humani nil a me alienum puto

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lundi 17 octobre 2016

poète caliméro

Alejandro Jodorowsky, 87 ans, réalise une auto-biographie à tiroirs : Poesía Sin Fin. C’est d’abord très visuel : comme dans une mise en scène du Berliner Ensemble, l’idée est de pousser les caractéristiques des personnages à l’extrême, comme sa mère qui ne fait que s’exprimer en chantant, sa jeune amie qui se promène en ballerine sur pointes, ses amis danseurs contemporains avec la femme toujours sur les épaules de son gros bonhomme, ou encore sa muse-ogre qui fait peur ; le décor de carton-pâte disparaît rapidement pour jouer directement dans des lieux anachroniques mais qui font assez illusion ; tout est quelque peu caricaturé comme dans un tableau burlesque.

Alors forcément, on comprend assez immédiatement son propos, et on lui pardonne même sa vision du monde encore plus caricaturale avec d’un côté les artistes poètes, et de l’autre le reste du monde, sans intérêt ou grossier comme sa famille. On lui pardonne encore plus facilement quand on est un peu passé par là, par ce sentiment d’être rejeté pour ce qu’on est, un peu hors norme, et qu’il a fallu chercher de la distance avec ses origines (le film se termine d’ailleurs par son exode) pour trouver ce qui nous ressemble (lui c’étaient les artistes sensibles, avec notamment une scène de marionnettes splendide lors de sa rencontre avec André Breton). À 87 ans, on se demande cependant s’il se repend enfin de cette vision radicale qui n’aurait dû être que de jeunesse, suite au rejet initial-fondemental de ses origines.

Peut-être : ses explications parfois lourdes, où en tant que lui-même il intervient dans son propre film pour parler à son moi passé (interprété par son propre fils, Adan, qui compose aussi la musique) et même à son père (interprété par son autre fils, l’aîné, Brontis), relèvent en réalité plutôt de l’amende honorable. Alejandro Jodorowsky ne s’adresse pas tant au spectateur qu’à lui-même, il fait son anamnèse. Il se confesse en miroir. Tout cela sent quand même la relation incestueuse en vase clôt. Alors on regarde cela avec un intérêt divers (un témoignage, une expression singulière, un sentiment global mitigé), et on se dit qu’à 87 ans, il reste peut-être encore un peu de temps à l’impétueux Alejandro de finir de comprendre le monde auquel il appartient avec son regard de poète. Encore un petit effort.

mercredi 12 septembre 2007

120ème semaine

Il est de ces semaines où il y aurait beaucoup à dire, et l'on ne sait pas par quoi bien commencer. Peut-être parce que c'est confus ; peut-être parce que c'est trop personnel, et que c'est trop tout court. Certainement parce que je pense trop, c'est mon premier problème. Ce doit être un effet pervers de mes anciennes aptitudes aux échecs, que j'ai pu à peine réexercer récemment ; mais d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours pensé, planifié, considéré les différentes possibilités, construit des arbres virtuels, détruit aussi en fonction des événements. De temps à autre, un saut dans l'inconnu, mais pas totalement incalculé non plus, si j'ai un point commun avec les chats que je déteste tant, outre l'indépendante solitude, c'est bien de toujours retomber sur les pattes ; pour le moment du moins.

J'ai eu mon entretien "de rattrapage", oh pas pour moi, le rattrapage, je ne suis pas tombé si bas. Ils ne voudraient pourtant pas monter aussi haut que je le souhaiterais, mais seraient prêts à compenser en terme de jours disponibles pour des formations, c'est à voir et à discuter. J'attends, mais je n'ai pas de réponse de mon côté non plus, et c'est un peu du lancer dans l'inconnu, je sais juste qu'il n'y a pas sur Paris de prof sur ce secteur (il faut aller à Bordeaux), pourtant en pleine ascension fulgurante ; c'est déjà ça. Mais je reste dans le brouillard, différentes routes sont possibles, aucune n'est certaine. Je n'aime pas vraiment ça, en fait.

