humani nil a me alienum puto

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vendredi 22 juillet 2016

gros pois technicolor et petits carrés N&B

C’était la dernière, et il y avait @odette9. Alors j’ai claqué 30€ — bordel de tarifs, mais bon, on est éduqués par le théâtre de la ville et Chaillot ; et puis Bastille est malin, normalement les tarifs sont quatre fois pires, mais bizarrement c’était vide, alors on nous a fait cette faveur budgétaire…

Vingt-cinq minutes de Justin Peck pour commencer. De mémoire, jamais vu. De mémoire, déjà vu. Comme dit la miss : c’est du Robbins ! (En moins bien) Comme elle n’aime pas Robbins, elle n’a pas aimé. Comme j’aime beaucoup Robbins, j’ai bien aimé. Mais il vrai qu’on retiendra surtout, avec le temps qui passe, les gros points colorés devant les têtes des danseurs — avant qu’ils ne se démasquent —, la couleur changeante du décor abstrait de derrière, et les jolis costumes peut-être.

L’affaire reposait sur Sae Eun Park, qui reste très coréenne, et même asiatique. Ce sont des gens de peu d’expression, ou plutôt d’une autre expression. De manière fort amusante, @Alliocha, catholique au haut sens moral, l’a trouvé bouleversante ; tandis que mes amies, souris en tête, la trouvent mono-expressive. On ne peut pas plaire — et surtout parler — à tout le monde. En tout cas on lui reconnaît de très jolies jambes, et une joie naturelle introvertie à la sortie des artistes (moi je l’aime beaucoup. Mais peut-être moins sur scène, en effet). Très jolie musique de Francis Poulenc, concerto pour deux pianos et orchestre en ré mineur (1932).

Seconde partie : Balanchine. Celui qui fait beaucoup parler de lui à cause des costumes de Lagerfeld, que j’ai trouvé très bien — à part le moment meringue rose, qui a le mérite de mettre tout le monde d’accord dans la détestation, et qui s’est vu qualifié de barbie, kitsch immonde, et de couleur PQ par moi-même. En réalité, ce qui jurait le plus, c’était le décor vieillot de derrière, une image poussiéreuse de vieux bâtiment à coupole, inintéressant au possible. Il aurait fallu aller dans le total-trip-Buren, à la rigueur, ou mettre une abstraction, ça aurait fini de dépoussiérer les ensemble balanchinien, que j’ai trouvé en tout cas plus intéressant que d’habitude — sans être exaltant, évidemment. Agréable quatuor pour piano n°1 de Brahms orchestré par Schoenberg. Et puis il y avait Alice Renavand. Comme elle n’a pas allumé de cigarette à la sortie des artistes, elle a peut-être corrigé le seul défaut qui lui restait : on peut donc l’épouser les yeux fermés (mais ouverts).

lundi 18 juillet 2016

triple-Bill

Cela faisait longtemps, vraiment longtemps, que je n’étais point retourné à Garnier pour de la danse. Au premier essai, ce fut la déception — sans compter l’ouvreuse très désagréable. Au second essai, il fut en revanche fort facile de trouver une place de dernière minute au parterre (elle a pris 10€ en quelques années, bel exploit d’inflation parisienne). Les voies de l’Opéra de Paris sont impénétrables. Soirée triple-Bill : trois William Forsythe.

Il y avait aussi Laurent, à cette représentation. Et évidemment, la souris avec moi (je précise avoir eu l’idée du titre du billet indépendamment. Mais est-ce étonnant ?). La première pièce,”Of any if and”, faisait figurer Léonore Baulac avec Adrien Couvez. Je ne fais jamais assez de déclaration d’amour à Léonore — qui en plus d’être belle, douée, munie d’un grand sens artistique et d’une vraie présence scénique, possède un grand esprit ; c’est mon palliatif à la disparition de Mathilde. Lors de cette pièce de 20 minutes, des mots tombent aléatoirement (?) des cintres (on est content d’être au parterre, à l’amphi ça doit être gênant) alors que deux personnes déclament au fond, sur la musique techno de l’habituel Thom Willems. C’était très beau — très belle.

