humani nil a me alienum puto

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lundi 26 mars 2018

petit amour

Un petit Tours à l’opéra, ou un petit opéra à Tours. Être synchro avec l’opéra, en province, n’est pas gagné d’avance : généralement, la salle est ouverte quatre fois par mois, en haute saison. Ceci étant, ça ne présage pas non plus de la qualité de ce qu’on y trouvera. Mais on peut trouver des pépites, à un prix acceptable. Après avoir bien hésité (c’est qu’on mange très très bien, à Tours, et l’opéra est incompatible avec le dîner, parce que c’est la province…), je suis tombé sur une parfaite et rare critique qui a fini de me convaincre de tenter cet Elisir d’amore de Donizetti.

Pour le tarif, en revanche, l’opéra de Tours n’est pas dément : à moins d’être jeune et en dernière minute (et encore, ça a refoulé du monde), il faut se contenter d’une petite ristourne pour une place pas géniale, même si le prix maximal est à 72€. 14€ le fond de loge où il faut tournicoter et vivre sur ses voisins (simples sièges), donc. Bof bof. Théâtre entre le Châtelet et le TCE — corbeille, angles morts, couverture, colonnes, la totale : joli, vétuste dans les coins, souvent peu pratique, et pas forcément fait pour la musique, dans la catégorie des salles où il faut planquer la harpe dans la loge empereur (c’est-à-dire : dans un coin en hauteur).

Et pourtant, avec toutes ces contraintes, Adriano Sinivia arrive à faire une mise en scène proprement géniale, avec les décors de Cristian Taraborrelli, les costumes d’Enzo Iorio et les lumières de Fabrice Kebour. Il transpose l’action chez les Lilliputiens ! Les blés sont immenses, de la hauteur de la scène, et régulièrement on y grimpe. Le régiment de Belcore (Mikhael Piccone)  arrive dans une cannette qui roule, avec des casques en demi-marrons et sur le dos des briquets ou des piles. Tout un mode foisonnant, où Dulcamara (Marc Barrard) débarque en haut d’un char… en Meccano ! C’est drôle (le manège de cheval en bois !), c’est malin, c’est léger et intelligent, c’est tout ce qu’on demande à un vrai metteur en scène.

Les personnages sont tous fort bien interprétés, et Gustavo Quaresma (Nemorino, parfait jusque dans la larme furtive, avec un ampoule de couleur), Barbara Bargnesi (Adina, bondissante) et Julie Girerd (Giannetta, espiègle à souhait) seront clairement à suivre… Dans la fosse très remplie (fastoche), Samuel Jean dirige l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours (on n’a pas idée des choses qui existent), tandis que le choeur de l'Opéra de Tours fait du tout aussi bon boulot sur la scène. Hé bien ma foi, il n’y avait pas de quoi envier la capitale — même si ce qui est passé au plus confortable Bastille, avec la mise en scène de Pelly, était le haut du panier. 

lundi 19 mars 2018

Haendel ordinaire

Ariodante fait partie de ces opéras de Haendel où le livret (à la filiation lointaine de l’Orlando Furioso) ne tient pas une demi-seconde debout, mais que l’on va revoir régulièrement (depuis que ça a été introduit très tardivement en France), parce que c’est fort beau dans l’ensemble, et plus particulièrement le-fameux-air du héros un poil désespéré juste avant l’entracte — alors qu’on devrait se réjouir puisque l’énorme vieille voisine bruyante de replacement allait disparaître pour laisser ensuite place à la véritable titulaire du siège (c’est donc la vieille voisine de droite qui entreprit d’être une nouvelle nuisance, en manipulant un collier-cymbales… Tuons les vieux). Ce fameux air, sinon, était interprété par Kate Lindsey d’une manière peu optimale, dont l’Italien approximatif fit frissonner mon exigeant binôme. Mais le public trouva son compte dans l’ensemble, malgré le manque de projection des voix, à l’exception du basse Wilhelm Schwinghammer (Il Re di Scozia, perqué on cause rital en Écosse). Le contre-ténor Christophe Dumaux (Polinesso, spécialiste du foutage de bordel) passait parfois par intermittence, alors qu’il n’est point un amateur ; Hila Fahima (Dalinda) passait mieux, au parterre. Les chanteurs tournaient d’ailleurs régulièrement sur scène, fort probablement briefés sur l’acoustique directionnelle de la salle, et essayant donc de servir un peu tout le monde…

Après l’entracte, on croit à un gag lorsque l’héroïne Chen Reiss (Ginevra) n’apparaît point quand elle le devrait. William Christie détend la salle en faisant remarquer qu’elle partage normalement la loge que le héros (ils sont censés se marier bientôt, mais c’est aussi ce dernier qui vient de se jeter à la mer, se croyant trompé). Nous, on sait que Christie a une réputation épouvantable de pire autocrate manager pourri, et on se dit qu’il y en a une qui va passer un salle quart d’heure… On ne saura pas le pourquoi de cette interruption de plusieurs minutes, où le chef est allé chercher notre demoiselle toujours engoncée dans sa robe sirène (elle était aux chiottes ? Pas pratique…).

