humani nil a me alienum puto

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mardi 20 septembre 2016

rencontre de Crystal

Billet de rapide compte-rendu d’une rencontre balletomane à l’amphi Bastille, avec la chorégraphe canadienne Crystal Pite. Elle a l’air aussi intelligente que douée et intéressante. Elle manipule Ludmila Pagliero (qui est plus jeune que moi ??) et Vincent Chaillet pendant presqu’une heure, sur un remix bien senti des quatre saisons, dans une chaleur assez insoutenable, puis répond au questions avec l'aide de son assistant québécois — notamment du petit rat, mais la troupe de balletomanes était presque au complet et disséminée aux quatre coins.

Objectif atteint : il va falloir trouver comment s’y incruster.

lundi 19 septembre 2016

Mozart Bruckner 7

Dernier concert de la série Barenboim-Staatskapelle Berlin, avant la mini-session de janvier, il y avait cette fois au programme d’apéro la Sinfonia concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson K 297b de Mozart : cette fois, le maestro se contente de la baguette, et ça a le mérite de l’originalité. Ce n’est en effet pas tous les jours qu’on entend cette oeuvre. Avec Gregor Witt au hautbois, Matthias Glander à la clarinette, Ignacio Garcia au cor et Mathias Baier au basson.

Les tarifs prohibitifs ont toujours laissé de belles opportunités de replacement, mais j’ai dû être chassé de ma place (la veille aussi, mais on avait opportunément occupé les sièges délaissés par nos voisins partis aux urgences…). Pas de chance, je rejoins donc Serendipity sur les bords (parce que c’est pénible, la Philharmonie : le public arrive in extremis, en début de concert comme après l’entracte, et dans certains cas même après le début de la musique). On vit un moment extraordinaire avec un vieux qui nous lance un “ne vous mettez pas devant moi” pour nous inviter à nous replacer ailleurs que sur le rang devant lui — il n’aurait pas envie de quelques convulsions, celui-là ?

De toute façon, il y avait de bien meilleures places, plus devant encore, pour faire encore plus exploser le frissonomètre que les fois précédentes. Comme Daniel Barenboim, je peux diriger la symphonie n°7 de Bruckner sans l’aide de la partition (qui ne me serait guère utile, d’ailleurs, à titre personnel…). En même temps, c’est à force d’écouter sa propre interprétation au disque, alors je manque peut-être de références plus diverses (quoiqu’elle est souvent donnée au concert, et que je m’efforce de ne jamais la rater). Standing ovation.

À la sortie, l’issue de secours nous fut (vainement pour ma part) interdite. La Philharmonie se plie toujours en quatre pour rendre ce qui pourrait être une agréable soirée au minimum absurde, au pire désagréable. Pour 400 millions, tu n’as presque plus rien — il reste une excellente acoustique sur les deux premiers tiers de parterre que je ne quitte plus désormais.

Mozart Bruckner 6

Pour cette troisième session Barenboim/Staatskapelle Berlin, Serendipity fit son retour à la Philharmonie et son fidèle clan de ninja, après un an d’absence. De quoi mettre notre voisine de replacement en convulsions — et tester encore une fois la stupidité architecturale de la Philhar, où il fut difficile d’alerter ouvreurs et médecin, puis d’évacuer la pauvre femme, pendant que l’orchestre continuait son Concerto pour piano n° 26 de Mozart, avec Barenboim à la direction et derrière le clavier. Alors que dix minutes plus tard, à l’entracte, on commençait enfin à évacuer la victime, Laurent tenta l’hypothèse que l’interprétation de Barenboim ne devait pas être tout à fait étrangère à tout cela. Nonobstant ce que je pense être un rapide déraillage au début de l’oeuvre, il est vrai que ces apéritifs n’avaient rien de très intéressants ni mémorables.

En revanche, la Symphonie n°6 d’Anton Bruckner, avec ses relents de Lawrence d’Arabie (on est d’accord que le thème principal a été plus que largement inspiré ?) était superbe, quoique plus difficile d’écoute attentive.

lundi 12 septembre 2016

Mozart Bruckner 5

Et c’est reparti pour un Barenboim-Mozart-Staatskapelle Berlin-Bruckner. Concerto pour piano n°20, toujours avec Barenboim omnipotent. Même disposition d’orchestre que la veille mais avec cette fois les contrebasses regroupées au fond du jardin en alignement avec les violoncelles (idéal pour l’espèce de canon du 3e mouvement). Ça se prête moins au frisson que la plus connue n°4, mais ça fait du bien par où ça passe !

