humani nil a me alienum puto

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mardi 17 mars 2020

Mahler de Jukka-Pekka de Paris

L’Orchestre de Paris accueillait le chef Jukka-Pekka Saraste pour un programme double-Mahler. D’abord, Lieder eines fahrenden Gesellen : le jeune Mahler est très Schubert-like, et quand on lui brise le coeur, il écrit la boîte à outil de ses futures oeuvres. Mais Stéphane Degout, baryton fort réputé, y met malheureusement peu de trippes : c’est très mélodieux, mais ça manque de puissance romantique. Dommage.

L’entracte est une bonne occasion de fuir la saleté de sonotone qui a pourri une partie de la première partie — manifestement le vieux du rang devant, au parterre, qui avait enlevé l’appareil au tout début du concert. La Philharmonie a décidément l’art d’attirer les pénibles. Fuite de l’autre côté, donc, où je trouve une place (il n’y en avait plus des masses !), assez devant, pour mieux profiter encore de la superbe 6ème symphonie "Tragique" de Mahler — celle avec les cloches de vache et le gros marteau (particulièrement grand à l’OdP ! Bam !). La 6ème est dépourvue de mouvement vraiment particulier qui permette d’en garder un souvenir vif, mais il y a quelques phrases musicales typiques de Mahler (qu’on retrouve aussi dans d’autres oeuvres), et le tout est, comme toujours, fabuleux. De grands bravoooooooo ! (Et encore un départ à la retraite)

mardi 10 mars 2020

nous et Marcel

« Mahmoud, Marcel et moi », tel était l’intitulé de la soirée dominicale marquant le retour quasi-annuel de Marcel Khalifé, au oud et chant. Le « moi » étant le fils de la star libanaise, Bachar Mar-Khalifé (piano, chant, conception), tandis que l’autre fils, Sary Khalifé, est au violoncelle. Pour compléter le groupe : Nenad Gajin (guitare électrique), Anthony Millet (accordéon), Aleksander Angelov (contrebasse) et Dogan Poyraz (percussions) ; Pologne, Hongie, Serbie, France…

Le « Mahmoud » en question est Mahmoud Darwich, le poète palestinien qui a écrit les textes des principaux hits — et dont le WE entier était dédié à la philharmonie. Textes vidéoprojetés, par dessus des animations bien faites. La construction des différents morceaux est généralement similaire : d’abord une longue montée purement instrumentale, puis le chanter, en ajoutant toujours du volume, crescendo, culminant alors dans une sorte d’orgasme, avant une redescente assez rapide.

Il faut voir le public, à fond. Toujours bien présent pour ce soirées, connaissant par coeur les chansons dans les multiples rappels (faisant passer le concert de 1h15 à quasiment deux heures). Mon binôme attend Rita (et le fusil) (comme la dernière fois ?), et ça chante là encore. Le groupe est plusieurs fois rappelé, d’abord avec du succès, mais à un moment, il faut bien arrêter. Public déchainé.

Marcel Khalifé le communiste a réussi à mondialiser une musique où il excelle, sans y avoir apporté grand chose de bien original diront les spécialistes (si ce n’est quelques hérésies pianistiques, rajouteront les mêmes grincheux ?), comme tant d’autres restés dans l’anonymat. Il y a évidemment une sorte de contradiction qu’il ne lui est pas propre — les rockeurs anarchistes qui finissent dans l’industrie musicale et n’ont pas le bon goût de faire une overdose sont de cette eau-là. Il n’empêche qu’en prêchant ce style musical typique au quatre coins du monde, amenant la joie dans les coeurs d’une diaspora très probablement fantasmé (le mélange palestinien n’y étant probablement pas pour rien), le rôle du musicien est bien tenu. Il serait dommage de bouder son plaisir.

lundi 2 mars 2020

NHKhatia

Une fois par an, Paavo Järvi revient avec son NHK Symphony Orchestra Tokyo à la Philharmonie. Paavo le toon et ses sérieux Japonais pas mangas du tout. Pour le folklore local, on commence avec du Toru Takemitsu, « How Slow the Wind ». J’ai eu l’impression de l’avoir déjà entendu. En réalité, c’est là où le blog est bien pratique, c’est mon cinquième Takemitsu (une seule fois réellement apprécié), mais première fois pour cette oeuvre, qui utilise une grammaire musicale contemporaine devenue tellement classique qu’on a l’impression de l’avoir déjà entendu plein de fois. Phrases courtes, suraigus de temps à autre, base de percussions, c’est une sorte d’impressionnisme musical visuel — ce qui est peu étonnant étant donné le CV de musiques de films japonais du compositeur nippon.