Je n'arrive pas forcément à me repérer, je manque de référentiel. D'un autre côté, ça confirme l'originalité, mais cela ne garantit pas le succès. Et quand bien même, l'investissement originel est tel que le retour ne sera de toute façon jamais à la hauteur. Ne pas regarder autour de soi... Il a suffi que je poste ceci pour que j'apprenne que ma jeune ancienne voisine, vingt ou vingt-et-un ans, est enceinte. J'ai un second problème : ma mémoire. Il y a 12 ans, je me souviens très bien, ce n'était pas la première fois que ça arrivait (un truc à petits cailloux, ça, de quoi nourrir une anamnèse), mais je la trouvais chouette la voisine (déjà, je préférais les plus jeunes... Sauf deux ou trois fois, en fait, faut pas croire) ; il faut dire qu'elle était fort jolie, grâcieuse (encore une danseuse douée), et pleine de vie ; mais c'est là où j'ai aussi compris que je serais triste si un jour je n'avais une compagne d'un haut niveau intellectuel, parce que la sympathie ne peut pas tout. Quand j'y pense, c'est peut-être aussi la première fille qui du jour au lendemain était passé de l'état de souvent à proximité (p'tite soeur ayant à peine un an de moins, si je ne m'abuse ; je n'avais jamais songé que ma Grande Amie a donc le même âge que ma voisine, quelle différence de parcours !) et à celui tout à coup de totalement absente. Comme ça, pour rien. Parce que "c'est comme ça". Et comme tout le monde n'a pas une mémoire permettant de se rappeler des faits très précis plusieurs années après (je me suis déjà amusé pour Paris-Carnet à un an d'intervalle, ça m'avait d'ailleurs valu un flot d'insulte de la part de la principale intéressée, qui depuis m'a totalement rayé, l'effet attendu étant à la base l'inverse -- suite à du grand nawak quelques mois auparavant --, mais comme je disais à propos du bon esprit...), ou alors les transforme n'importe comment (il n'y a qu'à voir la fameuse "mémoire politique", effroyable, sur laquelle est basée notre chère démocratie), le résultat ne peut être qu'incompréhension. Combien de fois ai-je eu la remarque "ah je t'ai dit ça ?" ou encore "mais comment tu le sais ?" ; ça s'apparente à construire sur du sable mouvant, c'est épuisant, ça ne mène à rien. Mais a-t-on le choix ?

Recommencera, recommencera pas ? On ne se refait pas, hein, toujours partant. Mon annonce est toujours valide, tiens je rajoute : écrire sans fautes d'orthographe aucune, mener une vie saine (pas fumer, pas boire, pas trop manger, pas ne pas manger), athée et de gôche (il faut un minimum quand même, quitte à spécifier) sans être crétine-militante (du genre les écolos de ces dernières années, irrationnels), bonus pour joueuses d'échecs ou de go (je n'y avais pas pensé, à celle-là, c'est la première fois de ma vie qu'on me faisait pareille proposition, y'a de l'espoir :)  À quand la revanche ? ;) ), préférence avouée pour le type "garçon manqué" (genre petite poitrine, et coupe de cheveux courte ; mais j'avoue aussi un grand fétichisme pour les cheveux longs, en fait). Et surtout, pas prise de tête, important ça, mon intégrité psychologique est déjà assez fragile comme ça. En théorie l'image correspond à quelque chose de cohérent, mais personne ne l'est en réalité. Défauts acceptés, évidemment. Mais la mémoire, ça c'est vraiment aussi important que la capacité à mener un raisonnement correct (j'assiste à de ces choses, de quoi avoir réellement peur), j'en suis à présent plus que certain.

