humani nil a me alienum puto

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mardi 4 janvier 2011

figaro ne m'aime pas

J'ai déjà commenté sur le Figaro, mais il ne se souvient plus de moi. D'ailleurs, à présent, il faut s'inscrire longuement et décliner son entière identité (quel intérêt de donner sa date de naissance pour s'exprimer ??). Les commentaires du Figaro, pour rappel, est le lieu où l'on trouve la connerie raciste et poujadiste la plus crasse. Voici le commentaire qui m'a fait bondir (le plus), sous un article traitant de la censure immonde des médias en Hongrie (déclaré "pays de merde populiste" par mes soins, pour la peine) :

Louis LeroySincérement, quand je vois et j'entends ce que nos médias diffusent comme émissions portées vers la décadence morale, un peu de contrainte et d'ordre morale ne feraient pas de mal aux cerveaux de nos compatriotes bien touchés par l'abrutissement à la Modernité. Hier soir, j'ai vu Scarface de Brian de Palma, chef-d'oeuvre de la décadence cinématographique, qui rappelle la décadence romaine; n'en déplaise aux origines italiennes du cinéaste. Ce film aurait dû être censuré et interdit, si nos sociétés dites modernes étaient dotées d'institution morale et saine capable de protéger les cerveaux de nos concitoyens des insanités propagées dans certains films. Pensez-vous vraiment que Louis XIV aurait autorisé pareil film à la diffusion? Il avait bien plus de goût et de jugement sain que tout autre politicard de la 5ème république. Si une mère interdit à son enfant de regarder certains films, je ne vois pas pourquoi une société ne pourrait pas le faire pour ses propres citoyens, sans que cela soit tyrannique. Qui a dit que le libéralisme était un système politique vertueux, sans vices?

Ma réponse censurée :

Dîtes, le paternaliste du peuple avatar d'un Stalinisme que l'on croît toujours révolu, pourquoi l'avez-vous regardé, ce film, s'il était si nocif que ça ? D'urgence, avant de relire vos cours d'histoire, consultez un psychiatre !

Je suis très fier d'avoir été censuré, pour la peine.

vendredi 17 décembre 2010

#leDej

Déjeuner annoncé il y a environ une semaine, les compte-rendus pleuvent sur la rencontre de président Sarko (avec son Guéant et son Princen) avec les "acteurs du net", soit cinq entrepreneurs et trois blogueurs, donc deux que je connais fort bien, Versac et Eolas. L'idée est en soi excellente (consulter est TOUJOURS une bonne idée, et les gauchistes extrémistes conspuant les participants n'ont rien compris au film), même si accorder 1h30 entre la poire et le dessert pour un sujet assez important pour avoir fait voter une série de lois à la con, depuis la DADVSI à la LOPPSI en passant par les HADOPI, ça paraît peu ; surtout quand on constate, sur le feed-back, que les gus au gouvernement ne sont pas diaboliques, mais seulement à la fois incompétents (ce n'est pas un scandale : on ne peut pas être compétent partout) et biaisés idéologiquement (ça c'est plus embêtant), avec les effets que l'on sait quand on ne se renseigne pas d'abord, selon la méthode du "je tire d'abord, je réfléchis ensuite". Il n'est jamais trop tard pour réfléchir...

Compte-rendus via Eolas, Versac, Presse-Citron et Jean-Marie Planche (pratique que ce soit des blogueurs : on a un retour franc et direct ; d'ailleurs du côté des entrepreneurs purs, on a du mal à prendre la plume, et on n'a toujours pas droit au fameux franc-parler de Xavier Niel dont il transparaît qu'il a mis de l'ambiance), dont on retient essentiellement... la création d'un théodule sur le numérique, dont on espère qu'il servirait à quelque chose, mais bon, après tout, ça fait plusieurs fois qu'il est promis, et on sait ce que ça donne dans les faits...

