humani nil a me alienum puto

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dimanche 20 juin 2010

va te faire... psychanalyser en bleu

Cela deviendrait presque une affaire d'État, et pour cela, un billet taggué "sport" va être créé (c'est un événement en soi). Nicolas Anelka aurait révélé le fond de sa pensée à Raymond Domenech : "va te faire enculer, sale fils de pute". Tel était le titre des journaux il y a quelques jours.

Qu'il me soit permis de me choquer à mon tour : déjà, traiter de Domenech les enculés est le mal, rappelons que si tout le monde s'enculait gaiment, il n'y aurait plus de guerre, et plus de foot, car on aurait bien mieux à foutre. Ensuite, les prostituées sont des files très respectables, leur progéniture ne peut donc que profiter de leur aura positive ; encore une fois, les comparer à un faible d'esprit (je ne dis point "crétin" : c'est une maladie terrible) tel que Domenech est réellement abusé.

Mais disons donc que ce cri du coeur relevait plutôt de l'insulte envers un type aussi inutile et débile qu'il est atrocément bien payé. Domenech est caractéristique du syndrome directionnel de notre temps : il est la catastrophe manageriale réincarnée ; il se fiche des critiques et reste sur ses non-idées, dans son mensonge ; il est toujours en poste depuis des années alors que toute personne dotée de plus de deux neurones objectives sait qu'il est nullissime ; il ne sait pas parler, et encore moins communiquer ; et il accumule les échecs, sauf dans ses négociations d'augmentation.

Concernant Anelka, on ira voir du côté du billet prémonitoire de Jules. C'est quelque peu la ruine du modèle idyllico-utopique black-blanc-beur : non, nos footballeurs sont des gens incultes trouvés dans des quartiers où ils possédaient un certain don, qui les a séparé du RMI par quelques millions d'Euros. Mais qui n'en ont guère fait plus des modèles de dandysme que cela, par magie financière. On a les modèles que l'on se donne. Alors lorsque notre Nicolas "casse-toi pauvre con" Sarkozy intervient sur ce sujet (après une réaction de Anne Hidalgo et de Roselyne Bachelot -- Rama Yade n'a rien dit, cette fois), lors d'une séance officielle en Russie (au milieu de sujets que l'on jugera certainement plus important, comme l'avenir du monde), pour nous dire à quel point il trouve cela "inacceptable" (répété deux fois), on peut largement se gausser. Et les autres joueurs qui lancent la chasse au "traitre" (puisque les termes ont été tenues quasiment en privé !) ne valent pas bien mieux que des collégiens de banlieue (stade où s'est arrêté leur développement, voir les chaudes larmes de Ribery). Cela ne vaut pas beaucoup mieux que de s'en prendre à la presse (les méchants !).

Derrière cette montée de boucliers (contre Anelka plus que contre Domenech, toujours ! Incroyable cette fascination du puissant impuissant), que j'ai dû mal à comprendre comme une "simple" indignation vis-à-vis d'un employé qui ose insulter son patron incapable et idiot (qui ne le fait pas ? Vous me direz, une absurdité n'est pas un obstacle), ni même pour la violence du langage (franchement, on atteindrait un niveau de puritanisme anglo-saxon...), j'y vois un profond malaise psychologique. La société va mal, elle brûle volontiers ses idoles. Et l'équipe implose : si la société est à son image, il est de bon ton de s'inquiéter. Pour une simple raison de ballon non poussé au fond de filets ? Absurde, aberrant. Je partage l'analyse de Jules : le malaise est profond. Une bonne psychothérapie nationale de groupe s'impose.

vendredi 28 mai 2010

footage de rigueur

Sans surprise, l'Euro 2016 se passera en France. Mais dans un budget très déficitaire à resserrer, rassurons-nous :

Les chantiers doivent bénéficier de 150 millions d'euros d'aides publiques, une enveloppe que le gouvernement avait promise quelle que soit le choix vendredi de l'UEFA.

Car oui : la France qui a accueilli la coupe du monde en 98 ne peut plus en l'état accueillir la coupe d'Europe en 2016. Avec les mêmes infrastructures. Enfin, en mieux, parce que le stade de 12 ans d'âge est déjà en cours de rénovation :

Au Stade de France, des travaux de rénovation ont déjà débuté depuis plusieurs années et continueront jusqu'en 2016.