Lost in thoughts (je vous laisse deviner que 90% ne sont pas ici). Je pense que peu nombreux sont ceux qui peuvent se prévaloir d'un tel retard ; le résultat est bien souvent catastrophique, d'ailleurs. J'ai oublié de parler du "Die Nacht" de la semaine dernière (mince, j'ai raté "l'esquive" sur Arte, lundi, avez-vous vu cette merveille ? J'en connais au moins une qui est passé totalement à côté, trop jeune sûrement, et pas si mâture qu'elle ne veut le faire croire, à coups d'artifices bien pensés ; m'en fout, m'a oublié totalement depuis un an). Il y avait "j'ai la tête qui tourne", des Nyst (Jacques-Louis et Danièle, tous deux morts pas très vieux malheureusement). C'est ahurissant, de ce chef d'oeuvre absolu qui dure une quinzaine de minutes, tournées dans les années 80, je n'ai vu que 3 ou 4 minutes, et il faut s'acquitter de plus de 100€ pour obtenir une copie sur dvd ; n'importe quoi, l'ennemi de la culture, c'est l'avidité, et le droit d'auteur (excessif ?). Bref, il n'y avait point le passage sur la licorne, mais on pouvait y trouver le dialogue suivant (un extrait donc, mais nulle vidéo n'est disponible où que ce soit) ; ça commence par dame Nyst, qui parle à une voix off très grave :

_ Chhhut, tu n'as rien entendu ?
_ Il y a quelqu'un ?
_ Qu'est-ce que c'est ?
_ Quoi, ce clap, clap, clap, clap ?
_ Mais oui le "clap clap, clap, clap".
_ Je ne sais pas.
_ Mais professeur s'il y a danger, ne croyez-vous pas qu'il faudrait partir ?
_ Il n'y a pas à hésiter Thérésa, il faut déménager.
_ C'est difficile.
_ Déménager la Terre, la Nuit.
_ C'est difficile.
_ Tout mettre de côté.
_ C'est très difficile.
_ Ranger les ardoises.
_ C'est difficile.
_ Tout emporter.
_ En un seul voyage ?
_ Oui.
_ Emporter la Terre avec ses guerres, cela risque d'être piquant ; il te faudrait une paire de gants.
_ J'en ai.
_ Ils sont jolis.
_ Ils n'ont jamais servi.
_ Par quoi vas-tu commencer ?
_ Oh, par la fenêtre, puis les ombres portées, la fumée...
_ Tu as loué un camion ?
_ Oui, pour la journée.
_ Je croyais que tu emportais la Terre... la nuit !
_ Non j'ai dit la Terre, virgule la Nuit, la Terre & la Nuit.
_ Le jour, il reste ici ?
_ Demain matin, il nous aura rejoint, tu verras, tout ce passera très bien
_ Tu ne laisses rien ?
_ J'emporte tout.
_ Et si tu oublies un petit coin gris ?
_ Quel petit coin gris ?
_ Je ne sais pas moi, une zone de repos.
_ Un repos... gris ?
_ Ce n'est pas [?????], un pallier de décompression, où l'on peut s'arrêter, un endroit où on peut trouver un couple d'amoureux, une toile d'araignée abandonnée, ou bien, pourquoi pas, le portrait de Dorian Gray.
_ Je ne te suis pas. Tu veux parler d'un vieux grenier. C'est le premier endroit que je ne risque pas d'oublier. Le grenier, la plupart du temps, est l'aboutissement d'un déménagement.
_ Tu vas déménager la Terre la Nuit dans un petit coin gris ?
_ Je n'emporte pas la Terre, la Nuit, a un rendez-vous secret.
_ Où vas-tu ?
_ Oh, je pars d'ici, jusqu'à la conclusion de notre conversation. Et puis, si c'est trop long, on supprimera, comme d'habitude. On empruntera un raccourci.
_ Un résumé ?
_ Oui, un raccourci.
_ En résumé, tu veux déménager la Terre, la Nuit dans un petit coin gris, en un seul voyage, dont le trajet serait un raccourci.
_ Heu, tu as compris
_ C'est difficile.
_ Oh difficile, difficile, à t'entendre, on n'entreprendrait jamais rien.
_ Mais ne sont-ils pas bien là où ils sont ?
_ Qui ça ?
_ La Terre, la Nuit
_ Oh le petit coin gris est tout à fait charmant
_ A charming Gray

Françoise H. compatit.

samedi 4 août 2007

l'amour à 18 ans

"Dreamland", c'est le nom optimiste de l'un de ces bleds paumés composé de quelques mobiles homes en plein milieu du désert, avec toujours des gens formidable qui y habitent, dans les films. Audrey a 18 ans, elle est très belle, intelligente, fort poétique, expérimente sa sexualité, et s'occupe de son père agoraphobe aux fortes tendances alcooliques depuis la mort de la mère ; sa meilleure amie Calista est assez excentrique aussi, gravement malade elle compte tout de même devenir miss America un jour ; arrive un bel éphèbe joueur de basket ball, et les choses "sérieuses" vont commencer...

