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lundi 25 septembre 2017

le couronnement d’Hana Blažíková

Dans les chaises musicales des rôles, seuls changements lors de cette trilogie monterverdienne de Sir John Eliot Gardiner rendant hommage au shakespearien Peter Hall avec le Monteverdi Choir et l’English Baroque Soloists, on s’est retrouvé avec le contre-ténor Kangmin Justin Kim dans le rôle de Néron, ce qui était mieux que son petit rôle dans l’Orfeo pour juger de sa réputation. Mais de fait, ses attributs physiques, dans cette Incoronazione di Poppea, ont tôt fait souffler ma voisine (dont les velléités ninjas modérées nous ont poussé encore une fois à un second balcon relativement vide, certes moins que la veille, mais guère plus) : on dirait Kim Jong-un en Néron. Fou rire étouffé. C’est vrai que je me suis demandé s’il allait lancer un missile contre Sénèque. C’est mal.

N’empêche que outre ce réalisme inattendu, être follement amoureux de Hana Blažíková, en Poppée (et Fortuna parfois, pour pousser l’allégorie jusqu’au bout), est tout à fait crédible, même si c’est un personnage épouvatable. Moi aussi, je donnerais mon royaume à Hana. Moi aussi je virerais cette Ottavia qui a mal tourné (Marianna Pizzolato, mezzo-soprano). Bon, je liquiderais quand même pas le pauvre Seneca (Gianluca Buratto, basse, qui nous a manqué après l’entracte). Et puis ce pauvre Ottone délaissé (Carlo Vistoli, contre-ténor aussi, excellent)… Et cette pauvre cruche de Drusilla (Anna Denis, qui fait aussi Virtù, parce que cruche jusqu’au bout, mais bonne quand même).

Une excellente oeuvre qui pallie les déficit d’Ulisse, tout en restant certes un poil trop longue, maladie baroque qui durera longtemps. Dans tous les c’était une très bonne idée d’enfiler les trois oeuvres (même si commercialement, ça n’a pas forcément aussi bien marché que prévu) : on peut ainsi mieux mettre en perspective et voir l’évolution du paléopéra baroque. Cette oeuvre plus mâture, pose réellement toutes les bases du baroque à venir : l’intrigue, le déroulement, l’alternance des oratorios, etc.

Et puis c’est la dernière fois qu’on peut rendre hommage à une mise en espace sympathique et intelligente, toujours d’Elsa Rooke, avec de très beaux costumes (encore Isabella Gardiner et Patricia Hofstede ?) : finalement, c’est bien meilleur ainsi que lorsqu’on est souvent affligé d’une mise en scène. Quel plaisir ! Quelle Hana Blažíková !

mortel Ulisse

La séance du 2e épisode de la trilogie Monteverdi commence encore par une dédicace à Peter Hall, homme de théâtre disparu en début de semaine, dont le travail sur Shakespeare a été particulièrement salué dans le discours lu par un intervenant de la Philharmonie, certainement traduit à partir de notes de Gardiner. Mais cette fois-ci, la salle est bien vide. Très facilement, avec ma voisine baroqueuse usuelle retrouvée, nous nous plaçons plein centre du 2nd balcon, sans personne autour. Le son monte bien, à présent, mais c’est mon héroïne Hana Blažíková qui (en tout cas au début) passe le plus mal.

Il ritorno d’Ulisse in patria est toujours très beau, mais ça se traine autant au début (longues allégories) qu’à la fin (quand c’est fini, ça continue…). De 19h30 à 23h00 passé, modulo un entracte, se met en place un modèle de l’opéra baroque qui va durer un bon bout de temps. Sur scène, outre toujours le Monteverdi Choir en mode stéréo, on retrouve peu ou prou la même distribution que la veille.

Furio Zanasi, baryton, Ulisse
Lucile Richardot, mezzo-soprano, Penelope
Krystian Adam, ténor, Telemaco
Hana Blažíková, soprano, Minerva / Fortuna
Gianluca Buratto, basse, Tempo / Nettuno / Antinoo
Michal Czerniawski, contre-ténor, Pisandro
Gareth Treseder, ténor, Anfinomo
Zachary Wilder, ténor, Eurimaco
Anna Dennis, soprano, Melanto
John Taylor Ward, baryton, Giove
Francesca Boncompagni, soprano, Giunone
Robert Burt, ténor, Iro
Francisco Fernández-Rueda, ténor, Eumete
Carlo Vistoli, contre-ténor, Umana Fragilità
Silvia Frigato, soprano, Amore
Francesca Biliotti, contralto, Ericlea