À Lyon, on construira un nouveau stade. Pour quoi faire, au juste ? Allez savoir. Et à Marseille, on le recouvrira : pour protéger du soleil, certainement. Personnellement, l'idée d'injecter des fonds public dans un milieu où le sélectionneur (c'est-à-dire le type qui fait tourner des gus autour d'un stade, basiquement, et qui raconte des conneries à la télé optionnellement) est payé "environ" 100.000€ brut par mois, j'ai du mal...

Mais bon, vous comprenez, c'est parce que comme ça, ça fera vachement du bien au secteur du BTP, disent Vinci, Bouygues et Eiffage ; c'est vrai qu'ils sont vachement à plaindre, ceux-là. Et la meilleure, l'argument de la mort qui tue :

L'organisation de l'Euro 2016, attribuée vendredi à la France, ouvre la voie à un vaste chantier évalué à 1,7 milliard d'euros pour la construction et la rénovation d'une dizaine de stades.

Cette estimation de la Fédération française de football (FFF) ne comprend pas les coûts d'accès aux enceintes. La FFF a également estimé que 15.000 emplois seront nécessaires pendant la durée des chantiers. A plus long terme, une fois l'Euro terminé, 4.000 emplois seraient créés sur les sites pour l'accueil, la surveillance ou l'entretien.

Moi je propose de construire le 4ème aéroport de Paris sur l'eau. C'est vrai, quoi, ils avaient les yeux bridés ; nous on est plus malins.

vendredi 20 novembre 2009

scandale en balletomanie

En ce mercredi, il eut lieu une injustice, un scandale, une sélection bâclée. On ne parle que de ça.

On peut comprendre l'agitation et l'émoi du monde balletomane en regardant sa télé : autre sujet, la qualification française au mondial de foot est autant célébrée qu'elle laisse amer côté franchouillard (et énervé ailleurs), non seulement parce que le match était aussi nul que l'entraîneur rivé à son poste -- et ce malgré les salaires ahurissants de tout ce beau monde --, mais parce que la main flagrante et avouée (et filmée sous toutes les coutures) en est belle et bien cause directe. De fait, outre les bons mots qui fleurissent (Eolas s'en donne à coeur joie), les journaux télévisés ne parlent que de ça.

Ils oublient là ce qui s'est passé le jour même dans le petit monde bien plus passionné de la balletomanie -- et qui, contrairement au foot, ne comporte que des gens difficilement flouables, je veux dire que si Eolas ou Emmanuel sont de notables exceptions parmi les supporters de ballon, les normaliennes, agrégatives, et leur pendant ratés parce que les concours sont forcément injustes en pratique, sont la norme en public de danse. Car c'était la première journée des concours internes du ballet de l'opéra de Paris, concernant les filles (pour les garçons, c'est vendredi).

On l'attendait tous et toutes : Mathilde Froustey. Le SMS de B#5 me mettait en confiance, à m'annoncer qu'à part une erreur négligeable, elle n'en avait pas moins montré tout l'étendu de son talent. Que l'on sait fort élevé, la preuve aux rôles qu'on lui confie régulièrement, largement supérieurs à ce que son statut de sujet impliquerait. Et cela fait quelques années que l'AROP lui a décerné un prix, qui pour l'instant n'a donné, quelques années après obtention, que des étoiles. À un scandale près : Fanny Fiat.

Le sort (notez l'euphémisme) s'acharnerait-il sur Mathilde comme il gâcha Fanny ? Toujours est-il que les résultats n'étaient pas encore tombés (et nos bras avec) qu'un quart d'heure après les premières fuites, B#4 m'appelait pour partager sa consternation. D'autant que les programmes présentés par celles qui l'ont dépassé, du fade chez Ludmila Pagliero, nouvelle première danseuse, et du contemporain uniquement chez Alice Renavand (que j'aime beaucoup par ailleurs, mais restons sérieux), sont déjà source de grande frustration en soi. Troisième, donc : le coup de grâce.

