humani nil a me alienum puto

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dimanche 22 avril 2018

museums of NY

Commençons par le Guggenheim, à l’occasion des deux heures du samedi en fin d’après-midi où c’est gratuit — ou plutôt, où l’on peut payer ce que l’on veut, donc pseudo-gratuit. C’était un bon prix pour ce qui arrive à surpasser le Palais de Tokyo en terme de foutage de gueule intégral. Normalement, c’était $25. Autant dire de l’arnaque totale. Il vaut mieux alors profiter de ce qu’il y a de mieux dans ce musée : le bâtiment lui-même. Ce n’est pas forcément si haut que dans les photos — autour de 6 étages, ce qui dans le décor newyorkais fait assez rabougri, et laisse songeur sur tout l’émoi suscité à l’époque de son ouverture —, mais c’est vraiment beau. Comme souvent à NY, le contenant a primé sur le contenu. Celui-ci, assez vide, fait paraître du grand n’importe quoi (type Castorama avec ampoule pseudo-intellectualisante pénible), que n’arrivent pas à sauver les quelques tableaux français de Seurat ou Pissaro, malheureusement échoués dans les premiers tours d’étage de ce tire-bouchon vers le n’importe quoi, que l’on parcours en une demi-heure tout au plus si l’on ne s’arrête pas aux toilettes — pour une fois, les chiottes ne servent pas à être exposées, on peut au moins leur faire ce crédit-là.

Le Metropolitan museum est grand, mais pas si grand que ça non plus. De l’autre côté de la 5ème avenue, empiétant généreusement sur le gigantesque Central Park, le MET est grosso modo la somme du British Museum et du National Gallery. En revanche, on s’acquitte là aussi de $25 pour l’entrée, et les espoirs de réduction sont maigres. Manger ou boire à l’intérieur fait aussi regretter les aéroports plus accessibles en terme de prix. En échange, on a une collection de grande qualité, des mise en espace superbes et des explications sur les cartons lisibles, compréhensibles, bien rédigées et intéressantes (des qualités qui manquent généralement toutes à Paris). C’est donc bien plus petit que le Louvre, mais ouvert tout les jours, ce qui se paie par deux problèmes de taille : quelques salles entières fermées, et des horaires d’ouverture ridicules, entre 10h et 17h30, sachant qu’on commence à être mis dehors dès 17h. Mais avantage de taille : le billet est valide trois jours, permettant de revenir plusieurs fois quand il fait mauvais temps à NY (chose manifestement très courante en avril), y compris dans les dépendances lointaines du musée.

Au MET, on trouve de l’Égyptien (qui attire les foules et repousse la Souris), du primitif flamand et de la grande époque 18-19ème, en nombre, mais aussi de l’impressionnisme. Il y a de la statue (toujours cet amour de Rodin) et du temple (un petit côté Pergamon), de la photographie et du tableau. Très majoritairement du tableau, tout de même. On en fait le tour complet en 6 ou 7 heures, et un très bon tour en 4 heures environ. On y circule fort bien, il n’y a pas d’attroupements mis à part quelques queues devant les attractions antiques, il y a de quoi s’asseoir confortablement, bref c’est généralement très agréable. Et même quand il y a de l’attente, pour la fouille sommaire à l’entrée ou pour l’achat des tickets, c’est fort rapide. Il faut bien avouer qu’ils sont forts, ces Ricains.

Ça se confirme d’ailleurs avec le Cloisters, perché sur un parc fort grand et mal indiqué dans les hauteurs au bord de l’Hudson, au bout d’une ligne de métro express géante qui met une bonne demi-heure pour mener dans un coin du Bronx. Le billet jumelé du MET permet d’obtenir très rapidement une contre-marque, car il n’y a vraiment pas foule. Trois ou quatre cloîtres répliqués du Sud de la France et miniaturisés ont été montés pour accueillir une collection moyenâgeuse des plus plaisantes. On y trouve même du gisant espagnol. Comme toujours, c’est très rondement mené. On regrette encore une fois les travaux au milieu qui ne permettent pas de profiter de l’ensemble de l’exposition, mais la mise en scène est tellement bien faite, et les pièces présentées si pertinentes, que cela fait même oublier l’heure et demie de transport aller-retour. Une jolie trouvaille saugrenue dans cette ville de brique et de métal.

Mais la dernière surprise reste le Frick — c’est chic. Le grand manoir, aussi sur la 5ème avenue, toujours du côté Sud-Est de Central Park, porte le nom de l’hôte collectionneur très riche — il y en a une certaine quantité, là-bas, qui ont souvent eu leurs salles aux MET suite à des donations massives, rompant avec le rangement thématique (les Balthus, dont la songeuse Thérèse, se retrouvent ainsi tout en bas). Le mercredi après-midi permet de ne pas se faire dépouiller d’une vingtaine de dollars, moyennant une queue moins impressionnante qu’au Guggenhein, mais qui disparaît tout aussi rapidement (moralité : inutile d’arriver à l’heure, c’est perdre son temps). Les oeuvres méritent le détour, mais leur nombre restreint permettant de faire le tour de la somptueuse boutique en une heure si l’on ne s’attarde pas trop, en ferait là encore une opportunité culturelle ruineuse. On y retrouve comme d’habitude à l’intérieur un public essentiellement français. Il y a un peu de tout, mais surtout du grand nom. Du Renoir, du Lorrain, du Van Eyck, j’en passe. Encore du Vermeer, comme au MET — rattrapage de la catastrophique expo du Louvre facilement effectué. Pas vraiment la période à la Souris, mais même elle a pu y trouver un peu son bonheur. Cela a permis en tout cas de confirmer notre intuition du Cloisters (outre que les musées américains sont décidément toujours bien fichus) : le patio intérieur, dans une maison, il n’y a que ça de vrai. Les Romains avaient donc raison — il aura fallu là aussi 2000 ans pour le redécouvrir…

