humani nil a me alienum puto

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 11 juin 2018

Mozart en ut

Avant la « messe en ut », au TCE, il y avait un Haydn qui tournicote, avec un passage lent très beau : symphonie n°48. Haydn, c’est quand même toujours une réussite, et l’orchestre du Bach Collegium, par le légendaire Masaaki Suzuki, lui rendait bien justice pendant cet échauffement . Car il faut bien avouer qu’on venait pour le plat de résistance, une messe en ut de Mozart qui envoie qui envoie du bois, à tel point qu’on se demande si c’est vraiment une messe… Ah oui, Osanna tout ça, on reconnaît… Carolyn Sampson (soprano), Olivia Vermeulen (mezzo-soprano), Zachary Wilder (ténor), Dominik Wörner (basse). Parfait.

La salle était fort vide. Le public n’aurait-il pas identifié LE Suzuki de Bach pour du Mozart ? Mystère.

mardi 29 mai 2018

recréation

« La Création » de Haydn, en version allemande, c’est très bon. Voilà une redécouverte qui en valait la peine. Surtout lorsqu’on a Les Arts Florissants par William Christie, Sandrine Piau en Gabriel & Eve, Hugo Hymas en Uriel, et Alex Rosen en Raphaël & Adam. Très belle distribution, qui aura nécessité deux replacements à deux, pour une très bonne soirée.

lundi 16 avril 2018

prophète Matthias

J’avais gardé un souvenir intense mais diffus de Elias de Felix Mendelssohn. Intense au point de retarder d’un jour mon arrivée à Nantes, et devoir prendre le train du samedi matin fort tôt. Diffus car je ne savais plus où et quand c’était : TCE, janvier 2009. Quand même.

Autant dire que quand c’est aussi peu donné, il ne faut pas faire comme le public parisien relativement absent (arrière-scène de la Philharmonie vide !). Elias, c’est un gros choeur (en l’occurrence RIAS Kammerchor), plus le gros coeur de Matthias Goerne, baryton, dieu, pardon, prophète. Le Freiburger Barockorchester sous la baguette de Pablo Heras-Casado est simplement superbe, et les trois autres rôles-titres-tournants, Sophie Karthäuser (soprano), Marianne Beate Kielland (alto) et Sebastian Kohlhepp (ténor) parfaits de bout en bout.

Une très grande oeuvre, pour une très grande interprétation. Ça terminait malheureusement extrêmement tard dans ce trou paumé de Paris où s’est crashé le vaisseau spatial philharmonique, et je n’ai pu applaudir autant que ça le méritait. À savoir énormément.

dimanche 8 avril 2018

passion selon saint-Jordi

Jordi Savall est le spécialiste ès Jurassic Park de la reconstitution d’oeuvres disparues. Pour la Passion selon saint Marc de Johann Sebastian Bach, le problème est qu’on n’a que le livret, et des sources pas bien directes qui disent à propos des deux fois où ça avait été donné que c’était du recyclage. Avec ça, Jordi rajoute de l’ADN de grenouille, de la levure, et nous fait une Bwv 247 reconstituée.

Il prend le Choeur d'enfants Amics de la Unio, La Capella Reial de Catalunya et Le Concert des Nations, mais en fait c’est plutôt réduit comme ensemble. Il sélectionne aussi Marta Mathéu (soprano), Raffaele Pé (contre-ténor), Reinoud Van Mechelen (ténor), Konstantin Wolff (basse et accessoirement Jésus, timbre auquel il a fallu s’acclimater) et enfin Dávid Szigetvári (ténor, Evangéliste — das Beste, maître du show).

Bon, c’est intéressant mais pas transcendant. On reconnaît des choses, mais forcément, il ne peut pas piquer le meilleur et faire un best of, ça ce serait trop voyant. Le livret est intéressant, entre Jean et Matthieu, avec tous ces témoignages recoupés (et un peu approximatifs), on finira bien par trouver qui est le coupable (avec le chandelier). Ça s’écoute bien, mais ça fait un peu Bach d’ascenseur. Ça peut être pas mal pour ne pas se sentir coupable en faisant autre chose en même temps.