Dans l’ensemble, c’était pas forcément fabuleux, avec des hauts et des bas, plutôt mieux sur la fin, et si on a entendu bien mieux, ça aura quand même fait le job.

mardi 20 février 2018

only Kaija Saariaho remains

Cela faisait longtemps qu’il n’y avait eu une création de Kaija Saariaho à l’opéra de Paris. De manière fort étonnante, non seulement cela se passait à Garnier, mais en plus les quelques représentations étaient très remplies, malgré des tarifs toujours aussi élevés. Après l’entracte, pour la dernière, il y avait cependant moins de monde, à commencer par les bruyants jeunes chinois du dernier étage. C’est que « Only the sound remains » est très nippon : Ezra Pound et Ernest Fenollosa ont adapté en anglais deux pièces du théâtre nô japonais, Tsunemasa et Hagoromo. Dans la fosse, Ernest Martínez Izquierdo dirige adroitement des musiciens scandinaves rompus à cette musique bien particulière : un quatuor à cordes, une flûte, une percussion et un kantele ; plus un quatuor vocal, lui aussi adepte des sonorités étranges.

La mise en scène de Peter Sellars est un monument de dépouillement et joue sur le fading avec une esthétique bien travaillée. Dans la première partie, première pièce de nô, le Priest Davone Tines rencontre le Spirit de Tsunemasa (peut-être), Philippe Jaroussky. Ils interagissent jusqu’à une scène de libation spirituelle gay fort réaliste. Dans la seconde partie, seconde pièce de nô toute aussi mystérieuse, le premier est un Fisherman qui trouve un voile, le second un Angel qui veut le récupérer, et une danseuse complète le trio (Nora Kimball‑Mentzos).

Le Japon scandinave. Il faut parfois croiser l’improbable pour avoir de beaux bébés. Kaija Saariaho confirme qu’elle est non seulement une très grande compositrice, mais qu’elle marquera sans doute l’histoire de la musique.

lundi 5 février 2018

it must be so

J’ai vu un peu tard ce Jephta à Garnier, et il ne restait plus beaucoup de possibilités. Mon binôme trouvant deux places le dimanche, hop, une quatrième loge, pas si dégueue à 25€. Joli angle pour profiter de la jolie mise en scène de Claus Guth : en mode grisaille mais avec des vidéos (avec utilisation de flashs pour faire de l’animation), et des choses coulissantes (bureaux, lit, chaises, lettres). Bon, parfois c’est un poil criard (les ballons, le flux de « lumière » jaune), et l’usage de lettres composant « it must be so », formule extraite du livret (by Thomas Morell) de l’opéra de Haendel, devenue marotte du metteur en scène, tourne passablement au ridule à force d’être usé jusqu’à la corde. Mais franchement, c’était pas mal, il n’y avait presque pas de nazisme pour une fois (surtout que ça cause Juifs : il y avait de forts risques…). « So far, so Guth » a smsé le voisin de devant, épatant Hinata-chan, qui ne doit pas beaucoup lire mon blog (et bizarrement pas celui de la souris non plus).

Le réel problème est que la mise en scène allait parfois à l’encontre du livret et de la musique, en montrant du très sombre (mode : la guerre c’est mal il y a des morts partout plein de sang) alors que ça chantait bravoure, courage et victoire. En réalité, c’est que la seconde partie était spoilée dès le début — notamment avec le personnage féminin d’Iphis (appétissante Katherine Watson), qui se promenait en double pré-égorgé. Mais justement, c’est dans la seconde partie que brillait notre héros, le bel Ian Bostridge : c’est que Jephtha a fait un TOC divin stupide, à zigouiller la première personne venue, et pas de bol ça tombe sur sa fille. Et il must be so. Va savoir. Il a raté l’épisode d’Abraham.

