humani nil a me alienum puto

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lundi 29 avril 2019

deuxième session du Bach

Deux passions d’affilée — j’irais jusqu’à dire le même jour, avec la fin très tardive du Saint-Matthieu de la veille. Pour la Saint-Jean, c’est William Christie et ses  Arts Florissants qui s’y collent. Ils nous demandent de ne pas applaudir à l’entracte, et de réserver cela pour la fin. L’entracte arrive justement à un moment un peu inattendu, ne coupant pas du tout les 2h10 à l’hémistiche. De fait, panique à bord. Idem au retour des musiciens. Pas facile facile ces requêtes… D’autant que le public faisait SA venue annuelle chrétienne à la Philharmonie. Ça doit être le fameux aspect de service public (que j’appellerais plutôt : marketing). Bref, quelques catholiques bizarres (et bruyants) dans l’assistance, qu’on enverra tout droit en enfer d’un regard haineux.

Si Saint-Matthieu et Saint-Jean avaient dû témoigner (heu, testamenter ?) dans l’affaire de l’assassinat de Jésus, l’un aurait vu la voiture rouge et l’autre bleue. Rassurons-nous : ils auraient vu tous les deux une voiture. C’est déjà ça. Bref, quand on auditionne coup sur coup, on se rend bien compte des nombreuses petites incohérences dans les récits de l’un et l’autre. Même si on est d’accord, la trame reste la même : Jésus dîne, la maréchaussée vient le cueillir sur dénonciation d’un des douze potes, les Juifs-en-chef sont à la manoeuvre, le peuple veut du sang (Saint-Matthieu est peut-être plus misanthrope, à ce niveau), les Romains sont emmerdés, Jésus se la pète un peu genre il n’est pas concerné et il les snobe tous, mais il fait moins le malin une fois cloué. Bim, il meurt (alerte spoiler !), et pour la toute fin, et bien ça dépend, mais c’est un peu le flou artistique (très beau dans les deux versions).

Cette fois-ci, on récupère :

Rachel Redmond, soprano
Lucile Richardot, contralto
Reinoud Van Mechelen, ténor, (évangeliste)
Anthony Gregory, ténor
Renato Dolcini, basse
Alex Rosen, basse

On remarque Lucile Richardot qui était il y a peu une Junon déchaînée. Très belle réussite là encore, on termine sur un petit nuage.

épreuve du Bach

Jordi Savall était de retour avec un Bach canal historique, cette fois : la grande passion selon Saint-Matthieu, toujours opportunément programmée la semaine de Pâques par la Philharmonie. Je n’étais pas le seul à être accompagné d’une franc-comtoise capable de chanter l’oeuvre sans partition : pour compléter Le Concert des Nations et La Capella Reial de Catalunya, il y avait aussi la Maîtrise de Dole Franche Comté.

Que dire ? Superbe, passionnant de bout en bout d’une soirée commencée avec un peu de retard, et qui malgré un seul entracte a fini à minuit passé. On ne félicitera pas les programmateurs pour ce minutage qui a contraint bon nombre de spectateurs à quitter plus ou moins discrètement la salle avant la fin — et parfois même avant l’apothéose de la toute fin !

Florian Sievers, ténor (Evangéliste)
Matthias Winckhler, baryton (Jésus)
Marc Mauillon, baryton (Judas Iscariote)
Marco Scavazza, basse (Saint Pierre)
Javier Jimenéz-Cuevas, baryton (Grand prêtre)
Markus Volpert, baryton (Ponçe Pilate)

Distribution impeccable, Jordi en bonus au paléo-violoncelle pour le fameux moment, binôme aux anges (placement en hauteur qui aide à l’ascension), que du bonheur. Merci Saint-Jordi !

lundi 24 décembre 2018

messe en Minkowski

J’ai calculé mon retour de Hong Kong pour ne pas rater ce concert à la Philharmonie. Ode à Sainte-Cécile de Haendel, suivi de la Messe en ut mineur de Mozart. Quand même. Inratable. Même quand on n’a pas dormi après une nuit dans l’avion. Surtout quand c’est Marc Minkowski qui dirige ses Musiciens du Louvre Grenoble. Le chef prend d’ailleurs la parole pour nous causer des deux oeuvres. La première a été justement orchestré par Mozart, et il a rajouté une petite coquetterie : un glass harmonica ! Vue plongeante dessus. Et comme pour la seconde, il n’y a pas de choeur mais force solistes : Ana Maria Labin (soprano), Ambroisine Bré (soprano), Owen Willetts (alto), Stanislas De Barbeyrac (ténor), Norman Patzke (basse) ; et pour le ripieno, Constance Malta-Bey (soprano), Léa Frouté (soprano), Sophie Garbisu (soprano), Marie-Andrée Bouchard Lesieur (alto), François Pardailhé (ténor), Lisandro Nesis (ténor), Antoine Foulon (basse) et enfin Sydney Fierro (basse). Voilà pour le name dropping.

