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jeudi 16 septembre 2021

femme libérée libératrice

Raqqa, année 0. Xavier de Lauzanne nous emmène au cœur de la Syrie post-cancer islamiste des pires dégénérés qui soient. La ville après Daesh est dévastée physiquement (pluie de bombes, impacts de balles partout) et mentalement. Ici, sur ce rond point, on exposait des têtes décapitées, nous dit-on (avec parfois quelques images à l’appui) — ambiance… (Notons que c’était comme cela chez nous il y deux siècles et demi à peine, cependant, et on a simplement oublié) 9 jours à Raqqa.

Le réalisateur suit Marine de Tilly, qui veut faire un livre sur Leila Mustapha (sorti depuis : La femme, la vie, la liberté). Dérivée seconde. La première fait voix off, la seconde remplit quasiment tout le documentaire, en décompte de jours, résumés en 1h30. Neuf jours, c’est court, et c’est la limite du film. Mais Leila Mustapha, c’est quelque chose. On nous dit qu’elle a 30 ans, ce qui place un tournage il y a 3 ans. Parce qu’il s’avère que Leila est née pile le même jour que ma petite sœur. Pile poil. Et donc, entre le moment du visionnage la veille de son anniversaire et ce billet de blog, elle a atteint l’âge du Christ. Pas mal, pour un sauveur.

Elle a été nommée co-presidente du conseil civil, en tant que Sunnite (ils sont très United Colors of Benetton, là-bas, depuis quelques temps), dévoilée, mais surtout major de sa promo en génie civil, leadership et charisme naturel, niaque d’enfer, intelligente à souhait. Elle supervise la reconstruction, préside parfois aux assemblées. Son rôle est manifestement souvent résumée à « maire de Raqqa », ce qui ne me semble pas être bien exact. Son rôle, déjà, paraît bien plus technocratique que politique. C’est d’ailleurs amusant de la voir faire remarquer sans cesse sur les différents chantiers que les panneaux ne portent pas mention du conseil civil, qui finance, décide et supervise.

Lors des périodes troubles de l’histoire, des figures émergent. Il se trouve que mademoiselle Mustapha (toujours en quête de l’homme parfait, nous dit-elle) est une femme. Quand on sait d’où on sort, c’est couillu. D’autant qu’on risque vraiment sa peau (un premier adjoint très important a encore été assassiné, visite du cimetière des martyrs qui n’arrête pas de s’étendre — à 140km de la ville, pour avoir de la marge), et ça ne s’arrange pas avec le départ des troupes américaines (ce moment croquignolet d’appel à l’impérialisme occidental — notre héroïne nous fait d’ailleurs remarquer qu’ils ont encore trois ou quatre mille cadavres non identifiés sur les bras qui sont des étrangers venus soutenir Daesh, donc quelque part ce n’est pas absurde que les forces étrangères viennent nettoyer jusqu’au bout…).

Il y aussi une deuxième femme qui vaut le détour, c’est Jihan Cheikh Ahmed, commandante des Forces démocratiques syriennes. En treillis — ça me rend tout chose. Les deux jeunes femmes travaillent souvent de concert, forcément, l’une côté civil, l’autre militaire. Ça donnerait presqu’envie d’habiter en Syrie, juste pour recevoir leurs ordres (quand Leïla aura fini de remettre le tout-à-l’égoût, quand même).

Le documentaire est forcément bizarrement monté puisque chronologique et soumis aux contraintes de l’agenda. La trompette d’Ibrahim Maalouf rajoute du rythme dans cette visite au cœur d’un enfer qui refroidit mais pourrait de nouveau s’enflammer si facilement. Un nouvel espoir.

mercredi 15 septembre 2021

révolution top chef

Il me semble qu’il n’y a que deux pays dans le monde spécialistes du film de bouche : le Japon et évidemment la France. Le dernier-fil-qui-donne-faim du moment est Délicieux d’Éric Besnard, et il ne manque pas d’ambition : voyez-vous donc qu’il mêle petite histoire (d’un maître-queue bourru et inventif qui se fait virer par son duc gourmet pour raison d’insubordination), à la moyenne histoire (l’invention du restaurant sur sa forme moderne, avec des tables, des nappes, du menu gastronomique sur une ardoise et papier, le dessert sucré à la fin, et même la frite — manque plus qu’à inventer le guide Michelin), à la grande histoire (la révolution française).