La réservée B#5 m'envoie "toujours des bizarreries" par SMS, ce que reprend Mimy plus tard (et lorsque des témoignages concordent...), elle aussi présente durant la journée, faisant part du grand n'importe quoi de ces concours années après années. Elle m'apprend d'ailleurs que l'on n'est pas près de revoir Eleonora Abbagnato (le pire étant qu'une nouvelle place de première danseuse pourrait être libérée au plus tôt pour l'an prochain si elle démissionnait ! -- comme le contingent premières danseuses/étoiles est le même, une nomination d'étoile ne suffit pas, il faut attendre un départ en retraite).

Et puis ce soir, alors que B#4 m'envoie par mail qu'elle ne s'en remet toujours pas, B#2 (qui sans le savoir partage avec elle... l'amour du foot) m'appelle, totalement révoltée, qualifiant cette tartuferie de glissade vers un "opéra de province". Oui, la balletomane est remontée, et il y a de quoi.

Tout cela se finira-t-il en coup d'éclat à la Sylvie Guillem ? (je ne pense pas, déjà parce qu'elle n'avait pas le même rang) Ou dans un grand n'importe quoi généralisé au niveau terriblement appauvri ? (à quand les ballets où la tête d'affiche sera forcément sujet ?) Toujours est-il que je n'ose imaginer l'état de la pauvre Mathilde. Et j'offre tribune aux balletomanes ici-même (dansomanie étant quelque peu modéré).

mercredi 27 mai 2009

when the seagulls...

"Looking for Eric" est un film-OVNI, quelque part : comédie dramatique réalisée par un Ken Loach peu habitué du genre, et écrite par l'habituel Paul Laverty, sur une idée d'Eric Cantona. Avant-première à l'UGC des Halles, de retour de Cannes (qui en a vraiment vu passer des choses étranges, cette année...), King Eric était présent pour la présentation d'une dizaine de minutes avant la projection dans une salle de taille moyenne mais comble, de fans qui lui ont sauté dessus à la fin pour se faire dédicacer ou prendre en photo. Pourtant, il y a plus simple, il suffit d'aller à l'opéra (zut, j'avais pas noté, c'était à Garnier, un gala je crois...).

Eric (Bishop, pas Cantona) est un pauvre type incarné par Steve Evets ; il est au bout du rouleau, ses beaux-fils ados tournent racailles, et les fantomes du passé le tétanisent. Lors d'une auto-thérapie de groupe improvisée entre amis, Eric se verrait bien supporté par son homonyme qu'il admire plus que tout, en bon supporter du Manchester United (aux accents à couper au couteau, comme toujours chez Loach : sous-titres obligatoires pour ne pas en perdre les deux tiers), Cantona, donc. Et il se trouve que celui-ci va réellement apparaître (c'est d'ailleurs une surprise du réalisateur : la réaction de l'acteur est véridique), et que le phénomène va devenir récurrent, surtout avec un peu d'herbe ou de vin. Fort de son franc-parler, de son assurance et de ses formules acerbes, Eric va reconstruire Eric.

Évidemment, chez Loach, on tape toujours dans le social. Nous sommes chez les fanatiques de football -- si l'on veut enfin les comprendre, voilà une parfaite étude --, mais plus que ça, chez le gens pauvre, désemparé face à la dureté subie de la vie, usé, mais qui peut reprendre son souffle sur un espoir, une impulsion ; à partir d'une admiration d'un battant, qui prend des risques et ne craint pas les baffes. En bonus : l'accent français (avec de vrais morceaux dedans) et l'anglais maché de Cantona, avec ses phrases-qui-tuent ; et d'ailleurs, pour ceux qui ne s'en souviendrait plus (13 ans déjà !) et qui n'iront pas voir le film (ils ont plutôt tort), la fin de la citation est par là.

mercredi 20 août 2008

169ème semaine

Pas beaucoup de billets cette semaine de vacances (plus que quelques jours et reboulot, oouuuiin, je vais lutter pour les 170 jours de travail par an -- oui, je sais, faut faire prof  :D  ) : il fut même un temps, au fin fond du Verdon (oui, je sais, c'est touriste-land, mais ce n'est pas parce que l'on habite pas loin que l'on y es par allé depuis... la sortie de fin d'année de CE2 -- et en bus, on ne fait pas les gorges), où je n'avais pas même d'ordinateur, dingue hein ?