Hana Blažíková est encore une allégorie, mais on la voit finalement trop peu ; en Fortuna, elle est crédible ; en Minerva, elle est aussi INFJ que mon binôme (mais c’est quoi cette manie de vouloir exterminer tout le monde pour aider, à la fin ?). C’est Furio Zanasi (arrivée tardive, et pas forcément le meilleur fit pour le rôle), Lucile Richardot (une Penelope qui se transforme aussi en arc dans l’intelligente mise en espace d’Elsa Rooke) et Krystian Adam que l’on voit le plus souvent occuper l’opéra. Et puis il y a Robert Burt, en Iro, seul survivant des prétendants massacrés, qui planqué en organiste lors de l’exécution sommaire, nous sert un brillant numéro où il interagit avec l’orchestre. Clairement excellent dans l’ensemble.

descente aux enfers

La trilogie de Monteverdi en trois jours : quelle excellente idée de la Philharmonie de Paris et de Gardiner ! Tout comme l’accueil en musique dans le hall, avec trompettes et tambourins. Coup de malchance : je n’avais pas pris de place à cette première session à cause d’une mauvaise interprétation de mon agenda. Coup de chance : l’ami berlinois se trouve une invitation, revend sa place, et finalement me trouve aussi une autre invitation ; me voilà au premier balcon, premiers rangs, bien centré. Coup de malchance : ma voisine débarque claudiquante (aussi une invitée), trébuche et tombe dans l’espace entre le siège de devant et le maigre espace pour circuler, s’écroule sur moi, et il faut bien du temps pour arriver à la décoincer (sans aucune aide d’un quelconque responsable de la salle, le dirlo ne comprenant pas mon appel, les ouvreurs étant d’une inefficacité remarquable). Coup de grâce : la voisine en question commence par respirer de plus en difficilement, faisant sentir quelques relents alcoolisés, puis tousse, s’étouffe, renifle, etc. Descente aux enfers bien synchrone avec celle d’Orphée.

L’Orfeo est fort prisé : salle blindée. Sans entracte mais avec un petit précipité trop imprévisible pour tenter un replacement, commençant à 19h30 comme les autres épisodes beaucoup plus long, le début de l’interprétation par l’orchestre du Monteverdi Choir (avec son English Baroque Soloists) était certes un peu long et surchargé, mais bien valorisé par la mise en espace. Et notamment par Hana Blažíková, qui dans le rôle de Musica, pour la première fois que je vois cela, jouait réellement de la lyre en chantant. Cette soprano, beauté préraphaëlite de 36 ans (3 ans et un jour de plus que moi), était une vraie révélation. On descendrait aux Enfers pour elle, c’est très crédible. Formidable.

Le flower power sur scène faisant son effet, la chose s’installe bien et notre Orphée Krystian Adam va jusqu’au magnifique sur la fin. On retient aussi l’impressionnant Charron de Gianluca Buratto. Au final un bien belle prestation, surtout gâché par ma voisine d’infortune : qu’il est dur de perdre son Euridice !

dimanche 21 mai 2017

Wozzeck plastique

Avec cette 19ème rediffusion de la même mise en scène que les deux (ou trois ?) fois précédentes, celle de Marthaler aux chaises en plastique, Wozzeck était de retour à Bastille, et ça ne se refuse jamais. Une seule date m’était possible, le vendredi. 150€ la première catégorie, les autres à l’avenant : bizarrement, la salle n’était remplie qu’au fond, les touristes étaient légion, et un bon nombre a découvert Berg dans la souffrance, partant au milieu de la représentation. Et donc, pour 5€, achetant une place au seul guichet automatique prenant la carte bleue (faisant passer les détenteurs de pièces en premier, malgré le numerus clausus et la longue attente au dehors, car la soirée commençait en fait à 20h30, après quelques averses…), j’ai pu me mettre au premier balcon, deuxième rang, bien de face (en premier tiers de cour), avec place libre à côté et escaliers de l’autre. Parce que la salle démocratique était évidemment bien vide (remplissage d’un tiers, je dirais : pire que d’habitude !). Quand on voit les personnages de Wozzeck, d’une grande bêtise ordinaire, on se dit qu’il n’y a pas que la populasse qui soit touché par la pandémie.