En bis, Jordi Savall redonne le choral « Ich will hier bei dir stehen ». Nous aussi, Jordi, nous aussi.

mardi 20 février 2018

rare repos

Il faudrait bien plus qu’une tempête de neige pour rater un requiem de Campra. En plus de dix années de concert, il me semble bien que c’est bien la première fois que j’en entendais un vrai. Et pourtant, dans mon coffre requiem, révélation CD de mes douze ans dans ma province, c’était en bonne position. La sérendipité.

Pour débuter le concert, sur une période assez proche, il y avait du Rameau, In convertendo. Les Talens Lyriques s’échauffent. Christophe Rousset a sa veste asymétrique (un tailleur s’est bien fait plaisir, mais je ne suis pas bien sûr du résultat). Puis Marc-Antoine Charpentier, Symphonies pour un reposoir H.515. C’est bien beau, mais on trépigne. Après l’entracte, toujours bien replacé en centre-couloir de parterre impair de la Philharmonie, idéalement donc, c’est le Requiem d’André Campra, avec Caroline Arnaud (dessus I), Eléonore Pancrazi (dessus II), Philippe Gagné (haute-contre), Emiliano Gonzalez Toro (taille), Douglas Williams (basse taille) et le Choeur de chambre de Namur. On en ressort assez tout chose. En bis, rebelotte de l’Introït. On ne saurait s’en lasser.

mardi 26 décembre 2017

oratorio à point nommé

Un Oratorio Noël à Noël, c'est du marketing de Bach ! Ou de Philharmonie. Cité de la musique, puisqu'elle a retrouvé son nom d'origine — enfin ! Quoique, quand on n'ouvre pas la boutique, on peut se poser deux ou trois questions... C'était pourtant la place la plus chère de la saison, au dessus de 30€. Et pour ce prix-là, on est en dernière catégorie, tout en haut derrière des vitres. Mais on entend bien, on a des siège-fauteuil-canapé (ambiance Mk2 biblio), et avec un rhume en rémission, c'est parfait. Marc Minkowski, comme mon binôme, danse en dirigeant les Musiciens du Louvre Grenoble. On a une soprano puissante, Lenneke Ruiten, secondée par une autre non moins puissante, mais aussi : sublime, superbe, fantasmatique, j'ai nommé Hélène Walter, qui à un moment nous est passé derrière pour faire effet écho avec la première (émouvant. Je la mets sur la TOMARRY list). On a aussi : Christopher Ainslie, contre-ténor ; Helena Rasker, alto ; Paul Schweinester, ténor ; Valerio Contaldo, ténor ; et James Platt, basse hipster (on est fan).

Au programme : Cantate I, Cantate II, entracte, Cantate IV et Cantate VI. En bonus : Premier chœur de la cinquième cantate (n.54), toujours de l'Oratorio de Noël. Génial. Sublime — comme une Hélène Walter.

messie saisonnier

Le dimanche une semaine avant Noël, c'est le Messie annuel ! (Marche aussi à Pâques) Cette année, c'était à la Philharmonie. Malheureusement très de côté. De fait, si l'orchestre du Concert des Nations s'entendait bien grâce aux nouveaux réflecteurs, il n'en était pas de même de toutes les voix. Malgré un rhume aussi envahissant que ma nouvelle soutane-matrix qu'il était de bon ton de tester ce soir-là, une relocalisation s'imposait en duo : de face, au sixième, c'était mieux, mais peut-être aussi parce que le contre-ténor a changé (pour quelqu'un du coeur) — ce dont on ne s'est pas même rendu compte, à vrai dire. Forces en présence : Rachel Redmond, soprano (qui passe bien) ; Hagen Matzeit, contre-ténor (qui passe très mal, mais malade ?) ; Nicholas Mulroy, ténor ; Matthias Winckhler, basse (ok). Et puis Jordi Savall, La Capella Reial de Catalunya, et le fameux percussionniste pour la 2e partie, qui a égalisé sa barbe avec ses cheveux — devenant définitivement Cousin Machin. C'était certainement fort bien, ce Messie de Haendel, mais ni moi ni mon binôme ne sommes réellement rentrés dedans. On a surtout remarqué qu'on était très en retard tout le long, et qu'on a terminé vers 23h40, ce qui est criminel avec les transports parisiens lamentables. De ce côté, aucun miracle...