Non, décidément, ce qu'il faut surtout en retenir, c'est que l'on sent que ça coince grave, et qu'il faut agir. Hosanna ! De là à ce que les choses bougent, faut pas rêver : ne serait-ce que parce que nous sommes dans un système administratif, il faudra au moins six mois pour avoir une vague affectation de compétences de consultation, encore six autres mois pour avoir des moyens minimaux (locaux, etc) et donc encore six mois avant qu'on n'en sorte quoi que ce soit de probant. Nous sommes dont à l'élection présidentielle suivante : un peu cric-crac le planning. J'ai du mal à être optimiste. On verra si l'article 4 de la LOPPSI sautera magiquement ou pas, pour l'instant. Sur le court terme, c'est mort ; sur le long terme, c'est compromis. Mais rien n'avance jamais tout seul. Prochain rendez-vous informel en mars, on verra déjà s'il est maintenu (je me garde un jour de RTT de côté, sait-on jamais -- après tout, on se plaint du manque de femmes, mais quid des jeunes, hein, j'vous le demande ?).

Bon, petit mot sur la forme : c'est pas possible, les gars, sapez-vous correctement, bon sang, aucune excuse valable. Le drame de notre temps : la culture du vite fait mal fait. Un peu comme en politique...

mardi 19 octobre 2010

I'm CEO, bitch

La politique maison est d'éviter les biopics relatant des événements trop récents, sans recul. Mais plusieurs raisons m'ont poussé à voir "The social network" de David Fincher : les premiers retours, notamment celui de Versac, David Fincher, et une virée entre collègues. Film à plusieurs dimensions, c'est déjà dans l'univers du geek que l'on est plongé, et je suis fier de vous annoncer que moi aussi j'utilise KDE et emacs, contrairement à la vile majorité de la population qui m'entoure (des Gnome/vi). Première remarque : la réalisation de ce côté est parfaite, ce que l'on voit sur les écrans des ordinateurs correspond parfaitement à l'état de l'art des différentes périodes, et le jargon utilisé (parfois très, très technique) ne dit jamais de la merde (avec une petite réserve une ou deux fois où ça allait trop vite pour bien tout comprendre) ; c'est assez rare au cinéma pour être noté (le pire étant "hackers", il me semble). Déjà, ça met en confiance pour le traitement rigoureux de l'ensemble de l'histoire.

Ce qui est TRÈS intéressant à travers ce film, c'est justement toute l'ambiguïté du titre, les réseaux sociaux. On y parle de sociologie, en réalité. Soyons plus clair : au-delà de Facebook, ce que l'on comprend, c'est que le fondateur Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg, plus vrai que nature) ne voulait pas seulement se venger de sa petite amie, ce qu'il voulait, c'était exploser les codes sociaux inaccessibles pour lui. Recréer le tissu social sur le web, en redéfinissant les normes qui faisait qu'avec son origine, son allure de geek fini, avec ses bermudas-sandales-chaussettes même en hiver (on en connaît... Les réactions, la psychologie du personnage, je vous jure connaître la même race de génies, c'est criant de vérité !), il lui était impossible de prétendre aux fraternités des futures élites de Harvard -- où il est admis pour son incroyable intelligence (mais pas sociale...). Et L'idée, qui va faire décoller le bousin, c'est de revenir aux fondamentaux : tout tourne autour du sexe. Ce qui intéresse, c'est de savoir qui est célibataire sur le campus, mater sa photo, et mieux encore, savoir dans quel cours il/elle est (et réciproquement). Le tout sans insister lourdement (ce n'est pas un site de rencontre : c'est l'usage qui en fait ça). Je m'en amuse d'ailleurs tous les jours, de voir sur mon FB qui court après qui (pas la peine de me le demander : je cours après tout le monde, ça brouille les pistes -- de toute façon le concours d'entrée est bien plus rigoureux que pour entrer chez Phoenix, sans avoir à se faire bizuter ni même baisouiller).

