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mardi 26 novembre 2019

Khatia appassionata

Les retours de Khatia Buniatishvili sont de plus en plus prisés : son plan comm’ à la télé a pour effet de ramener un public aussi nombreux que pour les très grands noms mondiaux du piano, même si je doute fort que cette stratégie remplisse autant à l’étranger. Ce serait peut-être d’ailleurs une bonne idée pour retrouver une écoute apaisée. Car les ventes de billets à la Fnac ramènent certes du monde jusque sur la scène de la Philharmonie (de quoi admirer notre héroïne de très près), et limitent le replacement à quelque trou opportun en fond de parterre (j’étais fort heureux des places libres à droite et à gauche, quelle aubaine !), mais que c’est bruyant… Passons sur le voisin de gauche qui respire naturellement en ronflant et celui de derrière avec sa doudoune synthétique maléfique qu’il tripotait trop régulièrement. Toussements, téléphones, bips divers, et ce bruit de fond pénible et incessant, qui donnait l’impression d’être en AAD (voire AAA).

La Philharmonie me semble vraiment peu adaptée au piano. Lorsque Khatia pousse et commence à taper le piano, ça peut aller, mais quand elle veut faire dans la dentelle (comme sa robe rouge flamboyante, assortie à sa tignasse toujours magique), on entend mal. Pour être poli. Et donc, pour des Beethoven romantiques tout doux tout mous, pianissimo, l’écoute était au delà du bof. Il faut attendre la fin de la Sonate n°17 « Tempête » (un hit) pour que ça décolle enfin. Khatia tempétueuse. Khatia à la pédale, aussi, qu’il paraît — la robe empêche de vérifier.

Au programme, c’était un best of de Beethoven. Suivait ainsi la Sonate n°14 « au Clair de lune ». Khatia lunaire. Mais clairement, c’est quand ça commence à décoller d’une manière générale qu’elle devient bien plus intéressante que dans les mouvements romantico-éthérés, qui donnent une impression nuageuse, floue, pas bien définie… La suite, post-entracte (pendant lequel la précieuse relique du bout de robe rouge froufroutant arraché sur un pied de tabouret a disparu) était du même goût pas très convainquant. Sonate n°8 Pathétique puis Sonate n°23 Appassionata. J’en vois dans le public qui remue la tête de désapprobation. Standing ovation. Hhhmmm…

En bis, on a d’abord la Rhapsodie n°2 de Liszt (arrangement Horowitz), et c’est carrément plus sa tasse de thé : explosif ! Puis l’Impromptu n°3 de Schubert, en mode fleur-jupon, des bisous et coeur sur le public (à moitié parti, à moitié en stand up ovation). Clairement plus son répertoire. Beethoven, qui paraît pourtant plus mainstream, c’est pas ça ; je ne sais pas trop pourquoi, mais j’ai eu un sentiment encore plus confus que la dernière fois. Le star system, c’est bof. « C’était mieux avant ».

lundi 4 novembre 2019

cocktail Trifonov

Daniil Trifonov est explosif, le jeu de mot est facile. La Philharmonie est archi-blindée, il y a même du monde sur la scène. Quelques sièges sont libres par-ci par-là, certainement les malades et les morts. Les ninjas galèrent, je rejoins ma place tout en haut, parmi les meilleures du second balcon cour — seuls d’autres amis mélomanes ont eu une brochette de places meilleures que la mienne, mais comment font-ils au juste ? Trifonov a remporté toutes les compétitions récentes — Chopin, Rubinstein et Tchaikovsky. Et il n’hésite manifestement pas à faire rajouter un leaflet dans tous les programmes pour annoncer le rajout de Poème tragique de Scriabine et de la Petite suite de Borodine : 20 minutes de plus, soit une fin annoncée à 20h40 !

La soirée commence par un Scriabine jeune et plaisant, en enchaînant successivement Étude op. 2 n°1, Deux Poèmes op. 32, Huit Études op. 42, Poème tragique op. 34 et Étude op. 8 n°12. Puis une pause (quand même), un petit aller-retour en coulisse, et de nouveau Scriabine, Sonate n°9 op. 68. Le découpage de la soirée est un peu étrange, l’idée étant d’enchaîner deux sonates, puisque celle de Beethoven suivait immédiatement, en bloc. On est un peu perdu, je trouve, sans compter l’applaudisseur précoce qui n’a pas senti venir l’entourloupe.