Bref, c’était fort réussi, même si Johannes Martin Kränzle est trop vieux pour le rôle, et que Gun-Brit Barkmin nous a fait peur au début en projetant assez mal (idem pour notre héros ; c’est assez habituel dans cette salle fort grande, avec l’orchestre qui couvre trop). En bonus, on aperçoit dans un rôle secondaire le jeune Russe sympathique de l’atelier lyrique qui était le fil rouge du documentaire L’Opéra, Mikhail Timoshenko — qui a très bien assuré sa partition. Michael Schønwandt gère fort bien la partition, dans la fosse.

Un très bon Wozzeck, qui restera encore plus confidentiel que d’habitude et n’effacera pas celui de Londres (ni Keenlyside dans mon coeur) — je vois que c’est mon 6ème Wozzeck depuis mars 2008 ! Mais bon, moi j’aime bien avoir les salles d’opéra que pour moi, ou presque.

Bou et Petibon

Au TCE, Mélisande était de retour, et toujours aussi paumée. Patricia Petibon sait fort bien interpréter les filles éthérées à chevelure. En face d’elle, le rude Kyle Ketelsen en Golaud et le jeunot Jean-Sébastien Bou en Pelléas. Louis Langrée à la baguette avec le National de France au bout, pour faire de jolies choses de la partition de Debussy. Eric Ruf pour une nouvelle mise en scène sobre et marécageuse (mode modernisé post-apocalyptique des années 40) de ce « Pelléas et Mélisande », avec des costumes simples de Christian Lacroix, qui a surtout réussi celui de Mélisande. Un reste de distribution vocale tout à fait au niveau : Jean Teitgen (Arkel), Sylvie Brunet-Grupposo (Geneviève), Jennifer Courcier (Yniold) et Arnaud Richard (Le médecin, le berger). Tout cela pour passer une agréable et dramatique soirée, malgré l’assise précaire de la salle.

lundi 24 avril 2017

encore l’opéra

Voilà un documentaire diversement apprécié : les uns adorent, les autres détestent. C’est amusant à quel point on peut cliver selon les types psychologiques : les psychorigides, surtout portés sur l’herméneutique à outrance, seront fort déçus ; tandis que les sensibles au picorage de moments savoureux et saugrenus se régaleront. « L’Opéra » de Jean-Stéphane Bron (« L’expérience Blocher » et « les grandes ondes » !) commence avec briefing de communiqué de presse, à l’administration, à propos de « la meilleure compagnie de danse du monde » : « ça on ne dit plus ». Les scènes croquignolesques se suivent ainsi. Le taureau, casté puis shooté au Schönberg, notamment. Et on suit plus précisément un jeune chanteur russe prometteur qui est un excellent client, et que je regrette de ne point avoir vu encore puisque je ne suis plus à l’Arop.

Et puis il y a toute l’administration et le processus de création, qui rappelle un peu plus du Wiseman. Le management du paquebot entre les grèves, les choeurs qui décident que oui mais non ils en ont assez de répéter, et les allers-retours et jeux entre metteur en scène, chef, chanteurs (dont un qui annule à l’arrache parce que voilà-quoi-hein), le choeur, etc. Il y a cette réunion lunaire de la haute administration sur les tarifs, où le directeur Stéphane Lissner et Jean-Pierre Thiellay demandent à Jean-Yves Kaced de combien les tarifs ont augmenté — 90% en 10 ans —, avant que tout le monde ne s’accorde sur le fait que c’est du délire, que ça donne une mauvaise image, coupe la population du lieu (dans la salle de ciné, on approuve tous), mais encore une fois, on se dit que cette bureaucratie se laisse un peu vivre. Qui contrôle, à la fin ? Les évènements naturels comme la hausse annuelle des tarifs ?

Pourtant, l’épisode Millepied (de l’autre côté du téléphone, car il y a toujours un téléphone quand il y a du Millepied) montre un moment de management finalement assez bien géré — « Évidemment que j’ai déjà un remplaçant ! », lui dit Lissner au téléphone, coupant assez court aux atternoiements. À part cela, le documentaire se concentre plus sur le lyrique que sur la danse, pour une fois (et donc beaucoup plus Bastille que Garnier). Regard pétillant, humour, mais aussi émotion, finalement, avec une 7ème de Beethov un peu massacrée par des pioupious-de-banlieues (des minis, même), après un travail formidable de transmission et de dévouement. Un documentaire sans queue ni tête autour de l’opéra de Paris en tranches, juste pour le plaisir.