Quand Ridicules rencontre un Vatel réincarné (toujours un karma merdique mais un meilleur timing pour se rattraper), ça donne une succession de natures mortes qui alternent avec les intrigues. L’über-cuisto incarné par Grégory Gadebois rêverait de redevenir le laquais de Benjamin Lavernhe, et tâte le terrain auprès de l’intendant Guillaume De Tonquédec. Pendant ce temps, son fils (Lorenzo Lefebvre) hérite des Lumières et perçoit les changements politiques autant que culinaires. Et une mystérieuse femme (Isabelle Carré, toujours sublime — 50 ans à présent !) se fait embaucher avec quelques idées derrière la tête — le film tourne finalement plus autour de leur duo.

Ça fait beaucoup d’ingrédients et une crédibilité générale plutôt faible, mais pour autant ça reste un bon film à déguster.

mardi 14 septembre 2021

yet another robo du siglo

El robo del siglo (de la banque Rio), traduit en Le Braquage du siècle (et non « cambriolage », ce qui spoile un peu…), est dans la veine des films de voleurs malins. En espagnol, mais en Argentine — alors que le récent Braquage final (The Vault) était en anglais et se déroulait en Espagne. Mais, c’est original, on insiste sur le côté véridique de l’histoire (qui aurait aussi inspiré La Casa del Papel dont je n’ai pas vu un seul épisode), datant de 2006.

Le film d’Ariel Winograd est monté de telle sorte que la première partie est du côté de la mise en place du casse (linéaire), et la seconde mixe le casse lui-même et flashbacks sur les astuces trouvées par l’équipe (menée par le cerveau Diego Peretti et l’expérimenté Guillermo Francella) pour contourner les obstacles — avant une dernière partie sur la chute, parce qu’il a failli y avoir une morale (le vrai casse, c’est encore côté peines !).

Je me demande malicieusement si ce genre de films où l’on jouit du point de vue des bandits (qui ici vident des coffres de particuliers — certes riches et assurés), est bien acceptable moralement à notre époque timbrée — sous le code Hays, il fallait absolument qu’un film pareil se termine par un bain de sang côté malfaisants (comme Scarface en 1932) ou de la grosse prison. En l’occurrence, impossible d’avoir l’alibi de la fiction, puisqu’il s’agit de faits véridiques. La question n’est pas anodine, elle est plus ou moins traitée dans le film (le héros se confesse en amont du casse à son psy, et on voit des bribes de conversations tout le long). La question de la limite de l’image — et le rapport aux censeurs — me semble être un débat particulièrement escamoté (généralement par la carte magique de la dogmatique). On est donc bien dans la veine des Entrapment ou Ocean’s 11 (et suivants), in fine. Ça se regarde avec un malin plaisir.

Ravel, adieu Daugareil !

C’était Riccardo Chailly qui était prévu, mais paf, première annulation de saison. Et donc c’est Gustavo Gimeno qui s’y est collé, et s’il me semble qu’on ne l’avait jamais vu, il n’en est pas moins récemment passé jedi après avoir été le palawan de grands noms : il est depuis peu directeur musical de l'Orchestre philharmonique du Luxembourg et de l'Orchestre symphonique de Toronto. Quand même.

La soirée prévue était 100% Ravel. Pourquoi ? Parce que c’était la dernière de Roland Daugareil à la tête de l’Orchestre de Paris ! Damned. La retraite. Snif ! Et donc, Ravel, pour lui, ça compte : il a fondé le Quatuor Ravel. J’en apprends de ces choses, sur le tard… Comme le fait qu’il nous jouait en fait sur un Stradivarius de 1708, Txinka — qu’il aurait acheté en vendant tout ce qu’il possédait. Amusant quand on repense à cette anecdote marquante (de 2011, mon Dieu c’était il y a 10 ans !!) où il avait réparé le Stradivarius d’Akiko Suwanai (Dolphin, 1714) à la volée, quand sa corde avait cassé, en échangeant avec le sien ; en fait c’était un échange standard !

La salle était très bien remplie, pour cette grande et triste occasion. Il est clair que tout le monde attendait quelque chose… Mais d’abord, le concert, avec une première pièce la moins connue, aux couleurs chaudes typiquement ravéliennes, les Valses nobles et sentimentales. Mais il faut bien avouer que La Valse, la célébrissime valse déglinguée d’après la 1ère guerre mondiale, c’est tout de même autre chose. Et déjà l’entracte.

On reprend sur l’Alborada del Gracioso, de Miroirs, le morceau euphorisant qui était déjà au programme d’une soirée 100% Ravel de l’OdP il y a dix ans et demi (parfois, je me demande ce que j’ai fichu depuis ce temps-là…). Pour rester dans l’hispanisant, une Rhapsodie espagnole suit. Et enfin, le classique Boléro. Tout très bien.