J’allais oublier de compter Ellis Island ! Après un ferry (passage à la fouille toujours aussi inefficace, bateau avec des fréquences de RER ou de métro express newyorkais, ie 15 minutes en heures de pointe) et un passage par la statue de la liberté, on arrive enfin au bout d’une grosse demi-heure sur l’île de l’immigration. L’endroit était en ruine après son abandon en 1954 et l’instauration des visas — de toute façon, ça commençait à ne plus servir à grand chose dès les années 1930. Transformé en multi-musées, l’endroit propose à la fois un fort intéressant et très bien fichu parcours historique du bâtiment principal, reprenant celui des immigrants de 3e classe des bateaux, avec audio-guide et/ou ranger de visite, mais aussi des expositions sur l’immigration en général et le lieu en particulier. Il y même un « hard hat tour », avec casque sur la tête, pour aller explorer les nombreux bâtiments encore en ruine ! Il faut clairement compter toute la journée pour en faire exhaustivement le tour : avec un dernier ferry à 17h, nous aurions dû profiter de la cantine sur place pour ne pas terminer au pas de course. Ceci étant, toute une journée sur la même thématique très particulière est aussi assez lourde. Il n’empêche que c’est extrêmement bien fait, comme toujours — de manière assez similaire à Alcatraz, d’ailleurs.

mardi 14 octobre 2014

sens dessus dessous

L’exposition de la Pinacothèque sur Kâmasûtra pouvait être tout et n’importe quoi. Mais l’amie guide-conférencière devant en assurer bientôt la présentation, nous devions bien y faire un tour — un dimanche après-midi, quelle idée… Tarif toujours aussi indécent, mais trois heures de parcours, tout de même, pour 300 oeuvres environ, dont trente sont sélectionnées par l’audioguide.

Il est bien précisé dès le début de quoi il s’agit exactement, loin de l’image sulfureuse qui nous est communément parvenue (mais qui sert aussi d’appât à l’expo, soyons honnête) : un texte complexe de gestion de la vie (moral, en somme), en sept livres, écrit vers le VIème siècle par plusieurs Brahamanes, essentiellement Vâtsyâyana, issu d’une très longue tradition indienne, qui a fait référence pendant plus d’un millénaire — en fait il faut même attendre le XVIème siècle pour des illustrations peintes explicites. Et l’Inde, ce n’est pas simple. Et c’est plus d’un milliard de personnes, ce que l’occidental ignore toujours superbement (après avoir foutu sa merde dans le coin, via les anglais libéraux-puritains, en bons protestants paradoxaux).

J’ai plusieurs fois tenté d’y voir clair dans le bordel indien, sans succès. Par où commencer ? L’exposition se heurte au même problème. Alors on prend les choses depuis à peu près le début, c’est-à-dire Shiva et Pârvati, qui doivent bien forniquer pour engendrer le monde, du moins dès que le premier sera sorti de sa méditation pour faire attention à la seconde, sur-motivée. Il y a Vishnou, aussi, qui sponsorise la rencontre — tout dépend des traditions, il commence déjà à changer de nom, pour Krishna, qui a droit a énormément de culte sous ce nom. Ah oui, parce qu’en plus, les dieux changent de nom au fil des réincarnations, des traditions, du temps, des mythologies locales, etc., et on se retrouve avec des milliers de possibilités. Ils ont leur association avec l’autre sexe (par exemple Lakshmi pour Vishnou), qui peut aussi changer de nom en parallèle. Et pour couronner le tout, les dieux peuvent parfois changer de sexe, par exemple Mohini pour Vishnou. Au secours.

On ne résume pas deux ou trois mille ans de joyeux bordel sans perdre un peu le spectateur. Il faut souvent revenir sur ses pas pour relier les dieux, les écoles, les aventures, les acteurs… Vivement des tablettes interactives avec lexique incorporé ! On comprend les grandes lignes, comme l’importance du Lingam et du Yoni, c’est-à-dire des représentations fantasmées et idéalisées du pénis et du vagin, transformés en statues, amulettes et autres objets divers et variés. Loin de refouler le sexe comme le Texte occidental, l’Inde met la différence au centre d’une philosophie de la complémentarité. Loin de subir nos tabous, la statuaire des temples tout autant que l’art populaire et aristocrate fait figurer la zoophilie (extension naturelle d’une tradition où la femme du prince doit passer la nuit avec un cheval sacrifié pour lui apporter la puissance), l’homosexualité est admise (plus pour les femmes, surtout en harem, parce qu’il faut bien s’occuper en attendant), etc. — mais en échange, le sexe oral est vu comme particulièrement malvenu, plutôt pour les classes inférieures.