Bref, Scriabine âgé est plus difficile, atonal, trop de notes, écoeurant. Ça m’a rappelé que j’avais failli le blacklister après l’Acte préalable, et que j’avais ensuite été très agréablement surpris par ses symphonies. Les quêtes mystiques, ça n’a pas que du bon. Quand la de Beethoven arrive avec la Sonate n°31 op.110, on est soulagé. Mais cet enchaînement m’a perturbé, et je ne suis pas sûr d’avoir bien pu profiter de l’oeuvre.

Entracte, cocktail des Amis de la Philharmonie, petits fours, le dirlo est là, petit pamplemousse de remontant, on maudit Jean Nouvel de l’asymétrie de la salle qui rend le passage du second balcon pair au bar Ouest une aventure fantastiquement pénible malgré l’ascenseur (170 millions de dommages et intérêts me semblent fort peu). Arrivé essoufflé, un sympathique Borodine (extraits de Petite Suite — n°1 "Au couvent" / n°2 "Intermezzo" / n°6 "Sérénade ») remonte le moral. Mais encore une fois, un enchaînement sauvage me perd, et ça passe sur la Sonate n°8 op. 84 de Prokofiev, qu’il joue à la kalash (d’ailleurs ça annonçait une demi-heure pour le seul Prokofiev tandis que j’ai minuté 25 minutes pour l’intégralité de la seconde partie !). Trop fatigué ? Pas assez de jambes dénudées et de chevelure magique chez ce pianiste à pénis ? Toujours est-il que toutes ces notes ont eu du mal à pénétrer mes oreilles.

Trifonov finit en zébulon, en sautant du piano pour saluer immédiatement après la dernière note tambourinée. Explosif, disions-nous. En bis, il enchaîne deux Rachmaninoff mignons tout plein, Vocalise et Choral Symphony, The Bells, deux transcription pour piano par lui-même. On finit mine de rien vers 23h, et si on ne peut pas lui enlever quelque chose, c’est bien sa générosité ! Il n’en demeure pas moins, de mon côté, un sentiment en demi-teinte. J’ai l’impression qu’il convient aux geeks du piano en offrant quelque chose hors des sentiers battus (je crois avoir lu ça aussi d’un autre pianiste une semaine avant, que je n’ai pas encore testé). Ce n’est pas forcément ce que je recherche.

mercredi 28 août 2019

Laferrière en fleur

Victor Julien-Laferrière est l’étoile montante du violoncelle et ça tombe bien parce qu’il est français. On ne tarit pas d’éloge à son égard dans le petit monde musical, mais je ne l’avais jamais entendu en live, et vaguement d’une manière générale — à tel point que ça ne percutait pas beaucoup à son nom quand j’ai été convié au parc floral pour le concert estival du dimanche. Il était accompagné de Théo Fouchenneret au piano, qui ne démérite pas mais ne génère pas autant d’attraction — d’autant que Laloum la veille avait paraît-il été hyper-exceptionnel, dans la catégorie bébé-étoiles dont-on-entendra-parler.

Au programme du duo, d’abord un Mendelssohn, Sonate pour violoncelle et piano n°2 en ré majeur op. 58, sous un Soleil de plomb, parce que l’ingénierie française doit quand même tenir sa réputation, c’est-à-dire faire des choses très belles et très compliquées totalement inutiles car mal pensées. En l’occurrence, le protège-soleil est tellement mal orienté qu’il ne protège de pas grand chose, et à 16h, on cuit. Sinon, c’était du Mendelssohn — la souris dirait que c’était aussi assommant que le Soleil.

Ensuite, Stravinsky, Suite Italienne pour violoncelle et piano, et c’est autre chose. Une demi-heure aussi, grosso modo. Une partie du public a fondu, mais les survivants sont plus attentifs. Ça gesticule moins dans les rangs. Plus personne assis par terre à l’ombre, dans le couloir. On se sent bien pour attaquer la dernière pièce, une magnifique sonate pour violoncelle et piano de Grieg, avec plein d’auto-citation. Problème : le Soleil continue de tourner, et alors qu’on avait conquis un trou laissé post-Mendelssohn, on cuit à nouveau. Dur.

À tel point qu’on se demande s’il est raisonnable de rester pour le bis, mais l’annonce du Silence de la forêt de Dvorak fait rester attentif. À la fin, on a perdu 10 litres d’eau, on a frôlé l’insolation, mais on est un peu heureux. L’acoustique est moins mauvaise que les jours de vent d’avant, mais c’est au prix d’une sonorisation qui brise forcément la qualité de l’écoute. Bref, il faudra se refaire ça dans une vraie salle.

