humani nil a me alienum puto

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mardi 5 septembre 2017

mémoire et lumière nippones

La MEP a sorti de son placard à merveilles plus de cinq cent clichés que la Dai Nippon Printing Co., Ltd lui a donné pour représenter le Japon à Paris. Grand bien leur en a pris, puisqu’on y trouve Nobuyoshi Araki, Masahisa Fukase, Seiichi Furuya, Naoya Hatakeyama, Hiro, Eikoh Hosoe, Yasuhiro Ishimoto, Miyako Ishiuchi, Ihei Kimura, Taiji Matsue, Ryuji Miyamoto, Yasumasa Morimura, Daido Moriyama, Ikko Narahara, Toshio Shibata, Hiroshi Sugimoto, Keiichi Tahara, Hiromi Tsuchida, Shomei Tomatsu, Shoji Ueda, et enfin Hiroshi Yamazaki. Ainsi qu’à la souris, qui a repéré l’expo peu avant sa disparition, et qui en plus en a collecté le best of.

Parmi mes préférées, la jeune fille à chapeau pointu de Ihei Kimura ; un peu perturbant aussi parce que si l’on compte bien, elle doit taper dans les 70 ans à présent… Le temps passe : tous les photographes ont péri, comme la femme de Nobuyoshi Araki (particulièrement touchant) ou celle de Seiichi-Furuya (le chemin vers le suicide). On suit un cheminement divers de la seconde moitié du XXème siècle, qui dépasse les frontières du Japon, puisqu’un certain nombre de ces artistes ont vécu à l’étranger. Et puis il y a le choc des bombes atomiques, qui est une thématique poignante suivie sur un étage.

Une très belle expo sensible nippone.

mardi 22 août 2017

vernaculairissime

La personne qui a fait les petits cartons de l’expo Pompidou sur la photographe Walker Evans était bien moins droguée que d’habitude, et s’est donc permis une lubie, cas assez classique, en l’occurrence sur le terme « vernaculaire ». Mis à toutes les sauces et maintes fois expliqué sans qu’on n’y comprenne beaucoup plus, il faudrait y voir, peut-on penser, une description du langage photographique typique de la banalité locale ordinaire de tous les jours typique des États-Unis (cette formulation hautement pléonasmique plaidant effectivement en faveur d’un raccourci), fétichisme de Evans s’exprimant particulièrement dans l’amoncellement, la collection thématique. Ainsi des répétions émaillent l’exposition de clichés, comme des variations : des panneaux, des affiches, des paysages précis, des gens au hasard dans le métro (fort bon !), etc. Mais on connaît surtout Evans pour ses vues urbaines d’immeubles et de rues entrecroisées devenus des classiques de la vision de l’Amérique des années 1920 ou 1930, et encore plus pour son travail pendant la grande crise, pour la Farm Security Association, notamment en Alabama, où il prit ses clichés les plus célèbres, créant quelques bouchons pendant l’exposition. Les photographies présentées sont souvent miniatures, et leur grand nombre rend la progression un peu complexe, mais difficile de faire mieux pour une exposition parisienne, surtout dans les derniers jours. Au final, une expo intéressante et plaisante sur extrait daté des USA particulièrement illustratif. Enfin... vernaculaire (a-t-on déjà traité le fétichisme vernaculaire intello-perché des expos parisiennes, d'ailleurs ?).

dimanche 9 juillet 2017

VV,V,JR

« Visages, villages » sera probablement le dernier OVNI d’Agnès Varda. Car au-delà de l’improbable quoique logique rencontre avec le bien plus jeune JR, le colleur fou de portraits jusqu’au Panthéon, sur l’idée d’une tournée française de villages et de collage un peu partout de visages, sous forme de documentaire sympathique, un peu mis en scène de manière loufoque et touchante, financé par des internautes sur KissKissBankBank et quelques amis artistes, mode caméra amateur, c’est aussi dernière tranche de vie, le temps qui passe, qui abîme les yeux, qui lasse, qui dissout les amitiés (Godard passera définitivement pour un vieux con, par sa fuite…). 1h30 poétiques et drôles, qui terminent avec ce petit goût mélancolique qu’on ressentait un peu tout le long. Un bien joli voyage.

samedi 7 mars 2015

photos gratos

La MEP est gratuite le mercredi à partir de 17h et apparemment beaucoup de monde est au courant, à voir la queue au dehors. Ce n’était pas non plus blindé, mais il faut bien attendre une demi-heure avant de pouvoir monter au dernière étage des expos pour « L’Italie de Bernard Plossu » qu’avait repéré la souris. Bernard Plossu est aussi Italien que moi, mais lui en est éperdument tombé amoureux et a décidé de tout y voir, de tout parcourir et photographier. Ça donne une belle cartographie de lieux en noir et blanc, et petits formats, sous les lourds nuages qu’affectionne l’artiste. Et puis un peu d’Italiens aussi, de l’autre côté des escaliers. Un peu de voyage transalpin.