Et pour la soirée : sublime de bout en bout.

lundi 11 juin 2018

Mozart en ut

Avant la « messe en ut », au TCE, il y avait un Haydn qui tournicote, avec un passage lent très beau : symphonie n°48. Haydn, c’est quand même toujours une réussite, et l’orchestre du Bach Collegium, par le légendaire Masaaki Suzuki, lui rendait bien justice pendant cet échauffement . Car il faut bien avouer qu’on venait pour le plat de résistance, une messe en ut de Mozart qui envoie qui envoie du bois, à tel point qu’on se demande si c’est vraiment une messe… Ah oui, Osanna tout ça, on reconnaît… Carolyn Sampson (soprano), Olivia Vermeulen (mezzo-soprano), Zachary Wilder (ténor), Dominik Wörner (basse). Parfait.

La salle était fort vide. Le public n’aurait-il pas identifié LE Suzuki de Bach pour du Mozart ? Mystère.

mardi 29 mai 2018

recréation

« La Création » de Haydn, en version allemande, c’est très bon. Voilà une redécouverte qui en valait la peine. Surtout lorsqu’on a Les Arts Florissants par William Christie, Sandrine Piau en Gabriel & Eve, Hugo Hymas en Uriel, et Alex Rosen en Raphaël & Adam. Très belle distribution, qui aura nécessité deux replacements à deux, pour une très bonne soirée.

lundi 16 avril 2018

prophète Matthias

J’avais gardé un souvenir intense mais diffus de Elias de Felix Mendelssohn. Intense au point de retarder d’un jour mon arrivée à Nantes, et devoir prendre le train du samedi matin fort tôt. Diffus car je ne savais plus où et quand c’était : TCE, janvier 2009. Quand même.

Autant dire que quand c’est aussi peu donné, il ne faut pas faire comme le public parisien relativement absent (arrière-scène de la Philharmonie vide !). Elias, c’est un gros choeur (en l’occurrence RIAS Kammerchor), plus le gros coeur de Matthias Goerne, baryton, dieu, pardon, prophète. Le Freiburger Barockorchester sous la baguette de Pablo Heras-Casado est simplement superbe, et les trois autres rôles-titres-tournants, Sophie Karthäuser (soprano), Marianne Beate Kielland (alto) et Sebastian Kohlhepp (ténor) parfaits de bout en bout.

Une très grande oeuvre, pour une très grande interprétation. Ça terminait malheureusement extrêmement tard dans ce trou paumé de Paris où s’est crashé le vaisseau spatial philharmonique, et je n’ai pu applaudir autant que ça le méritait. À savoir énormément.

dimanche 8 avril 2018

passion selon saint-Jordi

Jordi Savall est le spécialiste ès Jurassic Park de la reconstitution d’oeuvres disparues. Pour la Passion selon saint Marc de Johann Sebastian Bach, le problème est qu’on n’a que le livret, et des sources pas bien directes qui disent à propos des deux fois où ça avait été donné que c’était du recyclage. Avec ça, Jordi rajoute de l’ADN de grenouille, de la levure, et nous fait une Bwv 247 reconstituée.

Il prend le Choeur d'enfants Amics de la Unio, La Capella Reial de Catalunya et Le Concert des Nations, mais en fait c’est plutôt réduit comme ensemble. Il sélectionne aussi Marta Mathéu (soprano), Raffaele Pé (contre-ténor), Reinoud Van Mechelen (ténor), Konstantin Wolff (basse et accessoirement Jésus, timbre auquel il a fallu s’acclimater) et enfin Dávid Szigetvári (ténor, Evangéliste — das Beste, maître du show).

Bon, c’est intéressant mais pas transcendant. On reconnaît des choses, mais forcément, il ne peut pas piquer le meilleur et faire un best of, ça ce serait trop voyant. Le livret est intéressant, entre Jean et Matthieu, avec tous ces témoignages recoupés (et un peu approximatifs), on finira bien par trouver qui est le coupable (avec le chandelier). Ça s’écoute bien, mais ça fait un peu Bach d’ascenseur. Ça peut être pas mal pour ne pas se sentir coupable en faisant autre chose en même temps.