Mais l’astuce pour bien remplir la salle, bien plus que d’habitude, outre les habituels nombreux Japonais, c’était de faire venir Khatia Buniatishvili au piano, pour le fort classique troisième concerto de Beethoven, dont on oublie régulièrement la teneur. Khatia romantique arrive avec une robe à sequins multicolores, et regarde régulièrement le plafond pour l’inspiration (capillaire). C’est quand même beaucoup de cinéma. Khatia dérive, je trouve, et j’en ressors un peu déçu, outre que l’orchestre n’était pas forcément des plus inspiré (« en creux », comme dira l’ami berlinois). Pas fou fou. 

En bis, l’Impromptu No. 3 in G-Flat Major (Op. 90, D. 899) de Schubert, qu’elle joue toujours très bien, un grand classique khatiesque. Entracte. Décision est prise de fuir les pénibles. Mais en fait, les pénibles fuirent d’eux-mêmes. L’occasion de s’avancer plus, avec plusieurs sièges libres tout autour, et même un couloir. Bref, c’était blindé d’invitations et de gueux venus seulement voir Khatia, qui ne vont pas se taper un truc inconnu de plus d’une heure pour terminer après 23h !

En l’occurrence, nous, les vrais, on ne venait que pour ça : la septième de Bruckner. Alors bon, c’était pas toujours bien synchro ni propre, mais il y avait de la volonté, de l’huile de coude et des moments-frissons. Pas la meilleure interprétation (ça ne vaut pas les Allemands, les Hollandais, les Londoniens…) mais quand même de la bonne. Et puis il y a le plaisir de voir la petite japonaise à frange au tuba wagnérien qui balance du gros son.

En bis, le spleen nippon en action, très beau, la Valse triste de Sibelius. Et si c’était ce répertoire qui correspondrait le mieux, comme les Japonais se sont révélés redoutables avec du Bach ?

dame de fil blanc

Qui a remarqué que l’Opéra Comique est domicilié au 1 Place Boieldieu ? De François-Adrien Boieldieu.

Avec son 26e opéra-comique, Boieldieu enthousiasma Rossini : « Vous avez accompli un tour de force, êtes resté spirituel et vrai, animé et dramatique », Weber : « Depuis Les Noces de Figaro, on n’a pas écrit un opéra-comique de la valeur de celui-ci » et Wagner : « C’est la plus belle qualité des Français qui s’exprime dans cet opéra ». La Dame blanche fut le premier titre de l’Opéra Comique à atteindre 1000 représentations et connut un succès mondial et durable, jusqu’à inspirer la fin du Trésor de Rackham le Rouge à Hergé.

Et puis : plouf. Comme toutes ces rues qui mènent à l’opéra Garnier, décoré de bustes d’illustres inconnus. D’ailleurs, le livret de « La Dame blanche » est d’Eugène Scribe, une autre célébrité de l’époque quasiment disparu de l’histoire. En 1825, c’était une tuerie, donc. Quid en 2020 ? Alors que je dégustais quelques petits fours gratuits philanthropiques à la philharmonie, après quelque présentation de la prochaine saison de l’orchestre de Paris, un homme charmant avec qui j’ai lié discussion me recommanda chaudement ce revival, dont je m’aperçus qu’il était justement programmé sur la soirée où mon binôme usuel d’opéra avait récupéré une place. Pourquoi ne pas regarder s’il en reste, dès lors ? Pas grand chose, mais de quoi faire pour peu de pécule : tardant trop pour Internet, un coup de fil m’assura d’une place a priori pas trop mauvaise, que je n’eue pas même à rejoindre physiquement…

Une très bonne position pour admirer une mise en scène de facture classique par Pauline Bureau, en vieille fausse pierre, en tartan (comme les ouvreuses) (dont une mini super mignonne, premier balcon cour), qu’un ponte universitaire qualifia à l’entracte de « provinciale » (bingo : coprod avec Limoges, comme quoi j’aurais peut-être pu l’attraper là-bas), et en tout cas d’âgé. Bon, au moins, on évite les nazis (quoique, on y a échappé de peu avec les simili-juges en simili-cuir noir — des simili-nazis ?) et la vidéo a apporté une originalité certainement absente de l’original en 1825.

