qui est peu sorti de l'opéra a déjà prévu une tournée, à la fois comme danseur et producteur, et est déjà programmé au TCE en avril 2015...

vendredi 11 juillet 2014

le dernier Barenboim de Pleyel

Le jeudi suivant, rebelotte pour Staatskapelle Berlin/Daniel Barenboim. Radu Lupu, qui la veille était dans le public, était à présent sur son éternelle chaise banalisée, devant son piano, pour le Concerto pour piano n° 4 de Ludwig van Beethoven — une valeur sûre. Radu Lupu, c'est l'anti-effet de manche : le piano simple, les doigts agiles qui se baladent efficacement sans chichi. C'est net. Il est tellement discret (quels rappels nous a-t-il fait, déjà ? Le deuxième était clairement poussé par Barenboim, qui s'était caché dans l'orchestre lors du premier) qu'après l'entracte, pour la Symphonie n° 2 Op.63 d'Edward Elgar, il est subtilement sorti de la porte des coulisses menant à l'arrière-scène, et j'ai vu un ouvreur négocier avec un spectateur s'il pouvait se décaler pour laisser la légende s'asseoir à côté de lui (tu m'étonnes ! Le gars avait l'air un peu halluciné).

Barenboim est capable de diriger la seconde symphonie d'Elgar de tête. Pourtant, elle est déjà bien moins connu que la première, ce n'est pas un répertoire habituel ! La salle était cette fois beaucoup plus pleine (et remplie en retard, pénible...), de telle sorte que je n'ai pu de nouveau agréablement squatter un troisième rang vide de second balcon. J'ai dû subir un voisin nasalement gênant durant la partie pianistique (qui a déguerpi avant les rappels). Pour la seconde partie, il y avait pas mal de places vides en revanche. Tout cela est vraiment étrange...

Heureusement, de la très belle musique ! Et un aveu de Daniel Barenboim, lors d'un discours impromptu : il n'y aura pas de bis, parce qu'il ne peut rien y avoir après cela ; et il nous fit part de son émotion pour la dernière fois qu'il joue, avec cet orchestre, salle Pleyel, avant le déménagement à la Philharmonie. C'était bien beau !

une vie de Barenboim

Lorsque la Staatskapelle Berlin se déplace avec avec à sa tête Daniel Barenboim, on peut être à peut près sûr qu'il n'y aura pas une place disponible. Et ça a donc été la galère pour en racheter une à 10€. Pour s'apercevoir, mercredi dernier, que la moitié du parterre était occupée par la société générale et une foultitude d'invités. Pis encore, une fois à l'intérieur : les tarifs stratosphériques (130€ la 1ère catégorie) ont découragé bien du monde, et seule une moitié de salle Pleyel était remplie. Une vraie réussite commerciale. C'est vrai, quoi, pour de la culture subventionnée, on peut accentuer l'entre-soi en doublant le prix des places pour deux fois moins de monde !...

Heureusement, on sait qu'on va avoir de la très bonne musique. Mais ce premier volet à base de Richard Strauss a tout simplement moins séduit que celui du lendemain (au même tarif délirant). Et malgré cela, pas de rappel non plus (malgré deux solistes aussi, Claudius Popp au violoncelle et Felix Schwartz à l'alto).

Don Quichotte op. 35, et après l'entracte, Ein Heldenleben (Une vie de héros), poème symphonique Op.40. Barenboim sait faire de la grande musique. Pas forcément poignante, noterons-nous, un peu trop parfaite peut-être ? Extrêmement propre. Mais pas bouleversant (en même temps, ce n'est pas forcément le cas de ces deux Strauss-là).

dimanche 6 juillet 2014

QuasiMMs de Paris

"Notre-Dame de Paris" revient de temps à autre à l'opéra de Paris (à présent à Bastile, dont la très grande scène sied particulièrement), mais cela faisait longtemps que le ballet de Roland Petit n'était programmé (on a dit que Bribri a une certaine nostalgie pour ce ballet qu'elle a dansé). La balletomanie attendait donc l'évènement, mais apparemment plus par intérêt historique : il semble que l'œuvre n'ait pas beaucoup conquis, et que bon nombre sont plutôt venus assister aux dernière de Nicolas Le Riche.