En bis, Jordi Savall redonne le choral « Ich will hier bei dir stehen ». Nous aussi, Jordi, nous aussi.

mardi 20 février 2018

rare repos

Il faudrait bien plus qu’une tempête de neige pour rater un requiem de Campra. En plus de dix années de concert, il me semble bien que c’est bien la première fois que j’en entendais un vrai. Et pourtant, dans mon coffre requiem, révélation CD de mes douze ans dans ma province, c’était en bonne position. La sérendipité.

Pour débuter le concert, sur une période assez proche, il y avait du Rameau, In convertendo. Les Talens Lyriques s’échauffent. Christophe Rousset a sa veste asymétrique (un tailleur s’est bien fait plaisir, mais je ne suis pas bien sûr du résultat). Puis Marc-Antoine Charpentier, Symphonies pour un reposoir H.515. C’est bien beau, mais on trépigne. Après l’entracte, toujours bien replacé en centre-couloir de parterre impair de la Philharmonie, idéalement donc, c’est le Requiem d’André Campra, avec Caroline Arnaud (dessus I), Eléonore Pancrazi (dessus II), Philippe Gagné (haute-contre), Emiliano Gonzalez Toro (taille), Douglas Williams (basse taille) et le Choeur de chambre de Namur. On en ressort assez tout chose. En bis, rebelotte de l’Introït. On ne saurait s’en lasser.

mardi 26 décembre 2017

oratorio à point nommé

Un Oratorio Noël à Noël, c'est du marketing de Bach ! Ou de Philharmonie. Cité de la musique, puisqu'elle a retrouvé son nom d'origine — enfin ! Quoique, quand on n'ouvre pas la boutique, on peut se poser deux ou trois questions... C'était pourtant la place la plus chère de la saison, au dessus de 30€. Et pour ce prix-là, on est en dernière catégorie, tout en haut derrière des vitres. Mais on entend bien, on a des siège-fauteuil-canapé (ambiance Mk2 biblio), et avec un rhume en rémission, c'est parfait. Marc Minkowski, comme mon binôme, danse en dirigeant les Musiciens du Louvre Grenoble. On a une soprano puissante, Lenneke Ruiten, secondée par une autre non moins puissante, mais aussi : sublime, superbe, fantasmatique, j'ai nommé Hélène Walter, qui à un moment nous est passé derrière pour faire effet écho avec la première (émouvant. Je la mets sur la TOMARRY list). On a aussi : Christopher Ainslie, contre-ténor ; Helena Rasker, alto ; Paul Schweinester, ténor ; Valerio Contaldo, ténor ; et James Platt, basse hipster (on est fan).

Au programme : Cantate I, Cantate II, entracte, Cantate IV et Cantate VI. En bonus : Premier chœur de la cinquième cantate (n.54), toujours de l'Oratorio de Noël. Génial. Sublime — comme une Hélène Walter.

messie saisonnier

Le dimanche une semaine avant Noël, c'est le Messie annuel ! (Marche aussi à Pâques) Cette année, c'était à la Philharmonie. Malheureusement très de côté. De fait, si l'orchestre du Concert des Nations s'entendait bien grâce aux nouveaux réflecteurs, il n'en était pas de même de toutes les voix. Malgré un rhume aussi envahissant que ma nouvelle soutane-matrix qu'il était de bon ton de tester ce soir-là, une relocalisation s'imposait en duo : de face, au sixième, c'était mieux, mais peut-être aussi parce que le contre-ténor a changé (pour quelqu'un du coeur) — ce dont on ne s'est pas même rendu compte, à vrai dire. Forces en présence : Rachel Redmond, soprano (qui passe bien) ; Hagen Matzeit, contre-ténor (qui passe très mal, mais malade ?) ; Nicholas Mulroy, ténor ; Matthias Winckhler, basse (ok). Et puis Jordi Savall, La Capella Reial de Catalunya, et le fameux percussionniste pour la 2e partie, qui a égalisé sa barbe avec ses cheveux — devenant définitivement Cousin Machin. C'était certainement fort bien, ce Messie de Haendel, mais ni moi ni mon binôme ne sommes réellement rentrés dedans. On a surtout remarqué qu'on était très en retard tout le long, et qu'on a terminé vers 23h40, ce qui est criminel avec les transports parisiens lamentables. De ce côté, aucun miracle...

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