Petite pause entre le rangements des saisons 05/06/07 et 07/08 -- ça se compte en kilos, ou en mètres cube, au choix --, pour écrire ce billet hebdomadaire. De temps à autre, j'envoie un mail énervé à Youtube, qui vient enfin de m'avouer que "TF1 n'autorise pas les utilisateurs de YouTube à envoyer ses contenus", ce qui me fait une belle jambe, puisque je leur demande si la LCEN a bien été respectée et de m'envoyer la requête de TF1 pour que je puisse l'analyser, et ainsi déterminer s'ils n'atteignent pas à mon droit de diffuser des extraits (j'avais évidemment bien mis en évidence le copyright de LCI, comme la loi l'y oblige -- à fort juste titre). C'est donc pour l'instant du gros foutage de gueule, au moins ont-ils abandonné pour l'instant la méthode du retournement de preuve, à savoir qu'il faut que je prouve que le contenu était bien légal, par une déclaration de ma part (et hop, je te refile le bébé) : quand je dis que l'on croit rêver par les temps qui courent, nous y voilà.

La bonne nouvelle de la semaine, c'est que tout n'est pas perdu. J'ai assisté ces derniers temps à des montées de racisme assez ahurissantes. C'est tellement gratuit et facile que ça passe inaperçu, ça ne choque même pas la foi des intéressés (par le plus graaaand des hasards, tous sont catholiques -- et pas qu'un peu). Du genre : le GUD est génial (enfin, était, et on le regrette beaucoup) pour les plus cultivés, et le noir est voleur/l'arabe est violeur pour les plus au Sud (en fait, l'arabe est violeur au Nord, aussi, mais le noir l'accompagne sans sa tâche, d'ailleurs il y a des stats, en Suède c'est même impressionnant, les libanais adoooorent les blondes aux yeux bleux, si si). Et puis il y a le "racisme anti-blanc", aussi ; faut dire qu'avec les conneries que l'on entend, la généralité est facile, je ralierais presque le mouvement à force, s'il n'existait pas beaucoup plus ailleurs que dans l'imagination fertile du raciste moyen (ah quand le KKK avec des blancs pendus ? Dans nos contrées, je parle, évidemment).

Mais ça, c'est habituel dans notre beau pays métissé, j'ai longtemps habité Marseille, le pays où l'Italien déteste l'arabe, qui déteste l'Arménien, qui déteste le Noir, qui déteste le Corse, qui par une transitivité quelconque doit certainement détester l'Italien (oui, il n'y a pas de Gaullois à Marseille, mais ça tout le monde l'a oublié depuis longtemps). Ce qui n'empêche pas d'avoir un copain Noir, Arabe, ou Arménien, parce que lui n'est pas comme les autres (on a aussi "n'est pas voleur comme les autres").

Ce qui est chouette, c'est les J.O. ; déjà, voir nos athlètes et nos boxeurs (parce que c'est toujours de ça qu'il s'agit, pas de canasson -- vous avez entendu combien vaut une bestiole ? Difficile à garer dans une cité !), que l'on n'accuserait pas d'être trop blanc (ils sont donc à l'abris du racisme anti-blanc, les voilà sauvés), faire montre de la plus pure vertu (on retrouve d'ailleurs l'origine étymologique). Et pas seulement les Français, en l'occurrence, on aura pu voir des américains (un noir de 2m plein de muscle, mon dieu cachns-nous !) absolument incroyables de bonté (encore plus que de fair play). Mais de notre côté, il y a eu Mahiedine Mekhissi-Benabbad, extraordinaire, ce type passe à la télé après sa victoire, il irradie ; et Ladji Doucouré, idem, avec son spectaculaire retour après grave blessure. Et du coup, même le raciste moyen est subjugué : quelle surprise d'entendre dire "l'Arabe, enfin je dis l'Arabe mais il est français, il a défendu nos couleurs comme pas possible", et de continuer avec "le Français". Ça c'est une victoire énorme !