Je pense même que les créateurs de FB sont dépassés par cette notion, accidentellement découverte (d'ailleurs le film adapte un bouquin "the accidental billionaires"). Il n'y a qu'à lire la réaction d'Eduardo Saverin, cofondateur du site : il passe totalement à côté de cette dimension, et se contente de voir une hypothétique ode à l'entrepreunariat, dont il vante en long en large et en travers les mérites (très constructif : il faut que tout le monde fasse son entreprise ! Heu... Et qui y travaille ? Crétin. Mais milliardaire -- on y reviendra). Le film parle beaucoup de ce personnage : en effet, il s'est un peu fait arnaquer par Mark (ses actions allaient être diluées de ~30% à 0,03%), et l'a donc traîné en procès. Rendons hommage à la réalisation qui dilue cela avec un autre procès, celui des trois gus ayant insufflé l'idée à Mark, qui passent leur temps à ramer (en aviron, évidemment), et donnent d'ailleurs lieu, avant de crier haro sur le geek, à une scène amusante, en tilt shift, où on les voit ramer comme si leur vie et le Monde en dépendait, sur une musique ironique du hall du roi de la montagne -- car il est vrai que Mark fait un parfait Peer Gynt.

Ce qui est juste un peu dommage, c'est d'oublier ce qu'est devenu en fin de compte, au-delà des aspects sociologiques pourris du personnage (surtout lorsqu'il est influencé par un fondateur de Napster [Justin Timberlake] assez timbré -- entre mégalos arrogants on se comprend et on a tout pour réussir), son idéal de liberté (sa première appli, qu'il aurait pu revendre à m$, est distribuée gratuitement sur le net ; il déclare aussi sans cesse se moquer de l'argent, et d'ailleurs vie de manière assez monastique). Car si la dispute avec Eduardo (Andrew Saverin, plus lisse que l'original) commence par une divergence de vue sur le modèle à suivre, ce dernier cherchant des annonceurs pour mettre en place de la publicité, refusée catégoriquement par le fondateur-geek qui n'a aucun business model valide (ça rappelle de la bulle Internet...), finalement, l'état des choses chez FB est : pub ciblée par filtrage des informations personnelles, et big brother à tous les étages. D'ailleurs, la pub, finalement, c'est M$ qui en a l'exclusivité, en étant entré à hauteur de 1,6% du capital...

Capital qui vaut 15 milliards, mais pour un CA de... 180m$ par an. Je ne voudrais pas être mesquin, mais ça sent la bulle et l'argent très virtuel. Valorisation de 250$ la fiche FB. Bein voyons. Je sens qu'il y a des milliardaires qui ne le resteront pas forcément. Ceci dit, même avec des millions, on peut vivre confortablement. Le fait de ne pas revendre la boîte (et plumer le crédule, serait-ce m$) et se tailler avec la fortune réelle amassée me fait penser qu'il y a une sorte d'irrationalité insouciante associée à cet esprit d'entrepreunariat qui amène à piétiner ses amis. La victoire est avant tout d'aller chier sur les puissants, les héritiers, de leur donner sa carte "I'm CEO, bitch", en valant des milliards. Un peu puéril, mais après tout, très vrai.

Très bon film, à voir (j'attends l'analyse psy de Lea).

mardi 7 septembre 2010

Supplice

Bonjour Cali,
Mathilde Froustey souhaite vous inviter à rejoindre son groupe d’amis sur Facebook.
Aaaahhhhh, je suis toujours bloqué dehors, que les grands Dieux du disabled@facebook.com me viennent en aiiiiide !!!   :'(

lundi 12 avril 2010

ninjaaaa !!

Il ne faut plus dire "guru" mais "evangelist" ou "ninja".

Well, this week we take on one of the more popular topics – the emergence of new job titles.

What’s an example of one of these emerging trends?  Between 2002 and 2007, we have noticed a surge in the percentage of job titles that include the term “ninja”. Modern day ninjas are not experts in martial arts or stealth soldiers – today they are more likely to throw Java exceptions rather than steel stars.