Jason Matzner filme en gros plan les personnages, et en panorama les paysages de cette amérique que l'on rencontre parfois au cinéma. Ce faisait, il donne au scénario de Tom Willett, écrit à partir de quelques uns de ses poèmes, toute la dimension sociale ordinairement poétique de ces adolescents et anciens hippies entre drames, futur, amour, et espoir.

Agnes Bruckner, pas même 22 ans, dans un premier rôle remarquable ; Kelli Garner, à peine 23 ans, pour celui de Calista ; et Justin Long, de "Die Hard" (véritable valeur montante), pour terminer le trio d'ados à l'orée de l'âge adulte. Citons aussi John Corbett,   Gina Gershon, Brian Klugman et Chris Mulkey, puisqu'il n'y a pas énormément d'acteurs dans ce film.

De belles images, de beaux sentiments, de beaux textes, sans jamais tomber un seul instant dans la mièvrerie, c'est court (1h30), mais c'est un chouette film, romantique comme je les affectionne.

samedi 31 décembre 2005

hisoire de ne pas oublier...

...que ceci est un blog, après tout. Alors comme c'est bientôt la fin (ou pas), et que j'en ai bien envie, pour la première fois ici, chantons...

When I was young, it seemed that life was so wonderful,
a miracle, oh it was beautiful, magical.
And all the birds in the trees, well they'd be singing so happily,

joyfully, playfully watching me.
But then they send me away to teach me how to be sensible,
logical, responsible, practical.
And they showed me a world where I could be so dependable,
clinical, intellectual, cynical.

There are times when all the world's asleep,

the questions run too deep
for such a simple man.
Won't you please, please tell me what we've learned
I know it sounds absurd
but please tell me who I am.
Now watch what you say or they'll be calling you a radical,
liberal, fanatical, criminal.
Won't you sign up your name, we'd like to feel you're
acceptable, respecable, presentable, a vegtable!

At night, when all the world's asleep,
the questions run so deep
for such a simple man.
Won't you please, please tell me what we've learned
I know it sounds absurd
but please tell me who I am.

Supertramp, "the logical song"

mardi 27 décembre 2005

"As if time were no problem"

    (Charles Bukowski)

lundi 28 novembre 2005

ça drinke moins, ça fucke autant, et ça write plus

J'adore Bukowski. Depuis que j'ai vu l'excellentissime documentaire "Bukowski: born into this", en février dernier ; ensuite, j'ai lu "Burning in water, drowning in flame", le livre qui est entré dans le top ten de mes lectures préférées ; quelques fois, je l'ai cité dans ce blog, ici, ou encore  ; mais j'avouerais ne rien avoir lu d'autre, mis à part quelques extraits traînant sur net, le manque de temps, tout ça... :/

Bref, je n'ai pas lu "factotum", je ne pourrais donc juger l'oeuvre cinématographique à l'origine de ce billet en fonction de la qualité de son adaptation. Ce que je peux faire en revanche, c'est comparer le par rapport à "Barfly", de Barbet Shroeder, en 1987, avec Mickey Rourke et Faye Dunaway (rôles prophétiques, si l'on peut dire), auquel avait participé Bukowski sur le tournage directement (il apparaît dans le bar lors de la rencontre des deux protagonistes, aussi).

Les deux films sont donc des adaptations tirées d'oeuvres à inspiration autobiographique de Bukowski, dans lesquels il prend le pseudo de Hank Chinaski. On y voit sa vie dépravée d'alcoolo, ses descentes dans les bars, pour "Barfly", ou sa vie asociale entre deux boulots qui durent rarement plus d'une journée entière, dans "Factotum", publié en 75, ce qui signifie justement "a man who performs many jobs".