Et quand on voit des Géorgiens tomber dans les bras de Russes, des commentateurs français en extase devant l'organisation fantastique des Chinois, et j'en passe, j'aimerais que ce soit tous les jours les J.O.. On verra ce qu'il en restera ensuite, mais n'empêche : il est donc possible que des gens qui se détestent sans savoir pourquoi puisse s'apprécier, et même plus. En attendant, on continue de se concentrer sur les Français en France, et c'est pareil dans chaque nation ; puisque de toute façon se concentrer uniquement sur les vainqueurs ne serait pas beaucoup plus sain, on peut se dire que c'est un moindre mal. Mais bon, puisqu'il n'y a plus de Française à la course, je pourrai soutenir la superjolie Allyson sans problème (z'avez remarqué que les blancs courrent moins vite ? C'est que la race doit certainement être inférieure, ouais !).

jeudi 14 août 2008

168ème semaine

Billet hebdomadaire légèrement en retard, pour cause de délocalisation marseillaise. Me voilà donc devant un Haendel, tout seul : ça aura servi de blind test, le reste du public a fui assez rapidement en s'apercevant qu'au bout de 30 minutes il ne se passait toujours rien (on est 2h10 plus tard, plus que 20 minutes encore, l'action aura duré 30 secondes : Balthazar n'est plus étanche).

Habituellement, il y a plutôt des JOs, à la télé (enfin, à l'écran au mur, mais depuis aujourd'hui c'est plasma, j'aime moins) : l'occasion d'assister à du bon nationalisme des familles (edit: mais faut pas croire, c'est unanimement partagé), pendant qu'on se gausse des Chinois... pour les mêmes raisons. Bah tiens : on a dépassé le simple stade du "il faut des médailles", on en est à se focaliser sur la malheureuse (il faut bien des idôles, chouette on va pouvoir en brûler une ; faudrait l'inviter à un Paris-Carnet pour décompresser, sinon, une blogueuse si assidue et sympathique...), à bientôt déclarer la lutte gréco-romaine comme sport national (chouette, des hommes musclés torses nus et luisants qui font du corps à corps se disent mes lecteurs -- et lectrices certainement), et à ne toujours pas savoir les règles du baseball, du hockey sur gazon, et du softball (oui, y'a vraiment de tout et n'importe quoi, je suppose que ça doit être le curling d'été). Le jour où l'on pourrait obtenir une médaille d'or (peu importe la discipline, c'est la couleur qui compte, nous a-t-on expliqué encore et encore), on reverra la liste des disciplines présentes à la télédiffusion française.

Et ces pauvres chinois qui s'en prennent plein la gueule, alors que finalement ils ne sont guère plus qu'une image de nous même : médias traficotés (quelqu'un pourrait-il cependant vérifier que l'on a un BSOD projeté à l'allumage de la flamme ?), militaires en patrouille qui n'ont pas l'air commodes (même s'ils ne sont pas armés, eux, oublie-t-on de préciser ; et puis se faire refouler de la place Tienan'men n'a rien d'extraordinaire : elle est toujours fermée le soir, et gardée par deux pauvres militaires qui invitent gentiment à retraverser la rue), non-respect des droits de l'Homme (c'est vrai que nous... Surtout les étrangers, qu'est-ce qu'on les aime...), sites internet bloqués (attendons HADOPI), soif de médailles (c'est original !), et méthode d'entraînement drastiques (déjà, on ne ménage pas du tout non plus nos athlètes, et ensuite c'est encore une fois oublier le background culturel). Finalement, ce sont juste des caricatures de nous-mêmes, les fake-cocos. Mis à part qu'on oublie aussi leur culture et leur histoire avec de grands moments, comme la construction de la muraille avec cadavres des ouvriers pour fortifier les fondations, ou bien avant ça l'unification par la force militaire (suivie de la mise en place d'une seule écriture par les mêmes moyens expéditifs), etc (à noter aussi que dès qu'un autocrate casse les pieds du peuple, ils savent aussi très bien s'en défaire, et il est de tradition de mettre ainsi fin à des monarchies avec empereurs retrouvés suicidés).