C’est dans tout cela que s’inscrit le Kâmasûtra : une fois le Dharma (vie vertueuse), l’Artha (l’assise financière, la prospérité matérielle) assurés, il faut s’intéresser au Kama pour bien réussir sa vie, c’est-à-dire au plaisir et au désir, à ressentir autant qu’à donner. Seulement alors peut-on atteindre le Moksha, c’est-à-dire la libération. Il ne faut pas se tromper, la voie est assez stricte : le Dharma est l’assise à l’Artha — mais inversement pour le prince, parce que ses sujets dépendent de sa prospérité. Exceptionnellement, les prostituées observent le Kama avant le reste, là aussi parce que tel est leur rôle. Et puis il y a ceux qui choisissent l’abstinence pour atteindre un plus grand Kama (dans la lignée de l’idée que retenir sa semence revient à accumuler de la puissance), comme le rédacteur même du Kâmasûtra…

Dans les sept livres, qui servent de fil directeur à l’exposition à partir de la seconde moitié, on a à boire et à manger. On s’adresse aux hommes explicitement, puis à la courtisane (qui a un statut particulièrement valorisant — j’adore, autant que cette secte où l’on se masturbe devant les jolies filles pour les célébrer) et à la danseuse, on exhorte à la fidélité tout en donnant la bonne démarche pour séduire la femme d’un autre (très explicitement…) ou à la femme pour se trouver un amant. Et puis il y a les fameuses 64 positions, manuel de jouissance, illustrées au fil du temps par différentes écoles, dont la première est Moghol (comme quoi !). La précision du trait est aussi surprenante que les astuces pour produire en série à l’attention de riches clients émoustillés.

Le septième livre, qui doit nous indiquer comment atteindre Moksha, bizarrement, cela semble vite expédié avec du tout et n’importe quoi. Pas de bol pour l’ultime secret. Pour se consoler, on a quelques extraits de film, histoire de voir que tout cela est présent encore dans l’Inde moderne, quoiqu’en proie à de sérieux paradoxes (dans une foi totalement éclatée, qui plus est). Et de se dire qu’on testerait bien les 64 positions avec ces mignonnes indiennes…

Au final, cette expo est riche, très riche, et mon accompagnatrice a carrément craqué. Ça ne sera pas facile pour elle d’en faire quelque chose d’approchable. Non, l’Inde n’est pas l’Occident, et l’approcher avec nos yeux n’a aucun sens. Et je dis ça sans vouloir y mettre un pied (évidemment que j’aimerais bien voir les temples et prendre la température locale, mais cela va contre ma philosophie de bien-vivre). Cette ouverture est donc a minima salvatrice. D’autres mondes sont possibles, où la jouissance, loin d’être refoulée, est à sa juste place.

jeudi 14 août 2014

pioupiou dragon

Ayant plusieurs fois entendu parler de la dernière exposition du musée Guimet, "l'envol du dragon - art royal du Vietnam", en des termes plus qu'élogieux, l'occasion laronnesque n'était pas à laisser passer (surtout en un lieu aussi sympathique pour les demandeurs d'emplois). Le Vietnam est une contrée plutôt mystérieuse, ce qui n'est pas sans ironie pour l'ancienne colonie française qu'était l'Indochine. Qui connaît donc l'histoire de ce pays, qui rappelons-le est une signe de l'existence de Dieu tellement ses habitantes, qui n'ont strictement rien à voir avec les chinoises, sont d'une beauté au-delà de l'imaginable ? Le Vietnam est couramment associé aux guerres d'il y a 40-50 ans, mais son Histoire et son art sont inconnus. Voilà une belle occasion de pallier ce manque, et de donner au passage quelques bases pour séduire la vietnamienne par son érudition sur son pays. De la culture intéressante et pratique, en somme.

Le dragon était pour moi chinois avant tout : que nenni, il est aussi à partager avec ce territoire des confins qui n'était pas encore le Nam Viet, depuis plus de 2500 ans, comme le prouve à l'entrée des terres cuites, des bronzes, et un magnifique tambour deux fois millénaire. L'avantage de la céramique est sa conservation : les "bleus et blancs" sont omniprésents, à coup souvent de verseuses (qu'on assimilerait facilement à des théières) et de tasses, mais aussi de plats plus traditionnels. Le motif du dragon est omniprésent au fil des siècles. C'est dans les trois dernières pièces de l'exposition, passé les travaux archéologiques d'une civilisation qui n'a pas connu l'art de la conservation tel que nous le connaissons chez nous depuis quelques petits siècles (on s'étonne tout de même d'ancien modèle réduits de fermes fortifiées), que les sculptures de l'ère Nguyên et les ensembles d'ustensiles et de vêtements révèlent toute la beauté d'un art raffiné, où le mot "livre d'or" est pris au pied de la lettre (il est cependant conservé dans un réceptacle en argent).