Seconde oeuvre, “Approximate sonata” : cette fois-ci, bien plus de danseurs, et notamment la superbissime Hannah O’Neill, qu’on mangerait bien. La puissance de la génétique. Comme c’est la seule non-étoile féminine du truc, elle a droit à un pantalon vert fluo immonde, qui masque ses cuisses — alors que c’est plutôt celles de la pourtant magnifique Alice Renavand (dont on ne dira jamais assez de bien, alors ça va) qui était, d’aussi près de la scène, moins yummy. D’ailleurs, Alice, comme d’hab, elle a tout compris. Elle a ça dans le sang, la danse contemporaine qui envoie. Elle est arrivée en premier avec Adrien Couvez (infatigable ! Quel heureux homme), sur le tout devant de la scène qui enjambait l’orchestre couvert. Marie-Agnès Gillot était avec Audric Bézard, Eleonora Abbagnato avec Alessio Carbone, et enfin Fabien Révillion pouvait batifoler avec Hannah, pour une oeuvre qui était apparemment devenue moins approximative qu’avant cette nouvelle version.

La troisième partie, après le second entracte, était la création de la soirée, pour l’opéra de Paris, parce que Forsythe a été ramené par Benjamin Millepied — et donc il s’est déjà tiré avec ce dernier aussi… “Blake Works I”, sur une musique de James Blake. Changement total d’ambiance : ça swingue, sur une musique entraînante dont seul Laurent a dû écouter les paroles (forcément hyper niaises). On balance des hanches, on retrouve beaucoup de monde sur scène, essentiellement Ludmilla Pagliero, Hugo Marchand et Fanny Gorse, et même Léonore avec son François Alu, qui était cette fois-ci celui se détachant du groupe (on retrouve souvent, dans les chorégraphies contemporaines, ce motif : tout le monde habillé pareil sauf un, tout le monde répétant les mêmes mouvements sauf un…), en jogging-baskets. Fort plaisant !

lundi 11 juillet 2016

Philiiiiiiiippe à Venise

D’abord, c’est Philippe Jaroussky qui a déclaré forfait — méchante bronchite. Alors le récital a été décalé d’une bonne semaine, et passé d’un samedi à un lundi. Et c’est Hinata-chan qui a dernier moment a déclaré forfait. Rater volontairement le pèlerinage annuel au TCE. Hérétisme !

Le tout Paris et le tout ninja était pourtant au rendez-vous pour un programme vénitien affichant de la rareté ancienne — avec tambour, donc. Ensemble Artaserse pour des musiciens en majorité jeunes et enthousiastes.

Cesti - Sinfonia et air « festeggia mio core »  extrait de Le disgrazie d’amore

Cavalli - Recitatif  et aria d’Endimione  « lucidissima face » extraits de La Calisto

Rossi - Lamento d’Orfeo « lasciate averno» extait de L’Orfeo

Meali - Sonate pour violino « la cesta » 

Cavalli - Aria di  «all’armi mio core»  extrait de Statira, principessa di Persia

Marco Uccellini - Sinfonia quinta a cinque stromenti 

Legrenzi - Grande scène de Giustino: « O del ciel ingiusta legge! » extrait de Giustino

Marini - Passacaille

Rossi - Air « M’uccidete begl’occhi » 

Steffani - Air « Sorge Anteo »  extrait d’Alarico

Uccellini -  Sinfonia sesta a cinque stromenti op. 7 

Monteverdi - « Adagiati, Poppea » (Incoronazione di Poppea)

Cavalli - Airs « Delizie contente » extrait de Giasone  et  « Che città» extrait de Ormindo

Steffani - Marco Aurelio, ouverture - Récitatif et air d’Anfione « dal mio petto», extrait de Niobe - Regina di Tebe

Legrenzi - Sonata a due « La Spilimberga »

Cesti - Lamento de Polemone  « Berenice » extrait de Il Tito

Steffani - Aria ciaccona « Gelosia, lasciami in pace » extrait de Alarico

Originalité et excellence au rendez-vous. C’est rythmé, c’est emballant, le public assez nombreux — on pouvait se replacer, mais pas si facilement que ça non plus (j’ai dû fuir un chinois renifleur, ça faisait longtemps…) — en a redemandé.

Alors Philippe nous parla, nous fit un peu rire, et annonça le-plus-grand-génie-du-baroque, Monteverdi, avant d’entamer un très beau “Si dolce”. Alors le public applaudit de plus belle, et il annonça un autre Monteverdi, cette fois de l’Orfeo, “pas pour contre-ténor mais je m’en fiche !”. Public forcément emballé, on termina avec un rappel de la chaconne finale. Belle soirée.

