humani nil a me alienum puto

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lundi 14 avril 2014

Yuja Kavakos

Yuja Wang, elles pourrait jouer n'importe quoi que je viendrais. Récemment (dans le futur ce billet, mais qu'importe), un ninja proposait au rachat un billet pour le récital à venir de la merveilleuse chinoise à un autre, et ce dernier de mettre sous condition de consulter le programme : quelle idée ! Même si elle jouait frère Jacques je viendrais ! Même si elle jouait du Brahms je viendrais ! Oh, wait !...

La présence du violoniste Leonidas Kavakos a déclenché quelques cas de conscience chez quelques demoiselles (dont au premier chef, Klari, fan de celui-ci, détestant celle-la) ; heureusement, Jonas Kaufman pouvait donner un alibi le même soir au TCE. Mais JoPrincesse choisit Pleyel ; tout comme Hugo ou Andante con anima, sans fleurs encore cette fois-ci (je remarque qu'il ne chronique cependant plus que les jolies pianistes, Khatia pour la dernière).

Johannes Brahms, sonates pour violon et piano n°1, en sol majeur, op. 78, n°2 op. 100, n° 3, en ré mineur, op. 108. On n'en retiendra que la n°3. Même s'il est toujours agréable de s'endormir avec Yuja — mais avec Leonidas au milieu, c'est moins confortable. Très belle et courte robe, comme il se doit (bustier, pas de dos nu cette fois). Chaussures inadaptées : Yuja a beau essayer de se grandir (physiquement), elle n'en reste pas moins haute comme trois pommes. Elle reste grande dans nos cœurs !

comme un ouragan

Le concert des nations, avec l’irremplaçable Jordi Savall, était de retour à Pleyel pour un concert orageux : un siècle de "Tempêtes, orages et fêtes marines (1674-1764)". Ambiance mouillée, le soir même où j'ai cru à une explosion de petites chaussettes à Montparnasse, alors que tonnait en réalité l'orage (sec...). Au fond du premier balcon, près d'un couple de vieux pénibles cherchant le programme sur leurs smartphones, et d'Hinata-chan pour commenter la météo, on vit arriver ce bon vieux Pablo et sa pilosité extraordinaire. Mais ce n'est pas lui qui fit du vent, à la machine à vent comme au soufflet ad-hoc (une éolienne ?).

Matthew Locke, "Music for the Tempest" : brise légère. Antonio Vivaldi, Concerto "La Tempesta di mare" : se couvrir, quelques averses. Jean-Féry Rebel, "Les Elémens" : il n'y a pas que l'orthographe qui ait été contemporaine, le début est carrément dans l'atonalité !

Entracte, on se sèche. Marin Marais, "Airs pour les Matelots et les Tritons" (extraits d'Alcione) : vent force 2. Antonio Vivaldi, Concerto pour violon en fa mineur "L'Inverno" RV 297 (bref, un quart des quatre saisons, avec Manfredo Kraemer au violon), frisquet & frissonnant. Pour finir, Jean-Philippe Rameau, "Orage, Tonnerre et Tremblement de terre" (extraits des Boréades), enfin quelque perturbation atmosphérique qui mériterait d'être nommé d'un nom féminin (j'ai quelques propositions à émettre).

Tout concert des nations doit se terminer en claquant des mains : clap, clap, clap-clap-clap... Rappel habituel pour habitués.

dimanche 13 avril 2014

L’ascension du LSO

J’avais décalé mon horloge biologique d’une heure. Je fuis à présent les concert de l’après-midi, qui cassent le rythme de la journée. Exception faite pour les concerts exceptionnels : c’était le cas du concert de la semaine précédente, à 17h. Je n’étais point revenu, dans mon esprit, à l’horaire normal de 16h : je suis donc parti de chez moi quand le concert commençait. Me rendant compte de mon erreur, j’ai seulement raté la première heure. L’ascension, de Messiaen. Un an que j’attendais de la réentendre au concert. Cruelle déception…

Je suis donc arrivé au pas de course dans la salle, au parterre (assez peu rempli), en même temps que le pianiste Denis Matsuev arrivait sur la scène avec Valery Gergiev. Cric crac. Alors que je reprenais mon souffle, ceux-ci tentèrent de me le couper avec un concerto pour piano n° 2 de Franz Liszt. Ne me demandez pas le bis, je n’avais plus toute ma tête.

À l’entracte, j’ai appris ce que j’avais raté : une manifestation bobo face à la salle Pleyel anti-Gergiev/Matsuev, par rapport à leur position en faveur de l’annexion de la Crimée. On pouvait y lire « une baguette n’est pas une épée ! ». Mais voyons, Gergiev dirige au cure-dent ! Je corrige donc : « un cure-dent n’est pas une épée ! ». Quitte à être absurde, soyons-le jusqu’au bout. L’ambassadrice russe à l’Unesco, rang E, n’a cependant pas abandonné sa place (qu’elle n’avait probablement pas payé, ceci étant dit).