Pour ma part, ça me donne envie de retourner à Beijing (en plus le métro aéroport-centre ville, 15km de long tracés en moins de 2 ans, a été terminé entre-temps, et l'opéra inauguré), cette ville totalement étrange, sans cinéma, avec plein de putes (j'ai l'impression qu'ils zappent bien ça, à la télé, alors qu'il est impossible de passer à côté, et ça doit tourner à plein régime ces temps-ci...), des parcs magnifiques que je n'ai pas trop eu le temps de visiter (le tombeau de Mao non plus, d'ailleurs c'est ce qu'ils filment tout le temps comme étant l'entrée de la cité interdite, alors que la véritable entrée est à 100 mètres...). Ah, et ses filles moches, aussi, à part une prostituée (mais une seule, sur la quantité phénoménale croisée), alors que j'arpantais la ville le soir à la recherche d'une Zhang Ziyi-like (faut bien ramener des souvenirs, même si Brice n'est jamais trop d'accord). Zhang Ziyi manifestement absente des festivités d'ouverture (elle posait pour l'Express ?), d'autant plus étrange que c'était son mentor Zhang Yimou qui avait récupéré le bébé après abandon de Spielberg, et qu'elle est habituée du genre (ah, apparemment elle chantait bien, mais dans les gradins, à côté de son fiancé tout moche -- mais qui doit avoir d'autres atouts, n'en doutons pas). Bref, ne nous égarons pas trop, et résumons : pendant que les uns s'éveillent, les autres tremblent.

En attendant, j'aime toujours autant le canasson : une discipline mixte, la seule et unique comme ça. Je ne fais donc rien de bien intéressant en ce début de vacances, on l'aura compris. Mis à part mettre à jour mes systèmes (si c'est censé être intéressant...), et pour l'instant je tâte toujours du KDE 4.1 (effectué la mise à jour depuis le KDE4.0 à qui il manquait beaucoup trop), avec un avis mitigé mais globalement positif (certaines fonctionalités jugées trop geeks et écartées me manquent !). Et fashionTV en fond entre les diffusions de jeux, c'est le bien.

jeudi 7 août 2008

objectif chiffré : mission JO

L'objectif est de 39 médailles, plus ou moins 1 ou 2

(Bernard Laporte, ministre des sports)

Des objectifs chiffrés, c'est la mode décidément. Le chiffre a un peu évolué, d'ailleurs :

Il nous faut remporter 40 médailles pour confirmer notre 7e rang mondial. C'est une nécessité. Mais cela fait trois olympiades que nous reculons. Il ne faut pas se voiler la face : en dessous de 40 médailles, ce serait une déception.

(le même)

Moi qui croyais naïvement que le sport, l'important c'était d'y participer... Ça tombe bien, c'est en Chine : qu'est-ce qu'il nous disait déjà Confucius ? Ah oui...

mercredi 11 juin 2008

159ème semaine

Il eusse fallu en théorie que je vous parlasse de ma rencontre avec Eben Moglen, le prince des geeks si RMS en est le Roi, mais voilà, entre l'arrivée à la bourre, et le départ précipité pour problèmes dorsaux épineux, cela n'aurait point été tâche aisée -- surtout que l'on n'écoute que peu, lorsque l'on souffre. Une occasion manquée s'il en est.

J'aurais dû aussi vous parler de sport. D'Ana Ivanovic, ses 20 ans (oui, c'est fichtrement jeune, ça ne crie pas beaucoup quand ça tape dans la balle, pourtant l'un des plaisirs non dissimulé du tennis féminin), ses longues jambes, ses millions : vive les filles de l'Est, ma foi, je l'ai toujours dit. Mais surtout, de la résurgence des gens étranges, les yeux rivés sur leur poste de télévision, comme s'ils y attendaient le messie (certains disent qu'il est déjà passé, il s'agirait de St-Zinedine, qui accomplit des prodiges et autres miracles en son temps, et toujours inégalés). Ils sautent, ils trépignent, et boivent de la bière (souvent en groupe, dans un lieu culturel nommé "bar"), devant des gens courant après une balle. Et ensuite, ils passent dans ce même poste de télévision, nous expliquer aux informations, entre deux attentats et une guerre, toute la merveilleuse somme culturelle qu'ils ont pu emmagasiner en deux mi-temps et une coupure pub de quinze minutes.