On devine que l’action dans la fosse de William Christie et de ses Arts Florissants est déterminante, quand l’action qui tient en trois lignes s’étire sur trois actes et trois heures… Tout autant qu’une toujours très sûre Marie-Nicole Lemieux (Storgé, épouse-mère), complétée de Tim Mead (Hamor, dindon de la farce, le vrai perdant dans l’histoire), Philippe Sly (Zebul, intermittent du royaume) et Valer Sabadus (Angel, ailé). Et de très beaux choeurs.

C’est que c’est de la très belle musique. Avec des intermèdes additionnels par torture de piano — faute de se faire Iphis —, dont on ne sait pas trop à qui cela est dû, mais probablement pas à Haendel. Pas mal trouvé, ceci étant. Et vu d’en haut, assez ludique. En bonus : le surtitrage était aussi en anglais, ce qui a permis de suivre ce que chantaient réellement les quelques protagonistes. Une fort belle après-midi baroque, avec effet durable.

mardi 26 décembre 2017

elektrisant

Je serais bien resté plus longtemps à Hong Kong, d'autant que j'avais trouvé une chambre à très, très pas cher. Mais voilà, il y avait Elektra à la Philharmonie. Ça ne se rate pas. Donc, retour au petit matin, sommeil réparateur de jetlag, sur pied l'après-midi, replacement au dernier rang le soir. Distribution de luxe : Nina Stemme en Elektra, superbe, et Waltraud Meier en Clytemnestre, sensationnelle ; Gun-Brit Barkmin pour Chrysotémis et Matthias Goerne, dit Dieu, en Oreste ; pour compléter, Norbert Ernst (Egisthe), Bonita Hyman (La première servante), Yaël Raanan Vandoor (La seconde servante/La porteuse de traîne — je crois que c'était elle, aussi, le canon), Valentine Lemercier (La troisième servante), Lauren Michelle (La quatrième servante), Kirsi Tiihonen (La cinquième servante), Amélie Robins (La surveillante/La confidente), Christophe Poncet de Solages (Un jeune serviteur), Ugo Rabec (Le précepteur d'Oreste) et Patrick Ivorra (Un vieux serviteur).

À la baguette, Mikko Franck, inspiré à la tête de son Orchestre Philharmonique de Radio France. Parfois, il se lève et descend de son estrade — il fait donc la même hauteur, mais tel le Yoda de l’orchestration, il déploie alors une énergie folle, avant de retourner se reposer sur son siège. Le livret de Hugo Von Hofmannsthal mis en musique par le génie Richard Strauss est toujours aussi riche. Quelle oeuvre, que cette Elektra ! Ça valait bien les treize heures de vol précipitées !

lundi 11 décembre 2017

maison des remorts

Parfois, il faut persévérer. Je le sentais bien : on ne peut être déçu par un Janacek. Mini-Brunnhilde, qui en est à sa 5ème de la même production à Bastille, le confirme : au début, elle n’avait pas accroché. Mais en y retournant, miracle ! Et depuis, c’est à chaque fois l’occasion de comprendre quelque chose de plus dans cette oeuvre touffue qu’est la maison des morts. C’est sûr que lorsqu’on est un peu préparé, qu’on a aucune idée de ce que l’on va voir, une succession de scènes de Dostoïevski certes avec un suivi des personnages et un ordre chronologique, mais pas d’intrigue, plutôt une illustration par touches de la misère humaine, ça aide. La dernière était bien plus rempli que les autres, c’était presque compliqué de se replacer au premier balcon — il faut dire aussi que le samedi joue certainement. Hinata-chan choisit de faire sécession au parterre — et n’en a été que plus ravie, alors tant mieux. Je pense qu’il ne faut pas se priver de la vue sur Salonen, l’orchestre (qui l’acclame aux saluts !) et notamment cet instrument unique, de grosses chaînes — si seulement Chéreau avait pu éviter les « chaînes » en plastique qui font un bruit épouvantable et perturbateur (car très artificiel !) au début puis à quelques moments de l’opéra…

Bref, j’ai beaucoup plus aimé. Pas transporté non plus (pas de frisson), mais j’y vois plus clair. La troisième fois sera-t-elle la bonne ? (Avec une mise en scène qui bouffe moins l’attention en mettant trop de choses partout, jusqu’à des levrettes entre prisonniers lors de la pièce de théâtre — l’alpha et l’oméga du scandale à pas cher, en attendant qu’un jour on donne dans l’éjac faciale)

samedi 2 décembre 2017

Janacek mortel

Il était prévu d’aller voir « De la maison des morts » (Z mrtvého domu) le mardi. Mais nous avions sous-estimé que les tarifs prohibitifs, à peine compensés par une baisse sur les premières catégories, déporterait le monde sur les places à 5€ : malgré un horaire de 20h, il fallait arriver tôt pour espérer avoir un ticket. Le vendredi suivant, donc, ce fut juste, mais c’est passé ; une fois à l’intérieur, évidemment, beaucoup de vide, et donc replacement avec la souris au premier balcon, centré, deuxième rang. Royal. Parfait aussi pour bien profiter des surtitres, aussi intelligemment projetés en fond de décors, ce qui facilite la lecture.