Est ré-annoncée qu’il y aura une conférence-écoute « en allée 13 ». Évidemment, il n’y a aucun plan nulle part. C’était en fait sous les arbres, derrière. Le temps de faire un bon détour (par des bonsaïs, charmant !) avec un ami (et sa mie russe), on se retrouve par terre (tragédie des communs des transats) à écouter une interview journalistiques de notre héros Laferrière le jeune (29 ans ?), qui nous raconte ses aventures au concours de la Reine Elisabeth qu’il a remporté avec le Concerto pour violoncelle n° 1 de Chostakovitch qui tétanise les membres (pas un truc de bras cassé) ; mais pas que (petit retour sur son court parcours post-bac+9 par morceaux, de ses origines familiales pan-musicales, etc.). Manque de casques, pas d’écoute pour nous. Apparemment, il fallait là encore attendre les désistements, d’après le débrief de B#4 qui était planquée avec sa progéniture. Damned. Apparemment, ça ne s’improvise pas, ces activités gratos de plein air…

mardi 28 mai 2019

piano de verre

Une intégrale des études pour piano de Philip Glass à la Philharmonie, encore plus quand le maestro lui-même est présent, ça attire du monde ! Même la souris, ce qui n’est pas peu dire. On trouve quand même à se replacer au fond du parterre.

Philip Glass a peut-être 82 ans, il joue encore régulièrement du piano. Et c’est en toute logique que ce petit grand monsieur est venu ouvrir le bal, et est resté pour les saluts presque trois heures plus tard. Il y a 20 études, numérotées de 1 à 20, divisées en deux parts égales autour de l’entracte, réparties par paires successives à différents pianistes, quelques uns s’aidant de partitions, disposant chacun d’un tabouret pré-réglé. Lesdits tabourets ayant été positionnés tout autour de la scène, la succession des pianistes a été entrecoupée d’un machiniste venu faire les interversions de siège ; mépris pour un interprète, la running joke de la soirée a été de l’ovationner comme tel.

Avec deux études chacun, la liste de pianistes est la suivante : Aaron Diehl, Timo Andres, Célimène Daudet, Thomas Enhco, piano ; Maki Namekawa (en kimono !), Nicolas Horvath, Anton Batagov, Marielle Labèque, Katia Labèque (vendues par paire aussi).

Et c’était fort bon, parce que les thèmes répétitifs minimalistes enivrants de Glass sont ainsi qu’on peut difficilement y résister (et mal l’interpréter ?). Il y a quelque chose d’universel, de fascinant, de l’ordre de la transe. On pourrait taxer cela de facilité, et pourtant, c’est probablement ce qu’il y a de plus compliqué à faire, la facilité. Il faut savoir gouter son plaisir et les joies simples dans le laisser-aller ou le laisser-voguer.

lundi 1 avril 2019

Khatia et le star system

Encore une fois, le public était placé sur la scène de la Philharmonie. Mais cette fois, c’était pour approcher un peu plus encore Khatia Buniatishvili et sa divine chevelure. La salle était par ailleurs très pleine. Peut facile de trouver un replacement. Finalement, une belle place plein centre, le rang juste devant celui de JoPrincesse (et à côté de Christine Angot qui n’est pas restée pour les bis ?). Idéal. On peut tout voir de Khatia. Sauf les pieds, sous la trop longue robe sur laquelle elle a failli plusieurs fois trébucher.

Mais pourquoi tant de monde ? Seuls les pianistes les plus hypes (Lang Lang et Martha Argerich) rassemblent autant de public. C’est que Khatia, apprends-je, passe souvent à la télé, et même plusieurs fois récemment à Quotidien. D’où un public de n00bs, qui ne sait pas se tenir pendant les 45 minutes de D960 de Schubert. Un choix assez étonnant de Khatia étant donné son néo-public, faut-il dire (mais ce mouvement lent, quelle merveille…). Entracte, puis quelque chose qui sied mieux à la soirée : un Schubert méga-hits by Litsz, avec Ständchen, Gretchen am Spinnrade et Erlkönig.

Pour les deux dernières pièces Khatia fait monter la sauce, grâce à deux Franz Liszt. Elle sort d’abord son spécial jutsu aux vingts doigts, pour exécuter brillamment l’étude d'exécution transcendante n° 4 "Mazeppa", qui nous aura autant transcendé qu’une chevelure magique. Puis la Rhapsodie hongroise n°6, en feu d’artifice. Là encore, les doigts vont trop vite pour le Shannon oculaire. Khatia est une fille très digitale. C’est aussi une fille nouvellement adulée. Certes, comme toujours, elle n’attend pas le silence ou la fin des applaudissements pour commencer à jouer ; et elle se débarrasse sans ménagement, auprès du premier venu, du bouquet qu’on vient de lui remettre.