C'est ici que ça devient très drôle : tout est dans l'emploi du "on". Il est vrai qu'en français, ce petit pronom est indéfini, mais que l'on ne s'y trompe pas trop : il est bel et bien utilisé dans le sens populaire du "nous". Nous avons donc perdu, gagné, bien ou mal joué, idem pour la gestion du stress, etc. Le processus d'authentification à son comble ; il paraîtrait même que sans la bière, cela fonctionne pareillement. Les supporters sont des gens étranges, et pourtant fort nombreux. Que veut le peuple ? Des jeux ! Il ne faut parfois pas chercher bien loin dans les méandre de la (non-)pensée superficielle.

Oui mais. Il y a autre chose : l'assimilation. Elle se fait, par défaut, à sa nation. Ici se rejoint le tennis : à la remise de la coupe (et des millions), on (pas le "nous", l'indéfini) passe en fond sonore, solennellement, l'hymne national de la joueuse (ou du joueur, c'est selon). Pourtant, je ne puis m'empêcher de n'y voir strictement aucun rapport. Aussi, lorsque je gagnerai moi-même au prochain concours de sabre laser, je demanderai à ce que l'on diffuse la marche de l'empire, et non la marseillaise. Plus sérieusement, nous voilà en plein nationalisme. Au lieu de la guerre, la compétition. C'est déjà mieux, c'est certain, au moins il n'y a pas de mort -- du moins, pas avant 39 ans, ensuite c'est moins sûr, mais on ne peut pas être extrêmement riche pour taper dans une balle ou un ballon, et vouloir en plus vivre longtemps !

Sauf que. Je n'aime pas la compétition. Pourquoi donc toujours se mesurer aux autres ? Quel intérêt ? Je pense que l'on peut y réfléchir très longtemps : il n'y en a aucun. Plus qu'inutile encore, la compétition révèle d'un état d'esprit pas très sain (en ces temps où du Japonais use d'un couteau de boucher en pleine rue). Toute la différence entre "se définir contre", et "se définir par", dans son paroxysme le plus délirant ("aux armes", chantera-t-on dans les stades, sans se soucier du dénigrement certain du symbole, outre l'incongruité des paroles).

Et pour tout ceci, je m'en rapporte à mon ami Confucius, car on aurait bien tort de penser que la philosophie (la sagesse, en somme) asiatique, et plus précisément (pré-)chinoise, ne peut s'appliquer à un européen aux yeux non bridé (en revanche, ceci est moins certain quant à son cerveau) ; mais j'ai déjà parlé de tout ça (et la citation s'y trouve aussi).

Alors, parlons d'autre chose. J'ai appris que certains de mes lecteurs adoraient mes encarts photographiques de ma sainte personne très fashion ("turn to the right, ouuuhhh oouuuhhhh", comme dirait David). Mais alors, me voilà pris au dépourvu, car mis à part du Armani nouveau, et de la chemise délirante, je n'ai pas grand' chose (comprendre : Kenzo, évidemment) à montrer. Ce n'est pas tous les jours Noël, faut-il croire. Qu'importe, je vous ai pris tout à l'heure une auto-photo d'un vêtement absolument sublime, dont l'exemplaire est unique puisqu'élaboré sur commande.



Oui, il s'agit bien là d'un T-shirt geekissime inspiré par lxr.linux.no. Je sais, je vous sens ébahis d'ici. Et puisque j'en suis réduit à publier des photos débiles, voici ce que j'ai vu dans le métro tout à l'heure, et qui m'aura ben fait rire : cours de cuisine sur Nintendo DS, pour homme sous-doué ; dommage, je n'ai pas de console de jeu, me voilà voué à rester inculte.




PS: les places de l'OdP sont enfin reçues (et pleines de pub Eric Bompard, qui manifestement a remplacé Ernst&Young), mais mes jeunes lecteurs auraient-ils des nouvelles de Pleyel ou le Châtelet ? Ça va presque faire un mois que la commande est passée pour le premier, et la demande de formulaire d'abonnement pour l'autre...

jeudi 10 avril 2008

le billet affreusement snob du jour

Et d'ailleurs, pourquoi limiter le boycott aux simples jeux olympiques ? après tout, si les chinois sont si vilains, méchants et affreux, cessons de faire du commerce avec eux, refusons de leur vendre des airbus et de signer des contrats, cessons d'acheter du "made in china" !!! Ce n'est pas compliqué de boycotter les produits chinois, toutes les étiquettes doivent indiquer la provenance...