Alors voilà, la dernière d'une longue série d'adaptation n'et franchement pas mauvaise. Ça a été réalisé et écrit par le norvégien Bent Hamer, avec l'aide de Linda Bukowski, la femme de 25 ans la cadette de Buk. Dans le rôle de Hank, on trouve cette fois-ci Matt Dillon, fan de l'auteur, qui campe bien le rôle ; c'est moins éthylique que "barfly", mais ça doit se passer avant, aussi (à vue de nez, ceci dit, il y a deux ou trois scènes qui sont très fortement similaires dans les deux films...), dans les années 50 (cependant, la voiture du début est-elle alors un anachronisme ? Une adaptation temporellement libre ? On ne saurait trop dire). Lili Taylor est dans le rôle de Jan (prénom ressemblant étrangement à Janet, cf bio de l'auteur), mais là encore, bah, c'est peut-être trop propre. Là où "Barfly" était vraiment crade de chez crade, cette fois-ci, c'est crade mais pas trop, ça reste très acceptable, c'est un peu dommage. L'autre regret, c'est aussi l'absence d'une grande passion de Bukowski, très présente dans "Barfly" mais totalement absente de "Factotum", à savoir Beethoven, et dans une moindre mesure, Mozart ; encore qu'il n'y a pas eu de Gershwin (un seul morceau de Brahms, niveau classique), mais c'est vraiment un gros manque.

Sinon, ça baise toujours autant, c'est fidèle à l'original :)  (pour rappel, Bukowski était défiguré par de l'acné, de telle sorte qu'il dû attendre à 24 ans sa première expérience, avec une prostitué énorme, qui plus est ; il a rattrapé par la suite son retard, c'est le mions que l'on puisse dire...).

Mais là où le film est vraiment très très bien, c'est dans les nombreux extraits des poèmes de Buk qui sont lus au fil de ses péripéties. Et rien que pour ça, ça vaut le déplacement. Que du bonheur :)  (ou du malheur, c'est selon ^^)

Bref, comme à chaque fois qu'un tel film est tourné, les guerres de religions risquent de reprendre (modulo le nombre de fans), mais il faut savoir que Bukowski lui-même n'était pas content de "Barfly", pourtant très bon. Alors moi je pense que "Factotum" est réellement un bon film, et qu'il faut aller le voir, en tout admirateur de la belle poésie désespérante que l'on est (ou que l'on s'apprête à devenir :p)

vendredi 12 août 2005

sus aux préjugés

On croît souvent que les geeks ne sont que des barbus accrochés à leur ordinateur, et ne pensant à rien d'autre, ne vouant leur vie qu'à l'ère numérique. Ce n'est presque pas faux (faut vraiment que je me rase...), mais c'est tout de même très réducteur. Certes, on s'extasiera toujours devant des choses aussi débiles que ce toaster qui tourne sous NetBSD, et jouer à des jeux stupides où l'on se pose des questions sur de la SF parfois tellement kitsch que ça me laisse rêveur ^^  (google l'a remporté, normal, chez m$ y'a qqs nerds, mais aucun geek, faut pas confondre).

Mais en réalité, le geek est très souvent poète et romantique. Si si, et preuve en est le projet KPoet, qui se propose d'éditer et de publier de la poésie, et de tout l'entrain qu'il suscite. De la même manière, le code source est souvent considéré comme une forme d'art, essentiellement par les libristes (les autres ne savant pas coder, forcément...). Pour ma part, je considère qu'un programme en Caml peut être absolument formidable à voir, d'un point de vue de l'expression algorithmique, c'est le summum. Cependant, beaucoup programment dans des langages assez dégueulasses, comme le C, de telle sorte que la notion d'art a été étendue à la sculpture de code. Citons entre autre ce langage bassé sur des espaces et des points, absolument incompréhensible (le nom m'échappe, dsl). Il y a ainsi l'obfuscation de code, qui peut être un véritable art, mais présente la faculté d'être tellement porc qu'il faut un vieux compilo pour faire un exe potable.