mardi 11 avril 2017

binôme enchantée

Qu’attendre d’une flûte enchantée par Christophe Rousset, ses Talens Lyriques et une troupe d’illustre inconnus soutenus par le choeur de l'Opéra de Dijon ? Pas forcément grand chose : on ne peut donc qu’être ravi quand ça fonctionne. Certes le trombone vintage sonne moins que d’époque pour du Mozart, et les Knaben nous ont fait un peu beaucoup tressaillir. On a eu peur au début pour Jodie Devos en Reine de la Nuit (MILF), mais finalement elle nous a réussi son air-clé. Et la Pamina de Siobhan Stagg, comme le Tamino de Julian Prégardien et le truculent beau gosse Klemens Sander en Papageno, bientôt rejoint par la délurée Camille Poul pour Papagena, fonctionnaient très bien. Les apparitions des trois Dames, Sophie Junker, Emilie Renard et Eva Zaïcik étaient de vraies gourmandises. Le Sarastro de Dashon Burton et le Monostatos de Mark Omvlee parfaitement parfaits. Alors avec tout ça, bien replacés de face dans les premiers rangs (et côté couloir, l’idéal de l’idéal) du parterre de la Philharmonie, de prime abord sceptiques, on n’a pu en ressortir qu’enchantés !

mardi 4 avril 2017

liberté et patates

Andrea Chénier, c’est la révolution à l’opéra pour le XVIème en goguette : 175€, 150€, 110€, 60€, 10€ et enfin 5€ pour rien-voir-rien-entendre. Sans mise en scène. Même à l’opéra de Paris on n’ose pas ça. Et pourtant, salle comble. Bon, au moins, tout le monde connaissait son texte par coeur, à ce prix. Ce qui est appréciable, même si je suspecte que la coprod Bayerische Staatsoper justifiait un investissement au-delà de cette seule représentation. Comme on suspecte que ce n’est ni Omer Meir Wellber à la direction, ni vraiment le Bayerisches Staatsorchester (et pas forcément le Chor der Bayerischen Staatsoper non plus, même si ça commence à faire cher en transport) qui ont mangé le ticket, on se penche plutôt sur les cachets des chanteurs.

Quelle distribution, faut-il avouer !

Jonas Kaufmann - Andrea Chénier

Anja Harteros - Madeleine de Coigny

Luca Salsi - Carlo Gérard

J’nai Bridges - Bersi

Doris Soffel - La Comtesse de Coigny

Elena Zilio - Madelon

Andrea Borghini - Roucher

Nathaniel Webster - Pietro Fléville

Christian Rieger - Fouquier Tinville

Tim Kuypers - Mathieu

Kevin Conners - L’incroyable

Ulrich Reß - L’abbé

Anatoli Sivko - Schmidt / Il Maestro di casa

Kristof Klorek - Dumas

Han, Kaufmann, haaaan Anja Harteros ! Surtout la deuxième, honnêtement. M’enfin, le premier n’est plus malade, c’est déjà ça — c’est un habitué salué du rôle, par ailleurs. La mamma morta par Harteros était sublime, couronné de plusieurs minutes d’applaudissements — et révélant enfin pourquoi mon binôme baroque verse tout à coup dans le vérisme, tu parles d’une soudaine envie de variété dans la programmation !

Que dire de ce mal aimé, ou peut-être simplement oublié au fond d’un tiroir (mis à part un air, grâce à la Callas, et un autre du héros pas si présent sur scène), opéra d’Umberto Giordano de 1896, à propos du poète révolutionnaire qui n’en survivra pas entier ? Hé bien… Sans rien révolutionner, on entend du Puccini et même parfois un zeste de pré-Wagner qui ne fait pas de mal aux oreilles, mais il manque quelque chose pour passer un certain cap. Ça souffre des mêmes problèmes que du Auber ou l’un des autres compositeurs du quartier d’opéra qui ont bien compris et synthétisé la musique de leur temps, mais n’ont pas apporté grand chose — mis à part des noms de rues et quelques bustes bien incongrus. Le livret est très romancée (alors que la vraie de Coigny avait l’air franchement géniale IRL), comme toujours. On y parle révolution, liberté et patates. Ça se passe très bien, au final.

mardi 28 mars 2017

enfers philharmoniques

La Philharmonie nous avait réservé une belle surprise avec la mise en espace d’Appolon (??), qui avec les costumes d’Alain Blanchot et les décors de Christophe Naillet donnait une allure très Astrée et Céladon  de Rohmer. Y’avait du pastore sur scène. Cette Favola in musica de Claudio Monteverdi, ça faisait longtemps qu’on attendait son retour. Les Arts Florissants, direction Paul Agnew (planqué sur le côté en toge ?), très bien. Même déguisés, au moins ça a le mérite de l’originalité — et du kitsch assumé.

