L'annonce est passée sur Twitter, via le compte de @Katsuni (d'essence divine, elle a perdu en aura depuis son gonflement mammaire artificiel, mais avançant en âge, murit fort bien pour compenser), dont la vivacité d'esprit anime ma TL. Elle déclarait donc intervenir lors de la dernière session d'une série de lectures publiques organisées, au réfectoire des Cordeliers (à Odéon, en face de la fac de médecine, très vieux bâtiment en pierre avec charpente massive, une relique du passé lointain). Pas avec n'importe qui : Bernard Pivot ! En réalité, au final, celui-ci sera intervenu quelques minutes en interview au début, tandis que celle-là sera apparue pour le même exercice vers la fin, les deux se rejoignant pour la remise des prix... à un absent. Vidéo par ici.

Les organisateurs n'ont pas prévu le succès de l'opération, ou comment se retrouver sans chaise pour s'asseoir (malgré une entrée et un vestiaire payants...). Avec la souris, on finit par squatter l'estrade du DJ : c'est précaire, mais ça fera l'affaire jusqu'après le dernier entracte dansant fort tardive (la soirée s'achevant peu avant minuit), on l'on a pu se trouver deux chaises confortables. Et donc, pour les mêmes raisons de rareté des ressources, nous n'avons pas eu de petit programme de ce qui nous a été lu par les différents lecteurs. Quel dommage ! Parce qu'il y avait du niveau, pour seulement un texte de Sade ! Pas mal d'anonymes, par ailleurs.

Et une question : pourquoi diable ne puis-je pas trouver ces textes compilés sur le site web des organisateurs, par exemple ? À part un ou deux (et le gagnant), tous sont dans le domaine public depuis belle lurette. Et la lecture se faisait... sur iPad ! Une réponse : à chaque fois était cité, à la fin de la lecture, le nom de l'auteur, l'oeuvre et... l'éditeur ! Aucun sens. Oui, ces textes sont extrêmement subversifs, quasiment tous du XVIIIe siècle des libertins — Katsuni n'en revenait, découvrant que ce qu'elle fait à l'image est ridicule comparé à ce qui a été écrit —, mais les lire de nos jours l'est-il réellement, alors que dans la sage organisation et le divertissement réglé, on se raccroche à de nouvelles références formatées et confortables ? La contradiction de notre temps...