Le problème est que le livret oscille entre le tarte et tartan, ou autrement dit, c’est une dame blanche cousue de fil blanc. On y trouve tout le bingo de l’opéra d’époque : masque, enfant perdu, tuteur tortionnaire de jeune fille, amour contrits et multiples des mêmes personnes sous différentes identités, vente de château, paysans aimables folklorisés, etc. Et puis l’intrigue qui se veut compliquée alors qu’elle ne l’est point des masses. Au bout de 1h50, au moment de la fin de la première partie, on se demande en choeur : « quel est ce mystère ? » Une partie de la salle n’attendra pas les dernières quarante minutes pour le savoir. On les devine, depuis, transis d’interrogations qui les poursuivront jusqu’à la tombe.

Si la direction musicale de Julien Leroy de l’Orchestre National d’Île-de-France est solide, et la partition plaisante, on n’en garde guère de souvenirs rapidement. Les chanteurs sont aussi tous très bons : d’abord Philippe Talbot qui tient le premier rôle de Georges Brown, brave soldat ; et Elsa Benoit en Anna, qui cache bien son jeu, et doit souffrir de l’intendance de Jérôme Boutillier (Gaveston). Sophie Marin-Degor (Jenny) forme avec Dickson (Yann Beuron) un couple de fermier accueillant et fan de soldats. Complètent la distribution Aude Extrémo (Marguerite), Yoann Dubruque (Mac-Irton) et le choeur Les éléments. Tout cela est bien et bon, historiquement intéressant, à voir sans doute, mais on comprend aussi assez facilement pourquoi ça a sédimenté par dessus.

victoroncelle

Pour la 2e session du Grand week-end violoncelle au TCE, la nouvelle étoile montante Victor Julien-Laferrière, précédemment entendu assez difficilement sous une chaleur étouffante et un soleil brulant au parc floral. Cette fois, dans une salle peu remplie où l’on pouvait se replacer assez aisément avec sa souris, c’était plus agréable.

Au programme, quatre pièces. D’abord, Beethoven, Douze variations pour piano et violoncelle, sur un air super connu… de Mozart ! Que je n’avais point reconnu, un morceau de Flûte. Ça alors ! Puis Mendelssohn, Sonate pour violoncelle et piano n° 2 op. 58, c’est plus sérieux, mais aussi moins passionnant — reposant, dira-t-on. Justin Taylor, au piano vintage (pianoforte ? Pas totalement sûr), laisse alors place à Jonas Vitaud, sur un piano Steinway plus classique. Plus invisible : Victor a aussi échangé son violoncelle, passant des boyaux au cordes modernes.

Et c’est ainsi qu’on attaque la seconde partie intéressante, avec Britten, Sonate pour violoncelle et piano op. 65 : très beau et d’une grande originalité, qui n’est dépassée que par Thomas Adès, Lieux retrouvés, pour violoncelle et piano. Un feu d’artifice d’inventivité, avec un mouvement désynchronisé, suivi d’un mouvement qui chuchote à peine… Une sacrée découverte !

En bis, une pièce avec violoncelle et piano à quatre mains, dont je crois me souvenir que c’était du Brahms, mais je ne retrouve l’information nulle part et j’ai oublié de noter… Au dehors, dans le hall, une petite exposition de violoncelles — mode luthier en kit — et d’archets, et puis notre héros qui signe. Je ne doute pas qu’avec nos connaissances communes, je finisse bien par pouvoir lui demander quelle était cette dernière pièce du programme.

lundi 24 février 2020

ombre pour autrui

Cela faisait très longtemps que je n’avais vu de femme sans ombre. Die Frau ohne Schatten, du duo bénéfique Richard Strauss/Hofmannsthal, c’est un mix entre La flûte (parcours initiatique), Faust au féminin (le contrat avec les petites lignes damnées) et la gestation d’ombre pour autrui. Un livret métaphorique un peu dingue, et une composition superbe. Mais cette fois sans la mise en scène de Wilson, seulement quelques disposition de chanteurs dans la salle, de temps à autre, pour donner du relief.