Le Vietnam est une sorte de maelstrom, coincé entre différentes influences (et invasions...) culturelles : outre le dragon, il y a le bouddhisme, le confucianisme, et la langue chinoise qui se mélange à leur dialecte propre. La statut à mille bras, celle d'un prêtre assis plus vivant que nature, le tout petit (mais pas très conciliant) juge des enfers (en fonctionnaire, what else?), un petit Bouddha puer senex prêt à marcher sur les lotus, d'autres Bouddha ventripotents, des actes officiels magnifiquement rédigés pour attribuer des divinités à des provinces (!!), un couronne de pierres précieuses (montées sur un chapeau du modèle des érudits chinois), des parures vestimentaires des derniers monarques émigrés à Cannes, la rétrospective s'achève en dehors de l'exposition, avec une galerie de photos fabuleuses du pays — sans vietnamienne dessus malheureusement.

Extrêmement intéressant, témoignage d'une certaine atmosphère trop méconnue (l'humidité de la mousson en moins), cette exposition vaut le déplacement mais aussi d'être saluée, car nos liens particuliers (dirons-nous) avec le Vietnam valent plus qu'une banale ignorance. Je ne savais même pas qu'ils ont leur propre cité interdite... Encore une occasion de regretter de n'y avoir toujours pas été. Histoire de voir dans son habitat naturel le dragon (d'eau, de feu, volant ou pas). Et la vietnamienne.

lundi 9 avril 2012

opéra de façade

Mardi dernier, l'AROP a organisé une visite originale : au lieu de visiter une partie de l'intérieur de Garnier (un jour je verrai les toits, un jour...), cette fois, et spécialement pour les jeunes (dont une bonne partie de la crème balletomaniaque et mon homonyme qui n'aura pas manqué d'attirer l'attention de ces dernières), l'idée était de faire le tour du palais sans y entrer. Et donc, de commenter la façade !

Il y a beaucoup à dire sur cette façade. Ou plutôt, ces façades, car l'idée première était de faire correspondre un style particulier à la fonctionnalité du bâtiment : l'arrière, à la sortie des artistes, d'où nous commençons le périple, est donc bien de type bureaux. Après quelques généralités sur le point haut, la cage de scène très vide compensée par le lac intérieur, on commence le tour de l'édifice en commençant par le côté ouest, empereur. Les médaillons de compositeurs se succèdent, et il est amusant de constater qu'un sur deux n'a pas survécu à l'Histoire, alors même qu'ils étaient tous considérés à égalité à l'époque. Manquaient Berlioz et Wagner (le premier a finalement eu droit à son petit portrait sculpté dans la glacière), et loin de choquer, tout le monde (à commencer par Scribe) était bien d'accord : la liste des noms proposés pour être représentés sur le temple de l'opéra était complète. Même archi-complète si l'on considère que Bach a eu droit à sa statut sans faire d'opéra ; ou que Beethoven a son médaillon en façade avec une seule oeuvre du bon type (et pas forcément un chef d'oeuvre de surcroit). Un membre du groupe particulièrement cultivé remarque que la date de naissance de Bellini est erronée : effectivement, c'est 1802, pas 1803 !

On parle de la façade de face, qui elle a été restaurée en 2001 (à l'Ouest, on vient à peine de terminer, sans la statut de Garnier toute crottée de pigeons), mais déjà re-polluée, avec ses grandes statuts (dont la danse de Carpeaux qui a fait un scandale, mais je ne sais plus trop pourquoi, il y avait beaucoup de bruit dehors), ses yeux-de-boeuf, ses "N" et "E" rajoutés en alternance lors de la restauration, conformément aux plans originaux (le guide parle de "Empereur", le p'tit rat jure que c'est "Eugénie", Wikipedia penche aussi pour l'impératrice). On finit la visite à l'Est, avec des médaillons pas tous bien achevés. Un petit tour du propriétaire, en somme.

(contrairement à ce que pense le petit rat, ce n'est pas un blog frivole, ici, et ce n'est pas parce que je ne prends pas de notes dans mon carnet avec mes lunettes sexy sur le nez tout ça que je vais juste raconter des grivoiseries, non mais oh !)  (bon, sinon, le compte-rendu sera meilleur chez elle, quand elle l'aura publié...)

jeudi 17 février 2011

statues qui boudent

Lorsque Milkshake m'a parlé de cette expo, je n'ai pas percuté, et puis j'ai oublié, ensuite. C'est que bon, le but de la soirée n'était pas forcément un retour au Louvre, même si l'on pourrait commencer à croire, étant donné l'espacement des visites et les accompagnatrices successives, que le lieu est devenu un point de rendez-vous, si ce n'est de rancard.

C'est au début de l'expo Messerschmidt que je me suis dit que j'avais déjà vu ça. Et plus ça continue, plus les bustes grimacent. Et là, trouvé : Belvedere, à Vienne, la salle très étrange. En voilà d'autres, sous verre. Milkshake, artiste, a l'oeil affuté ; verdict : si ça n'avait été de la fin du XVIIIème, avec un bon siècle et demi d'avance, ça serait très probablement passé inaperçu. Et puis, il faut dire qu'il y a le personnage, qui la quarantaine passée a commencé à débloquer gravement ; une mythologie biographique qui aide, commercialement (post-mortem).