Mozart Bruckner 4

Ouverture de la saison en grande pompe avec la suite des programmes Bruckner par Barenboim et le Staatskapelle Berlin. Mais d’abord, parce qu’il faut se faire plaisir et qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, un peu de Mozart avec l’archi-connu concerto n°24 et Barenboim derrière le clavier et dirigeant depuis son tabouret. Étrange apéritif pour introduire la symphonie n°4 de Bruckner. Disposition d’orchestre de combat : contrebasses au fond, seconds violons à droite avec altos, violoncelles à gauche. Voilà qui augure bien et fort. Frissonomètre à fond. Ça se termine d’ailleurs par une standing ovation au parterre, où l’on entend décidément largement bien mieux — merci aux tarifs indécents qui ont laissé pas mal de sièges libres dans la salle.

vendredi 22 juillet 2016

gros pois technicolor et petits carrés N&B

C’était la dernière, et il y avait @odette9. Alors j’ai claqué 30€ — bordel de tarifs, mais bon, on est éduqués par le théâtre de la ville et Chaillot ; et puis Bastille est malin, normalement les tarifs sont quatre fois pires, mais bizarrement c’était vide, alors on nous a fait cette faveur budgétaire…

Vingt-cinq minutes de Justin Peck pour commencer. De mémoire, jamais vu. De mémoire, déjà vu. Comme dit la miss : c’est du Robbins ! (En moins bien) Comme elle n’aime pas Robbins, elle n’a pas aimé. Comme j’aime beaucoup Robbins, j’ai bien aimé. Mais il vrai qu’on retiendra surtout, avec le temps qui passe, les gros points colorés devant les têtes des danseurs — avant qu’ils ne se démasquent —, la couleur changeante du décor abstrait de derrière, et les jolis costumes peut-être.

L’affaire reposait sur Sae Eun Park, qui reste très coréenne, et même asiatique. Ce sont des gens de peu d’expression, ou plutôt d’une autre expression. De manière fort amusante, @Alliocha, catholique au haut sens moral, l’a trouvé bouleversante ; tandis que mes amies, souris en tête, la trouvent mono-expressive. On ne peut pas plaire — et surtout parler — à tout le monde. En tout cas on lui reconnaît de très jolies jambes, et une joie naturelle introvertie à la sortie des artistes (moi je l’aime beaucoup. Mais peut-être moins sur scène, en effet). Très jolie musique de Francis Poulenc, concerto pour deux pianos et orchestre en ré mineur (1932).

Seconde partie : Balanchine. Celui qui fait beaucoup parler de lui à cause des costumes de Lagerfeld, que j’ai trouvé très bien — à part le moment meringue rose, qui a le mérite de mettre tout le monde d’accord dans la détestation, et qui s’est vu qualifié de barbie, kitsch immonde, et de couleur PQ par moi-même. En réalité, ce qui jurait le plus, c’était le décor vieillot de derrière, une image poussiéreuse de vieux bâtiment à coupole, inintéressant au possible. Il aurait fallu aller dans le total-trip-Buren, à la rigueur, ou mettre une abstraction, ça aurait fini de dépoussiérer les ensemble balanchinien, que j’ai trouvé en tout cas plus intéressant que d’habitude — sans être exaltant, évidemment. Agréable quatuor pour piano n°1 de Brahms orchestré par Schoenberg. Et puis il y avait Alice Renavand. Comme elle n’a pas allumé de cigarette à la sortie des artistes, elle a peut-être corrigé le seul défaut qui lui restait : on peut donc l’épouser les yeux fermés (mais ouverts).

lundi 18 juillet 2016

triple-Bill

Cela faisait longtemps, vraiment longtemps, que je n’étais point retourné à Garnier pour de la danse. Au premier essai, ce fut la déception — sans compter l’ouvreuse très désagréable. Au second essai, il fut en revanche fort facile de trouver une place de dernière minute au parterre (elle a pris 10€ en quelques années, bel exploit d’inflation parisienne). Les voies de l’Opéra de Paris sont impénétrables. Soirée triple-Bill : trois William Forsythe.