Le TCE, où tous les ninjas de la création ont convergé pour l’occasion, et où Laurent, ne pouvant arriver pour 18h30, a pu upgrader nos places (avec mon binôme baroque en mode découverte et absolument ravie) pour un premier rang de première loge dans le tournant pair (j’en ai profité pour donner ma propre place à une revenante opportune, Léa !), a programmé une distribution sans faille. L’Impératrice par Elza van den Heever, l’Empereur par Stephen Gould et Michaela Schuster comme Nourrice ; Lise Lindstrom pour la Teinturière et Michael Volle pour Barak, son mari. Et Katrien Baerts, la voix du faucon. Les renforts (Bror Magnus Tødenes - L’apparition d’un jeune homme ; Andreas Conrad - Le Bossu ; Michael Wilmering - Le Borgne ; Thomas Oliemans - Le Messager de Keikobad ; Nathan Berg - Le Manchot) sont eux aussi impeccable, tout comme le Rotterdam Symphony Chorus agrégé de la Maîtrise de Radio France.

La baguette de Yannick Nézet-Séguin (qui est vraiment minuscule, quand il embrasse le cast féminin il est à hauteur de seins !) est à la hauteur de sa réputation. Je ne sais pas si j’avais déjà entendu le Rotterdams Philharmonisch Orkest, mais force est de constater que la partition de Strauss a été sublimée. Une soirée très attendue et superbe comme espérée.

lundi 17 février 2020

résurrection n°2

Ce n’est pas parce qu’il y a cours le lendemain matin à quelques centaines de kilomètres qu’il faut rater Tugan Sokhiev à la tête de son National de Toulouse pour donner une symphonie n°2 de Mahler, alias « Résurrection ». Train à 6h20 le lendemain. Ça pique. Mais je n’ai pas été le seul à le penser : salle bien pleine (dès la répétition en fin d’aprem réservée aux Amis, à laquelle je n’ai pu accéder) ; pas facile de trouver une place au parterre (d’autant plus important que ça chante !). Et puis le Choeur Orfeon Donostiarra occupe une bonne partie de l’arrière-scène — mais pas énormément de temps pendant l’oeuvre. Oeuvre superlative, wagnérienne dans l’âme (surtout au début et à la fin), l’orchestre est tellement gros qu’une partie est en coulisse (comment ça c’est fait exprès ?) et que je n’ai pas réussi à repérer quand est-ce que l’orgue est utilisé…

Il y a la mezzo-soprano Christa Mayer, mais surtout la soprano Jeanine De Bique, la seule qui peut rivaliser au niveau de l’explosion du frissonomètre — comme l’épouse-t-on, au juste ? En oublie presque le public qui, comme trop usuellement, fait des siennes (à un moment, le chef est même obligé d’attendre que ça se calme, que ça finisse de tousser, que ça raccroche du téléphone…).

Quelle résurrection ! Quelle Jeanine !

princesse Iveta Organa

Je n’avais initialement pas percuté que j’avais déjà eu l’occasion d’entendre Iveta Apkalna, accompagnant un orchestre, et non en solo. La titulaire estonienne de l’orgue de la philhar de Hambourg était de retour un samedi soir à la philhar de Paris. Une, voire deux fois par saison, l’orgue est pleinement exploité. Malgré un programme Bach-Glass, la salle est largement moins remplie qu’avec Latry derrière la console, mais ce n’est pas mal du tout.

L’alternance commence par Johann Sebastian Bach : Fantaisie BWV 572. Puis Philip Glass, Music in Contrary Motion. Encore Bach, Passacaille et Fugue BWV 582 (qui est en train de devenir ma préférée, ai-je l’impression). Encore Glass, Dance no 4. Tout cela est excellent, et comme je n’ai rien immédiatement noté de mes impressions, on se reposera sur la souris, exceptionnellement venue par l’odeur du programme alléchée.

Iveta, c’est une robe dos nu en première partie, et une sorte de queue de pie stylisée sur-mesure extraordinaire — qu’elle avait déjà portée la fois précédente — post-entracte. Et puis elle a toujours une coiffure de dingue, en mode Princesse Leia. Leia Organa. Iveta Organa ?

