humani nil a me alienum puto

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mardi 16 octobre 2018

(soft) decadance

Ohad Naharin investit Paris. Alors qu’il n’y ait que très très rarement donné, voilà-t-il pas qu’en plus de squatter Chaillot, il a aussi programmé une sorte de bestof de ses pièces emblématique à Garnier : « Decadance », qui entre au répertoire sous une nouvelle version — le programme parle à la fois d’une création en 2000, mais aussi d’extraits de Mabul (1992), Anaphase (1993), Zachacha (1998), Naharin’s virus (2001), Three (2005), Telophaza (2006), MAX (2007), Seder (2007), Sadeh21 (2011). Pas avec ses danseurs, de fait, mais avec une formidable équipe B de l’opéra (pour une soirée Arop où quelques fumets et bruits de verres pénètrent les loges, alors que les tables occupent déjà la galerie).

Côté dames : Marion Barbeau, Aurélia Bellet, Alice Catonnet, Aubane Philbert, Silvia Saint-Martin, Ida Viikinkoski, Katherine Higgins, Juliette Hilaire, Caroline Osmont, Camille de Bellefon, Célia Drouy, Marion Gautier de Charnacé, Clémence Gross, Héloïse Jocqueviel, Sofia Rosolini et Seo-Hoo Yun. Rien que Gautier de Charnacé et Jocqueviel dans la même team, ça fait rêver (mouillé). Côté messieurs : Aurélien Houette, Pablo Legasa, Marc Moreau, Francesco Mura, Nicolas Paul, Jérémy-Loup Quer, Daniel Stokes, Yvon Demol, Antoine Kirscher, Mickaël Lafon, Simon Le Borgne, Hugo Vigliotti, Takeru Coste, Julien Guillemard, Antonin Monié, Andréa Sarri. Not so bad!

Surprenant : chez les demoiselles, il y a des formes — et même, dirait-on, de la fesse très ronde ! Certes le pantalon de couleur ne doit pas aider, mais il semble que le casting était assez ciblé. Ce n’était pas la seule chose suspecte de la soirée.

Cette oeuvre est une sorte de patchwork pas toujours bien cohérent où l’on trouve du happening, de la flashmob et du monsieur loyal (au ralenti) pour occuper pendant les changements de costumes — assez drôle tout autant que poussif. Le début punchy, avec de beaux effets de groupe (avec de la super musique, notamment Goldfrapp), s’essouffle assez rapidement pour faire place à des saynettes participatives.

Notamment, après avoir demandé à tout le monde de se lever, puis aux anciens de se rasseoir, la liste continue, d’abord avec ceux qui gagnent plus de 250k€/an, où dans la salle, lors d’une soirée mécénat, personne ne se dénonce. Après un Baron perché d'Italo Calvino qui sauve pas mal de monde (notamment mon binôme) et une position géographique de la Mecque (bah oui, avec la position de Garnier, pas trop compliqué !), ceux qui se masturbent sont invités à rejoindre leurs sièges : personne là non plus. Bref, j’ose espérer qu’il y a beaucoup de menteurs patents, sinon c’est à désespérer. Tout ça pour trouver une dame dont c’est l’anniversaire, au parterre (pour faire du semi-chippendale). Plus tard, le picking dans le public (essentiellement de femmes en habits rouges) donne aussi dans le théâtral participatif assez démago (même si l’acuité dansante moyenne est surprenante : les bourgeois se débrouillent bien !).

Bref, heureusement, dans ce grand ventre mou, il y a aussi un très beau moment sur Nisi Dominus de Vivaldi (en même temps, avec ce genre de musique…) et la fameuse Ehad Mi Yodea, que j’avais vu il y a très longtemps avec Europa Dance au TCE, chaises en demi-cercle et danseur tout au bout qui tombe — mais côté cour, on le voit à peine ! C’est idiot de ne pas avoir vérifié cela dans un théâtre à l’italienne !