L'exposition est courte mais vaut le coup d'oeil. Au dessus, on trouve les grandes statues classiques (Napoléon a été déménagé, mais on n'a pas trouvé où). et une autre expo avec des oeuvres parsemées de Tony Cragg. Un artiste contemporain qui n'est pas une jolie fille, on imagine bien qu'il ne m'a pas beaucoup bouleversé.

Après avoir diversement devisé sur les oeuvres (tout à fait sérieusement, comme on peut l'imaginer) et alors qu'on traverse les mésopotamiens (je prends au passage en photo la loi d'Hammourabi, pour l'envoyer aux amis FN -- je me suis foutu d'eux en disant qu'ils avaient 4000 ans de retard : en fait, ça date de -1750, mais ça ne me fait que 10% de marge d'erreur --, mais pas de bol, pas moyen de mettre une pièce jointe à un mail sous Android, sauf à créer un nouveau mail), Milkshake se souvient d'une série de salles à voir. Les salons de Napoléon III (avec des morceaux de François Ier dedans).

Je ne savais pas qu'il y avait ça au Louvre ! Faut trouver : en fait, il faut éviter de monter au second pour les tableaux hollandais et français, et s'arrêter au premier, puis aller tout au fond, alors qu'on pourrait croire qu'il n'y a rien dans le coin. Et effectivement, à part trois touristes perdus, on ne peut pas se sentir oppressé dans le coin... Pourtant, il y a une série de salles totalement impressionnantes, notamment une immense salle à manger et de nombreuses pièces (beaucoup de mobilier, dont des chaises art déco et art nouveau... du début XIXème). Sacrée découverte !


adendum: je suis balèze, quand même : alors Messerschmidt est le spécialiste du buste bizarre, d'une manière générale des tête très marquées, mais surtout, à la fin de sa vie, des bronze et de l'albâtre figurant des bustes boudeurs, constipés, baillant, fronçant yeux et sourcils. D'où la surprise de voir cela en 1793.

mardi 4 janvier 2011

museum/expos of London

Le 1er janvier aura commencé sous le signe de l'horreur : le Tate Museum rassemble les pires croutes concevables. Heureusement, c'est parfois simplement inutile, et c'est reposant, le temps de zieuter une salle environ quatre secondes, avant de passer à une autre. Très pratique, le lieu se visite en moins d'une heure, malgré ses deux étages d'exposition permanente (et gratuite, contrairement au Gauguin temporaire du 4ème), au 3e et 5e. Le bâtiment est très moche, une ancienne centrale électrique ; à l'intérieur, c'est très beau, et le hall d'entrée monumental avec sa grosse poulie attachée à une hauteur insensée est saisissant. Mais le contenu, quelle misère, que des déviants. Il y aurait une dizaine d'oeuvre à pleurer en cas d'incendie, notamment un Munch (pas des plus géniaux, mais quand même), un peu perdu. Mon oeuvre favorite : un miroir tout con ; j'aurais pu rester des heures à le contempler, mais on était pressé. Une vidéo montrait des hippocampes : c'était le plus intéressant (d'ailleurs, tout absorbé que j'étais, j'en ai perdu ma souris).

Un bus plus tard (parce que Laurent était chargé, sinon avec le beau Millenium bridge enjambant juste en face la Tamise pour mener à St-Paul, on aurait plus vite fait), nous voilà au Barbican. Là, il y THE expo que je veux voir, et finalement, la souris suit (les £10, même offerts, peuvent rebuter -- d'ailleurs il n'y avait pas grand monde, une dizaine de personnes tout au plus !) : du fashion nippon. "Future Beauty 30 Years of Japanese Fashion", au Barbican artgallery (au 3e, deux étages au dessus de la salle de concert), du 15 octobre au 6 février. Issey Miyake, Rei Kawakubo (Comme des garçons) et Yohji Yamamoto essentiellement, mais aussi un peu d'avant-garde de Junya Watanabe, Jun Takahashi, Tao Kurihara et Mintdesigns. Très peu de Kenzo, rien de Jun Ashida (dommage, j'adore !). Ce n'est donc pas un tour complet (d'autant qu'il n'y a que de la couture pour femmes !), mais c'est déjà extraordinaire : deux heures à tourner autour des robes aux drapés sensationnels, profondément inspirés de culture japonaise, mais pourtant résolument tourné vers autre chose, vers une autre voie qui plaît et parle à tous, européens compris. On reste très émus devant quelques pièces, essentiellement de Yamamoto (dont je recommande fort la visite de la boutique, entre St-Honorée et Rivoli, à hauteur de Hermès et de l'église -- orthodoxe il me semble --, pour situer). La souris note ce qu'elle veut commander ; je lui fais une estimation autour de 20.000€ (c'est pas donné, Yamamoto...). Quelques vidéos, enfin, et de la danse : au moins, là, c'est sûr, on est d'accord.