Il y avait aussi Laurent, à cette représentation. Et évidemment, la souris avec moi (je précise avoir eu l’idée du titre du billet indépendamment. Mais est-ce étonnant ?). La première pièce,”Of any if and”, faisait figurer Léonore Baulac avec Adrien Couvez. Je ne fais jamais assez de déclaration d’amour à Léonore — qui en plus d’être belle, douée, munie d’un grand sens artistique et d’une vraie présence scénique, possède un grand esprit ; c’est mon palliatif à la disparition de Mathilde. Lors de cette pièce de 20 minutes, des mots tombent aléatoirement (?) des cintres (on est content d’être au parterre, à l’amphi ça doit être gênant) alors que deux personnes déclament au fond, sur la musique techno de l’habituel Thom Willems. C’était très beau — très belle.

Seconde oeuvre, “Approximate sonata” : cette fois-ci, bien plus de danseurs, et notamment la superbissime Hannah O’Neill, qu’on mangerait bien. La puissance de la génétique. Comme c’est la seule non-étoile féminine du truc, elle a droit à un pantalon vert fluo immonde, qui masque ses cuisses — alors que c’est plutôt celles de la pourtant magnifique Alice Renavand (dont on ne dira jamais assez de bien, alors ça va) qui était, d’aussi près de la scène, moins yummy. D’ailleurs, Alice, comme d’hab, elle a tout compris. Elle a ça dans le sang, la danse contemporaine qui envoie. Elle est arrivée en premier avec Adrien Couvez (infatigable ! Quel heureux homme), sur le tout devant de la scène qui enjambait l’orchestre couvert. Marie-Agnès Gillot était avec Audric Bézard, Eleonora Abbagnato avec Alessio Carbone, et enfin Fabien Révillion pouvait batifoler avec Hannah, pour une oeuvre qui était apparemment devenue moins approximative qu’avant cette nouvelle version.

La troisième partie, après le second entracte, était la création de la soirée, pour l’opéra de Paris, parce que Forsythe a été ramené par Benjamin Millepied — et donc il s’est déjà tiré avec ce dernier aussi… “Blake Works I”, sur une musique de James Blake. Changement total d’ambiance : ça swingue, sur une musique entraînante dont seul Laurent a dû écouter les paroles (forcément hyper niaises). On balance des hanches, on retrouve beaucoup de monde sur scène, essentiellement Ludmilla Pagliero, Hugo Marchand et Fanny Gorse, et même Léonore avec son François Alu, qui était cette fois-ci celui se détachant du groupe (on retrouve souvent, dans les chorégraphies contemporaines, ce motif : tout le monde habillé pareil sauf un, tout le monde répétant les mêmes mouvements sauf un…), en jogging-baskets. Fort plaisant !

lundi 11 juillet 2016

Philiiiiiiiippe à Venise

D’abord, c’est Philippe Jaroussky qui a déclaré forfait — méchante bronchite. Alors le récital a été décalé d’une bonne semaine, et passé d’un samedi à un lundi. Et c’est Hinata-chan qui a dernier moment a déclaré forfait. Rater volontairement le pèlerinage annuel au TCE. Hérétisme !

Le tout Paris et le tout ninja était pourtant au rendez-vous pour un programme vénitien affichant de la rareté ancienne — avec tambour, donc. Ensemble Artaserse pour des musiciens en majorité jeunes et enthousiastes.