Other ninjas come from the social media, computing and design sectors. Professionals in customer service, advertising and finance have their share of ninjas too

Bon bein, je vais y penser...

lundi 8 mars 2010

poissonier d'avril

"On n'est pas le premier avril, bordel ! ni chez le poissonnier !" Je trouve la réaction de Mimy fort à propos pour commenter la mise en place, ce matin (de 10h00 à 14h30 environ), d'une file d'attente pour l'accession au site internet de l'opéra de Paris. Quelle stupidité ! Certes c'était l'ouverture des réservations pour plusieurs spectacles à la fois, mais si l'on ne dispose pas de la bande passante ou des serveurs informatiques suffisants (qui ont pourtant coûté une fortune !), autant étaler les échéances ! Et quelle idée de bloquer le site pour tout le monde, alors que je ne voulais absolument pas faire de réservation ? Crétinerie ouébesque extraordinaire qui aura bien fait rire les dev de weberie autour de moi... (je précise, comme l'URL change de manière pas très transparente, que la redirection était automatique, certainement dans le htaccess)


jeudi 21 janvier 2010

le web comme révélateur de crétins

Rattrapant quelque retard de début d'années, je lis Versac, et j'hallucine. Alors je vais sur cet excellent billet, et je pleure un peu. Ces gens sont tout simplement ahurissant : non seulement ne comprennent-ils rien au web, dont ils glosent pourtant sur une chaîne publique -- eh merde, mon pognon est dedans, foutue taxe de mafieux étatiques --, mais en plus s'en vantent-ils. Arditi, FOG, Joffrin représentent l'archétype de la profonde débilité, non pas parce qu'ils feraient mieux de se taire plutôt que d'exposer les affres de la vieillesse sur leurs cerveaux respectifs, mais parce que philosophiquement, ils sont simplement en train de faire l'apologie du despotisme et du contrôle de la pensée (évidemment pour imposer la leur, comme toujours).

Le plus explicite dans cela reste clairement un député UMP (what else ?), non pas le Lefèbvre (on pourrait le suspecter de quelque folie, à force, ça le décrédibilise), mais Myard, qui pour avoir appris trois termes techniques nous présente sa pensée abyssale, développant un déjà fameux :

J'espère que l'on va prendre conscience de la nécessité de nationaliser ce réseau, et d'avoir la capacité de mieux le maîtriser, les Chinois l'ont fait

Je ne sais ce qui est le pire, dans son cas : qu'il puisse avoir le droit de voter des lois en touchant une grasse paie cotisée par les contribuables, ou qu'il se soit fait élire (c'est-à-dire qu'il y ait des concitoyens qui aient trouvé son esprit si éclairé).

Comme dirait Lea, pour être illuminés, certains ouvrent leur frigo. Le problème, c'est qu'ils sont en haut, tout en haut... (heureusement, ils sont vieux, encore vingt ans à les supporter et ils iront rejoindre Néanderthal)

mercredi 13 janvier 2010

de la pub contextuelle sur ugc.fr

Samedi, je surfe sur ugc.fr, et je vois de la pub en flash sur la colonne de droite qui comporte des machines à laver Darty, avec un bandeau du revendeur en dessous, me rappelant fortement celles que j'étais allé voir sur leur site web quelques heures plus tôt. Très étrange coïncidence, me dis-je. Tout à l'heure, je me rends encore sur ugc.fr, et là le même endroit flashouillant me présente des coffrets de DVD que j'ai consulté sur le site web de la FNAC, hier (depuis, j'ai redémarré mon navigateur, sans ces pages-là), et renvoyant aussi sur la FNAC.

En allant sur le site UGC depuis un autre ordinateur du boulot (même IP), puis en allant avec la même machine mais un autre navigateur, je vois une pub pour "Mr. Nobody", mais plus rien de contextuel. J'en déduis donc qu'un site web peut récupérer soit mes cookies (qui manifestement ne seraient pas tous traités comme cookies de session à faire disparaître entre deux redémarrage du navigateur : c'est mal), soit mon historique (c'est pire), et l'uploader sur son serveur. Ça me fait comme qui dirait très peur. Les gens de Firefox sont-ils au courant de cela ?

lundi 20 avril 2009

à poliland...