Elle alterne rapidement deux rappels, entre entre le flamboyant à chevelure, et le romantique-tout-plein : Rhapsodie Hongroise n°2 de Liszt (arrangement by herself), Impromptu op. 90 n°3 de Schubert. Schubert-Liszt-Schubert-Liszt, et une salle debout et en liesse entre chaque pièce supplémentaire. Comme s’ils n’avaient jamais entendu un seul pianiste de leur vie. Certes Khatia nous réserve (souvent) le meilleur (et parfois la pédale, disent quelques peureux), mais à voir tout ce monde n’y connaître pas grand chose et débarque de manière bien opportuniste (NOUS on l’a repérée depuis des années, depuis Pleyel !), je me pose la question : va-t-on gâcher Khatia ?

plus mieux que Bach-

Dans le WE « Orgues » à la Philharmonie, qui sert chaque année à le décrasser un peu, il n’y a pas que des pièces de moins d’une demi-heure : il y a aussi Olivier Latry qui vient jouer une fois l’an ! Cette fois-ci, replacement au parterre pour cet après-midi dominical « Bach+ ». Pourquoi « + » ? Parce qu’il y a plus de public jusque sur la scène autour de l’orgue ? (Comment a fait Serendipity, pas tout compris… Mais je préfère encore voir l’organiste s’exciter avec tous ses membres sur l’instrument, façon poulpe musical) Ou encore parce que deux bis ? (BWV 565 toccata et fugue, acclamé par le public ; puis Wir danken die, Gott, BWV 29, Sinfonia)

Que nenni. L’idée est de collectionner les B.A.C.H. et autres hommages, entrecoupés de Bach A.O.C. Voyons : Robert Schumann, 1ère fugue sur B.A.C.H (je ne savais même pas que Schumann avait écrit pour l’orgue !). Suivi de Johann Sebastian Bach (original), Choral "Schmücke dich, o liebe Seele ». Et alors deux mix (feat.) : avec Franz Liszt pour la Fantaisie et fugue en sol mineur ; avec Charles-Marie Widor pour Marche du Veilleur de nuit. Avant de revenir vers Prélude et fugue sur B.A.C.H., cette fois de Franz Liszt  et Jean Guillou (en son hommage, car on apprend qu’il vient tout juste de mourir à presque 90 ans).

Il faut dire que les organistes sont de sacrés remixers. La platine de D.J., c’est eux ! Les duos improbables en supermégamix, c’est eux aussi ! Les impros endiablées, c’est toujours eux ! Alors après l’entracte, on continue : Johann Sebastian Bach / Eugène Gigout, Choral de la Pentecôte ; Robert Schumann, de nouveau, pour 4ème et 5ème fugue sur B.A.C.H. Et pour finir, avant les bis, Passacaille et Fugue en ut mineur, BWV 582, du vrai Bach.

Wir danken die, Olivier.

(Ainsi que la souris pour le titre du billet, même si ce n'était point mon accompagnatrice sur ce récital)

samedi 2 mars 2019

Ian et l’ironie romantique post-#MeToo

Comme le pianiste norvégien Leif Ove Andsnes était pris avec Matthias, Ian Bostridge (qui a enregistré avec lui Voyage d'hiver) a changé de compagnon. Ou alors, c’est Brad Mehldau, censément pianiste de jazz (mais qui fait aussi du classique), et de plus en plus en binôme avec Iaaaaaaaan qui l’a casté. Ou alors, entre intellectuels, ils se sont plu. Ça doit être ça. Car c’est bien Mehldau qui a rédigé le programme, et composé le premier cycle de la soirée, « The Folly of desire », sur un choix de poème à la thématique bien définie. Extrait :

« Les agresseurs dans les comptes #MeeToo et l’Église catholique cautionnent leurs actes par une fiction délibérée, se mentant essentiellement à eux-mêmes, ce qui n’est pas sans rappeler le héros des Dichterliebe au XIXème siècle. Un peu de distance autocritique à la Heine aurait pu leur éviter ce chemin de destruction. L’ironie romantique donnait une liberté potentielle aux écrivains. Ils pouvaient momentanément échapper au cadre imposé de leur narration, comme dans la vie réelle où chacun peur échapper à la fiction qu’il se raconte en boucle au sujet de l’objet du désir. Et qui sait — si nous censurons de temps à autre la polis, nous pouvons conserver notre droit à la vie privée et à la liberté de parole. »

Voilà. Ma voisine opine. Bref, ça gamberge beaucoup. Le « Dichterliebe » de Robert Schumann après l’entracte (où Ian peut moins déployer sa singularité), mais qui devait initialement se trouver en introduction (inversion marketing ?), est dans la même veine. Autant dire que ce n’était pas simplement fort original — surtout la première partie aux accents jazz très légers, sur des textes anglais et allemands (dont un de Brecht non traduit pour cause de droits…) —, c’était quasi-philosophico-poétique. Mais il n’est pas improbable que la philharmonie assez pleine (sauf l’arrière-scène) est passé à côté du message.