La longue pièce de fin est assez décevante, très réchauffée, peut-être parce que déjà trop ancien, et malgré une très bonne BO d’ensemble, ça donne quelque chose globalement moyen plus. Il y a certes de bons moments, mais ce n’est pas ébouriffant, et parfois creux et gratuit. On voit clairement passer les 1h20 que cela dure à peine. Et surtout, malgré le jeu de mot… ce n’est pas du tout décadent !

lundi 15 octobre 2018

Barbarénice

Pas grand chose au ciné ? Pourquoi un p’tit opéra contempo bien aride ? C’est qu’il y a Barbara Hannigan. Pardon : Barbaraaaa !!!  <3

Michael Jarrell, sur commande de l’opéra de Paris, a autant écrit la musique que le livret de Bérénice. L’idée : des trilles infinies aux cordes, des phrases musicales hyper courtes (ça sonne comme un déjà vu !) et par dessus, un chant trèèèèèèès allongé. Si le texte original est bien de Racine, il est forcément réduit pour que ça rentre dans un timing de 1h30, même en superposant les scènes et les chants — ce qui aide plutôt à rendre l’oeuvre encore moins intelligible. Bref, c’est franchement aride.

Pourtant, tout y est pour la réussite : Philippe Jordan, qui décidément est partout, fait de sacrés efforts avec l’orchestre. La mise en scène de Claus Guth est jolie, avec les décors classiques de Christian Schmidt, type intérieur d’hôtel particulier (ils se tapent un délire aqueux, mais on leur pardonne).

Il y a aussi une très bonne distribution. Bo Skovhus (Titus), Ivan Ludlow (Antiochus), Alastair Miles (Paulin), Julien Behr (Arsace), Rina Schenfeld (Phénice). Et évidemment, l’immense Barbara Hannigan dans le rôle-titre, toujours aussi exceptionnelle, dont on abuse toujours en la faisant chanter dans tous les sens. Mais à la fin, on reste sur le sentiment d’une oeuvre assez moyenne, avec rien de bien neuf. Ça s’oublie très facilement.

lundi 8 octobre 2018

le retour de Tantris

Il y a des opéras qui sont de la rediff de la rediff, mais que pourtant on va revoir encore et encore (quatrième fois en 15 ans ?). Tristan und Isolde en fait partie, et comme on connaît à présent par coeur les vidéos de Bill Viola et la mise en scène complexe à base de mouvements subtils de canapé carré par Peter Sellars, ça ne surprend tellement plus, qu’on peut un peu plus se concentrer sur le texte. Comme c’est aussi de plus en plus cher, la salle présente d’assez larges zones de replacement, et en l’occurrence au premier balcon sur les rangs de devant, on pouvait y transformer sa citrouille à 15€. En plus, c’est idéal pour la stéréophonie : le choeur se place dans le couloir côté cour à mètre (entrée plutôt discrète, sortie très ninja) ; et surtout Matthiaaaaaas se poste plusieurs fois dans la galerie juste en face, créant un moment de communion intense — avec ma voisine.

Les seconds couteaux étaient d’ailleurs superbes : Matthias Goerne pour Kurwenal et Ekaterina Gubanova pour Brangäne, excusons du peu ! Avec un René Pape en König Marke, tant qu’à faire. Côté troisièmes couteaux, ça s’en sort fort bien aussi : Nicky Spence (Ein Hirt / Ein Junger Seemann), Neal Cooper (Melot) et Tomasz Kumiega (Ein Steuermann). Finalement, les deux héros, Andreas Schager pour Tristan et Martina Serafin pour Isolde, s’ils ont assuré les 5h20 (en comptant les grosses entractes), sans faiblir (contrairement à d’autres représentations où j’ai assisté — le dimanche après-midi peut aussi aider ?), sont ceux que j’ai peut-être le moins apprécié, à cause de leurs tessitures respectives. Pas fan. Mais passer par dessus l’orchestre sans pitié de Philippe Jordan qui envoie la sauce (orchestre qui par ailleurs reste assez longuement applaudir au grand complet), voilà qui relève d’un sacré exploit, tout de même.