Au début, j’ai cru qu’il y aurait beaucoup de places libres, mais en réalité pas tant que ça : le Crédit Agricole était en force. Bref, de face, vers le milieu du parterre, côté couloir, je me suis dit que si l’Orfeo de Cyril Auvity devait passer avec un peu de peine, ça n’était pas forcément la même chose pour les autres bergers très directionnels (Carlo Vistoli, Sean Clayton, Zachary Wilder). Pluton (Antonio Abete) ou Charon (Cyril Costanzo) devaient être meilleurs avec l’acoustique compliquée du lieu (idem pour Miriam Allan en Proserpine et Lea Desandre en Messagère). Je ne parle même pas de l’arrière-scène, qui bénéficie à présent (enfin !) du surtitrage, mais qui avec les rochers sur scène devait autant entendre que voir…

Il n’est donc pas très étonnant que parti chercher mon Eurydice aux enfers du second balcon de côté (accompagné du Charon Agricole dans l’ascenseur), je la trouvai fort marrie. En tout cas pour le moins déçue. De face, c’était mieux, mais je concède que ce n’était pas le meilleur des Orfeo : a minima, il manquait quelque chose de l’ordre de la passion et de la vibration de l’anima. Et puis les cuivres était souvent assez compliqués, dira-t-on.

Ce qu’on retiendra surtout, c’est la superbe Musica/Euridice d’Hannah Morrison, et la superbe Hannah Morrison elle-même. Un brin de fille blonde qui m’a enchantée de bout en bout avec une voix claire et puissante. Et quel regard visuel, en plus… Clairement, pour elle, on est prêt à habiter aux enfers (pas loin de Porte de Pantin, là où les escalators en panne aléatoire sont pratiques pour pousser les vieux sous-réactifs de vie à trépas).

lundi 27 mars 2017

Tchaïko d’Arc

Qui savait que Tchaïkovski avait écrit la musique et le livret d’un opéra sur Jeanne d’Arc, d’après du Friedrich von Schiller, mais bien en russe ? Sur notre sol national, il aura fallu attendre 1976 pour la première ! Et à la Philharmonie, la salle était assez bien remplie sans l’être tout à fait : c’était facile de se replacer en 4A, premier rang (sur invitation d’une ouvreuse stressée au parterre, qui trouvait la salle très pleine — il n’y avait que plusieurs rangées libres en plein milieu, c’est vrai que ça allait être très très compliqué, au moins…).

Là, on apprécie la saturation sonore par l’Orchestre et Chœur du Théâtre Bolchoï de Russie, dirigé par notre adoré Tugan Sokhiev. Mais aussi le volume sonore impressionnant d’Anna Smirnova en Jeanne d'Arc — qui n’a pas la tête de l’emploi, mais un coffre ahurissant. J’ai plusieurs fois vu la souris se boucher un peu les oreilles pour atténuer le son. Le reste de l’équipe était aussi de fort bon niveau : Oleg Dolgov en Roi Charles VII ; Bogdan Volkov en Raymond ; Anna Nechaeva pour Agnes Sorel ; Andrey Gonyukov en Dunois ; et Stanislav Trofimov pour L'Archevêque (quelques autres encore, plus mineurs).

La première partie de 1h35 était assez fascinante, mais j’ai eu plus de mal avec la deuxième de pourtant seulement 1h05. Il faut dire que des retardataires (la chose commençant à 19h00…) avaient récupéré leurs places, nous repoussant en fond de premier balcon, plus de face, mais aussi plus loin, avec un son atténué, quoique mieux positionné pour apprécier l’orgue (parce qu’il y a un orgue, en plus !!). Bref, cumulé avec l’oreille droite bouchée (perte de pression suite à injection de fièvre jaune & hépatite A dans l’après-midi ? Ça a duré jusqu’au dimanche…), c’était plus compliqué.

Il n’empêche que notre flamme a brûlé pour cette russe Jeanne !

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