mardi 5 juillet 2016

stabat Palpat

Pont de l’Alma fermé. La plaie. Obligé de faire un détour, j’arrive un peu juste au TCE. Bip de la place : refusée. Ciel, c’est pas la bonne : le Jaroussky reporté à la place du Stabat Mater. Vite, un duplicata ! Bip, ça passe. Monter les escaliers deux à deux. Et là, le drame : on m’a duplicaté Jaroussky ! Donc je ne sais pas où je suis. Si ce n’est à côté de Hinata-chan, qui est… introuvable. Rang Z pair : personne. Impair de l’autre côté : non plus. Peut-être en dessous ? (On a alterné avec le rang U, cette année encore) Rien. Sauf un ouvreur, qui me dit que manifestement, c’est très simple, je suis en haut. Mais regardez la place, mon bon monsieur ! Le voilà tout perdu, il n’y comprend plus rien. Il me renvoie au contrôle le bougre ! Alors que ça va commencer… Un coup à terminer stabat dans un coin. Heureusement, sa collègue est moins paniquée et me replace en fond de premier balcon, plein centre.

Idéal (mais en sueur) pour écouter l’Ensemble Amarillis sur la première partie de concert, dépassant à peine la demi-heure : Scarlatti et son Concerto grosso n°3 en fa Majeur (extrait des six concertos à sept parties), Mancini et une Sonata n° 14 en sol mineur, Durante pour un Concerto grosso en fa mineur.

Entracte, je vois que mon SMS de géolocalisation de mon accompagnatrice éplorée de ma disparition, effondrée de mon absence, n’est point parti. Mais le sien a fini par arriver : victime des mêmes errances de réseau, elle s’inquiétait tout de même de ne m’avoir vu accourir alors que désespéré je regardais partout, en hauteur, à l’endroit où elle n’était déjà plus puisque replacée. True fact. Quelques tests étymologiques du TAME avalés plus tard (Hinata pourrait donc faire chef d’entreprise), deuxième partie. S’avancent la mezzo-soprano blonde Karine Deshayes, à la gauche de la puissante brune Sonya Yoncheva, soprano en robe noire transparente assez immédiatement condamnée.

Hinata s’est plainte de l’absence de grave d’une mezzo qui aurait dû être alto. Pas faux. Mais ce Stabat mater de Pergolesi n’en demeurait pas moins fort beau.

Sankai acqueux

“Meguri” est le dernier Ushio Amagatsu à passer au Théâtre de la Ville avec sa troupe Sankai Juku. Sur une thématique marine, on passe en revue un peu tous les éléments naturels usuels. Pas de bestiole ni de gros ralentis, mais ça reste dans la veine, et on en est fort heureux.

mardi 28 juin 2016

Paavo part — Lola reste

C’était la dernière de Paavo, notre bienaimé Paavo Järvi de l’Orchestre de Paris, qui avait annoncé dès 2014 qu’il quitterait l’orchestre à la fin 2016. On s’y attendait mais on osait à peine croire à l’échéance (un peu comme quand l’ouverture de la Philharmonie a bien eu lieu…). Replacé de face au parterre, pour bien profiter de cette 3ème symphonie de Mahler, avec l’alto Michelle deYoung, superbe, la soirée s’est déroulée à merveille jusqu’à l’ovation finale, puis une autre ovation, puis un discours pour offrir une lettre originale de Berlioz (Eschenbach n’avait-il pas eu aussi un cadeau du genre), Lola de toute beauté et resplendissante (elle reste, évidemment), et puis le cadeau musical de l’orchestre (non identifié, mais ça sonnait bien la scandinavie–pays baltes ce morceau…), et re-ovation, et puis il va falloir se quitter quand même — mais on se reverra dès 2017 parce qu’une place intérimaire a été créée, et en 2016 Paavo viendra avec son NHK du Japon.

Un chef d’orchestre à la personnalité très attachante et vraiment très grandement et sincèrement apprécié, et même : aimé.

lundi 20 juin 2016

pas transfiguré

Une à deux fois par an, il y a forcément un conflit d’agenda. Il y avait donc Yuja Wang à la Philhar, avec une place à 10€. Et une Verklärte Nacht (empruntée à Schoenberg, version NY Philharmonic/Boulez) au théâtre de la ville, mais pour plus de 20€. Longtemps, l’hésitation a été de mise, et finalement, j’ai commis un crime de lèse-Yuja. Le karma n’a pas été bon : impossible de revendre cette place (il paraît que c’était très vide !). Et je n’ai pas vu que le programme du TdV se limitait à 40 minutes sans décor et trois danseurs (je n’ai d’ailleurs pas capté le moment où les deux danseurs masculins se sont échangés, mais il me semble bien que mon manque de concentration peut s’excuser par le fait qu’ils n’étaient jamais que deux simultanément sur scène).

