humani nil a me alienum puto

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lundi 24 avril 2017

orgue du dimanche

L’orgue de la Philharmonie n’est finalement pas des masses sollicité, mais à chaque fois qu’il l’est, je suis au rendez-vous. Cette fois, c’était Michel Bouvard pour du Bach : Orgelmesse, ou plus exactement Clavier-Übung III. Mais salle beaucoup plus vide que la dernière fois (qui était certes fort pleine). Toujours second balcon, face aux tubes. Un très joli moment d’une heure vingt (me semble-t-il), sans sucre ajouté, en passant parfois rapidement quelques pages de la partition (suspect… Avons-eu nous droit à des extraits ? Ce n’était pas dit dans la préface orale un peu trop intellectuelle, peut-être l’était-ce dans la conférence d’avant ? Peut-être que la réponse se trouve dans « l’encadrement par le Prélude et Triple fugue en mi bémol sur la Trinité ».). Cet orgue est décidément la plus belle réussite de la salle.

lundi 17 avril 2017

cors merveilleux de Bruckner

Un concert pas bien rempli de l’Orchestre Philharmonique de Radio France à la Philharmonie de Paris, intitulé Des Knaben Wunderhorn, alors que c’était seulement la première partie qui était constituée des extraits de l’oeuvre de Gustav Mahler — Lied des Verfolgten im Turm, Verlorne Muh, Trost im Ungluck, Das Irdische Leben, Der Schildwache Nachtlied, Wer hat dies Liedel erdacht ?, Der Tambourg’s sell, Rheinlegenden, Wo die schönen Trompeten Blasen, Revelge. Une très belle affiche cependant faisant apparaître la mezzo-soprano Ekaterina Gubanova au côté du baryton Dietrich Henschel, à qui l’acoustique de la salle n’a malheureusement pas rendu justice. Tralali !

Et puis une symphonie n°4 d’Anton Bruckner dirigée encore par Eliahu Inbal, avec lequel, comme le gars au milieu du premier rang de l’arrière-scène, j’étais parfaitement synchrone sur la direction. On approuve.

mardi 11 avril 2017

récital Yo-Yo

Les moments musicaux à la Philharmonie se succèdent mais ne se ressemblent pas. C’était le grand retour de Yo-Yo Ma — avec sa pianiste fétiche, pour ne pas dire complice, Kathryn Stott. Il était assez complexe de se replacer : pourtant la salle avait été remplie avec des tarifs assez prohibitifs — 110, 90 et enfin 75€ pour la 3e catégorie… Heureusement, il y a des désistements parfaits, en l’occurrence parterre couloir central pair, pas loin devant la place de la veille, mais encore mieux positionné pour apprécier le violoncelle de Yo Yo dont je me souvenais bien qu’il portait assez peu — et je me demande ce que le public de l’arrière-scène, de côté et d’en haut a pu entendre… (D’ailleurs à l’entracte ma nouvelle voisine faisait du ninja par désespoir auditif)

J’ai été confusionné par le programme, et par l’enchaînement des premières pièces, qui avait deux Ave Maria de bout en bout, de telle sorte qu’arrivé à la fin, j’ai cru qu’on était à peine au début… En démêlant l’écoute, il y avait donc pour constituer cette "Arc of Life" Suite : l’Ave Maria de Bach arrangée par Charles Gounod, le « Was it a dream ? » (op. 37, n° 4) de Jean Sibelius que je n’ai pas vu passer, avant le Tango Jalousie de Jacob Gade que j’ai repéré, suivi du Claude Debussy, « Beau Soir », tout aussi court et qui m’a échappé avant le finale Ave Maria, mais cette fois-ci de Schubert (D. 839). Et c’était d’autant plus déséquilibré que j’ai cru à une sorte de pot pourri avant d’attaquer, après applaudissements, le vrai programme dans l’ordre, qui était en fait la Sonate pour violoncelle et piano op. 40 de Dmitri Chostakovitch, aussi longue si ce n’est plus que toutes les pièces précédentes ensembles. Paumé, vous dis-je, paumé…

