humani nil a me alienum puto

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lundi 24 juin 2019

894ème semaine

300€ l’AR en ambulance de nuit pour 3km — la nuit où ma main a triplé de taille, parce que les internes ne font plus de suivi entre les rdv, qu’il n’y a pas de communication et que SOS médecin se mouille autant que le SAMU, à savoir pas du tout (le diagnostic était pourtant simple à faire et a pris 5 minutes après une bonne heure d’attente précaire aux urgences). 1300€ les 24h d’hôpital. 45,01€/jour de compensation salariale — une perte de 45% de salaire, et des règles de carence imbitables. Aucune prise en charge de la dépendance, même pas du transport — parce qu’il me reste les jambes, la belle affaire ! Bref, c’est très médiocre pour cher : la France, en somme ! Heureusement, j’avais pris une assurance privée, par le plus grand des hasards, via un démarchage d’American Express, chez Chubb (pas des Français…). Un truc indolore à 5 balles par mois. Bim, 2575€ de dédommagements. Ouf.

Outre que j’ai donc découvert que j’étais meilleurs grâce à mon entraînement sur Theme Hospital pour la gestion d’hôpital et de santé, et que tout compte fait la Secu pourrait bien être privatisée que ce ne serait pas plus mal, finalement, j’ai aussi pu ces derniers temps mettre au point des techniques de survie sous camisole/momification, que j’aurais bien aimé avoir plus tôt. Billet à suivre !

mardi 18 juin 2019

893ème semaine

Les jours passent, la douleur s’estompe mais on partait de tellement loin… Moins de médoc, 2 semaines sans radio cette fois. Toujours est-il que l’humérus, mieux vaut le garder en un seul morceau. Mauvaise idée de se le péter. La momification montre des faiblesses, chaque semaine il faut rajouter une à deux couches d’adhésifs qui n’arrangent pas la température corporelle, surtout que le climat connaît quelques pointes. Mais ça pourrait être pire. Ce qui n’est pas si rassurant, surtout quand on voit à quoi ça tient. Comment est-on censé faire, d’ailleurs, lorsqu’on a aucune assistance, même partielle ? C’est totalement dingue, dans un pays censé être développé, et avec les niveaux ahurissants de cotisations diverses et de bureaucratie attachée…

dimanche 9 juin 2019

892ème semaine

C'est mieux ! Os dans l'axe, main dégonflée qui n'est plus violette, possibilité de taper sur l'ordi (péniblement : une seule main et l'autre au milieu !), mais toujours en semi camisole de force, des douleurs, des nuits très courtes, le chemin est encore long. Méfiez-vous des rues défoncées et des trottoirs ! Et assurez-vous dans le privé :  la sécu publique, c'est comme les hôpitaux publics, assez médiocre, mal organisé, prise en charge à moitié. J'en aurais appris des choses, sur notre système de santé, au passage ! Là aussi, y'a du boulot...

lundi 3 juin 2019

891ème semaine

Bras encore en trop mauvais état pour en raconter toutes ses mésaventures. Mais ça s’améliore !

mardi 28 mai 2019

890ème semaine

Crac. Bras cassé. Première fois que je brise mes os. D’où le retard inédit dans les publications de ce blog, qui après les 48 heures d’hospitalisation va souffrir des deux mois d’immobilisation, surtout les deux premières semaines. Annulations à tout va. Quelle plaie ! Je raconterai tout cela quand il me sera possible de taper plus vite, sans douleurs.

piano de verre

Une intégrale des études pour piano de Philip Glass à la Philharmonie, encore plus quand le maestro lui-même est présent, ça attire du monde ! Même la souris, ce qui n’est pas peu dire. On trouve quand même à se replacer au fond du parterre.

Philip Glass a peut-être 82 ans, il joue encore régulièrement du piano. Et c’est en toute logique que ce petit grand monsieur est venu ouvrir le bal, et est resté pour les saluts presque trois heures plus tard. Il y a 20 études, numérotées de 1 à 20, divisées en deux parts égales autour de l’entracte, réparties par paires successives à différents pianistes, quelques uns s’aidant de partitions, disposant chacun d’un tabouret pré-réglé. Lesdits tabourets ayant été positionnés tout autour de la scène, la succession des pianistes a été entrecoupée d’un machiniste venu faire les interversions de siège ; mépris pour un interprète, la running joke de la soirée a été de l’ovationner comme tel.

Avec deux études chacun, la liste de pianistes est la suivante : Aaron Diehl, Timo Andres, Célimène Daudet, Thomas Enhco, piano ; Maki Namekawa (en kimono !), Nicolas Horvath, Anton Batagov, Marielle Labèque, Katia Labèque (vendues par paire aussi).