... le monde merveilleux des politiques, il s'en passe de bien belles. Le projet de loi HADOPI a eu le mérite de réveillé du barbu rompu aux techniques de guerrilla et de résistance en milieu extrême, entraîné par m$ durant des années (et tous membres APRIL) : alors quand il faut s'attaquer à la politique, ça débarque avec les grands moyens, et ça donne deputesgodillots.info, le site web de référencement des godillots de l'assemblée nationale, rempli à la main, en observant sur place le boulot -- ou plutôt le non-boulot -- des députés à la solde du gouvernement -- où comment Copé se retrouve pris au mot.

Et c'est ainsi que quelques jours à peine après ouverture, quatre joyeux larrons se retrouvent fichés : l'une joue au freeCell, l'autre mate ses photos de vacances, un troisième lit des piles de livres, le tout lève la main au bon moment pour apporter son soutien irréfléchi au gouvernement. Mais un seul se détache pour le moment, car il ne s'est même pas donné la peine de venir (et ça ne date pas d'hier !) : Jack Lang. Il votera (ou voterait) pour HADOPI ; no comment.

Les citoyens opposants HADOPI publient aussi leurs notes, et là encore, on hallucine devant le boulot bâclé des députés ; voir les "interventions" et l'attitude de Lefebvre, pour changer. Authueil salue l'initiative. J'en fais de même, c'est d'ailleurs hallucinant à quel point il faut faire des pieds et des mains pour ça : assister à une séance n'est pas simplissime, outre le fait que poser des jours de congés pour ça, c'est moyen. La chaîne parlemantaire ne diffuse pas toutes les séances, où l'on a du mal à savoir qui fait quoi, et surtout, qui vote quoi ! À noter que pour éviter le godillisme, dans une certaine mesure, il suffit de ne pas voter à main levée -- les ordres seront donnés avant, mais ce sera plus difficile, et dans le doute, les députés fantômes devraient soit utilisé un truc appelé "cerveau", soit s'abstenir...

Pendant ce temps, on rêve un peu devant les pré-propositions de loi à la con qui nous sont concoctés : cagoules et mysoginie au menu. Et tant qu'à lier Jules, autant déclarer que je pense exactement la même chose que lui au sujet de Royal, ses excuses à la con, et surtout, d'une part l'attitude sarkozienne (qui laisse songeurs ses adeptes : moi pas, c'est toujours le même personnage, vulgaire, c'est dur d'ouvrir les yeux, hein ?), et de l'autre la sur-réaction de l'UMP qui a donné dans la putasserie la plus crasse, notamment avec cet ahuri de Lefebvre, qui au passage s'en prend rien de moins qu'à la presse. La caricature du politicien, qui est devenu une espèce de norme, est réellement à pleurer.

mercredi 15 avril 2009

ta vie sur la toile

Le Tigre s'est amusé, dans un numéro de janvier, à pister un inconnu, Marc L. (anonymisé ?), sur le net : bonne pioche, ce fut prolixe, l'article est excellent. Je m'amuse de temps à autre à ce genre d'exercice, aussi, essentiellement pour les demoiselles ("veille biographique") ; c'est fou tout ce que l'on peut trouver parfois, après de grands efforts (il y a parfois du brouillage de piste avec changements de pseudos). Mais depuis l'arrivée de facebook et consorts, c'est de la folie furieuse : la vie privée s'efface facilement dès qu'on gratte un peu.

Il y a différents types de personnes, sur le net : par exemple, les paranos totaux, comme Jules de diner's room, dont je connais à peine la profession au bout de trois ans de connaissance, et qui n'apparaît sur aucune photo, par exemple (quoiqu'il s'expose un peu plus, à présent) ; ensuite, les paranos normaux, comme Eolas (ou Lea, encore plus dur, non confirmé ;)  ), il faut acquérir pas mal de connaissances pour arriver à trouver l'identité, et ensuite, on n'est pas vraiment plus avancé ; suivent les paranos légers, comme Authueil ou moi, anonymes a priori mais en étant malin, on peut retrouver bien des choses, gardées cependant sous contrôle ; il y a les semi-assumés dont on peut associer le nom au pseudo en faisant un simple whois (Tarquine, Oli -- du moins avant, pas revérifié), mais pas l'inverse (en cas de recherche sur le nom, on ne tombe pas sur le blog perso), ça se défend mais en cas de révélation d'identité, il faut parfois tout fermer (on a le cas Ron, qui a eu beau se planquer... Maintenant il assume, mais je sais qu'il a eu quelques problèmes au passage) ; il y a enfin les assumés, le plus que l'on puisse faire étant Embruns a priori (mais en réalité, il y a pas mal de contrôle, sous la révélation brute d'identité).