Toujours est-il qu’en bis, « Every time I say googdbye » et « Night and day », tous deux de C. Porter, étaient formidables et accessibles.

Schubert, singles

Chaque artiste, à un moment, fait un album avec des singles « hors série » rassemblés. Pas forcément un best of, mais un peu de ça quand même. Dieu Matthias Goerne, maître du Schubert, a ainsi compilé un pot-pourri (comme disent les vieux) pour une soirée à la Philharmonie. Pour le seconder, et comme de plus en plus souvent, Leif Ove Andsnes au piano.

Der Wanderer D 489
Wehmut op.22, D 772
Der Jüngling und der Tod D 545
Fahrt zum Hades D 526
Schatzgräbers Begehr D 761
Grenzen der Menschheit D 716
Das Heimweh D 851
Drei Harfner-Lieder :
- Wer sich der Einsamkeit ergiebt (Harfenspieler I) D 478
- Wer nie sein Brot mit Tränen aß (Harfenspieler III) D 480
- An die Türen will ich schleichen (Harfenspieler II) D 479
Pilgerweise D 789
Des Fischers Liebesglück D 933
Die Winterabend D 938
Abendstern D 806
Die Sommernacht D 289
Die liebliche Stern D 861

Et en bis, An Den Mond D. 296. Autant dire qu’il avait été mis de côté mais qu’il était tout autant au programme.

Une bonne heure quarante de chant, sans interruption — si ce n’est pour boire. Évidemment, c’était magnifique (dans une philharmonie remplie aux deux tiers). Quel dieu, ce Matthias, quel dieu…

lundi 18 février 2019

violon thaumaturge

Sachions-nous que le violinniste Maxim Vengerov pouvait attirer tel public nombreux de n00bs ? Philharmonie très bien remplie, et pas si facile de se trouver une place avec la souris, qui malgré les compositeurs pas-sa-tasse-de-thé, était elle aussi venu pour le génie au Stradivarius, interprète de son chouchou Ysaÿe.

Ça commence par la magnifique Partita n° 2 BWV 1004 de Bach au complet — ce que n’ont pas compris quelques membres du sanatorium servant de public et commençant à applaudir beaucoup trop tôt… Puis Roustem Saïtkoulov complète notre héros au piano, et ne le quittera plus. D’abord pour la Sonate pour violon et piano en si bémol majeur K 454 de Mozart, puis après l’entracte une Fantaisie de Franz Schubert et enfin du Brahms : Scherzo, suivi des toujours délicieuses Danses hongroises (n°1, 2 et 5).

Mais ce sont les bis qui furent un point d’orgue. Aussi rares que fabuleux. Sonate pour violon en mi mineur op. 82, Romance, Andante, d’Edgar Elgar. Puis Sonate pour violon et piano, II Blues, de Ravel. Deux découvertes qu’il faudrait pouvoir se noter quelque part pour ne pas les oublier ! Touché par la grâce, le public, qui s’était exclamé à l’annonce du deuxième bis (qui doit donc probablement figurer sur un disque enregistré par Vengerov…) en a presque oublié de cracher ses poumons. Le pouvoir thaumaturge de la musique.

mardi 5 février 2019

Bach fleuve

Comme toujours, je préfère les variations Goldberg au clavecin, parce que vieux con inside. Mais avec l’âge, au contraire, et la diffusion dans tous les mangas/films nippons de la version de Gould, je commence presque à y prendre goût. Sans compter la présence de Pierre-Laurent Aimard — que j’ai toujours beaucoup aimé. Mais je ne pense pas que j’avais retenu initialement cette date, et que je l’ai ajouté par opportunité d’accompagnatrice — qui elle-même étant aussi une vieille conne à sa façon ne connaissait point PLA, dont la spécialité est plutôt Messiaen.

PLA a choisi de tout enchaîner, dans un torrent de notes musicales — pendant 1h20. Parfois, il y en a peut-être trop (et vraiment trop pour des oreilles gouldiennes qui ne peuvent pas processer ce débit, digne d’un grand orchestre en terme de richesse). Mais s’il y a un Bach fleuve, autant se laisser porter !

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