Et Wagner. Aaaah, Wagner ! (C’est à se demander, une semaine après Siegfried, pourquoi tout le monde boit n’importe quelle potion, quand même ! Quelle fâcheuse habitude ! Même si ça nous fait de sacrés opéras)

expérience extraordinaire

Gaspar Noé donne avec Climax dans l’ascenseur émotionnel inversé : c’est d’abord euphorisant, et ça devient totalement flippant. Comme il aime le faire, c’est monté dans tous les sens : un morceau de ce qui sera la fin, un bout de générique, l’interview des danseurs recontextualisés au temps des cassettes vidéos et des téléviseurs cathodiques (1996), encore du générique, et la première partie dansante à fond les ballons, hyper dynamique, techno. Générique de fin. Et puis ça blablate entre danseurs, de plus en plus de sexe. La sangria aide… avant qu’on ne se rende compte qu’il y a un truc bizarre dedans, et que ça perde les pédales. Noé filme dans tous les sens, même à l’envers depuis le plafond, travellings de fou, pendant que les personnages pètent les plombs. « Vivre est une impossibilité collective » et « mourir est une expérience extraordinaire » seront les messages de cette partie (après, de mémoire approximative : « à ceux qui nous ont fait et qui ne sont plus » et « naître est une expérience unique », qui étaient au tout début du film).

Aucun générique de fin. Du pur Noé, tourné en 15 jours pour 95 minutes, et 2,60 millions d’€ qui seront peut-être remboursés dans 20 ans. Certains en disent donc que c’est son meilleur, d’autres que c’est de la rediff qui n’a plus aucun intérêt à force. Résumons : ça part dans tous les sens, on est remonté comme une pendule avant de s’enfoncer d’horreur dans son siège : que demande-t-on de plus, en fait ?

dimanche 30 septembre 2018

suite-demi-ring : épisode 3

Si la veille on avait tenu le timing de cinq heures pour Siegfried, commencer le dimanche 16h30 pour le Götterdämmerung a mené vers les 22 heures du soir. Bien plus de monde dans la salle, cette fois. Un simple décalage de places au second balcon de côté, bien sage, et de plus en plus central au fil des entractes et des départs — résolvant le problème de savoir quel surtitrage regarder —, a révélé un étrange phénomène : on entend mieux au dessus des tubas wagnériens que depuis des places bien plus chères. Avec les nouveaux réflecteurs, l’équation est encore plus complexe pour connaître a priori les places (probablement plus nombreuses qu’avant) où l’on entend bien, dans cette salle diabolique…

On retrouve évidemment le Mariinsky et Gergiev (avec son cure-dent de circonstance). Il y a encore du mercato sur la distribution : on retrouve la Brünnhilde originale, Tatiana Pavlovskaya (qui déplaît quelque peu à mon binôme découvreuse de Wagner à cause de son yaourt, mais il faut bien avouer qu’elle a un sacré coffre !), et celle de la veille, Elena Stikhina, devient Gutrune : quelque part, en considérant le scénario et le duo amoureux de la veille, ça a du sens… Puisqu’on en est aux chaises musicales, Evgeny Nikitin devient Gunther, Mikhaïl Petrenko prend le rôle de Hagen. Il est vrai que dans le Crépuscule des Dieux, il n’y a déjà plus aucun rôle de Dieu ! On retrouve en revanche les trois Nornes filles du Rhin (Woglinde/Wellgunde/Flosshilde : Zhanna Dombrovskaya, Irina Vasilieva et Ekaterina Sergeeva). Roman Burdenko est le plus stable dans son rôle d’Alberich, et il me semble que c’était aussi déjà Olga Savova en Waltraute.

On retrouve surtout Mikhaïl Vekua en Siegfried, qui n’a pas du tout la tête du rôle (petit chauve) mais le tient très bien. On sent parfaitement l’hubris du succès qui l’amène, un peu simplet qu’il est, à se faire promener par Gunther et Hagen comme une buse. On soupçonne de plus en plus Brünnhilde d’être une INFJ, ce qui expliquerait par ailleurs qu’elle finisse par tout brûler — elle comprise, et même son pauvre canasson qui n’a rien demandé à personne.

C’était formidable.

suite-demi-ring : épisode 2

Après les 2 premiers épisodes en demi-ring d’avril, l’Orchestre du Mariinsky et son Valery Gergiev à la direction étaient de retour pour un deuxième week-end, avec le gros morceau : Siegfried le samedi, Crépuscule le dimanche. Siegfried, c’est très long, et quand on commence à 19h, on est assuré de terminer à minuit passé, ce qui n’est pas bien pratique pour retourner chez soi depuis la Philharmonie. L’épisode est probablement pour les purs wagnériens, et donc la salle était moins remplie : c’était même fort aisé de se replacer au parterre.