Après l’entracte et le miracle de conservation de la place, c’était de nouveau une pièce courte très originale, suivie d’une longue grand classique du genre (quoique) : Giovanni Sollima, « Il bell'Antonio » (oui oui, d’après le film !) ; puis César Franck, Sonate pour violon et piano en La Majeur (transcription pour violoncelle et piano de Jules Delsart). Un grand plaisir, continué de trois rappels, parce que « il n’y a pas de Brexit » : Salut d’amour d’Elgar (très beau !), Cristal de Yo Yo Ma himself (ça explique l’originalité) et un magnifique cygne de St Saëns.

mortel Brahms

Voilà un très beau deutsches requiem offert par l’orchestre de Paris, dirigé par Thomas Hengelbrock en replacement de Christoph von Dohnányi. En première partie, Concerto pour piano n° 22 de Mozart, avec Emanuel Ax. C’est plaisant, avec un très beau bis (qu’était-ce déjà ?… Chopin ? Doute), mais sans laisser de souvenir impérissable.

De face, l’acoustique est assez honnête pour profiter de la soprano Christiane Karg et du baryton Michael Nagy, mais aussi du choeur, et surtout, de l’orgue, qu’on n’entend jamais assez, et qui ici relevait fort bien le tout. Fort agréable séminaire annuel.

binôme enchantée

Qu’attendre d’une flûte enchantée par Christophe Rousset, ses Talens Lyriques et une troupe d’illustre inconnus soutenus par le choeur de l'Opéra de Dijon ? Pas forcément grand chose : on ne peut donc qu’être ravi quand ça fonctionne. Certes le trombone vintage sonne moins que d’époque pour du Mozart, et les Knaben nous ont fait un peu beaucoup tressaillir. On a eu peur au début pour Jodie Devos en Reine de la Nuit (MILF), mais finalement elle nous a réussi son air-clé. Et la Pamina de Siobhan Stagg, comme le Tamino de Julian Prégardien et le truculent beau gosse Klemens Sander en Papageno, bientôt rejoint par la délurée Camille Poul pour Papagena, fonctionnaient très bien. Les apparitions des trois Dames, Sophie Junker, Emilie Renard et Eva Zaïcik étaient de vraies gourmandises. Le Sarastro de Dashon Burton et le Monostatos de Mark Omvlee parfaitement parfaits. Alors avec tout ça, bien replacés de face dans les premiers rangs (et côté couloir, l’idéal de l’idéal) du parterre de la Philharmonie, de prime abord sceptiques, on n’a pu en ressortir qu’enchantés !

mardi 4 avril 2017

liberté et patates

Andrea Chénier, c’est la révolution à l’opéra pour le XVIème en goguette : 175€, 150€, 110€, 60€, 10€ et enfin 5€ pour rien-voir-rien-entendre. Sans mise en scène. Même à l’opéra de Paris on n’ose pas ça. Et pourtant, salle comble. Bon, au moins, tout le monde connaissait son texte par coeur, à ce prix. Ce qui est appréciable, même si je suspecte que la coprod Bayerische Staatsoper justifiait un investissement au-delà de cette seule représentation. Comme on suspecte que ce n’est ni Omer Meir Wellber à la direction, ni vraiment le Bayerisches Staatsorchester (et pas forcément le Chor der Bayerischen Staatsoper non plus, même si ça commence à faire cher en transport) qui ont mangé le ticket, on se penche plutôt sur les cachets des chanteurs.

Quelle distribution, faut-il avouer !