Et ces adieux du premier premier violon ? Grande fête comme pour les autres musiciens de l’orchestre avant lui ? Des fleurs ? Rien. Simplement plus d’applaudissements, mais rien de spécial, la discrétion jusqu’au bout. Diable qu’il nous manquera profondément…

lundi 13 septembre 2021

natural woman

Après le biopic sur Billie Holiday (que j’ai raté), celui sur Aretha Franklin. Aussi avec une actrice-chanteuse dans le rôle principal, Jennifer Hudson. C’est un trio féminin qui est aux commandes de Respect (d’après le titre d’un de ses premiers tubes, à tendance biographique) : la réalisatrice sud-africaine Liesl Tommy (monde du théâtre et des séries), et les scénaristes Callie Khouri (rien de très intéressant depuis Thelma et Louise, surtout quelques épisodes de Nashville) et Tracey Scott Wilson (très théâtre). Bref, pas de la grosse expérience, et effectivement, la facture est très classique : c’est chronologique, naturaliste, à l’image du biopic sur Freddy Mercury par exemple. Le style page wikipedia. Sage comme Aretha avant de se dévergonder — alors qu’on n’arrête pas de lui dire qu’il faut se lâcher si elle veut avoir du gros succès.

En même temps, cette pudeur — qui coûte très cher côté critiques peu emballés — évite aussi le gros mélo qu’on aurait pu avoir avec le début de vie compliqué pour la jeune Red, qui perd sa mère à dix ans et se fait violer (ou attoucher ?) dans la foulée (refoulé manifestement avant fort longtemps — le film s’arrête vers ses 30 ans, on ne peut pas savoir ensuite), alors que son père (joué par Forest Whitaker) devient de plus en plus possessif et totalitaire, pour ne pas dire tyrannique (mais avec le bon dieu pour lui, car c’est un prêcheur qui a pignon sur rue). Ses problèmes avec les hommes continuent ainsi jusqu’à ses 27 ans (un âge redoutable), puisqu’elle se prend un homme que son père déteste et qui en est la réplique — possessif, jaloux, alcoolo et qui la bat de temps à autre. Elle n’arrête pas de pondre des gosses, généralement laissés à la grand-mère pour l’éducation. Et quand elle perce enfin, elle descend les bouteilles. Bref, on aurait pu faire un mélo bien lacrymal, mais tout en abordant ces sujets sensibles, ils sont plus ou moins escamotés. Souvent on devine (aisément) plus qu’on ne voit, ou on ne voit qu’un bout qui laisse présager l’iceberg en dessous.

De fait, quand on se rend compte que les malheurs d’Aretha ont profondément nourri son œuvre (et son propos qu’on pourrait qualifier de féministe ou de progressiste, notamment sur les questions raciales), on peut se demander si finalement, ce n’est pas l’ingrédient qui transforme un talent naturel (ce qu’elle est depuis l’enfance) en légende. C’est-à-dire que le grand art est d’essence meurtri, que la souffrance est le catalyseur — et qu’inversement, la grande daube des chanteurs actuels est due à des problèmes de riches.

Le film est long — 2h25 — mais on ne s’ennuie, pas grâce au bon son. C’est intéressant de voir la construction des arrangements, comment se compose une chanson, les apports des uns et des autres, de l’idée à la réalisation — c’est aussi quelque chose que l’on peut voir dans quelques documentaires musicaux. Ça n’en reste pas moins très linéaire et plat, documentaire pourrait-on dire. Scolaire, en somme. Pas de quoi fuir pour autant.

huître bleue

Emma Benestan et sa co-scénariste Nour Ben Salem ont créé avec Fragile la surprise rafraîchissante de la fin de l’été. Une romance de cœur brisé (fragile), celui d’Az (Yasin Houicha), délaissé par celle qu’il voulait épouser — Tiphaine Daviot, dans un rôle d’actrice qui a l’air de frôler l’autobiographie —, qui lui préfère le partenaire beau-mâle (Guillermo Guiz). Il se fait coacher par son amie (Oulaya Amamra, magnétique), et ça devient assez ambigu pour tendre rapidement vers le triangle amoureux. Notre héros est un romantique introverti qui peut se fermer (ou a du mal à s’ouvrir) comme les huîtres dont il s’occupe — mais n’est-il pas une perle ? Il est aussi partagé entre ses origines de banlieusard (et sa bande de pote qui va avec), et la classe à laquelle il aspire, à travers sa petite amie compliquée comme le sont les filles — un des thèmes ressassé.