On reprend : Bach, Toccata, Adagio et Fugue BWV 564 ; Glass, Satyagraha. Act III – Conclusion (arrangement de Michael Riesman, et c’est beaucoup moins répétitif que d’habitude !) ; et le méga-hit de Bach, Toccata et Fugue BWV 565. En bis, un Bach qui fait l’entre-deux (et qui annonce de l’orgue à la Vierne ou Lefébure-Wely, je trouve) : cantate BWV 208 « Schafe konnen sicher wieder ». Sehr sehr schöne!!

voile explosé

On ne peut qu’aller joyeusement à la Philharmonie lorsqu’un tel alignement des étoiles programmatiques arrive. Gergiev, Münchner Philharmoniker, Diana Damrau, Quatre derniers Lieder de Strauss et la 5ème symphonie de Mahler. Forcément, c’est complet, et il commence à y avoir trop de ninjas : in extremis, j’ai dû retourner au second balcon.

J’aurais peut-être dû faire comme les squatteurs des places de retardataires du fond de parterre : l’acoustique pour le chant avec gros orchestre est toujours naze. Un voile se met sur Diana, qu’on n’entend parfois plus du tout, et en tout cas trop peu. La balance est déséquilibrée. Plus que gênant. On devine que c’est très bien, sans être trop sûr. À l’entracte, préférant rejoindre Laurent (mit binôme) et Gvgvsse (par l’odeur du Mahler alléché), je n’ai pas confirmation. Il est vrai qu’ils avaient l’air boudeurs, de loin (avantage du second balcon de côté : on peut espionner presque toute la salle). Pas convaincus. Bon, dommage.

Au retour dans la salle, des places se sont libérées. Trop tard, j’ai rejoint le second balcon. Et là, bonheur : la 5ème passe extrêmement bien, en fortissimo (Gergiev a gardé la partition mais a laissé tomber la baguette pour diriger aux doigts). Au dessus du tuba et perpendiculaire des cordes (avec organisation de l’orchestre intelligente, contrebasses à gauche) parfaitement en alignée vers les oreilles. Au dessus aussi du corniste principal, qui attire des ovations unanimes. Bref, ça sonne très bien, et probablement même plus fort qu’en fond de parterre. Régal. Sauvés !

lundi 3 février 2020

requiem naphtaline

Les programmes de la production Les Grandes Voix sont tellement pourris qu’on a eu peur que cette soirée « requiem de Mozart » soit dépourvue du requiem de Mozart… C’est dire. Évidemment, cela fait partie des nombreuses fois où le Théâtre des Champs Élysées ne distribue pas de programme papier, de telle sorte qu’on doit user d’une connexion 3G (voire 4G) précaire, du moins pour la moitié du binôme qui n’est pas resté dans le 17ème siècle, pour aller sur le site web tout ambigu.

Avec ledit usuel binôme, attaquée par quelque punaise de lit assoiffée la dernière fois que nous n’étions pas ensemble (à savoir deux semaines avant : oui, le TCE est potentiellement contaminé des vilaines bêtes, n’hésitez pas à emmener votre pot de miel délicieux — par exemple sous forme de tendre viande féminine délicieuse —, afin de faire diversion de votre personne), nous étions cette fois de loge (comme la fois où l’on avait fait le Stabat Mater tout aussi ambigu de la même prod).

« En première partie de programme », donc : Mozart, « Sancta Maria, Mater Dei » (K. 273) ; Albrechtsberger, « Domine, secundum actum meum » ; Werner, « Requiem en ut mineur » ; Mozart, « Ave verum corpus » (K. 618). Faut suivre et bien compter. Tout cela est très bien et plein de belles découvertes, et chauffe à la fois l’Orfeo Orchestra, le Purcell Choir, nos solistes (Emőke Baráth soprano ; Anthea Pichanick contralto ; Zachary Wilder ténor ; István Kovács basse), et évidemment notre chef, György Vashegyi.

Mais cela aussi présage de la suite un poil décevante. Parce que les instruments (franchement) anciens, en petit groupe, c’est charmant, vintage, mais surtout frustrant. On apprécie, parce que c’est bien fait (et malgré les victimes du coronavirus, dont un exemplaire dans la loge que ma patiente et douce accompagnatrice a failli achever dans un élan humaniste), mais ça nous rappelle surtout que les instruments modernes et les grands ensembles qui claquent, c’est quand même mieux. Vivement la version Barbara à la Philhar !

(Cependant, aucune punaise de siège à déplorer. Faut dire que les mesures sont drastiques. Adieu gambettes. Satanées bestioles !!)

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