Alexandre Scriabine, Symphonie n° 2 : peut-être plus épaisse, j’y préfère les leitmotivs de la 3e. Fort belle interprétation, ceci étant dit.

LSO oublié

Le LSO et Gergiev étaient de retour, salle Pleyel : le week-end dernier, tout recommença samedi soir, pour deux concerts selon le même schéma : un Messiaen, un bidule au piano, une symphonie de Scriabine. Quelle bonne idée !

Olivier Messiaen, Les Offrandes oubliées. Oublié, oui, Messiaen, qui a après avoir été énormément programmé pour un anniversaire, il y a quelques années (centenaire de sa naissance ? Je ne sais plus), a quasiment totalement disparu. Assez incroyable, ces vagues sur un fond de commerce qui reste toujours identique d’une année sur l’autre, d’une salle à l’autre — notons que l’an prochain, il y aura pas mal de Messiaen au TCE ! Bon sans que c’est beau.

Et puis un p’tit Chopin, le Concerto pour piano n° 2, par Daniil Trifonov. Je ne sais plus ce qu’il joua en bis (n’était-ce pas lui qui enchaîna deux Debussy ?). Après l’entracte, la belle, la grande symphonie n°3, "Le Divin Poème" d’Alexandre Scriabine. Une œuvre formidable, avec un Leitmotiv beaucoup plus connu que son compositeur.

promenons-nous dans les bois

« Into the woods » a ravi les amateurs éclairés de comédie musicale, au Châtelet <http://blog.parisbroadway.com/2014/04/into-the-woods.html>. Il faut dire que l’œuvre de Sondheim baigne dans une ambiance jubilatoire de réinterprétation de contes de fées : Cendrillon (Kimy McLaren), le petit chaperon rouge (Francesca Jackson), Jack et le Haricot magique (Pascal Charbonneau — sa mère : Rebecca de Pont Davies) et Raiponce (Louise Alder) se croisent grâce à un nouveau méta-conte, le boulanger (Nicholas Garrett) et sa femme (Christine Buffle). Le but du boulanger : renverser la malédiction d’infertilité qu’a jeté la sorcière (Beverley Klein, mère adoptive de Raiponce) en lui fournissant des objets typiques des autres personnages, le tout se baladant dans les bois.

Le chassé-croisé invraisemblable est narré par un vieux conteur (Leslie Clack) sur le côté de la scène. Première partie : après quelques accès de morales douteuses, les différents contes se terminent comme ils devaient se terminer, la boulangère pourra se reproduire et la sorcière a retrouvé sa jeunesse. On aurait pu le deviner : c’est pour la musique et les décors, plus que le scénario global, qu’on se régale, même si l’ensemble est relevé de petites pépites. Les duos de princes (Damian Thantrey — aussi loup — et David Curry), l’un tombé amoureux (et poursuivant dans les bois) d’une petite souillonne lors du dernier bal, l’autre coursant une blonde à long cheveux des bois, sont vraiment croquignolesques. D’ailleurs, on leur a appris à être charmant, pas sincères, alors qu’ils se mettent à courir la Belle au bois dormant et Blanche Neige : la deuxième partie renverse tout.

Tout construire, et puis tout casser. « Into the woods » se divise bien en deux parties tout aussi longues (1h15 environ). On a droit à une géante en furie (Fanny Ardant, really ? Hors scène, bizarre), homicidaire, une belle métalepse, et alors tout est permis. Trop de tout. Dès qu’on quitte les chemins balisés des bois, on s’égare quelque peu, et ça devient longuet…

Il y a beaucoup de choses dans cette comédie musciale de Sondheim : du brillant comme du décevant. Il y a des décors et une mise en scène (Lee Blakeley) assez génialement trouvée et exécutée. Des morceaux musicaux absolument craquants (direction David Charles Abell). Dans l’ensemble, c’est très bon, mais une version plus courte aurait l’avantage de rassembler une action qui s’égare régulièrement, au milieu des bois…

lundi 7 avril 2014

classique-Bruckner #2

Deuxième opus du Royal Concertgebouw Orchestra Amsterdam/Mariss Jansons, avec Krystian Zimerman cette fois-ci au piano, pour une première partie Concerto pour piano n° 1 de Brahms (et le bis, heu... Je ne sais plus du tout). Et la souris au rang J du second balcon (à côté de mini-Brunnhilde). Où la symphonie n° 9 d'Anton Bruckner résonne fort bien. Ça bourrine bien. Ça décrasse les oreilles. C'est de la ostéopathie : un peu violent sur le coup, et on se sent mieux après.

classique-Bruckner

Le Royal Concertgebouw Orchestra Amsterdam avait un horaire étrange, 17h le dimanche : peut-être à cause du changement d'heure ? Toujours est-il qu'une semaine plus tard, ce décalage aura quelque dramatique conséquence... Premier d'une série de deux concert, le programme était binaire : un truc classique, du Bruckner qui tache. J'avais deux places, mais je n'en ai vu qu'une seule : j'avais prévu de faire découvrir ça à la souris, au moins je m'en suis rendu compte pour le lendemain...