« Images secondes » par Éric Rondepierre est fort surprenant. L’idée est de s’immiscer dans les ratés des films : des pellicules, avec des sous-titres incongrus sur fond noir, des moitiés d’images ou des petites brûlures et larges déformations ; du numérique, avec les problèmes d’encodage. C’est ludique et bien trouvé.

Au 1er, des images d’Ibiza, pas super intéressant. Au sous-sol, en revanche, des prisons par Grégoire Korganow, dont on connait bien la photo aux Baumettes, avec les détenus qui longent en équilibre un grillage pour éviter une zone inondée où flottent déchets et probablement quelques rats. Il a pu tout voir et photographier, mode témoignage-documentaire, frontalement, en couleur et grand format. On ne peut que voir les limites d’un système récent de punition et surveillance mal entretenu qui ne fait plus office de grand chose, si ce n’est que bien refoulé, il trahit l’impuissance probablement coupable de la société moderne française, à sa marge — mais combien coûte le modèle norvégien, sûrement moins peuplé de la même faune ?…

lundi 3 novembre 2014

sermon photographique

Wim Wenders est un fanatique de Sebastião Salgado : il l'avoue dès le début (par sa voix off qui s'efface heureusement rapidement). Il ne faut donc pas s'attendre à un regard critique sur l'oeuvre : c'est un véritable hommage qui est rendu — c'est aussi la limite de l'exercice. Comment filme-t-on de la photo ? Wenders présente des oeuvres, mais il faut à un moment où un autre les mettre en relief — comme lorsque Salgado, en plein Antarctique, parti photographier des morses, voyant un ours polaire, déclare que ça va être difficile : sans action en arrière plan, on ne peut pas composer, et donc au mieux, on aura une photo d'ours, mais pas une belle photo. Alors Wenders part avec le fils du photographe — aussi assistant de son père — pour remonter la biographie du chasseur d'images : des études d'éco dictées par un père paysan, au Brésil, l'exil politique à Paris avec sa jeune femme, les quelques années comme économiste en Afrique avant de changer totalement et de faire de la photo, découverte tardive avec l'appareil de sa femme. Ils vivotent, mais alors même que leur premier enfant (et futur assistant) naît, il trouve sa voie : faire le tour du monde et voir l'humain.

Cette très longue quête qui lui vaudra son succès en tant que reporter, mais prendra fin avec la famine et les génocides des années 80 : trop vu ; trop de morts, trop de haine, trop de dégoût. Il a tout vu, tout photographié, tout rapporté, jusqu'à la limite du supportable. Alors dans les années 90, il change du tout au tout, et va à la découverte de la nature, des beautés en hauteur, des animaux sauvages, les Galapagos ; il repeuple la forêt disparue du domaine paternel, et y emménage avec sa famille sur ses vieux jours. Et c'est sur la rencontre avec le peuple Z'oe que se termine l'aventure, avec ces indiens du fin fond de l'Amazonie qu'on pensait imaginés : cinq maris par femme, cinq femmes par homme, un mode de vie idéalement organisé, on en regretterait seulement le goût prononcé pour le percing (un énorme bout de bois dans la lèvre inférieure... Évidemment, aucune infection).

Il aura vu le pire, le meilleur. Le message assumé est clairement écologiste. Ou vu au-delà, un appel à la conservation du monde et à l'amour entre humains. "Le sel de la terre".

lundi 21 juillet 2014

où est donc Vivian Maier ?

"À la recherche de Vivian Maier" ("Finding Vivian Maier") a été porté à ma connaissance par Hinata-chan, et puis j'ai oublié ; jusqu'à ce que la souris me le propose comme soirée ciné. 1h24, dont il ne fallait pas plus, mais qui ont leur mérite certain. C'est l'histoire de John Maloof, un chineur éclairé, qui tombe sur un carton de pellicules de Chicago, un jour, lors d'une vente aux enchères. Et c'est apparemment le gros lot : les clichés sont excellents, même s'il met un bout de temps pour s'en rendre compte. C'est lui qui filme et qui raconte, comment il est parti à la recherche de la photographe, Vivian Maier, après avoir collecté dans les 100.000 négatifs non développés. Il découvre rapidement... qu'elle est décédée. On a peu de repères temporels, le long de ce documentaire romanesque, mais toujours est-il qu'elle a en fait vécu 83 ans, jusqu'en 2009. La recherche sur le mystère Vivian Maier commence...