Evgeny Nikitin, reprenant le rôle du Wanderer, était bien plus à l’aise cette fois — il avait marqué les esprits par son déraillement en fin de Walkyrie. Andreï Popov fait du Mime, mais c’est son interlocuteur Mikhaïl Vekua en Siegfried qui assure surtout le show (ça tombe bien, il est de quasiment toutes les scènes). Il y a eu un peu de mercato, mais c’est bien Roman Burdenko qui reprend le désormais petit rôle d’Alberich ; on retrouve aussi à nouveau Mikhaïl Petrenko et sa grosse voix généreuse pour Fafner, comme dans l’Or du Rhin. Je n’avais pas noté si Zlata Bulycheva avait déjà le rôle d’Erda. Ce qui est certain est que Elena Stikhina fait une superbe Brünnhilde — alors qu’elle était Sieglinde la fois précédente. Son duo d’amour final était sublime. Et quelle belle femme !

Mais LA révélation, c’était le zozio (aka Waldvogel), Anna Denisova : déjà, elle est vraiment gaulée comme un moineau, mais en plus elle chante avec une voix puissante et cristaline. Un grand Wagner comme on aime.

lundi 24 septembre 2018

ouverture 18-19

La Sérénade pour violon, cordes, harpe et percussions, aka « Serenade, after Plato's Symposium » de Leonard Bernstein a ouvert ma saison 2018-2019, faute d’avoir pu obtenir une place pour le concert de la veille (une symphonie n°3 de Mahler d’exception, apparemment — quoique certains y ont trouvé un tempo trop aléatoire). Bref, le dimanche, c’était le second concert du Boston Symphony Orchestra avec Andris Nelsons à la direction, et c’était loin d’être plein. Je n’ai pas trop retrouvé le banquet, à titre personnel, dans cette (rare) oeuvre très diverse, qui s’apparente plutôt à une sorte de concerto pour violon (Baïba Skride comme soliste), aux accents américains et de plus en plus proches d’un West Side Story quand on s’approche de la fin de la demi-heure que ça dure. Mais on en tire bien du plaisir musical.

Vient ensuite la Symphonie n°4 de Dmitri Chostakovitch. Ça tabasse, dès la fameuse entrée vents-xylophone. Comme ça dure une bonne heure, pas de bis. Cette saison commence très bien !

mardi 17 juillet 2018

Don Pantalone

La magie de l’opéra est de nous faire avaler avec plaisir un livret pondu en 11 jours comme savait le faire si bien Donizetti, à partir d’une farce amoureuse sur laquelle il ne faut pas trop se poser de questions, et que le metteur en scène Damiano Michieletto essaie éperdument de compliquer ou de lire à l’envers en faisant s’embrasser les mauvais personnages (Norina et le Dottor Malatesta, au lieu d’Ernesto). S’il y avait d’ailleurs bien défaut de cette version de Don Pasquale donnée en fin de saison à Garnier, c’était bien encore une fois la mise en scène, mélangeant trop d’idées foutraques, entre l’appartement des années 1970 (par radinisme, mais ça n’a pu se deviner qu’après l’entracte), les scènes filmées sur fond vert en direct (et avec costumes moyenâgeux de préférence), le neveu wesh black (Lawrence Brownlee pour Ernesto), le papi charentaise (Michele Pertusi en Don Pasquale), le gangster beauf (Florian Sempey pour Malatesta) et la vamp manipulatrice (Nadine Sierra, Norina), certains ayant leurs marionnettes, ça donne un gloubi-boulga bien indigeste, et toujours côté jardin (pas de bol, c’est le côté que j’avais choisi pour ma place, après une mésentente avec JoPrincesse pour justement ne pas se tromper, car les metteurs en scène médiocres ont toujours une fâcheuse tendance à choisir un côté et tout s’y faire dérouler… Même soucis concernant le haut de la scène, invisible d’une bonne partie du théâtre).