mardi 11 avril 2017

mortel Brahms

Voilà un très beau deutsches requiem offert par l’orchestre de Paris, dirigé par Thomas Hengelbrock en replacement de Christoph von Dohnányi. En première partie, Concerto pour piano n° 22 de Mozart, avec Emanuel Ax. C’est plaisant, avec un très beau bis (qu’était-ce déjà ?… Chopin ? Doute), mais sans laisser de souvenir impérissable.

De face, l’acoustique est assez honnête pour profiter de la soprano Christiane Karg et du baryton Michael Nagy, mais aussi du choeur, et surtout, de l’orgue, qu’on n’entend jamais assez, et qui ici relevait fort bien le tout. Fort agréable séminaire annuel.

mardi 20 décembre 2016

Mes-sie

Je croyais qu’il s’agissait d’une messe en si. Alors quand ça a commencé à chanter en anglais, et puis que je me suis dit que tiens, je connais par coeur, mais c’est pas du Bach, j’ai compris que j’avais un peu mélangé mes neurones… Bref, c’était le Messie de l’année — allelujah ! Comme mon binôme est arrivé très à l’arrache, que j’avais croisé un ami et qu’à chaque fois que je n’ai pas ninjaïsé, je l’ai beaucoup regretté, cette fois j’ai abandonné la miss pour rester au parterre (et puis un abandon pour un autre, quoi). Même si le Messie, c’est thaumaturge sur l’humeur (ce qui tendrait à être considéré comme une existence de Dieu, étant donné la difficulté du miracle ?). Cette interprétation par William Christie était bien lente. On a terminé d’ailleurs a des heures indues. Une bonne partie du public n’a du coup pas trop apprécié. Mais la qualité sonore de l’ensemble et des solistes (Katherine Watson, soprano ; Emmanuelle de Negri, soprano ; Carlo Vistoli, contre-ténor ; Samuel Boden, ténor ; Konstantin Wolff, bass), qui m’ont d’ailleurs conforté dans mon choix de rester de face (surtout pour le premier chanteur, dont j’ai eu confirmation qu’on ne l’entendait pas, en haut, et que pire encore le son fluctuait) en ont produit une très belle mouture, sur le plan esthétique. Et on ne me reproche jamais de bouder mon plaisir. Amen.

mardi 6 décembre 2016

messes désharmonisées

C’était probablement la place la plus chère de la saison à la Philharmonie. Je ne sais plus pourquoi j’avais dû prendre à 30€ deux places de côté, mais toujours est-il que dans cette salle diabolique, ce n’était pas forcément la meilleure idée qui soit. Car si Hinata-chan n’y semblait pas initialement sensible, le son était clairement en sourdine, et c’était vraiment évident pour les timbales encore plus que pour le choeur. Alors cette belle Harmoniemesse de Joseph Haydn, avec notre René Jacobs préféré, dirigeant le Freiburger Barockorchester accompagné du RIAS Kammerchor, clairement, aurait pu être meilleure. Et je passe sur la voisine de gauche, toute proche dans le tournant de l’arrière-scène côté jardin, qui rajoutait cet instrument de musique chez les femmes bourgeoises pénibles qui hantent les salles de concert : la quincaillerie au poignet.

Après l’entracte, le parterre étant toujours aussi plein (et la ninjaïtude de mon binôme toujours aussi limitée), un simple déplacement de quatre mètres vers le centre a totalement changé la perception acoustique du requiem de Mozart (version achevée par Franz Xaver Süßmayr et complétée par Pierre-Henri Dutron). Sophie Karthäuser (soprano), Marie-Claude Chappuis (alto), Maximilian Schmitt (ténor) et Johannes Weisser (basse) pour une belle fin de soirée. Mais cette salle, bordel…

- page 1 de 15