En parallèle des excellents clichés de rue, pris d'en dessous avec un vieux Rolleiflex qu'elle avait tout le temps au cou, nous est conté l'histoire d'une femme très mystérieuse et fermée, entretenant un accent français assez artificiel, ne parlant jamais d'elle, sans attache autre que les quelques gamins qu'elle a élevé au début de sa carrière de gouvernante — les autres ayant un avis plus mitigé, si ce n'est traumatisé, car il est à peu près clair que l'absence totale de vie sexuelle l'a rendu acariâtre et paranoïaque, passé la quarantaine. Cataloguée étrange, puis "très étrange", promenant "sa vie" dans des cartons, c'est-à-dire tous les clichés qu'elle a pu prendre, dont une partie durant son tour du monde, mais qu'elle a très fort peu fait développer, faute de finance, les témoignages s'enchaînent et parfois se contredisent totalement, ce que le montage nous montre avec malice. Toute la complexité d'un personnage atypique, dont l'oeil acéré voyait à travers les autres, mais qui l'empêchait de se voir elle-même, est ainsi exposé post-mortem.

Le documentaire de Maloof est aussi un plaidoyer pour la reconnaissance de l'art de sa trouvaille, proche de Diane Arbus ou autres photographes de rue reconnus : cependant, les musées n'acceptent de photographies que du vivant de leurs photographes (contrairement aux peintres ?), pour "connaître leur intentions". Étrange que tout cela, Maloof a pris le pari d'expositions dans des galeries de beaux tirages qu'il a fait réaliser, se finançant par le mécénat (le film est ainsi produit via un kickstarter) et un livre qu'il a fait éditer. En attendant la reconnaissance "officielle". Toujours est-il que les portraits de petites gens, de SDF, de scènes urbaines, d'enfants, sentent l'identification d'une femme hors-sol.

Intéressant à plus d'un titre, "Finding Vivian Maier" est finalement l'épopée banale d'une femme aux pouvoirs cachés qui n'aura jamais su les exploiter, bien au contraire, mais qui aura fini par laisser quelque chose, à la grande surprise de tous.

samedi 31 mai 2014

Parr à Paris

Samedi dernier était l'avant-dernier jour du mini-cycle d'exposition(s) de la MEP, avec Martin Parr au dernier étage. L'astuce consiste toujours à arriver entre midi et deux, quand la file d'attente ne va pas jusque dehors. Tarif réduit chômeur. Ascension. Sourires. Martin Parr a cette spécialité de l'oeil qui croque avec malice. Il ironise sur l'image, souvent de l'image dans l'image (voire même pour la Joconde : un téléphone qui photographie la Joconde et un autre téléphone photographiant la Joconde : une vraie mise en abyme parrienne). Avec la généralisation des smartphones, le vieux photographe peut s'amuser ! La Maison européenne de la photographie l'a mandaté pour qu'il photographie pendant un an Paris : on a du 14 juillet, des musées, Paris-plage, des bateaux-mouches et des touristes... L'idée est toujours la même, mais se décline fort bien.

En dessous, il y avait à boire et à manger. Côté gauche, Luciano Castelli a fait des clichés dans les années 1970 de lui-même travesti, à Berlin : ça n'a guère plus d'intérêt que l'aspect témoignage d'une époque, déjà digéré-régurgité en "transgenre" ou une rhétorique moderne à la con du même style. Bof. De l'autre côté, les clichés de la série "Fame" de Pascal Rostain et Bruno Mouron de célébrités en civil sont plus intéressantes. On y croise un peu tout le monde, même François Mitterrand et son labrador, sur les quais de la Seine quelques dizaines de minutes avant le fameux duel avec VGE. Il y a beaucoup Kate Moss dans les années 90, icône d'un temps déjà révolu. Vanités modernes... En bonus, quelques photos interactives (mention spéciale pour le Prince Charles dans une boule à neige rectangulaire).

Au premier étage, une découverte, Fouad Elkoury. Ça commençait un peu étrangement avec une très longue série vidéoprojetée d'une traversée de la Méditerranée de Yasser Arafat en bateau (le moment était assez historique, mais il faut avoir une belle patience pour rester planter devant le diaporama en plein couloir). Mais une grande pièce lui a été entière lui a été réservée, avec trois vidéos synchronisée (du moins en l'apparence) quoiqu'indépendantes, pourtant sur la guerre au Moyen-Orient. L'approche est poétique avec des dialogues d'un côté, une autobiographie de l'autre, une progression globale des clichés. C'est un très beau travail artistique qui nous a captivé une bonne quinzaine de minutes. Rien à voir avec les bidules de l'IMA...