Jonas Kaufmann - Andrea Chénier

Anja Harteros - Madeleine de Coigny

Luca Salsi - Carlo Gérard

J’nai Bridges - Bersi

Doris Soffel - La Comtesse de Coigny

Elena Zilio - Madelon

Andrea Borghini - Roucher

Nathaniel Webster - Pietro Fléville

Christian Rieger - Fouquier Tinville

Tim Kuypers - Mathieu

Kevin Conners - L’incroyable

Ulrich Reß - L’abbé

Anatoli Sivko - Schmidt / Il Maestro di casa

Kristof Klorek - Dumas

Han, Kaufmann, haaaan Anja Harteros ! Surtout la deuxième, honnêtement. M’enfin, le premier n’est plus malade, c’est déjà ça — c’est un habitué salué du rôle, par ailleurs. La mamma morta par Harteros était sublime, couronné de plusieurs minutes d’applaudissements — et révélant enfin pourquoi mon binôme baroque verse tout à coup dans le vérisme, tu parles d’une soudaine envie de variété dans la programmation !

Que dire de ce mal aimé, ou peut-être simplement oublié au fond d’un tiroir (mis à part un air, grâce à la Callas, et un autre du héros pas si présent sur scène), opéra d’Umberto Giordano de 1896, à propos du poète révolutionnaire qui n’en survivra pas entier ? Hé bien… Sans rien révolutionner, on entend du Puccini et même parfois un zeste de pré-Wagner qui ne fait pas de mal aux oreilles, mais il manque quelque chose pour passer un certain cap. Ça souffre des mêmes problèmes que du Auber ou l’un des autres compositeurs du quartier d’opéra qui ont bien compris et synthétisé la musique de leur temps, mais n’ont pas apporté grand chose — mis à part des noms de rues et quelques bustes bien incongrus. Le livret est très romancée (alors que la vraie de Coigny avait l’air franchement géniale IRL), comme toujours. On y parle révolution, liberté et patates. Ça se passe très bien, au final.

Khatia in blue

La salle du TCE était blindée de chez blindée, comme rarement. Qui l’eut cru ? Serait-ce pour la voluptueuse et envoutante Khatia Buniatishvili ? Ou pour le Rotterdams Philharmonisch Orkest ? Certes Yannick Nézet-Séguin, mais… Ou alors, c’était le programme.

Bernstein, On the waterfront, avec des percussions endiablées au début, puis des couleurs vives, un vrai régal, mais injustement méconnu, non ? Plutôt le Gershwin, Rhapsody in blue, voilà le secret ! Khatia in blue. Khatia rhapsodique. Vue de dos, miamesque. Un bis endiablé (indéterminé).

Et puis Rachmaninoff, Danses symphoniques op. 45, celui qu’on oublie tout le temps, que rapidement on se dit « ah mais ouiiii », puis qu’on laisse filer, et qu’on ré-oublie un peu (mêmes les gongs finaux)… Un plaisir constant de redécouverte, dirons-nous. Et en rappel gourmand, Candide, très bon ! Très belle soirée, malgré les ouvreuses particulièrement poissonnières.

mardi 28 mars 2017

enfers philharmoniques

La Philharmonie nous avait réservé une belle surprise avec la mise en espace d’Appolon (??), qui avec les costumes d’Alain Blanchot et les décors de Christophe Naillet donnait une allure très Astrée et Céladon  de Rohmer. Y’avait du pastore sur scène. Cette Favola in musica de Claudio Monteverdi, ça faisait longtemps qu’on attendait son retour. Les Arts Florissants, direction Paul Agnew (planqué sur le côté en toge ?), très bien. Même déguisés, au moins ça a le mérite de l’originalité — et du kitsch assumé.

Au début, j’ai cru qu’il y aurait beaucoup de places libres, mais en réalité pas tant que ça : le Crédit Agricole était en force. Bref, de face, vers le milieu du parterre, côté couloir, je me suis dit que si l’Orfeo de Cyril Auvity devait passer avec un peu de peine, ça n’était pas forcément la même chose pour les autres bergers très directionnels (Carlo Vistoli, Sean Clayton, Zachary Wilder). Pluton (Antonio Abete) ou Charon (Cyril Costanzo) devaient être meilleurs avec l’acoustique compliquée du lieu (idem pour Miriam Allan en Proserpine et Lea Desandre en Messagère). Je ne parle même pas de l’arrière-scène, qui bénéficie à présent (enfin !) du surtitrage, mais qui avec les rochers sur scène devait autant entendre que voir…

Il n’est donc pas très étonnant que parti chercher mon Eurydice aux enfers du second balcon de côté (accompagné du Charon Agricole dans l’ascenseur), je la trouvai fort marrie. En tout cas pour le moins déçue. De face, c’était mieux, mais je concède que ce n’était pas le meilleur des Orfeo : a minima, il manquait quelque chose de l’ordre de la passion et de la vibration de l’anima. Et puis les cuivres était souvent assez compliqués, dira-t-on.