Finalement, je voudrais vous citer Dijkstra (dt les citations sont les unes meilleures que les autres) :

"Why has elegance found so little following? Elegance has the disadvantage that hard work is needed to achieve it and a good education to appreciate it."
"Elegance is not a dispensable luxury but a factor that decides between success and failure."


"The art of programming", célèbre livre informatique, ne porte donc pas son nom pour rien. Personnellement, je me place plus du côté de Dijkstra, donc, que du côté des obfuscateurs. Cependant, on voit parfois quelques perles, et je vous invite donc à compiler et exécuter le code suivant, cela en vaut vraiment la peine (ça se met en une seule ligne d'habitude, mais la mise en page web part alors un peu en live, dc comme le C n'est pas sensible au retour à la ligne, et heureusement, j'ai coupé le code en tronçons) :


int main(int t, int _, char* a){
return!0<t?t<3?main(-79,-13,a+main(-87,1-_,main(-86,0,a+1)+a)):1,
t<_?main(t+1,_,a):3,main(-94,-27+t,a)&&t==2?_<13?
main(2,_+1,"%""s%d%d\n"):9:16:t<0?
t<-72?main(_,t,"@n'+,#'/*{}w+/w#cdnr/+,{}""r/*de}
+,/*{*+,/w{%+,/w#q#n+,/#{l,+,/n{n+,/+#n+,/#;#q#n+,/+k#;*"
"+,/'r:'d*'3,}{w+Kw'K:'+}e#';dq#'lq#'+d'K#!/+k#;q#'r}eKK#}
w'""r}eKK{nl]'/#;#q#n'){)#}w'){){nl]'/+#n';d}rw'i;#)
{nl]!/n{n#';""r{#w'rnc{nl]'/#{l,+'K{rw'iK
{;[{nl]'/w#q#n'wknw'iwk{KK{nl""]!/w
{%'l##w#'i;:{nl]'/*{q#'ld;r'}{nlwb!/*de}'c;;
{nl'-{}rw]'""/+,}##'*}#nc,',#nw]'/+kd'+e}
+;#'rdq#w!nr'/')}+}{rl#'{n'')#""}'+}##(!!/"):t<-50?
_==*a?putchar(31[a]):main(-65,_,a+1):main((*a=='/')+t,_,a+1):0<t?
main(2,2,"%s"):*a=='/'||main(0,main(-61,*a,"!ek;
donci@bK'(q)-[w]*%n+r3#l,{}:\nuwloca-O;m.vpbks,fxntdCeghiry")
,a+1);}



Ceci dit, ça ne passe plus avec gcc 3.4 apparemment :/ Mais ça passait avec gcc 3.3, si quelqu'un en a encore un sous la main...

Vala, sur ce code horrible d'où naît de la poésie enchanteuse, je vous salue ^_^


Quelques liens :
    _ un thema sur les hackers (que j'ai raté c'était en 2002, vais commencer une pétition pr avoir une redif :p )
    _ La programmation : une forme de poésie ?



Update (17/08): il y avait une coquille dans le code !! Ça compile bien avec gcc 3.4, et le code est le suivant :


#include <stdio.h>

int main(int t, int _, char* a){
  return!0<t?t<3?main(-79,-13,a+main(-87,1-_,main(-86,0,a+1)+a)):
1,t<_?main(t+1,_,a):3,main(-94,-27+t,a)&&t==2?_<13?
main(2,_+1,"%""s%d%d\n"):9:16:t<0?t<-72?
main(_,t,"@n'+,#'/*{}w+/w#cdnr/+,{}""r/*de}
+,/*{*+,/w{%+,/w#q#n+,/#{l,+,/n{n+,/+#n+,/#;#q#n+,/+k#;*""
+,/'r :'d*'3,}{w+K w'K:'+}e#';dq#'lq#'+d'K#!/+k#;q#'r}eKK#}w'""r}
eKK{nl]'/#;#q#n'){)#}w'){){nl]'/+#n';d}rw' i;# ){nl]!/n{n#';"" r{#w'r
nc{nl]'/#{l,+'K {rw' iK{;[{nl]'/w#q#n'wk nw' iwk{KK{nl""]!/w{%'l##w#' i;
:{nl]'/*{q#'ld;r'}{nlwb!/*de}'c;;{nl'-{}rw]'""/+,}##'*}#nc,',#nw]'/+kd'+e}
+;#'rdq#w! nr'/ ') }+}{rl#'{n' ')#""}'+}##(!!/"):t<-50?_==*a?
putchar(31[a]):main(-65,_,a+1):main((*a=='/')+t,_,a+1):0<t?
main(2,2,"%s"):*a=='/'||main(0,main(-61,*a,"!ek;dc i@bK'(q)-[w]*%n+r3#l,{}:\nuwloca-O;m .vpbks,fxntdCeghiry"),a+1);
}