Il valait mieux, parce que si l’oeuvre ne dure que 1h40, elle n’était clairement pas aisée à découvrir. J’étais déjà tombé une fois dessus, sur Arte, mais je n’aime pas trop l’opéra à la télé, et encore moins pour une première fois. Donc, j’avais attendu. Mais j’avais déjà noté que ça avait l’air un poil hermétique. En fait, Wozzeck, à côté, c’est limpide. Peut-être était-ce dû à la mise en scène de Chéreau (réchauffée puisque post-mortem) : ceux qui connaissaient étaient soit épatés (de retrouver l'original, comme David et mini-Brunnhilde qui en étaient à leur troisième, en une semaine), soit très déçus (de voir l’ancien mal restitué et passer à côté). Je ne sais pas. Peut-être même que revoir l’oeuvre dans les mêmes circonstances pourrait aider, à présent que je sais qu’il s’agit effectivement de scènes d’un Dostoïevski éponyme coupées-collées à escient.

Parce que outre Salonen à la baguette (exceptionnel !), on avait des chanteurs tout ce qu’il y a de fort bon : Willard White (Goriantchikov), Eric Stoklossa (Alieïa), Štefan Margita (Filka Morosov), Peter Straka (Le grand prisonnier), VladimÍr Chmelo (Le petit prisonnier), JiřÍ Sulženko (Le commandant), Graham Clark (Le vieux prisonnier), Ladislav Elgr (Skuratov), Ján Galla (Tchekounov). Bref, normalement, on avait tout, et pourtant, je ne sais pas, ça n’a pas pris. Étrange.

mardi 24 octobre 2017

veuve tinder

« Die lustige Witwe » (la veuve joyeuse) est un opéra franchement méconnu de Franz Lehár sur un livret de Victor Léon et Leo Stein d’après Henri Meilhac (« L’Attaché d’ambassade »). L’opéra Bastille nous gratifie d’original mais sur une double direction : j’ai eu Marius Stieghorst. Et d’un très joli casting avec dans les rôles principaux Franck Leguérinel (Graf Mirko Zeta), Valentina Naforniţa (Valencienne), Thomas Hampson (Graf Danilo Danilowitsch), Véronique Gens (Hanna Glawari) et Stephen Costello (Camille de Rosillon). Et enfin d’une très sympathique mise en scène efficace (avec un très joli parquet rosace) par Jorge Lavelli. La musique est certes un peu pompier, mais vraiment agréable, et comme c’est un opéra comique, c’est très divertissant et intelligent. Il y a même un peu de chorégraphie et notamment du cancan. Bref, tout était aligné pour que ce soit passablement vide : pour 5€, on se retrouve au 3ème rang à côté d’un vieux qui parle tout le seul et fait grincer ses chaussures (PITIÉ !! Vive l’entracte très tardive pour s’en séparer pour la dernière demi-heure). Le meilleur rapport qualité-prix qui soit.

lundi 25 septembre 2017

le couronnement d’Hana Blažíková

Dans les chaises musicales des rôles, seuls changements lors de cette trilogie monterverdienne de Sir John Eliot Gardiner rendant hommage au shakespearien Peter Hall avec le Monteverdi Choir et l’English Baroque Soloists, on s’est retrouvé avec le contre-ténor Kangmin Justin Kim dans le rôle de Néron, ce qui était mieux que son petit rôle dans l’Orfeo pour juger de sa réputation. Mais de fait, ses attributs physiques, dans cette Incoronazione di Poppea, ont tôt fait souffler ma voisine (dont les velléités ninjas modérées nous ont poussé encore une fois à un second balcon relativement vide, certes moins que la veille, mais guère plus) : on dirait Kim Jong-un en Néron. Fou rire étouffé. C’est vrai que je me suis demandé s’il allait lancer un missile contre Sénèque. C’est mal.