Cesti - Sinfonia et air « festeggia mio core »  extrait de Le disgrazie d’amore

Cavalli - Recitatif  et aria d’Endimione  « lucidissima face » extraits de La Calisto

Rossi - Lamento d’Orfeo « lasciate averno» extait de L’Orfeo

Meali - Sonate pour violino « la cesta » 

Cavalli - Aria di  «all’armi mio core»  extrait de Statira, principessa di Persia

Marco Uccellini - Sinfonia quinta a cinque stromenti 

Legrenzi - Grande scène de Giustino: « O del ciel ingiusta legge! » extrait de Giustino

Marini - Passacaille

Rossi - Air « M’uccidete begl’occhi » 

Steffani - Air « Sorge Anteo »  extrait d’Alarico

Uccellini -  Sinfonia sesta a cinque stromenti op. 7 

Monteverdi - « Adagiati, Poppea » (Incoronazione di Poppea)

Cavalli - Airs « Delizie contente » extrait de Giasone  et  « Che città» extrait de Ormindo

Steffani - Marco Aurelio, ouverture - Récitatif et air d’Anfione « dal mio petto», extrait de Niobe - Regina di Tebe

Legrenzi - Sonata a due « La Spilimberga »

Cesti - Lamento de Polemone  « Berenice » extrait de Il Tito

Steffani - Aria ciaccona « Gelosia, lasciami in pace » extrait de Alarico

Originalité et excellence au rendez-vous. C’est rythmé, c’est emballant, le public assez nombreux — on pouvait se replacer, mais pas si facilement que ça non plus (j’ai dû fuir un chinois renifleur, ça faisait longtemps…) — en a redemandé.

Alors Philippe nous parla, nous fit un peu rire, et annonça le-plus-grand-génie-du-baroque, Monteverdi, avant d’entamer un très beau “Si dolce”. Alors le public applaudit de plus belle, et il annonça un autre Monteverdi, cette fois de l’Orfeo, “pas pour contre-ténor mais je m’en fiche !”. Public forcément emballé, on termina avec un rappel de la chaconne finale. Belle soirée.

mardi 5 juillet 2016

stabat Palpat

Pont de l’Alma fermé. La plaie. Obligé de faire un détour, j’arrive un peu juste au TCE. Bip de la place : refusée. Ciel, c’est pas la bonne : le Jaroussky reporté à la place du Stabat Mater. Vite, un duplicata ! Bip, ça passe. Monter les escaliers deux à deux. Et là, le drame : on m’a duplicaté Jaroussky ! Donc je ne sais pas où je suis. Si ce n’est à côté de Hinata-chan, qui est… introuvable. Rang Z pair : personne. Impair de l’autre côté : non plus. Peut-être en dessous ? (On a alterné avec le rang U, cette année encore) Rien. Sauf un ouvreur, qui me dit que manifestement, c’est très simple, je suis en haut. Mais regardez la place, mon bon monsieur ! Le voilà tout perdu, il n’y comprend plus rien. Il me renvoie au contrôle le bougre ! Alors que ça va commencer… Un coup à terminer stabat dans un coin. Heureusement, sa collègue est moins paniquée et me replace en fond de premier balcon, plein centre.

Idéal (mais en sueur) pour écouter l’Ensemble Amarillis sur la première partie de concert, dépassant à peine la demi-heure : Scarlatti et son Concerto grosso n°3 en fa Majeur (extrait des six concertos à sept parties), Mancini et une Sonata n° 14 en sol mineur, Durante pour un Concerto grosso en fa mineur.

Entracte, je vois que mon SMS de géolocalisation de mon accompagnatrice éplorée de ma disparition, effondrée de mon absence, n’est point parti. Mais le sien a fini par arriver : victime des mêmes errances de réseau, elle s’inquiétait tout de même de ne m’avoir vu accourir alors que désespéré je regardais partout, en hauteur, à l’endroit où elle n’était déjà plus puisque replacée. True fact. Quelques tests étymologiques du TAME avalés plus tard (Hinata pourrait donc faire chef d’entreprise), deuxième partie. S’avancent la mezzo-soprano blonde Karine Deshayes, à la gauche de la puissante brune Sonya Yoncheva, soprano en robe noire transparente assez immédiatement condamnée.

Hinata s’est plainte de l’absence de grave d’une mezzo qui aurait dû être alto. Pas faux. Mais ce Stabat mater de Pergolesi n’en demeurait pas moins fort beau.

Sankai acqueux

“Meguri” est le dernier Ushio Amagatsu à passer au Théâtre de la Ville avec sa troupe Sankai Juku. Sur une thématique marine, on passe en revue un peu tous les éléments naturels usuels. Pas de bestiole ni de gros ralentis, mais ça reste dans la veine, et on en est fort heureux.

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