C’est fort bien fichu en tant que conte moral, souvent très drôle, toujours sensible, et in fine très chouette. Sans aucune bande-annonce diffusée, ça a tout de même bien rempli la (petite) salle, à la 2e semaine de diffusion.

samedi 11 septembre 2021

qu’est-ce qu’on fait, on se pend ?

Je pense que j’ai lu En attendant Godot trop tôt dans ma vie. J’y pense souvent. À le relire, et à Godot. Surtout ces temps-ci, c’est drôle. Au début du film Un triomphe — titre qui spoile —, on annonce que c’est inspiré d’une histoire vraie. C’est bien nécessaire, parce qu’on peine à croire que les prisons arriérées françaises puissent porter pareil projet — et en effet, c’était en Suède au milieu des années 1980. C’est d’ailleurs assez étrange que des aspects du film sont très bien documentés et d’autres paraissent totalement fantaisistes (extraction dans un bus banalisé de six détenus encadrés seulement par deux gardiens en civil ? Outre les cellules individuelles...), même si les centres de détention ne sont pas du tout les maisons d’arrêt — entre la prison du Mans du reportage sur TF1 d’il y a quelques mois et les Baumettes, il y a un monde (et déjà, le niveau civilisationnel moyen du Français n’est pas suffisant pour le comprendre).

Ceci étant, dans le film, il s’agit du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin, qui n’a pas été choisi au hasard, puisque le réalisateur Emmanuel Courcol y avait tourné un reportage… sur des détenus jouant l’Iliade au théâtre sur des scènes parisiennes nationales ! (Quelques uns devenus pros depuis) Ça existe donc bien — et la vie en détention n’est néanmoins pas édulcorée : si l’on ne voit pas le quotidien, à part sur quelques scènes rapides, on voit en revanche la pression psychologique permanente subie. Mais plutôt que de parler de leur épopée, c’est bien l’histoire suédoise qui est transposée avec une brochette d’acteurs united colors (Sofian Khammes, Pierre Lottin, David Ayala, Wabinlé Nabié, Lamine Cissokho et Saïd Benchnafa), qui font très vrai, emmenés par Kad Merad, lui-même entouré de deux autres pointures (Marina Hands et Laurent Stocker, la première dirigeant la prison et le second le théâtre… lyonnais).

Kad Merad interprète un comédien un peu sur la touche, bourru et tête brulée, émotif emmerdeur, dont l’entêtement arrive à faire bouger le système carcéral sclérosé. Rebondissant sur une remarque des détenus en activité théâtre qu’il anime au débotté, à propos de la gestion difficile pour les activités, alors qu’eux même passent leur temps à attendre, il décide de leur faire découvrir l’absurde chez Beckett. S’ensuit six mois de répètes, et des scènes qui s’enchaînent tant bien que mal jusqu’au triomphe — mais de qui ?

C’est drôle, émouvant, ambigu, attachant, et finalement humain.

sifu des anneaux

Tony Leung est un grandmaster loin d’être un hero : tombé sur 10 anneaux (ou plutôt des bracelets) sortis d’on ne sait trop où, il y a quelques siècles, confiant un gigantesque pouvoir (déjà qu’un seul peut suffire…), il est devenu le maître du monde. Mais in the mood for love pour Fala Chen, ce qui peut très aisément se comprendre (mais comment nous l’avait-on caché dans des séries honk-hongaises dont on peut deviner la qualité ?), il tourne papa-poule du petit Shang-Chi et sa petite soeur Xialing. Jusqu’à la disparition tragique de maman-guérierre, ce que l’on apprend au fur et à mesure des nombreux flashbacks explicatifs — pour garder les effets de surprise, mais ça frise l’overdose, et ça donne un côté parfois franchement bancal au scénario.

Dans un documentaire sur Marvell, ça disait que la côte de certains comics montait en flèche lors de la sortie des films, et qu’il y avait donc un mécanisme d’anticipation. Combien avaient parié sur cette série de 1973 qui a duré une dizaine d’années dans un coin oublié ? Qui diable avait entendu parler de Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings avant ce 25ème film de la franchise, et 2e de la phase IV ? (Sachant qu’on date le premier MCU en 2008, oubliant Spawn et Daredevil, qui avaient essuyé les plâtres bien avant qu’on ne se rende compte avec Spiderman et autre Hulk que c’était bankable avec de la qualité) Pas pour rien que juste dès la sortie de Black Widow (1er de la phase IV), la bande-annonce a été matraquée avant chaque film passé au cinéma ; et le pire, c’est que ça donnait une idée plutôt erronée du film !