Et c’était fort bon, parce que les thèmes répétitifs minimalistes enivrants de Glass sont ainsi qu’on peut difficilement y résister (et mal l’interpréter ?). Il y a quelque chose d’universel, de fascinant, de l’ordre de la transe. On pourrait taxer cela de facilité, et pourtant, c’est probablement ce qu’il y a de plus compliqué à faire, la facilité. Il faut savoir gouter son plaisir et les joies simples dans le laisser-aller ou le laisser-voguer.

war rest in peace bis

Bis ! Jamais un sans deux. Changement d’accompagnatrice : souris mercredi, Hinata jeudi. Sauf que… arrivé à la bourre (saleté de ligne 4 !), ouvreuse stressée (elle a réussi à interdire une demi-rangée en plein centre du parterre qui est restée vide toute la soirée !), SMS obscur de la miss (pas très douées pour les indications fiables et efficaces, les filles, en général…), je me rends compte assez tard de son positionnement près d’une caméra, mais la place voisine est interdite (la sienne aussi, probablement) : voilà comment la guerre déchire. Je me retrouve donc au dernier rang, pas bien calme non plus, avec comme voisin un ami-mélomane qui respire bien plus fort que prévu. Décidément, c’est difficile de réunir toutes les conditions idéales d’écoute, à la Philharmonie… Un voisin âgé plus au centre de la rangée décide même de quitter sa place, au beau milieu de l’oeuvre, pour rejoindre les places des retardataires juste derrière, où l’on peut déployer ses jambes. Et cette fois un sonotone part en sifflement bien fort pendant plusieurs secondes, à tel point que les ouvreurs sont partis en chasse…

Pour la deuxième session de War Requiem de Britten par l’orchestre de Paris et son choeur, je trouve enfin la réponse au mystère du mini-orchestre côté cour : ils ne jouent uniquement lorsque les deux hommes solistes chantent (en anglais). On y trouve, conformément à la configuration voulue par le compositeur pacifique, un Anglais, le ténor Andrew Staples, et un Allemand, le baryton Christian Gerhaher. Excusez du peu. La divine voix d’Emma Bell assure le rôle de soprano au milieu du choeur et arrive à s’en distinguer clairement. On regrette seulement, comme toujours, que la salle de la philharmonie si précise dans le son ne vibre que très peu malgré l’énormité des moyens déployés.

Daniel Harding réussit encore à maintenir un silence d’une trentaine de secondes à la fin du chef d’oeuvre. Formidable.

war rest in peace

Le War requiem de Britten est l’une des plus belles oeuvres qui soit. À la fois puissante et toute en finesse, mettant en branle un énorme orchestre (orchestre de Paris survitaminé, dirigé par Harding), figurant même un orgue, on remarque que les solistes sont rassemblés en groupe tout devant côté cour, sans qu’on sache trop pourquoi — j’ai pu trouver le lendemain en observant mieux. La salle de la philharmonie était très pleine le mercredi, et cela reste tout de même surprenant, même si en réalité il s’agit probablement les familles des choristes, fort nombreux, et notamment du choeur d’enfants qui chantait manifestement depuis le couloir côté jardin…

L’oeuvre commence dans le silence et en retard (vers 20h40), d’un seul bloc jusque vers 22h15. Elle réserve d’incroyables moments, avec un texte très fort sur la guerre, l’horreur, la réconciliation. On termine avec trente bonnes secondes de silence — mais le public  était dans l’ensemble plutôt dissipé (notamment un énorme éternuement et un léger sifflement bien pénible).

dimanche 26 mai 2019

889ème semaine

Petit séjour à Strasbourg, pour tenir le premier stand (forcément un peu précaire) de ma startup lors d’un salon pro (plutôt un colloque, d’ailleurs). Une ville fort agréable où il est toujours aussi plaisant de retourner. Mention spéciale pour la communication de l’opéra et ses citations hors contexte de ses employés (« c’est moi qui décide quand le Christ monte au ciel », « on a dû couper le cheval en deux pour qu’il puisse prendre l’ascenseur », et j’en passe !). Ça ferait une bien bonne alternative à Paris…

NDT sans NDT

Retour à Garnier : ça faisait longtemps ! C’est que le triple bill León & Lightfoot /​ van Manen avait l’air de bien mériter un dimanche aprem en fond de loge. C’est du NDT, mais avec le ballet de l’opéra à la place. Généralement ça présage une meilleure technicité mais un rendu trop propre et moins émouvant. La comparaison avec le vrai NDT la semaine suivante à Chaillot aurait pu confirmer cela, si quelqu’accident n’avait forcé une revente de la place…

Ça commence par « Sleight of Hand », où le couple León-Lightfoot fait tout — sauf danser, et la musique est laissée à Philip Glass (Symphonie n° 2, 2e mouvement, sur-utilisée dans les ballets). Entrée au répertoire. Esprit Pink Floyd « the division bell » : 2 grandes ombres sur échasses, dénudés, avec de grandes capes ; tout en noir & blanc ; et en contrebas sur scène, des danseurs plus nerveux. Fort esthétique ! Et un premier entracte : c’est fort lucratif cette affaire…

« Trois Gnossiennes » de van Manen, sur la musique éponyme de Satie, est un grand pas de 2 (avec Léonore Baulac), avec de beaux portés en gainage. Très beau aussi, avec le piano sur la scène. Encore un entracte, la souris négocie que la voisine arrête de nous illuminer avec son téléphone ; maladie très répandue dans la salle (qui semble être très remplie de touristes). Il ne reste plus que le voisin de devant qui se lève sans trop considérer ce qui se passe derrière lui à gérer.

« Speak for Yourself » est similaire à la première pièce : mêmes chorégraphes, aussi une entrée au répertoire. Cette fois de L’Art de la fugue (contrapunctus n° 1, 19) mais quand même aussi un enregistrement de Steve Reich (Come out). Il y a un danseur fumeux qui me provoque un fort sentiment de déjà vu. Une pluie de brumisateurs ; des glissades en chausson ; décidément tout cela est fort beau et bon !

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