Au rez-de-chaussée, photographies de Barbara Luisi de corps sculpturaux, esthétique mais anecdotique. Au sous-sol, Jean-Michel Fauquet travaille la déliquescence sur du carton : moche. On retiendra donc : Martin Parr (valeur sûre), Pascal Rostain et Bruno Mouron (sympathique), Fouad Elkoury (découverte).

samedi 1 mars 2014

Cartier-Bresson chez Pompidou

L'expo, que dis-je la rétrospective, la biographie en images de la vie photographique d'Henri Cartier-Bresson fait déjà l'évènement : moins de deux semaines après l'inauguration au centre Georges Pompidou — ce qui n'est pas sans manquer de sel pour cet engagé rouge cramoisi —, il faut déjà beaucoup patienter pour arriver à entrer. Pas de file d'attente dehors, ni aux caisses, venir entre midi et deux, vendredi de la semaine dernière, semblait une riche idée, jusqu'aux 45 minutes de queue dans les étages... Ç'aurait pu être pire, gageons que le week-end, ce sera digne de ces expositions parisiennes à quatre heures d'attente infinies. Pour de la photographie, c'est tout de même quelque chose.

Le parti-pris est le suivant : il n'y a pas un seul Cartier-Bresson, son oeuvre n'est pas si unifiée qu'on le pense. D'où un parcours (classiquement !) chrono-thématique, quitte ensuite à faire entrer au chausse-pied dans ce qui a été découvert comme succession de tendances. Il y a de très belles oeuvres, certaines fort connues, mais étrangement, je n'en ai pas trouvé qui me surprenne ou m'émeuve au-delà du raisonnable. Une semaine après la visite, comme je me l'étais prédit, je n'en ai pas forcément retenu grand chose. D'ailleurs, de manière amusante, l'affiche est une photo de Cartier-Bresson, mais ce n'est pas un "selfie", il figure dessus sans que cela soit de lui (contrairement à Erwin Blumenfeld récemment).

Il a photographié comme d'autres auraient peint. Il trouve les lignes, le spot, attend le personnage, le mouvement. Puis il a mêlé le reportage à sa vision artistique du monde — surtout lorsque c'est à tendance communiste, ou à l'autre bout de la planète (Inde, Japon, Java surtout, puisqu'il s'était pris ce coin dans son agence Magnum). L'oeil est acéré, perçant. Des jeux d'ombres, de lignes, de lumière. Mais une heure trente plus tard, je me suis tout de même demandé à quoi tenait donc le mythe immense. C'est peut-être une sorte de synthèse artistique, de photographie comme art déco. Mystère.

lundi 20 janvier 2014

dada de la photo

Erwin Blumenfeld est un photographe-peintre : il triture ses portraits à la façon des dadaïstes pour le texte, et ce dès sa plus tendre enfance, commençant d'ailleurs par l'écriture absurde (mais pas trop). Après le dada, donc, la photo. Tout commence au début du siècle, par des expérimentations. Il y a un côté Woody Allen d'autodérision juive dans ses autoportraits. Et puis il doit fuir les nazis depuis Paris (on l'interne dans quelques camps avec sa petite famille) jusqu'aux États-Unis. Là, une rencontre : Vogue et la mode. Il photographie les célébrités sous de nouveaux jours artistiques (photos parfois fascinantes, surtout les femmes), il habille, cherche les motifs comme il l'avait fait avec Paris, Berlin et New York, il capte la femme habillée tout en continuant les expérimentations déshabillées (que d'heureuses trouvailles !), s'essaie un peu à la couleur (aux couleurs ! Forcément) pour les magazines.

Blumenfeld ose : il invente le photoshopage avec son vieil appareil cubique. Effets spéciaux, cadrages, jeux d'ombre et de lumière, redécoupage (le visage à la fois de face et de profil), il hérite des cubistes et des surréalistes, avec un sens aigu de l'esthétique. L'oeil et l'esprit. Très chouette expo au jeu de Paume, qui touche à sa fin. La souris a collé pas mal d'oeuvres dans son billet.