Ce qu’on retiendra surtout, c’est la superbe Musica/Euridice d’Hannah Morrison, et la superbe Hannah Morrison elle-même. Un brin de fille blonde qui m’a enchantée de bout en bout avec une voix claire et puissante. Et quel regard visuel, en plus… Clairement, pour elle, on est prêt à habiter aux enfers (pas loin de Porte de Pantin, là où les escalators en panne aléatoire sont pratiques pour pousser les vieux sous-réactifs de vie à trépas).

lundi 27 mars 2017

Tchaïko d’Arc

Qui savait que Tchaïkovski avait écrit la musique et le livret d’un opéra sur Jeanne d’Arc, d’après du Friedrich von Schiller, mais bien en russe ? Sur notre sol national, il aura fallu attendre 1976 pour la première ! Et à la Philharmonie, la salle était assez bien remplie sans l’être tout à fait : c’était facile de se replacer en 4A, premier rang (sur invitation d’une ouvreuse stressée au parterre, qui trouvait la salle très pleine — il n’y avait que plusieurs rangées libres en plein milieu, c’est vrai que ça allait être très très compliqué, au moins…).

Là, on apprécie la saturation sonore par l’Orchestre et Chœur du Théâtre Bolchoï de Russie, dirigé par notre adoré Tugan Sokhiev. Mais aussi le volume sonore impressionnant d’Anna Smirnova en Jeanne d'Arc — qui n’a pas la tête de l’emploi, mais un coffre ahurissant. J’ai plusieurs fois vu la souris se boucher un peu les oreilles pour atténuer le son. Le reste de l’équipe était aussi de fort bon niveau : Oleg Dolgov en Roi Charles VII ; Bogdan Volkov en Raymond ; Anna Nechaeva pour Agnes Sorel ; Andrey Gonyukov en Dunois ; et Stanislav Trofimov pour L'Archevêque (quelques autres encore, plus mineurs).

La première partie de 1h35 était assez fascinante, mais j’ai eu plus de mal avec la deuxième de pourtant seulement 1h05. Il faut dire que des retardataires (la chose commençant à 19h00…) avaient récupéré leurs places, nous repoussant en fond de premier balcon, plus de face, mais aussi plus loin, avec un son atténué, quoique mieux positionné pour apprécier l’orgue (parce qu’il y a un orgue, en plus !!). Bref, cumulé avec l’oreille droite bouchée (perte de pression suite à injection de fièvre jaune & hépatite A dans l’après-midi ? Ça a duré jusqu’au dimanche…), c’était plus compliqué.

Il n’empêche que notre flamme a brûlé pour cette russe Jeanne !

mardi 21 mars 2017

jeune ballet mortel

Il faisait chaud, très chaud même, à Chaillot, et sombre, avec une voisine qui refoulait un peu : idéal pour dormir à moitié devant la chorégraphie sans queue ni tête à la Prejlo des ballets de Montréal. Cette Jeune fille et la Mort de Stephan Thoss était surtout mortelle. Un abus de Glass — mixé avec du Nick Cave et Warren Ellis, Alexandre Desplat, et j’en passe… —, pour arriver enfin tardivement sur Schubert (remix Mahler). À boire et à manger. J’ai aperçu des trucs très bien, dissout dans beaucoup d’inintéressant. Les danseuses ont les cuisses épaisses typiques de contempo mais sont fort jolies. Dans l’ensemble de bons danseurs qui souffrent d’une oeuvre vraiment pas passionnante. Une soirée bof, perte de temps dans l’ensemble.

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