Le lendemain, on reste dans le fashion, la souris avait détecté en allant voir le feu d'artifice, une exposition sur René Gruau aux "Embankment Galleries" de Somerset House (on aurait pu faire du skating, tiens). £6 pour une heure de visite simple, où les dessins se succèdent : "Dior Illustrated, René Gruau and the line of beauty". Assez amusant de voir cela à Londres, avec la possibilité de lire ce qu'il y a sur les affiches, contrairement aux visiteurs très locaux (les Anglais parlant français sont français, d'une manière générale -- je ne vous raconte pas comment mon nom a été maltraité tout le long du séjour, alors qu'il est fort simple et commun). Je pense que comme d'habitude, la souris bravera les droits d'auteurs et vous fera un billet en images beaucoup plus intéressant que le mien. J'avoue que je ne connaissais pas, et que j'ai été fort séduit. Il faut dire que souvent, l'épure de la ligne a été inspirée par les maîtres japonais. En quelques traits, voilà une femme émouvante jetant un regard par dessus l'épaule. Classement thématique et vaguement chronologique ; quelques robes de Dior et de Galliano, à couper le souffle. Néanmoins, la quasi-totalité des dessins concernent des publicités pour des parfums (pour femme et pour homme), celles plus fashion concernant des magazines ; rien à voir avec Dior (tout comme les flacons de parfum n'avaient rien à avoir avec Gruau ! Contexte large...), mais bon, il fallait aussi rassembler du matériel. Et en soi, c'est fort original !

jeudi 21 octobre 2010

moyenne renaissance

"France 1500, entre Moyen-Âge et Renaissance" se propose de nous démontrer quelque chose d'absolument révolutionnaire : la transition entre le Moyen-Âge et la Renaissance n'a pas été opérée brutalement en deux coup de cuiller à pot, grâce à des italiens, des néerlandais (et tout ce qui n'est pas trop français) sur-évolués qui nous ont tout à coup sorti de l'obscurité pour nous amener vers la lumière. Non, nous ne sommes pas passés de 1499 à 1500 en échangeant les porcheries pestiférées contre des plans d'hélicoptères. Ça a l'air un peu bête vu comme ça...

Et pourtant, en se baladant au Grand Palais (par la petite porte, que je n'avais jamais encore emprunté), on constate que ma foi, heureusement qu'il y avait du Hollandais et de l'Italien. On peine à croire, en matant du Vinci (que je n'aime pas beaucoup dans l'absolu), tout à la fin, que c'était de la même période... Et on se surprend à l'aimer beaucoup. Il n'y a pas tant de peinture que ça, au final. On y voit cependant à quel point les gens étaient moches et pas baisables du tout, mais manifestement le gras sur maigre n'était pas encore rentré dans les moeurs. À la place, on a de très jolis bouquins de toute taille, car à l'époque, Marc Lévy n'existait pas : dans le métro, on lisait les heures et les très petites heures. Les bouquins exposés font de un mètre (pour les géants, voir Harry Potter) à 10 cm (édition pocket). Pour de la littérature poubelle, c'est de la très très belle édition, recopiés à la main pour la grande majorité, et avec une gestion de la casse et de la justification qui laisse rêveur.

Il y a beaucoup de sculptures, que du religieux me semble-t-il. Des vierges dans tous les sens, des petits Jésus aussi, et des gisants. On a quelques saints "autres" de l'époque, une Ursule dans un coin, ce genre de choses (mais pas de Catherine), St-Gilles n'apparaît qu'au second étage (avec une biche -- moi je suis protecteur des bitches). On remarque les yeux sont coréens, souvent à l'envers, un peu comme les extra-terrestres dans X-Files. Ceci corroborerait l'hypothèse selon laquelle les miracles catholiques étaient en fait le signe d'une invasion raëlienne, mais malheureusement le sujet n'est pas abordé.

Ou peut-être en visite guidée, ceci dit : lorsqu'une guide s'approche d'un tableau un peu abscons (enfin, moi des filles qui mordent des mors, j'en ai vu sur le web, et elles avaient l'air de se faire fouetter : ce n'était pas forcément symbole de chasteté, pour la peine), tout à coup tout s'éclaire, on comprend les allégories à tiroir et les références sans fin, etc. À se demander pourquoi diable les petits cartons explicatifs n'en parlent pas. Car la visite guidée, au final, c'est plutôt le mercredi soir à 19h, c'est à 16€ (ouch !) et il ne faut pas que le métro ligne 1 connaisse de forts ralentissements (c'était plein le temps que j'arrive).

Du coup, sans commentaires, on regarde, on trouve ça mignon ou moche, passionnant ou à l'intérêt relatif, on s'interroge (y a-t-il réellement le coeur d'Anne de Bretagne -- plusieurs fois mariée, consommée trois fois le temps de se reproduire, dans le noir, en ayant bu beaucoup d'alcool --, dans ce reliquaire ? Et l'autre, là-bas, y a-t-il aussi quelqu'un dedans ?), mais au final, pour être honnête, on n'apprend pas vraiment grand chose de ce bestiaire français post-moyenâgeux/pré-renaissant. C'est à peine plus palpitant que Cluny, pas de quoi se défriser. Prévoyez un accompagnement solide pour vous distraire, si vous n'êtes pas un médiéviste asexué perdu à la cause humaine. Pourtant, trois heures à faire le tour, c'est fou...