En réalité, les deux héros sont interprétés par le sino-canadien Simu Liu (Shang-Chi) et l’américano-sino-coréenne Awkwafina (son amie bolide qui dégomme), tandis que la sino-londonienne Meng'er Zhang (la petite soeur terrible) complète le trio, que Michelle Yeoh (who else?) prend sous son aile. Et il ne s’agit donc pas de super-pouvoirs mais d’un wu xia pian remixé à la techno-fantasy marvélienne, avec des dragons et autres peluches cassés sur un Disney voisin. Le réalisateur Destin Daniel Cretton (qui avait fait quelques petits trucs très bien reçus), origine américano-japonaise pour compléter le casting d’origine asiatique anglophone certifiée (exception faite des rôles pour la montagne Florian Munteanu et les inattendus Ben Kingsley et Tim Roth), louche du côté des Poignards volants et de Tigre et dragon pour les visuels. Avec du bon humour typique du MCU, ce qui sauve les faiblesses et en assure un statut de bon film à pop corn (certes secondaire). Cette escapade asiatique à 2/3 en mandarin recycle à plein tube, donne dans le « il faut tuer le père », et arrive pourtant à être originale dans son genre et rafraichissante. Tout de même bien vu !

mercredi 8 septembre 2021

rentrée des classes musicale

J’ai failli rater la rentrée. Tiens, ça me rappelle quand j’étais en 6ème, bug sur les listes d’appel, arrivé en dernier dans ma classe, à peu près tout raté ; comme si c’était pas déjà assez stressant quand on arrive au collège… Bref, j’ai oublié de noter mes places dans mon agenda, et donc ça m’a valu une arrivée à la  bourre en fin de l’« Enchantement du Vendredi Saint », de Parsifal (que j’ai pris pour du Lohengrin, bouh ! Ça c’était en tout début raté) ; juste avant « Nur eine Waffe taugt », interprété par Klaus Florian Vogt (bien repéré, en revanche) ; 50 minutes perdues, donc 30 de musique pure en enlevant les applaudissements intermédiaires… Et puis l’entracte.

Avec le tarif prohibitif, on pouvait espérer ne pas trop lutter pour trouver à se recaser. D’autant que depuis le pass sanitaire, tout le monde peut se coller les uns aux autres — tant que c’est masqué (on retrouve par ailleurs les rombières à bracelets gling-gling, elles ne nous avaient pas manqués). Pour la rentrée, donc, on pouvait sur-applaudir l’Orchestre du Festival de Bayreuth avec Andris Nelsons à la direction, pour un pot-pourri wagnérien. Autant dire avec les experts du genre. Alors ok, c’est haram, mais c’est bon.

« Chevauchée des Walkyries » (extrait de La Walkyrie, purement orchestral), « Voyage de Siegfried sur le Rhin » (extrait du Crépuscule des dieux), « Marche funèbre » (idem) et la scène finale du Crépuscule des dieux, qui dure une bonne demi-heure à elle seule, avec la soprano Christine Goerke, histoire de terminer à 23h10 (au lieu des 22h40 prévus, conformément à une tradition bien établie). Hé bien du best of Wagner, c’est un bon moyen de se décrasser les oreilles pour la reprise des activités non-essentielles, surtout quand c’est fait par des pros.

que d’eau, que d’eau

Dans la famille Nolan, on demande la belle-soeur. Lisa Joy n’est pas seulement connue pour être la femme de Jonathan Nolan (en l’occurrence à la production), le frère de Christopher ; elle l’est surtout pour avoir monté la série Westworld. Mais clairement, elle braconne sur les mêmes territoires. Et Reminiscence n’a pas forcément séduit la critique — fort mitigée.

Mais il y a une loi, et la loi c’est la loi : dès que Rebecca Ferguson est à l’affiche, on doit aller voir le film. OK, j’ai dû en rater quelques uns, mais je plaide les cas de force majeure. Elle retrouve Hugh Jackman, The Greatest Showman qui ici fait dans la machine-à-mémoire (aussi réels que nature, moyennant un petit bain post-piquouze dans le cou), dans un futur post-changement climatique sous l’eau — ce film est particulièrement humide. Rebecca vient le voir parce qu’elle a perdu ses clés — tu parles… S’ensuit une histoire d’amour et une disparition. Enquête en milieu interlopes et mafieux, ambiance cinéma noir, mais toujours avec de l’eau partout, où ça rumine beaucoup sur le passé.

S’il y a bien tous les ingrédients, ça ne prend jamais tout à fait. Il y a un côté artificiel (et puis 2-3 trucs un peu couillon dans le scénario). On en ressort donc un peu mitigé, avec la question : cela va-t-il laisser une réminiscence dans nos esprits de spectateurs ?…

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