Pourtant, au-delà du kitsch daté des années 70, où l'on ose des costumes de garde digne du futur passéiste de Pierre Cardin, au-delà des délires de mauvais goût comme ces prostituées à grosses poitrines greffées, il y a une harmonie tout à fait captivante, notamment dans les effets de groupe, pré-flashmobs des temps anciens, avec tout de même vingt-quatre danseurs colorés tels des M&Ms. Il y a Eleonora Abbagnato en brune (tout de même) pour une Esméralda moderne et revêche, aux mouvement acérés. Un Quasimodo craquant (même bossu Nicolas Le Riche fait rêver la balletomane), dynamisant et omniprésent. Un grand prêtre Frollo sévère — Joshua Hoffalt. Un Phoebus beau-gosse-de-province (ie coiffé comme un plouc décoloré), Florian Magnenet.

Entre la crypte de fond de scène, les plateaux amovibles et les panneaux (dont la façade et surtout la cloche), la scénographie marche plutôt très bien. D'une durée d'une heure plus une demi-heure (sortie à 21h25), ça se traîne parfois (moments soporifiques accentués par la non-climatisation de la salle), mais le second balcon est profitable pour apprécier les effets de groupe, qui avec la variation d'Esméralda et le cochon pendu sur les cloches de Quasimodo, restent les meilleurs moments. Pas déplaisant, mériterait probablement une révision (un Noureev de 2042 nous transformera ça en ballet de 3 heures, peut-être — finalement, y gagnerait-on ?). On a même découvert au passage que Jean-Michel Jarre sait composer du très bon symphonique. Il s'est passé des choses vraiment étranges dans les années 70...

jeudi 3 juillet 2014

couronnement de circonstance

Ayant abandonné lâchement Hinata-chan la veille pour du baroque (qui n'en fut pas vraiment), il se fallait qu'on se retrouvât le lendemain pour ce qui s'apparente à de la liturgie, surtout en cette période : un couronnement de Poppée. Ça faisait donc très longtemps, et comme ce troisième épisode (de ce qu'il nous reste de Monteverdi, sur 35 ans d'intervalle) n'est pas forcément mon préféré, j'avais quelque peu oublié l'histoire (même si je me souviens avec précision du rang E du second balcon de Pleyel, côté jardin, d'il y a 4 ans : les affres de la mémoire sélective...).

L'opéra de Paris a, comme d'habitude, pratiqué des tarifs totalement prohibitifs (195€ le balcon, 180€ le parterre : on ne doit pas vivre dans le même monde ; une co-prod avec Milan, ils ont aligné les prix ?). Évidemment, ça a donné de belles rangées libres au parterre de Garnier (non compensées par les nombreux derniers-minutards, qu'on taxe à présent 30€), et une invasion de touristes, seuls capables de s'aligner. Nous optâmes pour un deuxième rang de quatrième loge, entre deux colonnes : on y voit bien, on n'est pas trop embêté (sauf quand un ouvreur décide de replacer de vieilles cruches bruyantes retardataires au dernier rang).

Rinaldo Alessandrini était autant à la direction du Concerto Italiano qu'au clavecin. Orchestre très réduit, peut-être trois violons tout au plus. Plus minimaliste encore : la mise en scène de Robert Wilson : pourtant, il était assisté de Giuseppe Frigeni (co-mise en scène), d'Annick Lavallée-Benny (décors), de Jacques Reynaud et Yashi pour les costumes, et de A. J. Weissbard pour les lumières. Que de monde pour activer un rocher, translatant depuis le jardin, s'arrêtant côté cour, et finissant par se casser en deux devant la colère de Néron, le tout provoquant un rictus mi-amusé mi-consterné d'Hinata-chan... (Mais ce qu'il aura le plus intrigué, outre les colonnes qui vont et viennent, c'est l'érection d'une obélisque lorsque Drusilla fut heureuse du sort qu'allait jeter son Othon à son ex Poppée...) Il semble que les baroqueux ont oublié Wilson depuis son Orphée (de Gluck, certes c'est limite, mais compatible baroque) du Châtelet, en 1999.