Oh, dernière remarque, le fabuleux tableau sur l'affiche dans le métro, le Jean Fouquet, bein il n'y est pas... (mais il est à la Une de Télérama, qui titre sur l'expo...)

jeudi 22 juillet 2010

dynasty contemporaine

Au palais de Tokyo, il y a des choses ; voilà en substance ce que je savais. Et puis Milkshake (le [nouveau] pseudo stabilisé [et a priori définitif] de "B#100") m'a appris que non : il y a des bidules modernes dedans. De l'art -- ou du cochon. "Dynasty" (sic) est le nom de l'exposition, ou du moins de la double-expo, car en face, c'est le musée d'art moderne, et chacun des 40 jeunes artistes sélectionnés (parmi un millier de candidatures, qui a priori étaient donc plus mauvais) a produit une oeuvre pour chaque lieu. Le billet (que l'on achète dans une sorte de buvette... Apparemment la réduc' à 4,50€ s'applique aux moins de 26 ans *inclus*, mais c'est pas très clair...) donne ainsi le droit de visiter les deux expos, sauf que le musée d'en face ne fait pas nocturne tous les jours. Mais apparemment, un billet est viable jusqu'au 5 septembre, et non nominatif, si vous voyez ce que je veux dire...

À l'intérieur, donc, on découvre de très grands volumes. À 15.000€/m² dans le quartier, ça rend même un peu triste, de constater comment est utilisé l'immobilier. On commence par une triple installation de lampes donnant sur des loupes qui éclairent des moustiques (vivants), dont les vibrations rentrent en harmonie. Au secours. Une branche suspendue, un gros rocher merdouilleux ("grotte inversée", me dit-elle : je ne vérifie même pas), il y a de sculpture qui ressemble à rien, de la peinture qui ressemble à peu près à rien (il n'y en a qu'un qui fasse du très beau : mais ça reste du très réaliste -- quel intérêt alors ? -- et le sujet est bof), mais le pire, ce sont les arts "plastiques" indéterminés, et les vidéos totalement absconses. Finalement, le seul à s'en sortir nous a fait un mix (qui vaut ce que ça vaut...) entre du Boutonnat et du Tarkovsky. Maigre.

Mais après tout, il fallait s'y attendre : devant le palais, l'oeuvre "permanente" est un cèdre planté sur le trottoir, défoncé au marteau-piqueur ("cèdre, bitume et terre" ; sans rire), dont on explique qu'il questionne le temps, car avant, à cet endroit, il y avait une ambassade avec un cèdre, qui a péri pour la construction du palais. Ouaip ! J'avais donc déjà déclaré à la demoiselle qu'en fait, si habituellement ce genre d'expressions navrantes me rend très sarcastique, il vallait mieux que je sois joliment accompagné, car ainsi j'aurais moins l'impression d'avoir perdu mon temps. Pas du tout, même, en l'occurrence.  :)

mercredi 7 avril 2010

tout est vanité

Il y avait aussi "vanité très vaniteuses", comme titre, mais je n'aurai pas toujours l'occasion de citer ainsi la seconde partie de la célèbre citation de l'Ecclésiaste. Et puis, le musée Maillol (première visite !) titre pour sa part "c'est la vie !", comprendre évidemment "c'est la mort" : car des vanités, il n'y a pas que cela, une fois acquittés les 11€ d'entrée (B#2 et moi) en plein tarif et 9€ (Mimy, qui elle aussi varie les intitulés -- et a manifestement hésité avant d'en coller un définitif) en tarif "réduit". Ou alors, il faut élargir le sens, car ce type pictural de nature morte -- c'est bien le cas de le dire, mais B#4 n'est pas fan, elle préfère les pêche chardines -- était perdu au milieu des sculptures, photos et autres vidéos de représentations mortuaires.

Il faut déjà remarquer que c'est très contemporain, dans l'ensemble. En dessous des années 90, il n'y a que la fin de l'exposition, au premier étage, le rez-de-chaussée et le second (plus la vidéo du sous-sol) étant résolument récents. Ce qui permet d'ailleurs d'assister à une vidéo d'interview des artistes vivants, qui nous confient leur peur de la mort. Damien Hirst angoisse : il utilise de vrais crânes humains, recouverts de véritables mouches, engluées dans de la résine. Daniel Spoerri ajoute à une lionne kitsch en canevas un véritable squelette couché, carabine à la main. Le cabinet de curiosité fait figurer des représentations utilisant de véritables os, parfois du sang ; quelques crânes sont recyclés, parfois gravés d'inscriptions. La mort est renvoyée à travers la matérialisation réelle. Des personnes conscientes ont habité ces amas de calcaire conservés. Ma morale défaille quelque peu ; B#2 se sent mal ; la souris... gambade ? Les images fortes renvoient à chacun un (in)conscient amplifié, ou à une distanciation immédiate.