Bref, avec un coût d’opportunité de 31€, ça faisait franchement cher, d’autant que l’original, créé il y a 20 ans avec des décors et plus de monde, était donné à Garnier en début de saison avec d’autres pièces, et que j’aurais pu y aller pour moins cher. Sapristi, je paie assez cher le fait d’être sous l’eau depuis presqu’un an…

C’était bien, hein, mais j’ai été plus que frustré. Même pas compris que c’était la fin définitive après cette pièce… Donc déçu.

lundi 6 juin 2016

retour du kavalier

Une rediffusion du superbissime Rosenkavalier de Herbert Wernicke !

L’un des meilleurs moments d’opéra. Au début, j’ai cru que c’était une autre production qui était donnée. Ensuite, j’ai confondu cette mise en scène avec une autre (je visionne bien des miroirs et une salle/scène de bal — pour les miroir, j’étais bon, mais avec quoi confonds-je ?…). Mais dix ans plus tard, j’avais toujours dans l’oeil la rose d’argent, les costumes blancs, l’escalier qui s’avance, le lit au milieu… Quel bonheur. Avec ses tarifs absolument ahurissants, Bastille a réussi le tour de force d’avoir une salle franchement vide — apparemment 15 à 20%, mais surtout sur les places les plus chères ! En dernière minute, l’accueil était exécrable et les tarifs incroyables (35€ pour les jeunes, 50 pour les vieux !). L’opéra a tenté de réagir en inondant d’offres promotionnelles (que je ne pense pas avoir reçu), ce qui a eu comme effet positif notable de me faire revoir B#4 (ah !…). Mais cette fois, j’étais surtout accompagné de la souris : profitant de la revente d’un ninja, replacement au premier balcon, parfait pour lire tout le texte de Hugo von Hofmannsthal de ce Chevalier à la rose sans se casser le cou et tout en profitant de Philippe Jordan dans la fosse — comme il y a dix ans !

Je n’aurais de cesse de dire à quel point j’adore Richard Strauss à l’opéra. Il reste mon compositeur préféré. Avec une bonne équipe, l’alchimie emmène vers des sommets. C’était clairement le cas pour cette dernière — malheureusement, mon emploi du temps était totalement incompatible avec toutes les autres représentations. Michaela Kaune pour Die Feldmarschallin, Peter Rose en Baron Ochs et surtout, pour incarner Octavian, Stéphanie Houtzeel qui remplaçait Daniela Sindram pour cette seule date, superbe — dans tous les sens du terme, de la Deutsche Qualität made in USA!

Très belle soirée d’opéra, que je retrouvais pourtant sans plaisir (les salles parisiennes rivalisent vraiment pour dégouter les spectateurs de venir, c’est incroyable).

Toulouse fantastique

Retour du Capitole de Toulouse avec son Tugan Sokhiev, qu’il ne va heureusement plus quitter alors qu’il jongle déjà avec Moscou. C’est dire s’il ne se quittent plus ces deux-là ! Le concert était vraiment peu cher mais il n’était pas trop compliqué de se replacer pour l’apprécier encore plus (du fond de parterre, cependant). D’abord, pour un Concerto pour violoncelle et orchestre d’Antonín Dvorák avec Gautier Capuçon au violoncelle. Magnifique. Il me semble qu’il y eut un bis, mais lequel ?…

Après l’entracte, Hector Berlioz, Symphonie fantastique, récurrente mais cela faisait un bout de temps. Parfaitement exécuté. Toujours une valeur sûre. Tout comme les bis finaux — dont il serait agréable de retrouver les références quelque part, car ma mémoire flanche…

essence du classique

De retour de Hanoi, quoi de mieux qu’un petit concert jetlagué ? Heureusement, c’était tout doux comme du petit lait, mais pas ennuyeux du tout pour ne pas s’endormir : l’Academy of saint Martin in the Fields a fait ce qu’elle sait faire de mieux. Et à la faveur de tarifs prohibitifs, une rangée entière en front de parterre de la Philharmonie était libre. Après une Symphonie n° 13 en do min MWV 14 de Felix Mendelssohn, toute courte et revigorante, en auto-pilote (suivant le premier violon Tomo Keller, à l’ancienne), c’est Murray Perahia, complice de toujours, qui est venu prêter main forte dans un gant de velours pour le Concerto pour piano n° 9 K 271, "Jeune homme" de Mozart. Sublime. Et ne nous gratifiant point d’un bis, c’était pour mieux revenir comme chef d’orchestre : Symphonie n° 2 de Robert Schumann.

Et tout simplement, navigant en pleine musique “purement” classique, ça a été un très joli moment du début à la fin. Comme quoi, calculer mon retour en avion n’avait pas été vain.

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