N’empêche que outre ce réalisme inattendu, être follement amoureux de Hana Blažíková, en Poppée (et Fortuna parfois, pour pousser l’allégorie jusqu’au bout), est tout à fait crédible, même si c’est un personnage épouvatable. Moi aussi, je donnerais mon royaume à Hana. Moi aussi je virerais cette Ottavia qui a mal tourné (Marianna Pizzolato, mezzo-soprano). Bon, je liquiderais quand même pas le pauvre Seneca (Gianluca Buratto, basse, qui nous a manqué après l’entracte). Et puis ce pauvre Ottone délaissé (Carlo Vistoli, contre-ténor aussi, excellent)… Et cette pauvre cruche de Drusilla (Anna Denis, qui fait aussi Virtù, parce que cruche jusqu’au bout, mais bonne quand même).

Une excellente oeuvre qui pallie les déficit d’Ulisse, tout en restant certes un poil trop longue, maladie baroque qui durera longtemps. Dans tous les c’était une très bonne idée d’enfiler les trois oeuvres (même si commercialement, ça n’a pas forcément aussi bien marché que prévu) : on peut ainsi mieux mettre en perspective et voir l’évolution du paléopéra baroque. Cette oeuvre plus mâture, pose réellement toutes les bases du baroque à venir : l’intrigue, le déroulement, l’alternance des oratorios, etc.

Et puis c’est la dernière fois qu’on peut rendre hommage à une mise en espace sympathique et intelligente, toujours d’Elsa Rooke, avec de très beaux costumes (encore Isabella Gardiner et Patricia Hofstede ?) : finalement, c’est bien meilleur ainsi que lorsqu’on est souvent affligé d’une mise en scène. Quel plaisir ! Quelle Hana Blažíková !

mortel Ulisse

La séance du 2e épisode de la trilogie Monteverdi commence encore par une dédicace à Peter Hall, homme de théâtre disparu en début de semaine, dont le travail sur Shakespeare a été particulièrement salué dans le discours lu par un intervenant de la Philharmonie, certainement traduit à partir de notes de Gardiner. Mais cette fois-ci, la salle est bien vide. Très facilement, avec ma voisine baroqueuse usuelle retrouvée, nous nous plaçons plein centre du 2nd balcon, sans personne autour. Le son monte bien, à présent, mais c’est mon héroïne Hana Blažíková qui (en tout cas au début) passe le plus mal.

Il ritorno d’Ulisse in patria est toujours très beau, mais ça se traine autant au début (longues allégories) qu’à la fin (quand c’est fini, ça continue…). De 19h30 à 23h00 passé, modulo un entracte, se met en place un modèle de l’opéra baroque qui va durer un bon bout de temps. Sur scène, outre toujours le Monteverdi Choir en mode stéréo, on retrouve peu ou prou la même distribution que la veille.

Furio Zanasi, baryton, Ulisse
Lucile Richardot, mezzo-soprano, Penelope
Krystian Adam, ténor, Telemaco
Hana Blažíková, soprano, Minerva / Fortuna
Gianluca Buratto, basse, Tempo / Nettuno / Antinoo
Michal Czerniawski, contre-ténor, Pisandro
Gareth Treseder, ténor, Anfinomo
Zachary Wilder, ténor, Eurimaco
Anna Dennis, soprano, Melanto
John Taylor Ward, baryton, Giove
Francesca Boncompagni, soprano, Giunone
Robert Burt, ténor, Iro
Francisco Fernández-Rueda, ténor, Eumete
Carlo Vistoli, contre-ténor, Umana Fragilità
Silvia Frigato, soprano, Amore
Francesca Biliotti, contralto, Ericlea

Hana Blažíková est encore une allégorie, mais on la voit finalement trop peu ; en Fortuna, elle est crédible ; en Minerva, elle est aussi INFJ que mon binôme (mais c’est quoi cette manie de vouloir exterminer tout le monde pour aider, à la fin ?). C’est Furio Zanasi (arrivée tardive, et pas forcément le meilleur fit pour le rôle), Lucile Richardot (une Penelope qui se transforme aussi en arc dans l’intelligente mise en espace d’Elsa Rooke) et Krystian Adam que l’on voit le plus souvent occuper l’opéra. Et puis il y a Robert Burt, en Iro, seul survivant des prétendants massacrés, qui planqué en organiste lors de l’exécution sommaire, nous sert un brillant numéro où il interagit avec l’orchestre. Clairement excellent dans l’ensemble.

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