Du Caravage, du de la Tour, quelques flamands du XVIIème, il y a aussi. Poétique, envoutant, mélancolique. Peu avant, à la fin du Moyen-Âge ou au début de la renaissance, les images étaient violentes, viscères étalées, corps décomposées ; la mort s'invite à l'impromptu lors d'un déjeuner. Le genre modernisé donne, au sous-sol, une vidéo d'une demi-heure en long travelling, de la plus grande vanité du monde : des livres, des crânes, des objets, savamment entassés, et 22.000 escargots (réveillés simultanément par un "dompteur d'escargots", nous dit-on) qui se nourrissent de l'oeuvre du Belge Koen Theys. Un "memento mori" sur trois étages et un sous-sol, pour nous rappeler que "carpe diem" ; à se demander si les interludes d'exposition permanente de toiles et de bronzes de Maillol, figurant de fraiches jeunes filles souvent dénudées, ne serait pas là pour nous donner une indication...

dimanche 9 août 2009

arts primitifs

Quand il faut chercher où sortir, le mieux est de prendre la liste des musées gratuits pour les moins de 26 ans ; pas de bol, celui que je visais n'y étais pas, mais étant à l'autre bout de Paris et ayant l'idée saugrenue de fermer à 18h00 (une maladie très répandue, en fait, y'a du provincialisme dans l'air ou bien ?), il fallait trouver un autre plan. Le climat estival a malheureusement fait fuir toutes les accompagnatrices potentielles, mis à part une dernière qui s'est mise à l'index toute seule ; mais j'aurais bien eu du mal à déterminer qui pourrait bien avoir des affinités avec le musées des arts primitifs du quai Branly. En fait, ce serait Lea.

Heu, le musée du quai Branly, tout court, "là où dialoguent les cultures" (ne me demandez surtout pas ce que signifie ce vaste programme...). Il faut dire que "arts primitifs", ce n'était déjà pas très gentil pour les primitifs peuplades vivant simplement en dehors de l'Europe, mais en plus de ça, ce ne serait pas bien exact eu égard au bric à brac total de ce musée. On y trouve déjà du Tim Burton primitif.



Ou du pointillisme australien (il paraît que le bidule date des années 2000, pas vérifié, mais dans le fatras de dates des objets, ça ne m'étonnerait guère) :



On y rencontre aussi de la peinture chrétienne d'Éthiopie du XVIIème, qui ressemble rudement à la nôtre deux siècles auparavant, c'est dire si l'on ratisse large. Généralement, on y trouve des masques, et il est étrange de constater que les sauvages les non-Européens légèrement vêtus partagent comme goûts artistiques en Océanie (début de la collection), en Afrique ou en Amérique. On trouve aussi des tapis, des habits, des armes de parade (mais rien pour tuer, à croire qu'ils passent leur temps à pêcher -- à la main évidemment), le tout rangé par ordre géographique plus que thématique. Mais par dessus tout, on y trouve des phallus, un vrai paradis pour freudien, avec des exemples depuis les quatre coins du monde. Des énormes (tambours) :



Des têtes de bite en abyme (pour Mimy et B#2 -- l'abyme, évidemment) :



Ou des godemichés timidement appelés "statuettes" ("à Branly" ?):



C'est qu'il y a des enfants dans l'assistance, on vient pas mal en famille, très très peu d'amateurs du genre, à mon avis (un bon nombre d'immigrés non-Européens, pour continuer dans le politiquement correct, alors que la porte Dorée déménagée est ironiquement devenu le musée de l'immigration -- parce que nous on aime les immigrés, surtout dans les musées ou chez eux). Pas beaucoup de 16-25 ans gratuits non accompagnés non plus, du touriste en pagaille en revanche.

On regrette de fait que l'une des nombreuses petites télés intéractives (avec des bancs, c'est agréable) présentant les rituels d'initiation fasse seulement allusion par écrit aux séances de flagellation, tandis qu'aucune vidéo ne marchait (une autre téloche nous avertissait que flash8 allait cramer le CPU et que windaube risquait de ne plus répondre, un vrai cas d'école pour mes cours) ; aucun instrument n'était non plus présent, c'est dommage.

La Chine ou l'Inde sont présents à travers un espace de deux mètres carrés, histoire de. Il faut dire qu'ils n'ont jamais trop été primitifs -- heu, non, c'est autre chose. En une heure et quart, on a fait le tour -- en lisant de travers, mais franchement, je vois mal pourquoi passe plus de temps sur autant de répétitivité. C'est peu. Mais c'est déjà beaucoup plus que la suite.

L'expo Tarzan reflète finalement ce que le musée a de rudement indéfinissable. Le plus intéressant reste les extraits des films des années 30 -- c'est fou, leur nombre est proportionnel à leur tombée dans l'oubli, et à leur niaiserie profonde --, une rétrospective dans une salle vide indique que c'est "Greystoke" qui est largement meilleur que tous les autres. Mis à part ça, c'est un vaste foutoir, qui commence par un gorille empaillé (impressionnant, certes), continue par des peluches d'animaux (il y a manifestement Dumbo parmi eux, avec son chapeau), et finit par le robot de Métropolis (retiré donc de la cinémathèque !), sur le thème très osé "si Metropolis a fait entrer les robots au centre de l'action [cherchez pas], Tarzan est un super héros très nature contrairement à Batman". Même pas peur.

On fait le tour en un quart d'heure montre en main, et encore, en traînant. Dire qu'on a des tableaux d'Héraclès et d'enlèvement de blonde par des Vikings à titre d'illustrations d'inspiration... N'importe quoi (et encore, je n'ai pas trouvé la référence à Rousseau promise par l'affiche -- lequel, d'ailleurs, Jean-Jacques et l'état de nature ou le douanier et la jungle idéale ?), une vraie expo primitive. Finalement, c'est pas mal cette gratuité pour moins de 26 ans : ça m'aurait embêté d'avoir payé pour ça...

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