Bref, L'incoronazione di Poppea était plutôt bleue et statique, quoique parfois étonnamment active au niveau du jeu d'acteurs, pour du Wlison... On était à peu près rassurés d'avance de reconnaître deux noms dans cette distribution packagée comme un produit de luxe : Amel Brahim-Djelloul (Amore) et Karine Deshayes (Poppea), qui furent extraordinaires comme espéré. Mais pour les autres, c'était la découverte. Pas déplaisante, mais on a connu mieux. Varduhi Abrahamyan faisait un fort bon Ottone, tout comme le Nerone de Jeremy Ovenden. Celui-ci se débarrassa d'un Seneca (Andrea Concetti) dont je n'ai pas forcément apprécié toute la ligne vocale, mais qui a assuré le rôle. L'Ottavia de Monica Bacelli, reine sur le bord de la répudiation et désespérée, était de fort bonne facture. Sa rivale, outre Poppée, était une Drusilla convaincante — Gaëlle Arquez. Le rôle le plus amusant était tenu par Manuel Nuñez Camelino, interprétant en voix de fausset la nourrice de Poppée, Arnalta, dont les jugements (a)moraux ponctuent l'oeuvre en deux actes (avec entracte unique, ce qui a fait terminer le tout à 22h30 environ, alors que nous commençâmes exceptionnellement à 19h... Rien n'a plus de sens à l'opéra).

Une bonne soirée dans l'ensemble, pour 25€ (offerts, disclaimer), peut-être aussi parce qu'il y avait la voisine (de droite, cette fois).

dernière de Lola

J'hésitais fortement : deux places rentraient en concurrence, mercredi dernier. D'un côté, TCE avec Philippe Jarrousky, et donc une Hinata-chan dans un état libidineux second (ce qui est aussi rare qu'agréable) ; bonus : du Purcell et un contrebasson qu'on ne voit jamais trop plus. De l'autre côté, orchestre de Paris, programme très original, et Sergey Khachatryan que je n'ai pas vu depuis des lustres. Au début, je penchais pour le TCE, et revendre ma place de Pleyel (qui était plus chère). Et puis j'ai laissé traîner l'indécision, et la vente ne s'effectuait pas. Alors, j'ai laissé le destin choisir : la première place à partir décidera de la soirée. Il a fallu un peu forcer : manifestement, les addicts de Jarrousky seraient plus nombreux pour racheter une place de dernière minute (et effectivement, belle file de dernière minute : mais dans sa grande tradition d'accueil chaleureux du public, interdiction d'en faire la promotion, évidemment outrepassée dès que j'y ai rencontré des amis ninjas, l'ami berlinois étant le bénéficiaire final). Et puis entre la souris et Lola (annoncée sur Twitter par un musicien de l'orchestre de Paris très attentif à mes goûts), la balance reflenchait...

L'italien Gianandrea Noseda a un air fort sympathique à la direction. On commence avec le beau (et inconnu ?) "Les Préludes" de Franz Liszt, d'esprit wagnérien léger. Et puis il y a le Concerto pour violon n° 1 de Max Bruch. C'est vivant ! C'est doux, c'est neuf ? Sergey Khachatryan montre ses talents infinis au violon. Mais il nous coupe l'ambiance avec un Bach-en-bis (ok, il est super beau son Bach, mais il sait faire des choses beaucoup plus fun d'Isaÿe qui auraient été meilleurs dans l'ambiance. Bref, halte aux Bach-en-bis).

Après l'entracte, le chef italien a proposé son concitoyen (hum) Ottorino Respighi, mis au banc de l'histoire musicale (pour raison politique ? Parce que son maître Max Bruch est lui aussi injustement tombé dans l'oubli ?), quoique présent dans Fantasia. Et pour cause ! Les oeuvres "Les Fontaines de Rome", suivie de "Les Pins de Rome", sont vivantes, pleines d'énergies, d'inventivité, de cette époque straussienne-mahlerienne aux grands orchestres poétiques qui nous disent des choses. Un super concert ! (Où j'ai à peine entraperçu Lola au contrebasson, avec sa tresse de côté : elle nous manquera, jusqu'à septembre prochain !)