Il y a aussi les paranoïdes qui ne veulent jamais apparaître sur leur nom propre ni que l'on parle d'eux sous l'un pseudonyme qu'ils utilisent régulièrement (balletomane #1 ;)  ), et paranoïdes-étranges qui peuvent raconter des choses très personnelles sur leurs blogs mais peuvent vous envoyer un mail énervé pour vous faire retirer le fait que dans une rencontre publique il était accompagné d'un tel (cette dernière personne restant anonymisée, qui plus est). Quant à ceux dont on se rend compte qu'ils ont réussi l'exploit de passer inaperçu sauf quand ils ne pouvaient pas faire autrement, c'est très étrange ; hier, j'ai vu un film sur Arte avec une fille absolument sublime, Fleur Lise Heuet, il n'y a rien sur elle nulle part à part télérama et imdb (qui n'a aucune info... pour une artiste...), le jour où elle se self-googlisera, elle tombera de facto ici... C'est bête parce qu'internet, c'est un outil dont il faut aussi se servir pour se mettre en valeur, en tant que professionnel.

Pour ma part, j'ai observé que personne ne cherchait jamais trop ; d'ailleurs personne n'est jamais remonté spontanément d'ici à ma véritable identité sans passer par une porte laissée ouverte (je ne dirai pas où ;)  ), et le cas reste très marginal. Il y a aussi l'effet "2490 billets", va retrouver l'info pertinente de la vie privée là dedans (je prends un malin plaisir à ne pas explicitement tagguer dans ces cas-là). J'ai un autre avantage naturel, il faut dire, l'association prénom+nom la plus banale qui soit, à tel point qu'on est quatre ou cinq clients chez Louis Vuitton, six au théâtre du Châtelet, une bonne dizaine chez Free, et une fois on a cru que j'empruntais une fausse identité (c'est presque vexant). Bref, une attention modérée (d'ailleurs, je viens de répondre sous mon nom révélé à une gentille lectrice qui elle-même était sous son propre nom -- je laisse en revanche généralement sans réponse les gens sous pseudo, trop compliqué de modifier le web-mailer), je blogue même depuis le boulot.

J'ai pu remarquer aussi que peu de recruteurs googlaient les noms. Personnellement, je le fais systématiquement. J'ai habituellement de bonnes surprises. Mais ce pourrai bientôt être des surprises tout court lorsque je vois ceci. Anne-Catherine L. est une amoureuse du nutella et de la chantilly ; elle déclare (2e page du forum, dès que le lien aura changé) de plus que :

pour pimenter, on utilise quelques gadgets (vibro, boules de geisha, menottes...), les massages, c'est sympa et aussi on fait des trucs dans des lieux insolite, on ose expérimenter des positions et des endroits différents. En pleine nature, c'est très sympa, et on peut faire preuve de beaucoup d'imagination!

Je sens qu'avec la nouvelle génération élevé au numérique, avec les photos sur flickr à leur naissance, leur skyblog à 6 ans, leur facebook à 13, et leur compte forum étudiant à 20, on va s'amuser gravement. Et justement, ce matin, j'en était dans ma lecture arrêté juste au moment où la "télé réalité" était abordée, et avec elle la redistribution vie privée/publique et ses conséquences. Avec les web-archivers qui ne donnent pas droit à l'oubli, on franchit encore une étape, à laquelle il serait intéressant de réfléchir. Après tout, le jour où je rencontre Anne-Catherine L., je lui proposerai une ballade dans les bois, ça fera gagner du temps.

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