Heureusement que les chanteurs était fort bons, et Evelino Pidò toujours efficace à la baguette. Finalement une fort bonne soirée, pour 25€ perchés en 4e loge (pas très confortable, mais à ce prix-là, à Paris, on n’a plus grand chose… À se demander qui se fait vraiment duper, dans l’histoire !).

garder MOB

Y aura-t-il jamais meilleure fille mal gardée que Mathilde Froustey ? Probablement jamais — la preuve, elle s’est enfuie loin. Mais clairement, la deuxième meilleure mondiale, c’est bien Myriam Ould-Braham. Comment se fait-il que celle qui a accédé au statut de MILF puisse encore être aussi crédible dans ce rôle ? Mystère de la longévité extraordinaire des danseuses… Cette soirée n’étais pas prévue à mon agenda, et puis je devais rejoindre la souris, et puis j’ai carrément fini par lui piquer sa place. Surtout que si MOB était Lise, Mathias Heymann était Colas. On sait qu’à l’opéra de Paris, ce genre d’alignements de danseurs compétents est assez rare pour ne pas justifier de se jeter dessus. D’ailleurs, ma saison dans les murs de Garnier a été rachitique, et ce n’est pas totalement pour rien.

Mais de fait, j’ai raté plein de new faces. Certes, en poules, c’est difficilement reconnaissable. Et si l’on a une nouvelle Mère Simone en Alexis Renaud, c’est en l’occurrence pour Axel Magliano en nouvel Alain (rôle jusqu’à présent affecté à Allister Madin, qu’il a alterné avec Adrien Couvez jusqu’à cette prise de rôle non lâchée jusqu’à la dernière), que la souris comptait assister à cette soirée. Car c’était le petit bonhomme de son cours de danse. Le petit poulet parmi les poulettes, en somme. Qui deviendra grand, et qui a recueilli un très franc succès auprès d’un public tout acquis, manifestement découvrant l’oeuvre, et marchant à fond — autant aux blagues qu’à l’âne.

Et puis il y a aussi les new faces dans le corps de ballet, une fois déplumé, et manifestement de danseuses « racisées » très miamesque, ce qui change de plan-plan blanc-blanc-blanc, pour le plus grand plaisir de nos mirettes. Comme quoi, on penserait avoir affaire à du classique abattage quand on se retrouve avec du jeune jeune, et des jeunes anciens toujours très talentueux, bondissants et à croquer. Et après une énième rediffusion (j’ai arrêté de compter), se rendre compte que ce ballet on ne peut plus niais mais malicieux marche toujours autant.

été du Pacifique, suite

Le 2e programme des étés de la danse, qui était donc le 1er, était toujours aussi vide. Avec un meilleur placement, la souris et belle-maman, on se recule un peu pour être un peu plus haut et profiter de la scène en passant sur la grande fosse d’orchestre cette fois vide. Ça débute avec un superbe Christopher Wheeldon, sur la musique de Joby Talbot, « Tide harmonic », avec des mouvements novateurs, désarticulés, des pas de deux, des groupes, le tout dans une ambiance de combinaisons bleu métal sur fond sombre.

Inversement, la deuxième pièce, « Red Angels » d’Ulysses Dove, est très rouge ! Sur la musique de Richard Einhorn, interprétée sur violon électrique sur scène côté jardin, c’est très graphique, aussi très fluide. Après ça, on est préparé pour une tournée des musiques contemporaines « classiques » (Beirut, Andrew Bird’s Bowl of Fire, Alexandre Desplat, Philip Glass, Max Richter, Tom Waits et Kathleen Brennan), qu’Alejandro Cerrudo exploite fort bien dans « Little mortal jump ». Ça foisonne d’idées. On commence par un danseur esseulé qui va du public à la scène avant de se jeter dans la fosse. Puis il y a beaucoup de pantomime, avant de commencer sérieusement… Ou pas. On scratche quand même 2 danseurs sur de grandes boîtes, à un moment. Ça doit certainement raconter quelque chose, de poétique…

Entracte. Cette fois, visite du bâtiment jusqu’au bout (immense, vide, succession de bars sympas accessibles uniquement par le dehors — peu pratique !), et de l’extérieur à l’extrémité, qui donne sur la boule. Pas mal, on aurait quand même pu un peu mieux faire que ce style Palais-des-Congrès toujours un peu froid qui manque de splendeur. Misère des bâtiments modernes.

Bref, retour dans la salle principale (qui n’est donc pas dans la boule) pour un Crystal Pite rempli de bestioles qui grouillent sur la musique d’Owen Belton. Pite est très forte pour les effets de groupe (en l’occurrence une quarantaine de danseurs ! Probablement toute la troupe), et « Emergence » en fait la part belle. Un final en forme de wow, pour un bien meilleur programme que deux jours auparavant, avec une compagnie attachante.

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