(Et pendant ce temps, au TCE, Hinata-chan faisait un bad trip avec son Philippe — de toute façon, leur histoire ne pouvait pas durer, question physique. Mais l'ami berlinois n'a pas détesté les remix jazzy de Purcell, conspuant même les puristes fâcheux — ces allemands, j'vous jure...)

samedi 28 juin 2014

Beethoven retranscrit

Le jeudi, c'est toujours orchestre de Paris (jeudi 19, donc : décalage temporel de rédaction...). Paavo Järvi à la direction, pour une programme full Beethoven (qui apparemment s'inscrit dans une espèce de cycle). Avec la très classique ouverture Leonore III pour accueillir les spectateurs laissés en pleine lumière, pour cause de râlage d'intermittents, d'abord annoncé au micro par un technicien (copieusement hué avant que les fonctionnaires de la salle qui ne cotisent pas pour eux, au dépend du privé, ne se mettent à applaudir pour compenser), soutenu ensuite par le premier violon Roland Daugareil, plus applaudi, notamment chaleureusement par le rang E, où se situent (autour du Directeur) ceux qui ne cotisent pas et ont tout intérêt à spoiler les ouvriers et employés pour payer moins de charges sur des salaires par ailleurs subventionnés largement par la ville de Paris. Bref, un grand moment français (les "permanittents" de la Cité de la Musique, de la même entité sociale que la salle Pleyel, avaient aussi fomenté un coup similaire la même soirée, et ont aussi été accueillis entre soutiens et huées). Quoiqu'il en soit, j'espère que les saboteurs n'auront pas touché leur cachet salaire — mais suis-je bête, avec une déclaration aussi faussée que d'habitude, travailler ou pas a à peu près le même impact au final !

Ceci étant, un spot dans la figure garde éveillé pendant du Beethoven qui est parfois un peu inégal. Mais l'interprétation "renouvelée" de Paavo Järvi était aussi là pour cela. Et dans le genre nouveau-sans-en-paraître, le Concerto pour piano en ré majeur, d'après le Concerto pour violon, exécuté par Olli Mustonen au piano était une découverte dont je n'ai mesuré la portée qu'après coup. Pendant le concert, n'ayant point consulté le programme, je trouvait original mais étrange les pizzicati pianistiques, que j'attribuais au pianiste par ailleurs très maniéré. Mais l'ami berlinois s'exclama à la fin de l'œuvre (et des bis oubliés...) : "quelle interprétation, on redécouvre l'œuvre !". Puis l'ami russe modéra en faisant remarquer que certains passages (ceux-là même que je trouvais assez étranges) avaient eu du mal à passer la traduction. J'ai fini par comprendre pourquoi cette œuvre que je connais fort bien sonnait un poil bizarrement : c'est que Beethoven avait réadapté son concerto pour violon au piano ! Quand j'ai compris...

Après l'entracte, symphonie n° 7, l'algretto, n'est-ce pas... Mais Järvi, qui enchaîne quasiment tous les mouvements, arrive avec son air de toons, à rendre intéressant et simplement joyeusement pimpant mais pas pompeux, les moments au cor qui ressemblent sinon à l'appel à la chasse à courre. Une vraie réussite ! Un concert... lumineux.

vendredi 27 juin 2014

le roi et elle

"The King and I" m'inspirait et j'en avais lu d'excellents échos, avant même la critique très positive de Laurent. Et pourtant, j'en ressors avec un avis bien mitigé... Certes la mise en scène de Lee Blakeley est réussie. L'Orchestre Pasdeloup (direction James Holmes) donne une interprétation de qualité — qui commence délibérément avec les lumières éclairées alors qu'il reste pas mal de monde à asseoir... Christine Buffle (Anna Leonowens) compense les déficiences vocales de Lambert Wilson (le Roi), qui de toute façon ne chante pas souvent, étant donné que c'est plus du théâtre parfois chanté que de la comédie musicale. Les autres interprètes — Lisa Milne (Lady Thiang), Je Ni Kim (Tup-Tim), Damian Thantrey (Lun Tha) — et plus spécialement celle que nous surnommerons "Choupinette" (en vert et rose) était très bons ou excellents (et Choupinette, on a juste envie de l'adopter).