Je suis tout à fait d'accord avec Authueil. J'ai arrêté d'acheter Chinois bien avant que la torche ne passe, et mes fringues viennent quasiment toutes d'Italie (à part Boss qui sous-traite en Roumanie, et bien plus décevant encore, les chaussures de Vuitton viennent... du Mali ! o_O"  C'était donc ça, le prix : le billet d'avion première classe...). J'exorte tout le monde à agir de même en soutien au Tibet, et à ne faire ses achats que sur les Champs Elysées, Marbeuf, et Montaigne ! Et vive le Tibet libre !

(mais si quelqu'un peut m'expliquer depuis quand à droite on ne pense plus que les relations commerciales apportent paix, prospérité, et harmonie dans le monde, je suis preneur...)

jeudi 9 août 2007

Věc Manaudou(los)

L'affaire Manaudou, je suis en face de "C dans l'air", sur France 5, décidément on en aura entendu partout ("Faut-il lui pardonner ?" -- mais quoi donc, c'est ce que nous allons voir). Il faut dire que le sport passionne les foules ; comme tout ce qui ne nécessite pas trop l'emploi de neurones. On en arrive à filer de la légion d'honneur à Tony Parker (26 ans, basketeur pas en France), ou à faire du comérage sur un machin stupide de gens en moule-bite qui monte des pentes en vélo (pas forcément en ne mangeant que des pattes). Bref, la Manaudou, elle brasse, avec sa vingtaine d'année. Et elle gagnerait 2 millions d'Euro par an, pour ça (oui oui, et ne me demandez pas pourquoi j'ai fait des études, j'en sais rien). Moi, ce qui m'intéresse, c'est surtout ce que tout le monde vient de découvrir, le scoop absolu : elle est un être humain de sexe féminin au sortir de l'adolescence. Ah bah merde alors, on nous l'avait caché !

16km par jour, qu'on lui faisait avaler, en guise d'entraînement, pendant des années ; même pour 2 millions par an, j'avoue, je ne le ferai pas... Alors au bout d'un moment, elle commence à en avoir sa claque, et elle va rejoindre son amour ; c'est romantique tout plein, qu'est-ce que vous voulez, moi j'aime bien ; en plus elle fait ça tout en douceur, comme une fille avec des gros muscles, et moi les chieuses, ça me fait craquer (de loin, hein, pas de ça chez moi, j'ai dû faire une analyse pour arrêter de fantasmer sur ça). Évidemment, elle est jeune, donc on se fout de sa gueule ; t'inquiète Laure, je connais aussi ; c'est du bizutage mondial, une tradition.

Et voilà que c'est reparti pour un coup à la Dallas ; mes félicitations ne vont pas aux ritals. J'aime bien aussi la fédération française de natation qui râle de ne pas être assez consulté, informé, ou je ne sais quoi ; même quand on fait un sport individuel, on se fait chier à traîner toute une équipe derrière, quelle galère tout de même...

Moi je me souviens que j'avais vu l'ascension de cette fille pas comme les autres (ah bah si finalement, mais c'est juste qu'elle flotte mieux et plus vite), et de toute l'émotion ressentie en assistant à un tel dépassement, une telle performance, un tel accomplissement ; et pourtant, ce n'était même pas une partie d'échec, non non, juste des filles en maillot qui battent des bras et des jambes (c'est évidemment très érotique, la natation homme, ça me passe au dessus de la tête :D ). Alors elle en a bavé pendant des années, on pourrait quand même lui ficher la paix. Et puis de toute façon, elle a déjà assez engranger pour vivre heureuse sur quelques dizaines de vies d'affilée, et assez de gloire pour faire la une des JT, alors à ce niveau, c'est vraiment pour le sport qu'elle continue. Alors ne voyons que le côté positif, et souhaitons à la mignonne au fort caractère tout le bonheur du monde, dans l'eau ou sur terre (mieux que la p'tite sirène, n'empêche, contrairement à Arielle, on n'a pas intérêt à l'embêter :) ).

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