jeudi 12 avril 2012

a few hours in an Anne Deniau's life

Tout remonte à un peu plus de trois ans (déjà !). Je découvrais un petit bout de femme qui se cache derrière son appareil son photo, une artiste artistique, pas facile à suivre mais attachante au possible : Anne Deniau. Après la découverte serendipitienne de l'AROP, la rencontre magique du web, et une fille de plus dans le bestiaire des gens bizarres et magiques de ma vie, de ceux qui comptent même en étant parfois périphériques. Il y aurait beaucoup de choses à dire ce personnage timidement exubérant, et c'est aussi peut-être que cette proximité lointaine m'a permis autant d'observer que de comprendre l'Anne Deniau des bois, au fil du temps, et d'apprécier encore plus son dernier grand oeuvre, dont on avait longuement parlé quelques mois auparavant, alors que la question de faire un nouveau partenariat avec l'AROP se posait : "24 hours in a man's life" était jeudi dernier pour la première fois livré au public, au studio Bastille, après une courte présentation de notre directeur bienaimé Jean-Yves Kaced, et une encore plus courte microscopique présentation de Anne.

Il aura fallu attendre jusqu'au bout. Rendez-vous à 19h30, j'arrive bien en avance pour inscrire une surnuméraire, B#4, grande fan-de-Deniau devant l'éternel (pour la petite anecdote, B#4 m'avait dit un jour, il y a fort longtemps : "un jour, je serai Anne Deniau" — depuis, ça n'a pas eu l'air de marcher outre mesure et elle a continué sa mutation naturelle en écureuil, mais son FB me sert de fil RSS au blog d'Anne, ce qui est fort pratique tout de même !). Évidemment, la core team balletomane était présente. Il y avait aussi miss parfaite (que B#4 trouve très masculine, malgré sa silhouette de ballerine et ses cheveux très longs : oui, c'est mon côté gay), dont j'ai enfin pu éclaircir le mystère : elle est lesbienne ("fiat lux !"). Bref, la soirée de tous les mystères.

Un film qui crève l'écran, ou plutôt les projecteurs : une heure d'attente le temps de le remettre en marche ; du coup, on grignote avant, l'ordre naturel des choses (que dis-je, de l'univers !) est inversé. Rien ne va plus. On spotte le héros de l'affaire, Stéphane Bullion ; seule la néo-étoile Ludmilla Pagliero a fait le déplacement, sinon, mais Jérémie Bélingard arrivera en cours de route et se rattrapera sur le reste de la soirée. À 20h30, nous sommes enfin en salle, et après l'introduction, c'est le top-départ pour un peu plus de 45 minutes. Avec B#4, on a pris de la distance, à l'avant-dernier rang. Pas de bol, y'a deux espèces de russes balourds à grosse voix qui commentent (scène un peu surréaliste, stéréotypée), avant de finir par se prendre un coup de patte de B#4.

On sait que j'aime beaucoup les OVNI (ou plutôt les OFNI, objets filmés non identifiables) : en voilà un de beau. Oh, ce n'est pas du grand cinéma, c'est très amateur sur les plans, et c'est même revendiqué à mon sens. C'est de la photo en mouvement. Éclairage splendide, décor énigmatique — une table de bistrot sur une plage, une chaise —, un cahier des charges dramatique — la vie d'un homme en 24 heures, non-stop, avec une humeur par heure —, des angles de vue, une chorégraphie solo multi-thématisée, et un support entêtant : la musique minimaliste et extraordinaire de Michael Nyman (avec de vrais morceaux de leçon de piano dedans, mais surtout ce thème que l'on retrouve dans la bande annonce, ouverture des enfers, baroque, fascinant), et les citations de Paul Auster, "Moon Palace", qui émaillent tout le film (texte original de Alexander Skora, avec les voix d'Anne Deniau herself ça c'est sûr, et de celui-ci aussi ?). Et puis Stéphane Bullion, tout de même, quel travail !

À titre personnel, je n'ai pas vu passer le temps. C'est digne de "Die Nacht" (sauf que l'émission n'existe plus, c'est bête, pile poil le bon format en plus !). Je ne sais pas trop comment ce sera exploité par la suite, il y a le livre aussi, mais l'idée de le feuilleter après le film (j'aime bien garder les surprises jusqu'au bout...) n'était pas forcément la bonne, puisque le stand avait disparu à la sortie (avec l'inversion de la séance bouffe). Comment fera-t-on pour le voir/revoir ? Mystère... (encore un !) En attendant, il y a aussi l'expo photo à la cathédrale de Reims (jusqu'au 3 juin), ça peut être une idée de sortie (ça va être difficile avec les partiels, cependant...). Au final, je fais tout de même la même conclusion que la dernière fois : ça manque de fille. Je veux la même chose avec une de mes filles en M (Mathilde/Myriam/Muriel) : c'est possible ?

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