Mais voilà, la musique de Richard Rodgers (1951) n'est pas vraiment emballante, et surtout, le problème se situe au niveau du livret d'Oscar Hammerstein II, d'une niaiserie totale. Je n'ai pas lu le roman de Margaret Landon, mais j'ai vu le film, et déjà, on peut constater que toute la partie politique, morale, concernant le pouvoir, dans sa force et sa fragilité, a été escamoté, ou plutôt édulcoré. Fus-je étonné de l'issue de la fuite des amants traitres ? Évidemment qu'à ce compte, préférant miser sur la comédie et le comique de répétition ("et cetera"), le Roi ne fait plus peur, et même un peu pitié... Et le rôle d'Anna est remâché pour un discours ultra-moderne qui n'arrive à se faire oublier que par le sommet de l'occidentalisme exacerbé, la (très, trop longue) pièce de théâtre où le "bon sauvage" réinterprète la cabane de l'oncle Tom : l'Occident qui imagine comment le sauvage peut nous voir. Mise en abyme d'arrogance. Franchement gênant.

Mis à part lorsque pour le porno, où le plus est l'ennemi du bien, j'attends toujours un scénario qui tienne la route, avec un discours intelligent. Pas du Disney sucré des années 1950 (avec les bons vieux clichés qui ne vont pas chercher loin). N'ayant pas même valeur de témoignage historique, il en reste un divertissement, un loisir. Un peu trop léger, surtout avec les prétentions affichées, et le ton adopté.

jeudi 19 juin 2014

Lola et les plumes

L'Orchestre de Paris a fait venir Yutaka Sado à la direction, ravissant l'ami japonais. Et bientôt la souris, que l'aspect sautillant-manga du chef ravit à merveille. Et pourtant, c'est en "España" qu'on débute, avec un Chabrier hispanisant à souhait. Puis un Concerto pour piano n°5 "Egyptien" de Saint-Saëns (on a cherché l'Égyptien là-dedans, mais on ne devait pas avoir le bon profil). Deux découvertes intéressantes !

Jean-Yves Thibaudet étant au piano, avec sa dégaine glamour-punk (totalement gay ?), il en a profité pour quelques bis dont je ne me souviens plus très bien... (Mais ça ne manquait pas d'originalité, de mémoire). Le programme post-entracte nous réservait encore quelques incongruités : Xavier de Maistre à la harpe, pour un concerto de Reinhold Glière, que l'on doit entendre à peu près tous les cinquante ans — ce qui est dommage, par ce que c'était fort intéressant. En rappel, zut, je l'ai sur le bout de la langue... (Serendity sait tout cela, il est ma mémoire annexe)

Et enfin, la suite du Lac des cygnes de Tchaïkovski, qui a fait débat : la souris a été heureuse de découvrir qu'on peut moduler le tempo quand il n'y a pas de danseurs, Agnès Letestu avait l'air totalement dubitative, l'ami berlinois a déclaré "qu'est-ce qu'on en a à foutre de ce ballet ?" (ou quelque chose d'approchant, bref il trouve ça trop emplumé), et moi je me suis souvenu avec émotion de ma jeunesse (à no-culture-land, rappel), parce que ça avait été une putain de découverte, à l'époque (et je n'ai su que ça se dansait que dix ans plus tard environ). Et à présent, il y a Lola au basson, et ça change tout (et la souris à côté pour se faire une mini-chorégraphie des quatre petits cygnes, priceless).

Un petit autographe par l'incroyable Xavier de Maistre, et puis s'en vont heureux à des heures indécentes de la nuit...

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