Mariss Jansons à la baguette, Truls Mørk à l'archet pour un très joli Concerto pour violoncelle n° 1 Joseph Haydn (quel était le bis, déjà ?... Il y en avait un au moins ?...). Et une bonne symphonie n°4 "Romantique" de Bruckner, depuis le 1er balcon, premier rang, plein centre (Merlin du Figaro s'y est aussi établi). Parfait.

vendredi 4 avril 2014

concerto pour Lola sans (trop) Lola

L'Orchestre de Paris sait composer des programmes qui relève de la petite pépite. Un concerto pour basson, pensez-y, Lola Lola Lola !! Mais de Lola, il n'y en eut que dans la sympathique ouverture de Joseph Martin Kraus, Olympia. Un truc sorti d'on ne sait où, d'un gus qui a vécu quasi-parfaitement en parallèle de Mozart. Avec trois bassons (un homme bien, vraiment ! Il avait dû prévoir Lola, à l'époque, et on le comprend). Alors que pour le Mozart, justement, Concerto pour basson, il n'y en avait plus qu'un seul : celui de Giorgio Mandolesi, le basson solo rigolo (un Italien, forcément !) de l'orchestre, qui s'est tapé des envolées, sur cette petite œuvre des 18 ans, dignes d'un rocker. Jubilatoire. Sentiment non démenti par les deux rappels prémédités — un truc cubain en duo avec une contrebasse et un autre délirant avec tout l'orchestre, de mémoire très très approximative.

Nous n'en étions pas encore à la moitié du concert, mais c'en était fini de Lola, malheureusement. La nouvelle héroïne ce fut Sol Gabetta, la sensuelle Argentine blonde violoncelliste, pour le Concerto pour violoncelle n°2 de Joseph Haydn. Fort belle interprétation, avec toujours un omnipotent Giovanni Antonini à la baguette. Talent non démenti au rappel, qui était fort original, ressemblant à du Arvo Pärt, très contemporain, des sonorités impressionnantes (je voudrais bien la référence exacte !).

Et enfin, après l'entracte, Wolfgang Amadeus Mozart de nouveau : Messe de l'orphelinat. Camilla Tilling (soprano), Kate Lindsey (mezzo-soprano), Rainer Trost (ténor), Havard Stensvold (basse), et le Choeur de l'Orchestre de Paris. Je ne connaissais point cette œuvre non plus : décidément, ce fut une soirée de très agréables découvertes, car c'était fort beau !

italienne au boulot

J'avais écrit "C'est une bonne soirée, tout de même, mais rien n'est moins certain que je m'en souvienne encore dans deux mois." Bingo : je ne m'en souvenais plus du tout. C'est après un grand effort, et un fait scientifique révélé (B#5 a calculé ça devait dater de 2010, et je n'avais rien raté cette saison-là) que la chorégraphie des hommes et femmes pizzas et chianti a un peu exhumé des souvenirs lointains refoulés.

Trois heures de répétition permettent de voir la manière dont on monte un spectacle, et lever le rideau sur le mystère est toujours excitant pour l'éternel néophyte amateur — et puis ce jeudi matin était le seul espoir ou presque d'obtenir une place dans une séance de travail AROP, alors que c'était tellement plus facile avant ! Riccardo Frizza à la direction. Ça pourrait être bien, mais étant donné le billet du passé (je ne me souvenais plus qu'avoir croisé VGE — justement je me demandais à quelle soirée de Garnier...), je vais garder de mon précieux temps que de faire une redif peu exaltante...

lundi 31 mars 2014

passion express

J'ai un peu trop de retard dans mes billets, faisons-la vite : la Passion selon saint Jean par le Bach Collegium Japan dirigé par son légendaire Masaaki Suzuki du mercredi 19 à Pleyel, c'était sensationnel.

    Bach Collegium Japan
    Masaaki Suzuki : direction
    Joanne Lunn : soprano
    Damien Guillon : alto
    Yosuke Taniguchi : ténor
    Gerd Türk : ténor, L'Evangéliste
    Peter Kooij : basse, Pilatus/Petrus
    Chiyuki Urano : basse, Jésus

Comment cela se fait-il que des nippons comprennent aussi bien Bach ? Bach serait-il vraiment Dieu ? Toujours est-il que si l'orchestre est venu du Japon, et moi du plateau de Saclay (ce qui est légèrement plus éloigné), ce fut une rencontre passionnante. Au moins.

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