    enjoy !! ^^

jeudi 16 juin 2005

"la baudruche sécuritaire"

C'est ainsi que l'huma a appelé le dirigeable de la police que l'on pouvait bien apercevoir aujourd'hui survoler l'Est de
Paris ; enfin, ce matin, il se voyait à peine, il fait chaud pour changer.

"it was a splendid day in Spring

and outside we could hear the birds

that hadn't been killed


by the smog"


(Charles Bukowski)

Effectivement, je n'entends pas beaucoup d'oiseaux chanter...


Sinon, l'autre citation du jour, c'est "aarrggg !!! j'ai oublié le code :s" ; bein ouais, ça faisait longtemps, j'ai oublié le code de ma carte bleu au moment de payer ; heureusement que j'avais gardé la lettre de la poste... Quand je pense que j'utilise ma CB environ une fois par semaine depuis deux ans...

lundi 6 juin 2005

drink , fuck and write

Telle est la devise de l'artiste du jour : Charles Bukowski. Je viens de finir "Burning in water, drowning in flame", qui rassemble les meilleurs poèmes de 1955 à 1973 (en anglais, of course, aux éditions ecco). Bukowski est assez célèbre de par nos contrées pour sa très remarquable apparition à une émission de Pivot (cherchez "Pivot Apostrophe" sur google : la 4e réponse parle de Buk ^^ ) ; bref, il était alors comme à son habitude, à savoir totalement soul. Et il explique très bien dans ces oeuvres pourquoi il boit autant. C'est un véritable artiste, déçu de n'être que postier, de passer sa vie à faire ce qu'il déteste le plus (à tel point qu'il en fera un ulcère ouvert). Il connaîtra la gloire bien tard, et alors les femmes, aussi (à outrance, tandis qu'avant ses 24 ans, il était replié sur lui-même, pour cause d'acé terrible et d'enfance maltraitée). Il n'arrêtera pas de boire après que son foie a explosé, mais stoppera soudainement sa beuverie permanente lorsque les critiques reconnaîtront enfin à leur tour son travail. Il meurt peu après, à 73 ans (en 94)... d'une leucémie !

Il a écrit énormément de poèmes, écrits quelques romans, et participé à la réalisation de "Barfly", une adaptation d'un de ses romans. Son oeuvre est très inspiré de sa vie, et de lui-même, avec son langage violent, ses idées féroces. C'est de la poésie moderne, donc pas de rime, une ponctuation scabreuse, mais finalement, c'est ce qui en fait
tout le charme.


Je conseille très vivement le documentaire éponyme, excellentissime, qui m'a donné envie de le lire (et pour me mettre à de la poésie, qui plus est moderne, et pire encore de la 2e moitié du XXe, faut le faire...). On y voit des moments d'anthologie, comme lorsqu'il vomit dans les couloirs avant de faire une lecture, ou qu'il déclare "c'est une lecture à 4 bouteilles de bierre", ou encore "si je n'ai pas une autre bouteille de vin dans les 5 minutes, je me barre !" ; que du bonheur ^^ Mais ceci ne doit pas cacher l'immense talent d'un homme finalement extrêmement sensible.


Prochaine revue : "Mrs Dalloway", Virginia Woolf (je reste ds les bouquins anglais, et les auteurs du XXe à tendance très dépressive...)

vendredi 3 juin 2005

"some people"

"some people never go crazy.
what truly horrible lives
they must lead."

Charles Bukowski

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